Traversée du BEAUFORTAIN, trek de 3 jours hors des sentiers battus

Trek dans le Beaufortain : Le Col de la Nova et l'Aiguille de la Nova / Savoie Paysage Montagne Alpes Mountain Landscape Outdoor © L'Oeil d'Édouard - Tous droits réservés

Autrement plus intéressant que le Tour du Beaufortain en 7 jours officiel (qui se contente d’aller de refuge en refuge sans finalement ne gravir aucun sommet), j’avais en tête depuis plusieurs années de faire une traversée sans refaire les sommets que j’avais déjà gravis : Grand Mont, Mont Mirantin, Roc du Vent… L’itinéraire de ce trek part du Cormet de Roselend pour rejoindre en 3 jours la Pointe du Dzonfié à travers des paysages absolument splendides !

Massif : Beaufortain (Savoie)
Sommets :
∙ Pointe de la Terrasse (2881 m)
∙ Col de la Nova (2811 m)
∙ Crêt du Rey (2633 m)
∙ Pointe du Dzonfié (2460 m)

Carte IGN : Beaufortain 3532 OT
TopoGuide

Départ : Cormet de Roselend (1967 m)
Arrivée : Cormet d’Arêches (2107 m)

Dénivelé cumulé : +2850 m sur 35 km

Durée : 3 jours

Difficulté : ★★★☆☆
(quelques passages ★★★★)

de juin à octobre

Intérêt : ♥♥♥♥
Trekking
Bivouacs / Refuge
Lacs de Montagne

Autonomie : complète
Matériel : sac à dos 44L + contenu + tente ul 2 personnes, duvet, matelas autogonflant, réchaud + filtres à eau

Se rendre au Cormet de Roselend :

Sauf si vous venez de Bourg-Saint-Maurice, il faut passer vers Albertville pour rentrer dans le Beaufortain en direction d’Arêches, du Barrage de Roselend qu’on contourne par la gauche (Nord) puis passer le Plan de la Lai pour atteindre le Cormet de Roselend et son parking. Attention, plus vous venez tard, plus y’aura du monde !

Pour organiser logistiquement cette traversée, il a fallu partir à deux voitures jusqu’au Cormet d’Arêches (montée par Albertville et Beaufort avec une route qui se transforme en piste carrossable pierreuse), y poser une voiture, repartir avec une voiture au Cormet de Roselend (par le Col du Pré). On refera cette même dernière route à la fin du trek pour récupérer la voiture au Cormet de Roselend.

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1er jour : Cormet de Roselend ➜ Lacs de Forclaz

dénivelé cumulé : +1150 m / -650 m (10 km – 7 h avec les pauses)

Ce trek commence au Cormet de Roselend, au milieu des tarines, des stands de vendeurs de charcuterie et fromages et des cyclistes qui se prennent en photo devant la panneau pour immortaliser leur exploit du jour. L’itinéraire suit une piste parsemée d’épilobes, de campanules, d’épervières et quelques arnicas pour s’engouffrer dans l’aval de La Combe de la Neuva. On arrive à une mini-cascade où les familles viennent pique-niquer. Les glacières complètent la gamme chromatique des fleurs. Il est vrai que le cadre est délicieux pour l’occasion !

Par le PASSEUR DE PRALOGNAN

Quelques mètres d’altitude supplémentaires suffiront à quitter la foule. Une petite montée ensuite pour atteindre un plateau fleuri d’arnicas, de gentianes et d’orchis vanillés. Le Mont Blanc dans le dos annonce déjà la splendeur du panorama à venir. Après cette mise en jambes bucolique, notre première raideur se dresse maintenant devant nous. L’accès au Passeur de Pralognan est assez vertical et il faut parfois poser les mains (surtout avec un sac de 15 kg dans le dos). Le tracé n’est pas très bien indiqué mais toutefois assez évident avec un peu de bon sens. Viser le col en choisissant les zigzags. Je ne vous dis ça pas pour vous vexer mais parce qu’on a justement vu un couple se mettre dans le dur, sans raison apparente.

 

Arrivés à ses 2537 mètres, le regard bascule sur les hauteurs du Vallon du Charbonnet qui coule jusqu’à Bourg-Saint-Maurice. Notre parcours se déploie, lovant plus ou moins les courbes du terrain. “Ce midi là-haut, ce soir là-bas ». À main droite (comme on dit dans le Sud, ça tombe bien, c’est la direction), on découvre un des Lacs de la Forclaz, objectif du soir, la Pointe de la Combe Neuve et Le Roignais. Mais avant cela, avec ce beau temps estival, on a prévu de manger sur la Terrasse ce midi. Yallah !

La POINTE DE LA TERRASSE

Le sentier part sur la gauche pour rejoindre une épaule belvédère sur le Mont blanc. Après avoir délaissé les hommes (on ne croisera que deux personnes sur l’ensemble de l’ascension), ce sont les végétaux que l’on quitte pour un sentier rocheux aux résonances pasoliniennes. Seule la vue de quelques bouquetins au loin rappelle que la vie est encore présente ici. Après avoir traversé un pierrier, un court couloir remonte avant que nos derniers pas n’arpentent les pierres sommitales. Nous arrivons alors à la Pointe culminante (2881 m).

© L’Oeil d’Édouard

Promontoire panoramique sur toutes les Alpes du Nord, La Pointe de la Terrasse porte bien son nom avec le Mont Blanc en vis-à-vis. De là-haut, on a une vue grandiose à 360° sur la Chaine des Aravis, le Massif du Grand Paradis, les Alpes Grées avec l’Aiguille de la Grande Sassière, le Massif de la Vanoise avec le Mont Pourri, la Grande Casse, les Glaciers de la Vanoise et de Greboulaz. Au Sud-Ouest, le Massif du Beaufortain avec Le Roignais, l’Aiguille du Grand Fond et la Pointe de Presset. Les vautours traversent ce paysage et nous narguent avec leurs voltiges.

plus de détails et de photos sur la randonnée dans mon topo de La Pointe de la Terrasse

Les LACS DE FORCLAZ

Après le casse-croûte, le moment est venu de redescendre sur terre. Nous reprenons le même chemin jusqu’au Passeur de Pralognan et poursuivons les lacets menant dans le creux du vallon. à 2220 mètres, une bifurcation nous fait remonter 100 mètres en altitude pour atteindre les Lacs de la Forclaz (prononcer « forcle » s’il vous plait, « fourche » en savoyard). Le premier des cinq est le Lac Esola. Encore un dernier effort avec 150 mètres de dénivelé et on atteint un plateau de trois à 2450 mètres : le Lac Riondet, le Lac Verdet et le Lac Cornu au bord du quel nous poserons la tente.

 

Arrivés pour l’heure de l’apéro, le plateau est une table dressée avec cinq assiettes lacustres. Seules deux ou trois autres tentes ont été posées sur le plateau. Ne reste plus qu’à sortir la popote. À la nuit tombée, les montagnes, mis à part la Torche qui se dessine ironiquement par l’obscurité du contre-”jour”, révèlent leurs reliefs à la lueur d’une pleine lune resplendissante. Voir son ombre à minuit a assurément quelque chose de merveilleux. Une sorte d’incongruité dans l’interstice des strates temporelles, oxymore contextuelle.. On pourrait rester encore longtemps assis ainsi les cils vers le ciel. Mais si le coeur luit, le corps, lui, se convainc petit à petit qu’il est venu l’heure de trouver sa nuit…

© L’Oeil d’Édouard

 

2e jour : Lacs de la Forclaz ➜ Lac d’Amour

dénivelé cumulé : +650 m / -850 m (8,5 km – 9 h avec les pauses)

Le COL DE LA NOVA

Le lendemain, le ciel est nuageux et l’itinéraire nous apparaissait encore quelque peu nébuleux. Sur le papier (et l’écran de Google Earth, on est quand-même au 3e millénaire !), on s’était dit que ça devait vraisemblablement passer. Sur le terrain… ça reste à confirmer. Nous passons le cinquième lac, nommé Lac Noir, et à partir de là, on sera à nouveau absolument seuls dans le décor. Ce plaisir en montagne n’a pas de prix. On longe le pierrier de la Pointe de la Combe Neuve pour rejoindre la crête (2675 m).

 

La ligne de crête offre une vue plongeante sur la Combe de la Neuva et le Col du Grand Fond. On poursuit avec un raide clapier de 100 m d+, ornementé d’une rotonde en pierres malheureusement effondrée (la question de connaitre quel était précisément son rôle à l’origine se pose quand-même). Une petite traversée et on atteint le Col de la Nova (2811 m). Face à nous, l’Aiguille de la Nova (2893 m), majestueuse, et le vallon redescendant au Refuge de la Balme.

© L’Oeil d’Édouard

En poussant un peu au bout de l’épaule, la Combe de la Neuva s’expose avec les reliefs escarpés, sublimés par les rayons perçant le plafond nuageux : le Col du Grand Fond, la Pointe de Presset (2858 m), l’Aiguille du Grand fond (2920 m), la Dent d’Arpire (2467 m) et le Mont Blanc tout à droite. C’est splendide ! Quel bonheur d’être là, tout seuls, avec ce paysage sous les yeux. La vue dominante permet également d’éclairer nos esprits et lever nos doutes quant à la praticabilité de l’itinéraire par là. Oui, ça passe ! La descente dans la combe se fait dans un couloir des rochers où les pas chaloupés s’enchaînent sur les pierres dans une godille de randonneur, presque maîtrisée (difficulté : ★★★★). Mais après cela, il faut remonter presque la moitié du dénivelé pour rejoindre le Col du Grand Fond (2671 m).

Le COL DU GRAND FOND

Le Col du Grand Fond nous rappelle au fait que nous ne sommes pas seuls ici-bas. On en profite donc pour monter sur la butte afin d’avoir une vue imprenable sur le Lac de Presset et être un peu à part de la foule pour manger. Un effort de reconcentration est alors nécessaire pour ne pas s’oublier : le spectacle est ailleurs. On ferme les oreilles pour mieux ouvrir les yeux. On se délecte de la vue carte postale ainsi que des nuances chromatiques des roches oxydées autour. Sur ce monticule, la carte IGN indique une « statue ». On l’a très succinctement cherchée, en vain…

© L’Oeil d’Édouard

Petit appendice à notre itinéraire, on improvise un petit extra à la Brèche de Parozan entre la Pointe de Presset et l’Aiguille du Grand Fond. « Quelle vue peut bien réserver cette ouverture dans la montagne ? » Un sentier débonnaire traverse sous la Pointe de Presset et on découvre alors une fenêtre avec vue sur le bout du Lac de Roselend, l’Ouest du Massif du Beaufortain le Grand Mont, le Pic de la Grande Journée, le Mont Mirantin et sa Légette et, en arrière-plan, Les Saisies, La Tournette, le Mont Charvin… Honnêtement pas si exceptionnelle que ça finalement mais ça ne nous aura coûté que 1/2h aller-retour. En hiver, recouverte de neige, la Combe de la Neuva est absolument sublime !

Le REFUGE DE PRESSET

De retour au Col du Grand Fond, on attaque la descente vers le Lac de Presset. Un peu raide, les bâtons soulagent confortablement les genoux et aident à l’équilibre sur les cailloux roulants. En 1/4h, on atteint le lac. Ça y est, j’y suis. J’ai l’impression d’être au sein même des multiples images du lieu que j’ai vues durant des années : le plan d’eau et le refuge de Presset avec l’iconique Pierra Menta en arrière-plan. Je ne résiste pas, je réalise à mon tour le cliché. Je regretterai juste que l’eau n’ait pas été plus calme pour avoir le reflet parfait dans le miroir aquatique.

© L’Oeil d’Édouard

Le Refuge de Presset a été rénové en 2013 pour une capacité de 30 personnes (des espaces pour poser les tentes autour sont également disponibles). Il bénéficie dorénavant d’une délicieuse terrasse panoramique avec vue sur la Balme en contrebas et, évidemment, le totem beaufortain de 2714 m. Naturellement, on en profite pour une petite pause avec une bière qui va bien, un échange avec des voisins de table belges, puis une deuxième pour la convivialité… Eux, comme vraisemblablement la plupart des gens ici, réalise le Tour du Beaufortain. Pour info, le refuge est également accessible en hiver pour une ascension en ski de randonnée.

Le PASSEUR DE LA MINTAZ

On reprend ensuite le chemin jusqu’à la Pierra Menta De bas en haut et de pas en cols, notre itinéraire louvoie telle une corde d’alpiniste entre les becquets montagneux. Juste pour voir, on rejoint le Col du Besson (2469 m) où on croise les randonneurs du GRP, essoufflés après leur montée depuis le Lac de Roselend. Pour notre part, c’est au Passeur de la Mintaz (2595 m), aussi appelé Col de Tutu ou Col à Tutu, que nous ferons le pas sur l’autre versant. Un couple qui descendait et nous a mis en garde sur le fait que c’était vraiment casse-gueule et dangereux… Ah ? Ben… on va voir…

 

Certes, il est raide et il faut parfois poser les mains mais vraiment rien d’insurmontable (même s’il est vrai qu’il est plus confortable de la monter que de le descendre). À moins que ce ne soit les effets de la deuxième bière qui ait annihilé mon instinct de survie sur le moment… Au col, accolé à la Pierra Menta, c’est encore un nouveau paysage qui s’expose. Le chaos minéral sous la face Nord contraste avec les reliefs adoucis des alpages herbeux décloisonnés. Comme une perle dans son écrin, le Lac d’Amour fait figure d’oasis dans ce désert déboisé.

© L’Oeil d’Édouard

 

Le LAC D’AMOUR

Une demi-heure de descente le long de la casse et le bain frisquet m’attend. Là encore, nous ne sommes pas seuls. Au pied du Roc de la Charbonnière (2738 m), Le Lac d’amour est un spot idéal pour bivouaquer : le plateau herbeux, l’eau, le cadre montagneux avec la Pierra Menta, la vue sur les Aravis, l’accessibilité depuis le Cormet d’Arêches, toutes les bonnes conditions sont réunies. Pour autant, on ne peut pas dire que c’était pris d’assaut ce jour-là. « Seulement » 5 ou 6 tentes (dont la mienne) avaient été posées dans les environs. Tant mieux !

 

Au coucher du soleil, le ciel s’embrasera en toile de fond façon Seigneur des Anneaux au-dessus de la Chaîne des Aravis. Les plans montagneux se succèdent dans la profondeur avec autant de nuances chromatiques. Malheureusement, malgré mes espoirs au coucher de soleil, les nuages ne se sont finalement pas dissipés. Mon trépied et moi nous languissions tous les deux de faire des photos de nuit de la Pierra Menta avec les étoiles. Tant pis, partie remise…

 

3e jour : Lac d’Amour ➜ Cormet d’Arêches

dénivelé cumulé : +1000 m / -1150 m (16,5 km – 8 h avec les pauses)

Le COL DU COIN

Au réveil (enfin si tant est que j’ai pu dormir avec la tondeuse qui ronflait à côté de moi), on retrouve les deux belges qui poursuivent leur Tour du Beaufortain vers le Refuge de l’Écondu. Stratégiquement, nous avions placé une voiture au Cormet d’Arêches avec de quoi prendre, déposer et, accessoirement, aller récupérer l’autre au point de départ. Pour cela donc, on se rend au Col du Coin dans une longue traversée quasiment horizontale, sauf les derniers mètres ! Arrivés au 2398 mètres du col, le regard plonge sur le Cormet d’Arêches avec le Crêt du Rey et la Pointe de Combe Bénite en arrière-plan.

Le CORMET D’ARÊCHES

L’évidence aurait voulu qu’on suive l’itinéraire du sentier passant par le Plan Brunet et la Chevalière. Néanmoins, on a préféré tirer à droite dans les pentes herbeuses pour rejoindre La Croix du Berger, via le Plan de la Marmotte. Le chemin suit une ligne de crête agréable, serpentant à un moment entre deux murs calcaires. Une heure et demie après le Lac d’Amour, on atteint le Cormet d’Arêches (2107 m).

le Lac des Fées

On retrouve les locataires du lieu en camping-car croisés 48h auparavant quand on avait posé la voiture. Pour nous, ce troisième et dernier jour de trek dans le Beaufortain est synonyme de ravitaillement, vêtements propres et légèreté. On se déleste donc du superflu du sac (quel bien fou, on aurait presque l’impression de léviter maintenant, presque…) et on repart en route pour notre final. Une fois de plus pas tout à fait certains de ce qu’on va faire, on improvisera l’itinéraire à force de le voir. On commence par le Crêt du Rey et on verra après jusqu’où on va selon le paysage et la motivation.

Le CRÊT DU REY

On avait beau regarder la carte dans tous les sens, on ne savait pas à quoi s’attendre avec le premier et par quel angle l’aborder. Après une approche par une piste carrossable, tout a paru plus limpide de visu. Ayant le sens du défi autant que de la trajectoire courte, on fait le choix de le gravir par l’arête Nord-Est (plutôt que via le Col de Corne Noire). Cela peut paraitre raide de prime abord mais les lacets permettent une ascension sans trop aller dans le rouge. Le principal danger vient finalement de ceux qui descendent par la même voie et peuvent envoyer des pierres sur le nez (je n’ai personnellement pas hésité à faire une pause sécurité quand j’ai vu en amont un couple aux pas fébriles…).

l’arête Nord-Est

 

Le sommet du Crêt du Rey (2633 m) est plutôt exigu et offre un panorama à 360° sur la partie méridionale du Massif du Beaufortain avec le Lac Saint-Guérin, le Grand Mont, la Grande Paréi, l’Aiguille du Grand Fond, la Chaine des Aravis et… jusqu’au Mont Blanc. Au Sud, les sommets du Grand Arc, de la Chaine de la Lauzière avec le Mont Bellacha et de le Massif de la Vanoise avec la Grande Casse, sommet culminant de Savoie, et les Glaciers de la Vanoise.

 

Pour descendre de cette montagne pyramidale aux raides versants, l’arête Sud-Ouest un peu aérienne offre un parcours très esthétique. Le délestage des sacs à dos a redonné une seconde jeunesse à nos cuisses et on aurait presque l’impression de voler comme des funambules (euh… ça vole des funambules ? enfin vous avez compris l’image d’apesanteur quoi).

plus de détails et de photos sur la randonnée dans mon topo du Crêt du Rey

 

Alors que les randonneurs à la journée se dirigent vers le Col de Corne Noire pour retourner au Cormet d’Arêches, nous, nous poursuivons vers notre ultime objectif, l’ultime sommet ciblé. Après “un dré dans l’pentu” digne de Carrie Ingalls (à un détail près), notre dernier défi se signera à la Pointe du Dzonfié qui se tient face à nous. À partir de là, on ne croisera plus personne jusqu’à notre marche retour.

© L’Oeil d’Édouard

La POINTE DE DZONFIÉ

Ce n’est pas tant que son ascension soit insurmontable mais cela fait la troisième de la journée après le Col du Coin et le Crêt du Rey. D’ailleurs, hors-sentier, on peine un peu à trouver un itinéraire réellement efficace. Sur ce chemin herbeux qui n’en est pas un, génisses et marmottes, icônes locales, assistent à nos derniers efforts avec une indolence déroutante. Elles arriveraient presque à nous faire douter de la nécessité de notre dessein si sisyphien.

 

De la minuscule croix en bois marquant le sommet de la Pointe de Dzonfié, aussi appelée Pointe de la Chauvière (2455 m), la vue domine le vallon de Grand Naves jusqu’à la Tarentaise et la Lauzière. Sacrifié à l’autel de fromage à pâte cuite, ce dernier paysage de notre trek dans le Beaufortain manque de sel. Cela dit, les nuages n’arrangent rien et sont vraisemblablement l’ingrédient de trop dans cette composition. En arrière-plan, le panorama doit a priori être splendide. Seul le Grand Mont aura réussi à me dilaterla pupille par son imposante masse rocheuse.

Retour par les Crêtes

Nous tournons le dos à notre perspective doublement tarine. Nous redescendons au Col des Tufs Blancs à l’heure de la traite de vaches, mangeons quelques myrtilles à la volée, passant le bien-nommé Col des Génisses (2348 m) ainsi que notre dernière montée officielle, le Col de la Grande Combe (2356 m). Les jambes sont lourdes et l’enthousiasme s’est éclipsé en même temps que le soleil…

Ensuite, le reste n’est alors plus que descente longuette parmi des parterres de gentianes pourpres. Après un slalom dans les pentes orientales du Crêt des Bœufs, nous retrouvons le Cormet d’Arêches ainsi que la voiture. D’un Cormet à l’autre mais dans en sens inverse cette fois, elle nous ramènera à celui de Roselend pour y récupérer la Dacia .

📷 L’Oeil d’Édouard ©

 

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