L’AIGUILLE DE LA GRANDE SASSIÈRE, plus haute randonnée de France !

L'Aiguille de la Grande Sassière et le Glacier de la Sassière, Alpes Grées, Montagne Savoie © L'Oeil d'Édouard - Tous droits réservés

Située à la frontière franco-italienne, l’Aiguille de la Grande Sassière est réputée pour être le plus haut sommet randonnable de France (hors-alpinisme donc). Encore faut-il avoir les bonnes conditions. Ses 3747 mètres ne sont accessibles en chaussures qu’à partir de la fin d’été, une fois que la neige a fondu et laisse passer un chemin sec sur la crête. Au sommet, on a l’impression d’être sur le toit du Monde avec une vue sensationnelle à 360° sur toutes les Alpes du Nord (françaises, italiennes et suisses).

Sommet : La Grande Sassière (3747 m)
Massif : Alpes Grées (Savoie)

Départ : Le Saut (2280 m) Plan de la Sassière

Carte IGN : Les Arcs La Plagne – IGN 3532ET

Dénivelé : 1500 m
Distance : 11 km aller-retour

Durée : montée 4h – descente 2h30

Difficulté : ★★★☆☆ (si terrain sec)
★★★★ (si passages sur neige)

de août à octobre

Intérêt : ♥♥♥♥
+ 3000 m
Glacier

Parking Le Saut - Départ randonnée à l'Aiguille de la Grande Sassière, Alpes Grées Savoie

Se rendre au parking du Saut :

Depuis Albertville, rentrer dans la vallée de la Tarentaise en prenant N90 en direction de Moûtiers. Ensuite, suivre les indications Tignes et, après avoir traversé Bourg-Saint-Maurice, monter la D902 qui va vers Val d’Isère et le Col de l’Iseran. Arrivé au niveau du Lac du Chevril, ne pas prendre le barrage de Tignes et rester sur le coté Est du lac. Toute de suite après le 2e tunnel (Tunnel du Saut), prendre la petite route qui monte à gauche et traverse le hameau du Villaret du Nial. Suivre la route jusqu’au bout. Après le passage dans l’éboulis, on arrive sur le parking du Saut, au pied du barrage éponyme (1h30 depuis Albertville).

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De l’herbe avant les pierres

Attention, l’itinéraire de randonnée à l’Aiguille de la Grande Sassière n’est pas officiellement balisé et il n’y a donc pas de panneau indiquant le point de départ. Celui-ci, marqué par trois grosses pierres, se fait à mi-hauteur du parking et monte perpendiculairement. Je vous le dis parce que moi je me suis trompé, prenant le sentier, plus plat, sur le bas du parking. Rien de bien grave en soi mais ça rallonge juste un petit peu. Le chemin du Plan de la Casette est particulièrement creusé dans le sol terreux. À l’embranchement avec un cairn, prendre le chemin qui monte raide sur la droite. Ça va commencer à réveiller le corps. Quelques traversées sur rochers plus tard, l’environnement devient tout de suite plus minéral. Les lauzes remplacent les touffes.

Sur la ligne de crête

La première partie de la randonnée se termine sur cette épaule panoramique à 3100 mètres d’altitude. On arrive sur un replat où la vue se coupe en deux parties latérales et où le souffle en profite pour retrouver son rythme habituel. Sur la gauche, La Grande Combe avec le Rocher de la Davie (3157 m) tandis que, sur la droite, le Plan de la Grande Sassière et son lac ainsi que La Tsanteleina. Et surtout, face à nous, notre destin se dresse. La partie finale semble bien raide…

 

Après cette petite pause rétinienne, il est venu le temps de gouter à la crête menant à la cime de l’Aiguille de la Grande Sassière. Une petite cambrure topologique puis une montée sur pierres qui nécessitera un petit pas alpin avec quelques éventuelles poses des mains pour enjamber les peu nombreux passages escarpés. Vraiment rien de bien méchant ! Par moment, le tracé fait passer au Nord de la crête et il faut alors être attentif aux plaques de glace de la même couleur que les pierres.

 

Nous voilà arrivés à la dernière partie de l’ascension de l’Aiguille de la Grande Sassière, celle de toutes les interrogations, météorologiques et donc techniques. Si vous montez au mois de juillet ou août, vous aurez sûrement peut-être pris un bout de corde pour justement assurer ce dernier tronçon. En préparant cette randonnée, le facteur inconnu était les conditions d’enneigement en cette mi-octobre. Dans ces cas-là, j’essaie de trouver une webcam pour avoir une image en direct : celle de Tignes / Tovière est assez efficace même si on ne voit pas le versant Nord (du coup, j’ai aussi appelé le Bureau des Guides des Arcs). Par sécurité, j’avais quand-même pris une paire de crampons et un piolet au cas où… et bien m’en a pris. Si les premiers ne m’ont pas servi (mais j’en ai vus descendre avec), j’ai quand-même utilisé le piolet pour m’aider sur les 15 derniers mètres qui étaient en neige gelée (quitte à l’avoir monté, autant qu’il serve !).

© L’Oeil d’Édouard

Niveau randonnée, cette partie finale est assurément la plus rude. Déjà parce qu’on a accumulé un peu de fatigue et peut-être aussi dû à l’effet de l’altitude (mais que je n’ai personnellement pas ressenti ressentir outre mesure). Et surtout, parce que le sol se verticalise avec une pente jusqu’à 35° (enfin côte plutôt parce que vous allez bien commencer par la montée). Toutefois, le dénivelé de + 350 m est assez bien absorbé par un tracé avec de nombreux zigzags. Che va piano, va sa sano… Petits pas réguliers à son rythme, on n’est plus à 5 minutes maintenant !

Le sommet de l’Aiguille de la Grande Sassière

3732… 3738… 3744… 3747 ! Ça y est, on est arrivé en haut ! Au sommet, deux choses vous accueillent, une Vierge (contrairement à celle de la Pointe de la Réchasse, celle-ci ne nous tourne pas le dos en arrivant) et… le vent ! Si vous n’avez pas prévu une veste et une doudoune (moi, mi-octobre, j’avais pris ma grosse) dans votre sac, vous allez sans doute rapidement le regretter ! Sachez toutefois qu’il y a quand-même quelques recoins derrière des rochers pour se mettre un peu à l’abri.

 

La vue au sommet de l’Aiguille de la Grande Sassière est absolument phénoménale !!! Du haut de ses 3747 mètres, on a un imprenable panorama à 360° sur toutes les Alpes du Nord (France, Italie et Suisse). C’est à tomber (enfin… façon de parler !). Versant Nord-Ouest, le Glacier de la Grande Sassière à nos pieds, le Dôme de la Sache (3588 m) et le Mont Pourri (3779 m), le Massif du Beaufortain puis le Mont Blanc.

 

Versant Est, côté italien, la vue plonge vertigineusement sur la combe de la Grande Traversière, la La Tsanteleina (3602 m) sur la droite, avant de rejoindre en arrière-plan le Massif du Grand Paradis culminant à 4061 mètres. En regardant plus au Nord, sur la gauche, on aperçoit au loin une chaine montagneuse où se succèdent les sommets des Alpes suisses dont le mythique et iconique Cervin (ou Matterhorn, en allemand) et le Mont Rose (4064 m).

 

Côté Sud, on retrouve le plan avec le parking de départ et le Lac de la Sassière, le Massif de la Vanoise avec Tignes, le Glacier de la Grande Motte, la Grande Casse (3855 m) côté couloir des italiens. Derrière les Glaciers de la Vanoise, on peut percevoir également voir les Écrins en arrière-plan avec La Meije (3983 m), le Mont Pelvoux (3943 m) et la Barre des Écrins (4102 m). En cherchant au loin, on voit aussi le Queyras et le Mont Viso (3841 m) dans l’alignement du Col de l’Iseran, plus haut col routier de France avec ses 2764 mètres d’altitude.

📷 L’Oeil d’Édouard ©

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