Le TROU DE LA MOUCHE au Coucher du Soleil

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Sous son étrange nom, le Trou de la Mouche est un lieu aussi insolite qu’esthétique. Cette percée dans la barre rocheuse de la Roche Perfia fait se rejoindre deux combes des Aravis. L’accès en randonnée est globalement facile (quoique plus exigeant sur la fin) et permet de faire une boucle passant de l’une à l’autre. Au “sommet”, le charmant oculus agit comme un cadre naturel autour du paysage alpin avec, en bonus, la possibilité d’un splendide coucher de soleil.

Sommet : Trou de la Mouche (2453 m)
Massif : Aravis (Haute-Savoie)

Départ : Parking de l’Arpettaz (1440 m)

Difficulté : ★★★☆☆

Dénivelé : 1050 m (cumulés, boucle)
Distance : 7 km a/r (9 km en boucle)

Durée : montée 1h30 à 2h30 (retour 2 à 3h)

Intérêt : ♥♥♥

Période : juin à octobre

Carte IGN : Megève 3531 OT
Topos Randonnées Bornes-Aravis

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➜ Se rendre aux Confins

● depuis Annecy (1 heure, selon les bouchons) : traverser Thônes puis Saint-Jean-de-Sixt
● depuis La Roche sur Foron, traverser Le Petit Bornand…
● depuis Cluses, rentrer par le col de la Colombière…
● depuis Albertville, passer le col des Aravis…
Ensuite, dans tous les cas, traverser La Clusaz et remonter la route des Confins. Passer le lac puis le golf et poursuivre jusqu’au grand parking de l’Arpettaz (Chalet de la Chèvrerie). La Combe du Grand Crêt est sous les yeux. S’il est complet (il y a beaucoup de randonnées dans les Aravis !), redescendre et se garer aux abords du domaine de ski nordique (La Rancherie, 1419 m).

 

Montée par la Combe du Grand Crêt

Rassurez-vous, l’itinéraire est assez simple et évident. Suivre la piste carrossable, itinéraire du GR de Pays Massif Tournette-Aravis. Au niveau du Chalet de la Lanchette, après une légère pente à la sortie d’un virage, quitter le chemin pour le sentier à droite (un panneau marque la bifurcation). On s’engage alors dans la Combe du Grand Crêt en contournant par la gauche les pans de lapiaz arborés (à savoir que cet itinéraire de randonnée au Trou de la Mouche en boucle peut également se faire dans le sens inverse, selon le moment de la journée et ainsi l’ombre ou le soleil qu’on l’on souhaite). Une première curiosité se présente avec une grotte au pied de la Paré de Joux (voie d’escalade). Quelques oiseaux rodent autour de cette balme mais, aucune crainte à avoir, ils sont de bonne augure !

Le plan va s’incliner petit à petit mais les lacets vont le rendre tout à fait digeste. Le parcours ne présente aucune réelle difficulté pour le moment, épousant en douceur les courbes de niveau. Au fil des pas, les plus contemplatifs profitent de la vue alors de plus en plus dominante sur les Confins ainsi que sur la Chaîne du Bargy, du roc des Tours (1994 m) à la pointe du Midi (2364 m), en passant par le pic de Jallouvre (2408 m) et la pointe Blanche (2468 m). Ceux qui ont les yeux rivés au sol par l’effort verront, quant à eux, une autre réjouissance avec le parterre de myrtilles !

Vers 1900 mètres, le sentier va se dresser jusqu’à atteindre, monotonement, un léger replat au Grand Crêt. Une large vue sur le fond de la Combe avec la roche Perfia (2499 m) et la Tête Pelouse (2537 m, autre classique en ski de randonnée dans les Aravis) et le mont Rachais (2311 m). Je me souviens d’une randonnée à l’automne, absolument seul, dans une combe emplie de nuages et saupoudrée des premières neiges, où l’atmosphère était silencieusement merveilleuse (photo). Il est même possible d’avoir la chance de voir quelques chamois. Mais, pour cela, la discrétion est de rigueur (ainsi qu’une paire de jumelles pour mieux savourer). En amont, les voix criardes des randonneurs les moins respectueux nous confirment que le Graal est tout proche. Si, avec eux, on n’est pas près d’entendre une mouche voler, cela nous permet au moins de deviner que son trou n’est plus très loin !

 

L’itinéraire part alors sur la gauche, sur un sentier qui va se raidir de plus en plus sérieusement. Si, suivant une micro-ligne de crête, on ne peut pas réellement se perdre, l’itinéraire devient toutefois quelque peu approximatif (je crois que, à chaque fois que je suis monté et descendu, je n’ai jamais pris exactement précisément le même chemin !). En effet, la sur-fréquentation de la randonnée multiplie les tracés sauvages et accentue également le délabrement du terrain. Sur la fin, il faudra peut-être même s’aider un peu des mains sur la roche un peu précaire (d’où une difficulté technique que j’estime à ★★★☆☆ – et pour le retour en boucle – alors qu’on était jusque-là à ★★☆☆☆). Au bout de deux heures d’ascension tranquille (pauses et photos), nous atteignons maintenant l’iconique Trou de la Mouche (2453 mètres d’altitude).

 

Le Trou de la Mouche

Les derniers mètres révèlent la fine arche reliant deux énormes blocs, une dentelle naturelle venant défier le poids du ciel. En fait, le nom du Trou de la Mouche n’a rien à voir avec le diptère Zobi : d’après le très intéressant livre de Jean-Philippe Buord, le terme provient de l’ancien français mucier, qui signifie « se cacher », « s’abriter », en ce lieu donc. Pour paraphraser cette fois les mots de Leon Battista Alberti, « un tableau le Trou de la Mouche est comme une fenêtre ouverte », un cadre sculpté mettant en exergue les lignes montagneuses de sa composition. Une seconde plaque mortuaire en hommage à un jeune Chasseur Alpin décédé lors d’une avalanche vient néanmoins vous glacer le sang comme la brise sommitale… Cependant, la vie continuant malgré tout, la perspective sur le Nord de la Chaîne des Aravis suffit à réchauffer le cœur, dilater la pupille et ravir l’esprit. Dans une enfilade crénelée, la Tête de Paccaly (2467 m), la pointe de Tardevant (2501 m) et l’Ambrevetta (2463 m), jusqu’à la culminante pointe Percée (2750 mètres), ponctuent le paysage dans sa profondeur. En arrière-plan, « la Yaute » avec le massif du Chablais et le Haut-Giffre (Tête de Colonney, 2692 m).

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Je vous recommande de faire cette randonnée plutôt en fin de journée, afin d’arriver à la tombée du jour (et aussi éviter la foule du midi). Pour être honnête, la vue côté Combe du Grand Crêt est chouette mais pas non plus exceptionnelle. En revanche, assister à la lumière de “l’heure dorée” se posant derrière La Tournette permet de sublimer le paysage, lequel devient spectacle. La récompense astrale donne sens à l’acte pédestre en embrasant les couleurs. Les derniers rayons traversant le chas telle une aiguille d’or. Une petite doudoune sur les épaules, quelques douceurs gustatives partagées avec les siens, et l’extase nous caresse, nous irradie. Certains partent aux Seychelles, d’autres montent au Trou de la Mouche pour le coucher de soleil, question de rapport bonheur/empreinte carbone…

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Boucle par la Combe de Paccaly

Le retour peut se faire par le même chemin, le même sentier un peu scabreux sur le haut. D’autant plus si la terre est grasse, transformant chaque inclinaison en potentiel toboggan à cheville (une paire de bâtons sera alors bienvenue). L’autre possibilité est, tant qu’à faire, une boucle redescendant par la Combe de Paccaly. Tout du moins, même si vous ne le faites pas, je vous conseille vivement de pousser un peu dans cette direction car la vue est somptueuse. Pour cela, une vire longe la paroi jusqu’à devenir balcon sur le massif du Mont Blanc. On descend un abrupt escalier rocheux où il faudra être très vigilant. Assurément la partie la plus délicate de la randonnée au Trou de la Mouche. Rien d’intrinsèquement compliqué mais, ici, pas le droit à l’erreur ! Chaque pas devra se méfier du petit caillou qui peut faire tomber dans une vertigineuse pente dont on ne voit pas le bout mais entend le bruit des pierres y rebondissant sans fin (plusieurs centaines de mètres en aval). Attention également lors des inter-saisons : ce versant Nord restant à l’ombre de la Roche Perfia, la glissade sur une plaque gelée peut être traitre et impardonnable.

On rejoint ensuite le large col couronnant la combe de Paccaly, nommé Passage du Père, où l’on peut sereinement apaiser ses émotions en contemplant le paysage. À la tombée du jour, les derniers rayons rougeoyants colorent sa majesté tandis que le ciel se pare de son camaïeu de rose. De la Beauté du Monde. Jaillit alors l’idée de monter ici pour un bivouac avec coucher/lever de soleil face au Mont Blanc (note pour plus tard…).

On peut admirer l’ensemble du massif avec, du Nord au Sud, le glacier et l’aiguille du Tour (3542 m), l’aiguille du Chardonnet (3824 m) et l’aiguille d’Argentière (3900 m), les Drus (3730 m) et l’aiguille Verte (4122 m), les Aiguilles d’Argentière et l’aiguille du Midi (3842 m), le triptyque mont Blanc du Tacul (4248 m), mont Maudit, (4465 m) et Mont Blanc (4708 m) jusqu’à l’aiguille de Bionnassay (4052 m) et les dômes de Miage (3666 m). Tout à droite, les Alpes Grées avec le Glacier et l’aiguille de la Grande Sassière (3742 m) puis le massif de la Vanoise avec le mont Pourri (3779 m), Bellecôte (3417 m) et la Grande Casse (3855 m). Pour connaitre précisément le nom de chaque sommet alentour, je vous conseille l’application Peakfinder.

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Ensuite, je vous présente mes excuses : la nuit étant tombée, je ne peux pas illustrer mon topo par moultes photos explicites. Néanmoins, la descente se fait dans un vaste pierrier. Si le parcours n’a rien de particulièrement réjouissant en soi, il offre tout de même une vue perçante sur le Trou de la Mouche. De plus, les dents de la Paré de Joux se dessinent à contre-jour sur une toile de fond crépusculaire. Quelques passages sont également ravagés de ce côté (mais, si j’y suis arrivé de nuit, sans frontale, nul doute que vous y arriverez de jour). Paisiblement illuminé par la pleine lune, le Rocher de la Salla est apparu comme un totem veillant sur nous, un splendide sémaphore majestueusement dressé.

Ensuite, le sentier s’aplanit un peu en même temps qu’il se boise. La bifurcation de Paccaly d’en haut (vers 1669 mètres d’altitude) marque le début de la fin. Prendre le sentier qui part en épingle sur la gauche (celui de droite mène par derrière à la Combe de Tardevant) et passe au milieu des arbres avant de sortir sur le Chalet de Paccaly. On rejoint alors la piste carrossable au pied des Combes des Aravis, laquelle nous conduit, légèrement oscillemment, jusqu’au parking du départ. Une dernière contemplation de la voûte étoilée déployée au-dessus de nos têtes. « Bonne nuit Orion ».

Et si vous notiez vos randonnées ?

Forts de nos expériences montagnardes, nous avons réalisé un Carnet Montagne pour la Randonnée pour vous accompagner là-haut et en bas, avant, pendant et après. Qu’on soit amateur de randonnée à la journée à côté de chez soi ou féru de trek à travers le monde, on rencontre le même problème : les souvenirs se confondent, s’estompent et finissent par nous échapper. Coucher sur le papier le récit de sa randonnée, c’est un temps qu’on prend pour soi mais aussi un moyen de protéger ces précieux souvenirs du passage du temps. Imaginez-vous dans quelques années : vous tenez entre les mains ce carnet rempli de vos plus belles randonnées en montagne – toutes celles que vous avez faites ou simplement celles que vous souhaitez conserver. À l’intérieur, des conseils et des listes pour se préparer, des illustrations de faune et de flore pour identifier ainsi que de nombreuses pages pour raconter vos randonnées. ➜ plus d’infos sur notre Carnet de Randonnée





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