Le LAC DE MONTEYNARD et ses passerelles himalayennes

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Les passerelles himalayennes du Lac de Monteynard Avignonet font partie des cartes postales du tourisme en Isère. Installées en 2007 au-dessus de l’eau turquoise du barrage, ces deux ponts suspendus sont une attraction qui se parcourt dans le cadre d’une randonnée pédestre. L’itinéraire alterne entre sous-bois, vues sur le lac et sur les montagnes du Trièves, entre Vercors et Dévoluy.

“Sommet” : Passerelles de Monteynard (550 m)
Localité : Trièves (Isère)

Départ : Base nautique de Treffort (490 m)

Carte IGN : La Mure Valbonnais 3336 OT
Topos Randonnées Isère

Difficulté : ★★☆☆☆

Dénivelé : 360 m (cumulé)
Distance : 12,5 km

Durée : 3 à 5h (boucle)

Intérêt : ♥♥♥
Lac

Période : toute l’année

Le choix de l’itinéraire pour faire les passerelles himalayennes du Lac de Monteynard ?

La randonnée des passerelles du Lac de Monteynard peut se faire de multiples façons : intégralement ou partiellement, en boucle ou en aller-retour, dans un sens ou dans l’autre, depuis Treffort ou Savel (ou même depuis Villarnet). Libre à chacun de composer son parcours (infos complémentaires). On peut même le faire en VTT (avec une légère variante plus adaptée avant la passerelle du Drac) ! Si vous prenez l’option avec le bateau (8€), le plus confortable est sans doute de commencer par la traversée du lac afin de faire la rando à son rythme, sans être pressé/contraint par un horaire de retour. Cela dit, en gérant bien son temps et en prenant la marge suffisante, le sens inverse est également possible et tout aussi valable. En haute-saison, il est nécessaire de réserver sa place à bord à l’avance pour être sûr d’en être ! Mi-juillet, 2 jours avant, tous les horaires du matin étaient déjà complets, d’où ce topo commençant par la randonnée, depuis Treffort (car le plus accessible en voiture). Pas le choix donc, on a dû finir par le retour fluvial, patientant paisiblement sur la plage de Savel. Et c’était très bien aussi ! Peut-être même mieux finalement… Vous vous ferez votre avis.

➜ Se rendre à Treffort

Compter 45 min de route depuis Grenoble. Prendre l’Autoroute du Trièves en direction de Sisteron. Prendre la sortie 12 pour traverser Vif par la route D1075 puis la direction de Monestier-de-Clermont par la N75. Au niveau du giratoire de La Cognelle, prendre à gauche la D110 qui longe le viaduc. Sinon, par l’autoroute A51, c’est la sortie 13 Lac de Monteynard-Avignonet.
Dans les deux cas, passer Sinard et descendre sur Treffort. Se garer sur le grand parking de la base nautique (payant : tarifs ici).

Avant de partir, êtes-vous bien équipé ?
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Depuis la base nautique de Treffort

Avec une moyenne de 300 jours de vent par an, le Lac de Monteynard est le 2e plus venté d’Europe, en faisant ainsi un paradis pour les accros de toute sorte de voile. Sur ses bords, le complexe de Treffort se compose d’une base nautique, d’un camping, d’un parking, d’un centre d’information, d’une boutique pour la navette, d’une mini-supérette pour dépanner, d’un bar “petite restauration”, d’une boutique de location (kitesurfs, wingfoils, paddles, canoës…), de toilettes gratuites ainsi que d’une gendarmerie. En fait, le parking fait office de camping sans l’être. D’ailleurs, je vous recommande vivement le coucher de soleil rougeoyant sur l’Obiou ! Pour information, lac de barrage (créé en 1967) et lieu de navigation, la baignade est “officiellement” interdite sur l’ensemble du lac… Mais on a été nombreux à faire une petite trempette quand-même (chut !)

L’itinéraire de randonnée pour les passerelles de Monteynard commence au fond du parking de Treffort (après les containers poubelles). Le sentier s’enfonce sous les arbres pour monter en longeant un champ (prendre à droite au premier embranchement) et rejoint un large chemin. On débouche alors sur la route descendant sur le camping et le Château d’Herbelon, puis le parking des Vignes. Quelques dizaines de mètres plus loin, on quitte enfin le bitume pour un chemin sur la gauche (une alternative plus forestière est possible depuis le parking des Vignes). Légèrement en hauteur, la vue domine un peu plus le Lac de Monteynard et on aperçoit déjà la plage de Savel. En arrière-plan, le Massif du Dévoluy avec la splendide Grande Tête de l’Obiou (2789 m) et le Grand Ferrand (2758 m). S’en suit une longue ligne serpentant à l’ombre (appréciée) des arbres. On croise des vagues de marcheurs déferlant en masse en sens inverse. Un « C’est une transhumance ou quoi !?! » m’est venu aux oreilles par une randonneuse, elle aussi choquée…

 

La passerelle de l’Ébron

4,3 kilomètres plus loin et presque 1 heure après le départ de Treffort, on atteint un belvédère situé sous le Pas de Berlioz. Celui-ci offre une vue plongeante sur la première passerelle himalayenne surpassant l’Ébron. Première sensation. On entend presque la déglutition de la salive pour certains à la vue de l’ouvrage à traverser. D’autres, comme pour tenter d’exorciser la peur, sont moins timides et expriment ouvertement leur(s) crainte(s). L’Office de Tourisme local a pensé à tout, il y a même des toilettes publiques pour ceux qui se feraient dessus (?).

La passerelle himalayenne de l’Ébron fait 180 mètres de longueur et se tient entre 45 et 85 mètres de hauteur (selon le niveau de l’eau dans le barrage). Je n’ai pu m’empêcher de penser au Caminito del Rey andalou parcouru quelques années auparavant. Les premiers pas peuvent être impressionnants pour les personnes sujettes au vertige, surtout au moment où les feuillages sous les pieds laissent place… au vide. Toutefois, on est vite rassuré par les 1050 mètres de câble qui maintiennent (800 personnes maximum !) et stabilisent vraiment bien la structure. Le pont suspendu bouge très peu, même avec du vent dans le défilé. Vous pouvez être serein ! Et profiter de la vue !

Ensuite, après avoir traversé (vous pourrez expirer maintenant), quelques lacets font monter sur l’épaule du Brion. On peut alors voir le Pont de Brion, variante possibles pour un itinéraire en boucle. Le sentier poursuit sur un faux-plat terreux sous les arbres. Quelques fenêtres balcons ouvertes au milieu des branches permettent de revoir la passerelle himalayenne et la rivière de l’Ébron. Ça et là, de nombreuses familles s’arrêtent et s’installent sur une racine ou un tronc d’arbre pour casser la croûte à l’ombre d’une clairière forestière. Plus loin, le sentier se raidit quelque peu mais le tracé en lacets le rend digeste après le combo taboulé-sandwich.

On débouche alors sur la D34E, au-dessus de Villarnet, point culminant de la randonnée (698 m). Certaines voitures sont garées le long de la route, autre point de départ possible pour rejoindre les passerelles himalayennes de l’Ébron (2,5 km) ou du Drac (2,4 km) en aller-retour. Des toilettes et un point d’eau (pouvant être providentiels) sont installés à cet endroit. Un panneau indique qu’ils sont financés par le prix des parkings autour du Lac de Monteynard, histoire de donner du sens au tarif pratiqué. Un sentier s’engouffre dans les arbustes à droite pour rejoindre la passerelle himalayenne du Drac. On arrive sur (encore) une route où, contre-intuition, ne pas descendre à gauche mais remonter à droite l’asphalte, en longeant le champ jusqu’à un croisement. C’est vraiment regrettable (et décevant) que ce tracé d’itinéraire de randonnée emprunte autant le bitume.

Poursuivre à gauche pour s’enfoncer dans la forêt sur un sentier dont la pente est assez raide et longue, avant d’osciller sur les bords du Lac de Monteynard Avignonet. Avoir une paire de bâtons et de bonnes chaussures de randonnée sera alors particulièrement bienvenu ici pour soulager les genoux et le tassement des orteils à la pointe. 1 heure et 5 kilomètres après celle de l’Ébron, on arrive à la passerelle himalayenne du Drac.

 

La passerelle du Drac

La plus longue des deux avec ses 220 mètres, la passerelle himalayenne du Drac est plus impressionnante dans son étendue, et plus jolie dans ce sens-là. Elle offre également une vue plus séduisante à mon goût avec deux perspectives bien différentes : la rivière, en aval, encastrée dans l’échancrure de parois rocheuses, évoquant un peu celle des Gorges du Verdon, et, de l’autre côté, s’élargissant en serpentant jusqu’au Lac de Monteynard Avignonet. En toile de fond, le Massif du Vercors avec le mythique Mont Aiguille (2087 m) et le culminant Grand Veymont (2341 m).

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Le parcours se poursuit sur un sentier de cailloux avec vues sur la passerelle du Drac et le Lac de Monteynard Avignonet. Plus grand-chose de vraiment intéressant par la suite. Si vous randonnez l’après-midi, pensez à avoir de l’eau et un chapeau dans votre sac à dos de rando parce que ça cogne sur ce versant exposé Ouest ! Après avoir longé des champs agricoles, on rejoint, au niveau d’une chapelle, la D116a menant à la base nautique de Savel. Pour cela, il faut (encore…) marcher le long de la route sur environ 250 mètres.

 

Retour en bateau depuis Savel

Plus ou moins 4 heures depuis le départ de Treffort, on arrive alors sur la plage de Savel. Il s’agit d’une vaste étendue herbeuse parsemée quelques arbres. Tout a été prévu pour accueillir les touristes d’un jour avec des barbecues en dur, des jeux pour enfants, des toilettes et… un vendeur de glaces ! Idéal donc pour patienter jusqu’à l’horaire du bateau, souffler en se refaisant le film de la randonnée. La base nautique de Savel dispose également de la billetterie La Mira, d’une boutique de location (catamarans, planches à voile, paddles, kayaks…) et d’un camping.

la plage de Savel

Le retour en bateau est appréciable, permettant d’admirer une dernière fois les paysages du Lac de Monteynard Avignonet. Le trajet est agrémenté de commentaires sur son histoire et ses caractéristiques. On navigue au milieu des innombrables pratiquants de nautisme, véritable exposition technologique des multiples moyens de locomotion lacustres : « Maman les p’tits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des ailes ? Mais oui mon gros béta. S’ils n’en avaient pas, ils ne dans’raient pas ! »Enfin, certains ont des moteurs tout de même, dont le nôtre d’ailleurs. En environ 25 minutes, on rejoint l’embarcadère de Treffort et la voiture.

Au final, il s’agit d’une chouette balade autour du lac dont l’intérêt essentiel réside dans ses passerelles himalayennes et ses horizons. Cela dit, la foultitude de personnes boude quelque peu le plaisir sur le parcours et je ne peux que vous conseiller d’y aller avant ou après juillet/août ! Par ailleurs, si la randonnée est techniquement facile, elle pourra néanmoins paraitre un peu longue pour certains (jusqu’à 13 km pour son intégralité), comme les enfants mais pas que… Je déplore également le fait qu’il y ait autant de tronçons sur la route, nous extirpant régulièrement de notre bulle bucolique.

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Retrouvez tous nos conseils montagne et topos randonnée en Isère dans notre rubrique Trace Les Cimes△△

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