LE QUERMOZ, épaule blanche du Beaufortain

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Le Quermoz est une classique de ski de randonnée dans le Beaufortain. Juché sur la pointe Sud du massif au-dessus de Nâves, il est un sommet facile (également accessible en raquettes) avec de nombreux accès, offrant une vue privilégiée sur la Vanoise et la Lauzière. Je partage ici avec vous mon itinéraire de montée et de descente, avec nos réflexions concernant nos prises de décision.

Sommet : Le Quermoz (2297 m)
Massif : Beaufortain (Savoie
Départ : Grand Nâves (1320 m)

Carte IGN : Beaufortain 3532 OT
Topos neige Beaufortain

Difficulté : ★★☆☆☆ (2.1 / < 35° / E1)

Dénivelé : 970 m
Distance : 6,5 km (montée)

Durée : montée 2 à 3h

Intérêt : ♥♥♥

Période : décembre à mars ❄️
enneigement / risque avalanche

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➜ Se rendre à Grand Nâves

Par Albertville (compter 30-45 minutes) : entrer dans la vallée de la Tarentaise par la N90 (autoroute gratuite) en direction de Moûtiers. Quelques kilomètres avant, prendre la sortie n°73 Notre-Dame de Briançon / La Lechère. Traverser les hameaux de Grand Cœur et Petit Cœur avant de monter les nombreux lacets de la D93 grimpant à Molençon puis Grand Nâves. Un grand parking se trouve au Sud-Est du village, après avoir traversé le pont du Grand Nant de Nâves. Si vous n’arrivez pas trop tard, vous aurez de la place. Sinon…


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Par le Grand Plan

D’emblée, la question de la direction à prendre dans cette prairie blanche (du départ du parking latéral du Grand Nâves, il y a des traces de partout !). “Mince, on va quand-même pas se gourer au bout de 5 mètres, bordel !?!” En plus, le sommet du Quermoz est visible dès le départ ! Non, en fait, ça va. Juste après avoir chaussé les skis, on vise Sud-Est (une légère tangente par rapport à la route montante). Avant de rencontrer les premiers bosquets, on part sur la gauche, à l’Ouest, pour se diriger plus réellement dans la côte. On monte légèrement ainsi en faisant de larges lacets entre les arbres, très espacés, et les ruisseaux, recouverts.

Rapidement, on atteint un replat amenant sur le domaine de ski nordique de Grand Nâves. On longe/traverse les pistes de ski de fond (encore désertes à cette heure) pour arriver sur Le Grand Plan. Le paysage s’aplanit autant qu’il s’ouvre à la vue. On découvre alors la topographie réelle en la confrontant avec ce qu’on avait perçu a priori sur la carte. La question de la suite du parcours se pose de visu puisque deux itinéraires sont ici possibles dans les topos pour le Quermoz : par Bonpertui et la Forclaz ou bien, plus direct, par le Lac de Bozon. Si le premier avait l’avantage d’être plus doux niveau raideur (quoique finissant par un passage potentiellement exposé sous des pentes 35 à 45° par risque 3), il a l’inconvénient d’être notablement plus long. On opte donc pour la deuxième solution.

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Le Lac de Bozon et l’arête Sud

Ainsi, au niveau d’une ruine au Grand Plan (2 murs en pierres et une fenêtre), on décide de tirer à droite, à côté des Terreaux, pour s’engager en direction du flan de la montagne. Une oblique, illuminée par le soleil surpassant, nous apparait alors comme une rampe menant au Col du Bozon. On s’en va donc serpenter entre les arbres et, très rapidement, on débouche sur d’autres pistes de ski nordique. Certains décident de couper dans les pentes pour tracer au plus direct tandis que nous préférons suivre tranquillement l’aplat damé. Ça nous fait économiser du cuisseau pour la descente et, dans un premier temps déjà, permet de papoter à la montée.

Par la même, cela évite d’avoir à pratiquer des conversions répétées dans les pentes, en faisant ainsi un itinéraire facile pour une sortie d’initiation en ski de randonnée dans le Beaufortain. On peut aussi apprécier la vue dégagée sur notre environnement avec le vallon du Grand Nâves et ses montagnes aux doux reliefs guimauve. Rien que le plaisir donc ! On aura même la chance de voir voler deux Tétras-Lyre, dont un surgissant juste sous nos yeux de sa cache nocturne. Désolé pour le dérangement mais tu t’étais installé juste bord du chemin aussi.

le vallon de Grand Nâves et la Chaine de la Lauzière

Après quelques lacets, on retourne en direction du Col du Bozon (2060 m). Mais, juste avant le lac éponyme, vers 1980 mètres d’altitude, on quitte la piste en prenant à gauche toute (les raquettistes pourront continuer jusqu’au col pour trouver une côte plus douce). À chaque montée de spatule, on prend alors la hauteur nous faisant petit à petit surplomber le Lac du Bozon (et ses pylones…). En arrière-plan, la Chaine de la Lauzière qui se dresse en toile de fond, avec la station de ski de Valmorel dans le creux du Col de la Madeleine. Un charmant passage au milieu des conifères chargés de neige et l’on atteint l’arête Sud du Quermoz (vers +/- 2130 mètres d’altitude).

La vue prend ici une toute autre dimension avec un panorama s’étendant sur le Massif de Vanoise mais on reparlera de ça en détails quand on sera au sommet si vous voulez bien. Pas trop le luxe de s’adonner à la contemplation car les rafales de vent viennent de s’inviter au programme. Il n’y a pas eu un randonneur qui ne s’est pas arrêté pour chercher sa veste hardshell dans son sac à dos. La suite consiste à remonter plein axe NNO un faux-plat oscillant sur quelques centaines mètres (certains choisissaient d’y accéder par la mini-pointe Sud-Est). Reste les quelques tout derniers 20 mètres de dénivelé qui se raidissent au point de devoir faire des conversions serrées, mais sans dépasser les 30° pour autant.

sommet en vue

Le sommet du Quermoz

En fait, il s’agit d’un pléonasme. J’explique : j’ai appris en lisant le livre de Jean-Philippe Buord que le «Coërme », comme j’avais entendu dire, a eu plusieurs noms au fil de temps : Quermo au XIXe siècle, Coërmoz ou Quelmes au XVIIIe, Coëlmoz au XVIIe, Culmo au XIVe… tous issus du latin culmus, lequel signifie… « sommet ». CQFD donc…

Conjonction de trois lignes presque effilées, la pointe sommitale du Quermoz (2297 m) est assez exiguë avec la neige qui la recouvre et le monde qui y stationne. Seul un panneau y trouve place et, s’il y a du monde comme cela est largement possible (sortie fréquentée), on n’y sera pas hyper-top confort pour faire dépeauter et surtout rechausser pour la descente. À chacun sa dextérité pédestre et randonneuse à ski Cendrillon saura malgré cela réinsérer chaussure à son ski. Mais, avant cela, que l’œil sache se délecter de la récompense que les cuisses lui ont offert. A la faveur d’une météo radieuse, le Mont Blanc se tient juste devant nous, en toile de fond des reliefs nappés du Beaufortain (Pointe de Dzonfié, Crêt du Rey, Grande Paréi, Roignais…).

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Au Sud, par là d’où on vient d’arriver, la perspective conduit au Col de la Madeleine et au Cheval Noir. Sur leur droite, c’est la dentelle de la Chaine de la Lauzière, de sa cime culminante le Grand Pic de la Lauzière (2829 m) au Bellacha (2484 m). Dans le prolongement, après la coche du Col de Basmont, on voit également Le Grand Arc et la Dent du Corbeau. À l’Ouest, la vue plonge sur le vallon de Grand Nâves, encore intégralement recouvert d’or blanc. Une ligne de crêtes ondule sur le Roc Marchand (2098 m) et jusqu’au Grand Crétet (2252 m). À ses pieds, le Refuge du Nant du Beurre.

vue au Nord depuis le sommet du Quermoz

Versant Est, côté Tarentaise, la panorama se déploie sur les Alpes Grées avec la Pointe d’Archeboc puis, superbement, sur le Massif de la Vanoise via, de gauche à droite, ses sommets iconiques : le Mont Pourri (3779 m), le Sommet de Bellecôte (3417 m), la Grande Motte (3653 m), la Grande Casse (plus haut sommet de Savoie, 3855 m), les Glaciers de la Vanoise et la Dent Parrachée (3697 m), le Glacier de Gébroulaz et l’Aiguille de Péclet (3564 m)… On peut même apercevoir au loin les cimes du Massif des Ecrins avec la Barre (4102 m) et son Dôme ainsi que La Meije (3983 m).

Mont Pourri et Bellecôte

Grande Motte et Grande Casse

Glaciers de la Vanoise

Glacier de Gébroulaz et Péclet

La descente

C’est très simple, c’est… par là où vous voulez (et selon votre niveau de ski) ! Certains descendent par la variante depuis le Col du Vâ (2222 m) pour aller chercher un passage à 35°/40° tandis que d’autres poussent au Nord jusqu’à la Pointe de Dzonfié (2455 m). Pour notre part, nous avons grosso modo repris le même versant qu’à la montée. Au départ, on est parti de la petite épaule Est pour rejoindre le replat du Bozon. Alors, on s’est engagé dans les pentes à 30°. Le coteau arboré étant très large, la neige était encore immaculée. De plus, le froid avait bien conservé la poudreuse pourtant tombée 6 jours auparavant et, de dire de bauju, «c’était la meilleure de la saison ». En revanche, sur le bas, à partir des pistes de ski de fond, on a fini sur une neige quelque peu trafolée, striée par les multiples passages ayant décaillé/regelé.

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Retrouvez tous nos conseils montagne et topos dans le Beaufortain dans notre rubrique Trace Les Cimes△△

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