2 jours de ski de randonnée au REFUGE DE PRESSET

La Pierra Menta et le Vallon de Presset en hiver depuis le Refuge de Presset - Massif du Beaufortain, Savoie © L'Oeil d'Édouard - Tous droits réservés / Ski de Randonnée Paysage Montagne neige Outdoor Mountain Winter Snow Ski Touring

Le Beaufortain est décidément un endroit merveilleux. Quelques mois après mon trek, j’ai redécouvert le même paysage, paré d’un manteau blanc pour l’occasion hivernale. Une météo étonnement précocement printanière, un soleil aux rayons estivaux… Toutes les conditions étaient réunies pour une splendide randonnée à ski au Refuge de Presset jusqu’au Col du Grand Fond (et même un peu plus…).

Sommet : Col du Grand Fond (2671 m)
Massif : Beaufortain (Savoie)

Départ : Les Pars (1400 m)

Carte IGN : Beaufortain 3532 OT

Dénivelé : 1270 m (+ 500 m)
Distance : 17 km a-r (+ 6 km)

Durée : montée 3-4h

Difficulté : ★★☆☆☆ (2.2 E1 – 30° max)

de décembre à avril…

Intérêt : ♥♥♥♥
Ski de randonnée
Neige
Refuge

Parking Les Pars Foyer de ski de Fond - Massif du Beaufortain, Savoie

Se rendre aux Pars :

Compter environ 1h de route depuis Albertville. Rentrer dans la Tarentaise et, à Moûtiers, prendre la direction de Bourg Saint-Maurice. À Aime-la-Plagne, monter les lacets de La Côte d’Aime, traverser La Bergerie et poursuivre jusqu’au parking du Foyer de ski de fond des Pars.

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Par le Vallon du Forand

Au départ des Pars, l’itinéraire suit la piste presque horizontale en laissant le Pont de la Gitte sur la gauche (autres itinéraires possibles par le Col du Mont Rosset ou le Col de la Charbonnière). La mise en jambes est un bonbon sucré qui se suçote progressivement à la douceur du réveil matinal. Seule une petite raideur sur quelques mètres nécessite de mettre les couteaux pour assurer l’adhérence dans les lacets aussi traffolés que glacés. On arrive ensuite au milieu des chalets de Bon Pas. Sorti de la forêt, la vue s’élargit et prend de la profondeur sur le Vallon du Forand. On aperçoit la Chapelle de Saint-Guérin sur l’autre versant, ensoleillé.

 

Le cadre est bordé par le Dôme de Vaugelaz, Le Grand Châtelet, Le Roignais et le Mont Rosset… et, au fond, pour mettre en appétit les alpinistes, “la Pointe de Gargan tu as” complète notre régional de l’étape. Cette looongue traversée horizontale a le mérite de permettre de savourer pleinement le paysage sans effort de progression. Ici, seules trois couleurs composent le tableau : le blanc, le brun et le bleu. “Less is more », le minimalisme (re)met en valeur les beautés escarpées, là où certains n’y verraient que des défis verticaux à relever.

 

Puis, le Vallon du Forand se resserre pour être un couloir à risques ! Avec les chaleurs en pleine journée, les pentes purgent le trop-plein de neige trop lourde. Les avalanches de fonte en combe, dignes d’un mois d’avril, jalonnent le parcours (cf : BERA du Beaufortain). A chacune son heure selon l’exposition, sa couleur selon son parcours descendant. Un slalom à la montée. Coulées printanières, corniches, reptations et gueules de baleines… Tous les cas de figure se présentent à nous. La vigilance ne se fait pas duper par la splendeur et impose de prendre ses distances. Vu la largeur, 50 mètres entre chaque skieur semble être un écart raisonnable.

 

Après 5 km et seulement 500 mètres de dénivelé positif depuis Les Pars, on atteint la jonction avec la Combe de la Nova. La Pierra Menta surgit comme un premier trophée visuel. L’itinéraire part sur la gauche dans une courte montée pour atteindre les 1995 mètres du Refuge de la Balme (non-gardé à cette époque mais ouvert). Les pupilles s’autorisent une pause pour admirer les sommets alentours avant de repartir en direction du Refuge de Presset.

 

La neige n’a plus rien d’immaculée ici car le replat est le carrefour de nombreuses randonnées (Mont Rosset, Col de la Charbonnière…). Lacets et godilles plus ou moins serrées ont été dessinées sur la moindre inclinaison. Il faut encore pousser sur un dernier faux-plat qui deviendra même une montée à 30°. Une petite heure tranquille après le Refuge de la Balme, on atteint celui de Presset.

Le Refuge de Presset

En hiver, le Refuge de Presset reste ouvert mais n’est pas gardé (période et tarifs). Si vous montez à la journée, pas de souci donc, mais si vous venez pour deux jours, ça demande de s’organiser. Pour ma part, le refuge venait de rouvrir 3 jours avant. “Bienvenue à Presset !” Sandra, la gardienne depuis 1999, nous accueille avec un sourire qui nous irradie de sa positivité. Reconstruit en 2013, le Refuge de Presset est flambant neuf avec de grands volumes (même dans les chambres).

 

Les architectes ont pensé aux montagnards en quête de réconfort en leur offrant une terrasse belvédère qui justifie la moindre goutte transpirée pour arriver jusqu’ici. La vue panoramique sur le vallon de Presset est vraiment sensationnelle avec la Pierra Menta, totem beaufortain, et, arrière-plan, la Vanoise et les Écrins pour les yeux les plus perçants. On ne se lasse pas de cet enivrant paysage.

 

Le coucher de soleil au Refuge de Presset est un spectacle absolument magique avec la Pierra Menta mise en exergue par le contre-jour. Les couleurs se réchauffent jusqu’à embraser le ciel et les reliefs avec une intensité incandescente. Le paysage se transforme en palette polychromique digne d’un arc-en-ciel et impose une pause contemplative à chacun. En hiver, l’évènement est de courte durée et il faut rester vigilant à l’heure de l’apéro pour ne pas le manquer… Au fil des minutes, les premières étoiles apparaissent, en même temps que les phares de dameuses de La Plagne… Amusant ballet et curieuse symétrie révélant l’agitation humaine face au macrocosme céleste. Après l’esprit, le moment est maintenant venu de penser au corps : Sandra nous régale de sa spécialité, de délicieuses pâtes à la carbonara agrémentées de champignons. Délicieux ! Un génépi, des écrits et au lit !

📷 L’Oeil d’Édouard ©

 

Le Col du Grand Fond

Depuis le Refuge de Presset, il reste 170 mètres de dénivelé pour atteindre le Col du Grand Fond (2671 m). On peut donc tout à fait imaginer le faire à la journée depuis les Pars mais, vous n’aurez pas assisté au coucher de soleil de la veille… En réalité, on est d’abord allés au petit col de droite (2622 m). Moins raide que son grand frère et donc moins glissant avec le regel nocturne, il est surtout garant d’une belle poudreuse sur sa face Nord (à l’ombre de l’Aiguille de la Nova et donc moins exposé au soleil durant la journée). La montée commence tranquillement en passant à droite du Lac de Presset, sous la glace et la neige, et se raidit petit à petit sans toutefois dépasser les 30°.

 

Au petit Col du Grand Fond, la Combe de la Neuva se déploie et conduit le regard jusqu’au Massif du Mont Blanc. Je connaissais le lieu en été mais là, c’est absolument (autrement) splendide ! Le cadre est sublime, pastel et silencieux. Il n’y a personne à part nous, pas une trace, pas un bruit. On a l’impression d’être au paradis, hors du temps et tellement loin de tout.

📷 L’Oeil d’Édouard ©

 

La Combe de la Neuva

Notre sortie ski de rando étant sur deux jours, l’idée était de se faire plaisir dans la Combe de la Neuva sur de la bonne neige. La descente tiendra ses promesses. Les courbes vallonnées sont fluides et, ce jour-là, le tapis était une fine couche légère mettant notre glisse en apesanteur. Un pur bonheur ! Je repense alors au jeune padawan rencontré quelques jours plus tôt : il ne jurait que par le “vrai ski”, celui dont le seul mètre-étalon est un inclinomètre. Pour certains donc, véracité ne rime qu’avec technicité. Chacun son approche, mais pourquoi les hiérarchiser ?

Après 450 mètres de dénivelé négatif, les pentes s’aplanissent et il faut parfois faire du skating sur quelques faux-plats. On pousse encore un peu mais la suite n’apporte plus grand-chose. A 2190 m, on décide donc de faire demi-tour et de remettre les peaux pour revenir au Col du Grand Fond, le grand cette fois. Moins grandiloquente, la vue Sud de ce versant Nord n’a rien à envier à son envers. Graphiquement plus subtile, obliques et contre-courbes s’enchevêtrent tandis que les reliefs se révèlent à la faveur des nuances de blanc. Il faut encore resté vigilant aux surplombs et corniches potentiellement menaçants.

📷 L’Oeil d’Édouard ©

 

Face à nous dans ce paradis blanc, la Brèche de Parozan a des airs de porte sacrée digne de certains récits mythologiques. Une dernière traversée et quelques zigzags et on atteint les 2671 mètres du Col du Grand Fond. D’ici, la vue est imprenable sur le Vallon de Presset, avec le lac, le refuge, la Pierra Menta. On perçoit même la Grande Casse dans l’enchancrure de la Pointe de Gargan.

 

A partir de là, 1270 mètres de descente s’offre à nous. La première pente qui part du col commence aux alentours de 35°. Toutefois, sa largeur permet sans problème de faire une traversée si besoin. Exposée Sud-Sud-Est, elle prend rapidement le soleil et la neige commence déjà à se ramollir en cette fin de matinée de février printanier. Dans le bas du vallon, on retrouve notre autoroute traffolée de la veille. Une dernière pente à +/- 25° sous le Refuge de la Balme et le reste est une suite de faux-plats façon tire-fesses jusqu’au parking des Pars.

 

Retrouvez tous nos conseils montagne et topos randonnée dans le Beaufortain dans notre rubrique Trace Les Cimes△△








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