Le LAC DE SAINT-GUÉRIN et le COL DE LA LOUZE (jusqu’aux Lacs de la Tempête)

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Si son nom ne manque pas de faire sourire les anglophones, le col de la Louze est pourtant une randonnée très accessible à tous. Rapide et facile, l’itinéraire démarre du photogénique Lac de Saint-Guérin, traverse une passerelle himalayenne avant d’offrir une vue sur le Mont Blanc. Le plaisir pourra également être prolongé en poursuivant aux lacs de la Tempête et au Grand Mont d’Arêches.

Sommet : Col de la Louze (2119 m)
+ Lacs de la Tempête (≈ 2131 m)
Massif : Beaufortain (Savoie)

Départ : Barrage du Lac de St-Guérin (1559 m)

Carte IGN : Beaufortain 3532 OT
Topos Randonnées Beaufortain

Difficulté : ★★☆☆☆

Dénivelé : 600 m (cumulé)
+ 150 m pour les Lacs de la Tempête*
Distance : 5 km aller (+ 1,5 km*)

Durée : montée 1 à 2h (+ 30 min*)

Intérêt : ♥♥♥
Lacs de Montagne
Rando famille

Période : mai à novembre

Avant de partir, êtes-vous bien équipé ? ➜ retrouvez le contenu de sac à dos en randonnée ✔︎

➜ Se rendre au lac de Saint-Guérin

Depuis Albertville : rentrer dans le Beaufortain sur la sinueuse route D925 qui remonte le vallon du Doron. À Beaufort, prendre à droite en direction d’Arêches puis du lac de Saint-Guérin.
Par la Tarentaise : monter à Granier depuis Aime-la-Plagne. Poursuivre dans le vallon en montant jusqu’au Cormet d’Arêches. Passé le col, la route redescend ensuite sur une piste carrossable passant à côté du Lac des Fées avant d’arriver sur le Lac de Saint-Guérin.

Se garer sur l’un des petits parkings au niveau du barrage du lac de Saint-Guérin.

Sans voiture : des bus font la navette au Lac Saint-Guérin (VTT compatible)

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Du Lac de Saint-Guérin…

Du parking légèrement en surplomb, on a déjà une jolie vue sur le lac de Saint-Guérin, avec le col de la Louze en arrière-plan à droite et, au fond, en face, le Crêt du Rey (2633 m). Auparavant, deux itinéraires étaient possibles au départ du barrage de Saint-Guérin. Mais un éboulement a eu lieu en 2015 sur la rive Ouest et le chemin est dorénavant interdit pour cause de « risque de chutes de pierres ». Impossible donc de faire le tour du lac de Saint-Guérin en passant sur le barrage. Par conséquent, le seul chemin officiellement autorisé est celui par la rive Est. Vous aurez été prévenu.

La route descend sur la gauche du lac de Saint-Guérin puis conduit à un sentier qui longe la rive à plat. Plusieurs panneaux d’informations et modules de jeux sur « Le monde de l’hydroélectricité et du cycle de l’eau » et « La construction des barrages » jalonnent le parcours. Cela permettra éventuellement de rendre la balade ludique et pédagogique aux enfants lors d’une randonnée en famille.

En une vingtaine de minutes, on atteint la passerelle himalayenne du lac de Saint-Guérin. Celle-ci a été construite en 2011, permettant ainsi de surpasser le ruisseau du Plan de la Chevalière. Avec son tablier en fer et sa longueur de 80 mètres, elle fait nécessairement penser, dans une moindre mesure, aux passerelles du lac de Monteynard. Pour les plus craintifs, n’ayez pas peur : elle ne se dresse “que” à environ 20 mètres au-dessus de l’eau et est très stable. Vous pourrez donc sereinement savourer la vue sur la gorge du Poncellamont d’un côté et le lac de l’autre. Ensuite, le même chemin terreux serpente à plat avec quelques points de vue sur le lac de Saint-Guérin, le barrage et, en toile de fond, le col des Saisies et la chaîne des Aravis.

Jusqu’au Col de la Louze…

Au Sud-Ouest du lac de Saint-Guérin, après l’épingle repartant au Nord, une piste puis un sentier partent à gauche (un panneau évident, marqué La Côte, 1560 m, indique les itinéraires). On monte dans l’alpage du vallon de la Louze, enclos entre la pointe du Riondet à gauche et le Grand Rognoux à droite. Après un court passage sous les arbres, on retrouve la piste menant aux chalets du Planey. Le sentier longe ensuite le ruisseau de la Louze, serpentant tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, à travers une forêt d’arbustes et un champ de rumex (grande oseille des Alpes). À l’automne, la palette sera plus séduisante avec les mélèzes, les bouleaux et le tapis de graminées brûlants qui viendront compléter le vert des autres conifères et le bleu du ciel.

Vers 1780 mètres d’altitude, le dénivelé se raidit un peu sur un tracé en lacets, dévasté par les sentiers sauvages et ravinés. Si vous lisez ces lignes, la nature vous supplie de rester sur le sentier principal ! Du reste, l’ascension étant en versant nord, des petits crampons de randonnée seront peut-être nécessaires pour marcher sur la neige persistante en début de saison (avril-mai). Dans le dos, l’effort est de plus en plus récompensé avec une vue devenant plongeante sur le lac de Saint-Guérin et le Mont Blanc qui commence à poindre derrière le mont des Acrays. Mais le paysage sera encore plus beau depuis le col…

Environ 1h30 après notre départ, à un rythme tranquille, nous gagnons le Col de la Louze (2119 m). Sur la borne, les plus rapides découvriront en avant-première l’intrigante étymologie du lieu (autre moyen de motiver les enfants) : d’après le très intéressant livre de Jean-Philippe Buord, lausa signifie « pierre » en gaulois puis du romain laus ou lauza (« roche », « rocher », « roc ») qui a donné lauze en patois (cf : massif de la Lauzière). Aujourd’hui, il en désigne un type particulier, la lauze étant une dalle de schiste, notamment utilisée pour couvrir le toit des maisons (le village de Bonneval-sur-Arc en est un exemple typique). Autre manière de patienter et récompenser la vaillance des jeunes randonneurs (mais pas que !) : se délecter des myrtilles, ça et là juste un peu en contrebas du col victorieux.

Au Nord, la vue reste semblable à celle déjà observée tout au long de l’ascension mais n’en est pas pour autant moins séduisante. Qui pourrait être blasé de cette carte postale beaufortine du Lac de Saint-Guérin avec le Mont Blanc en fond !?! De plus, ayant pris un peu plus de hauteur, d’autres sommets ont apparu. Le mont des Acrays s’est prolongé sur la droite avec le Mont Coin (2539 m) et, arrière-plan, les hautes cimes du massif du Beaufortain avec l’aiguille du Grand Fond (2920 m) et la pointe de Presset (2858 m). À gauche, la roche Parstire (2109 m) et le col du Pré. Dans cette perspective, les rochers des Enclaves (2467 m), l’aiguille Croche (2487 m) et même le mont Buet (3098 m). Pour identifier précisément le nom de chacun des sommets alentour, je vous conseille l’application Peakfinder.

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Le col de la Louze est le lieu de jonction entre le vallon éponyme et la combe du Coard, d’où viennent quelques randonneurs partis côté Tarentaise, depuis La Grande Maison (départ de ma première randonnée ici, rapide et facile, mais moins esthétique car juste une prairie d’alpage sans réelle perspective et, surtout, sans lac). Par ailleurs, et d’autant plus si vous vous y installez pour casser la croute, dans votre sac à dos, il faudra prévoir une veste car la bise de vallée soufflera sans doute à cet endroit (accélérée par l’effet venturi).

Versant Sud, la vue coule dans la vaste prairie d’alpage puis bondit sur les sommets du chaînon de Comborsier (2534 m) à droite, le Quermoz (2297 m) à gauche, puis, dans l’axe, le col de la Madeleine et le Cheval Noir (2832 m) avec, en arrière-plan à sa droite, le glacier de Saint-Sorlin et le pic de l’Étendard (3464 m) et, à gauche, les blancs sommets dentelés du massif des Écrins (on remarquera notamment le doigt de la Meije).

 

Et les Lacs de la Tempête ?

Le col de la Louze est le “départ” d’autres randonnées : à l’Est, on peut rejoindre la pointe du Riondet juste au-dessus (2357 m) ou, au Nord-Ouest, plus classique et impressionnant, le Grand Mont (2686 m). Toutefois, si vos mollets vous disent que vous avez déjà assez fait de dénivelé, il existe cependant une somptueuse alternative pour poursuivre à moindres frais : les lacs de la Tempête. S’il vous plait, laissez-moi vous convaincre, il n’y a en a que pour à peine une heure aller-retour et 150 mètres de dénivelé+. Le sentier, très évident, part au Sud-Ouest depuis la borne en pierre pour traverser horizontalement la pente. Ce petit sentier balcon offre une vue sur la chaîne de la pointe de Dzonfié (2455 m) ainsi que, sous nos yeux, un charmant petit talweg où serpente un ruisseau.

En une quinzaine de minutes, on arrive à un replat où un premier lac, dit « lac supérieur », a élu résidence. Ne serait-ce que pour lui, ça valait le coup. D’ailleurs, plutôt que de manger au col de la Louze même, je vous conseille vivement de venir le faire ici. Il y aura normalement moins de vent, moins de monde et c’est quand même plus charmant de pique-niquer au bord d’un lac, non ? Mais alors pourquoi a-t-on appelé ainsi les lacs de « la Tempête » ? Une des hypothèses serait, si l’on fait le parallèle avec le col de la Tempête en Vanoise, du fait du vent qui peut y souffler fort ou encore du tumultueux vacarme de la cascade du Dard en aval quand on monte…

Mais… la tentation d’aller voir les autres est trop forte… De plus, le terrain, très légèrement descendant, vous invite physiquement, vous incline à découvrir, à peine 200 mètres plus loin, deux autres petits lacs logés dans le creux juste en-dessous. Le cadre est tout à fait séduisant avec ces gouilles enceintes dans les reliefs rocheux et, par endroits, marécageux. Sur les abords, on retrouve donc des champs de linaigrettes. Il est également possible de poursuivre au sommet du Grand Mont d’Arêches (+ 600 m d+) via un raide sentier remontant la face Sud pour rejoindre l’itinéraire normal vers 2550 mètres. Mais, pour les autres, on peut ici faire une pause en notant/dessinant dans son carnet de randonnée ou alors en faisant une délicieuse sieste « à la fraîche ». D’ailleurs, certains randonneurs montent exprès bivouaquer aux lacs de la Tempête, notamment depuis Bénétant, par la cascade du Dard.

On peut faire le grand chelem en poussant la curiosité juste au-dessus (+ 40 m) en remontant le ruisseau à gauche jusqu’au Lac de Besaces. Ce qui est sensationnel ici, c’est le calme (enfin, ce jour-là du moins). Au pied de l’impressionnant mur du Grand Mont, et sans perspective, on semble être seul au Monde dans cet environnement sauvage, uniquement composé des éléments originels : l’air, l’eau, la roche et le végétal. Le bruit du silence en plus.

Vous aimez le massif du Beaufortain ? Hé bien, j’ai pensé à vous en réalisant des dessins de montagnes, dont la mythique Pierra Menta : je vous invite à les découvrir sur ma boutique en ligne Spreadshirt.fr. Si cela vous plait, vous pouvez porter sur vous cet esprit alpin en choisissant le modèle du vêtement (t-shirt, sweat…), la taille, la couleur et même personnaliser les dimensions du visuel. Il est également possible de l’imprimer en poster ou sur des accessoires (casquettes, mugs, sacs…). D’autres illustrations (faune, flore…) sont disponibles et à venir.

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

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