Road Trip dans le NORD de l’ITALIE : traversée de lacs en villes

Voyage 2 semaines Road Trip dans le Nord de l'Italie par les Lacs italiens et villes - viaggio Norte Italia North Italy travel citytrip

En fait, ce road trip par les villes et les lacs d’Italie du Nord était surtout un moyen de rejoindre la Slovénie pour le « vrai » projet de voyage en itinérance. Mais quitte à faire le trajet, autant se créer des perspectives réjouissantes. Récit de notre traversée d’Ouest en Est par les Grands Lacs italiens faisant des étapes tout le long au Lac de Côme et Lecco, Bergame, Lac d’Iseo, Mantoue, Lac de Garde et Vérone pour l’aller (800 km sur 4 jours) et Trieste, Padoue, Vicenza, Mantoue encore et Milan pour le retour (700 km en 7 jours).

 

Direction Lombardie

Jour 1
Les courses sont faites, la voiture est aménagée pour dormir, tout est rentré, les yeux brillent d’enthousiasme devant l’aventure à venir… Nous partons de Savoie pour rejoindre l’Italie par le Tunnel de Fréjus (environ 46€ l’aller simple). Après 1h30-2h de route, sur la musique The Lamb de John Tavener, nous apercevons la fenêtre ouverte sur le monde italien et sortons de la percée montagnarde.




 

S’en suit une longue descente dans la vallée de Bardonnechia sur le E70 où chaque voiture immatriculée I confirme, l’une après l’autre, mon avis sur le respect de règles de conduite transalpin. 1 heure encore et de nombreux péages successifs, et nous atteignons l’autoroute contournant Turin (pas d’arrêt visite maintenant, nous y retournons quelques mois plus tard). Nous poursuivons notre route, plate, en direction de Milan. Aux abords de la capitale lombarde, ça commence sérieusement à se compliquer niveau orientation Aosta – Monte Bianco – Milano… De panneaux surprises en bon sens, d’erreurs en bonne intuition, nous parvenons tout de même à trouver cette tant recherchée SS36 depuis Monza pour remonter sur Lecco, direction « Lago ».

Le Lac de Côme et Lecco

Le paysage gagne en relief et la route se vallonne peut à petit. 1 heure après Milan (3 depuis le tunnel de Fréjus), nous arrivons au bord du Lac de Côme, premier des Grands Lacs d’Italie de notre road trip. Les nuages sont accumulés sur le relief. Même plafonnée, on se délecte de la vue sur les montagnes qui tombent à pic dans le lac et des lumières de Lecco au loin. Une petite baignade qui fait du bien mais pas de temps à perdre. La nuit est en chute libre et nous avons juste le temps de nous faire un apéro avant de finir dîner à la frontale. Enfin, un orage nocturne viendra rafraîchir la lourdeur ambiante. Pourtant, notre humeur est emplie de légèreté.

© L’Oeil d’Édouard

Jour 2
Le lendemain, les nuages ne se sont pas dissipés. La clémence nous permet de prendre le petit déjeuner sur un ponton mais la pluie finira quand-même par s’inviter dans le bol. Nous plions les gaules et précipitons notre départ vers Lecco. En fait, la météo ne se calme pas. Bien au contraire, les orages reprennent sous un violent déluge. Bref, nous n’aurons fait qu’un tour en voiture de Lecco, cité balnéaire sans doute très agréable sous un ciel plus favorable, mais là… Nous reprenons donc la route en direction de notre première ville-étape, Bergame.

Bergame

Après un trajet assez pénible (sous la pluie, route nationale qui traverse plusieurs villages, beaucoup de virages…), nous arrivons à Bergame. Comme toujours dans un road trip, l’idée est premièrement de régler l’intendance en trouvant un spot pour se garer et dormir. Assez rapidement (le centro est bien indiqué), nous arrivons sur un grand parking derrière la gare. Des mecs t’indiquent des places libres (mais pourtant évidentes) pour tenter de gagner un peu d’argent.

Mais après cela, direction la fameuse Città Alta. Bergame a la particularité d’être en duplex avec sa partie ancienne, perchée sur une colline et entourée de remparts. On peut y monter par des escaliers mais nous avons pris le traditionnel funiculaire. La « ville haute » concentre l’essentiel des lieux d’intérêts et donc les touristes. En ce mois de juillet, les rues sont assez chargées mais pas trop non plus. La visite est agréable et nous découvrons les différentes églises (dont la splendide Basilica di Santa Maria Maggiore !) et ainsi que la Piazza Vecchia et le Castello di San Vigilio. En trois heures, nous venons plus ou moins de faire le tour de la ville.

plus d’infos sur Bergame dans mes articles consacrés

Iseo et son lac

Après Bergame (et avoir essayé de choper le réseau wifi municipal avec un code autour de la gare, en vain….), et fort de l’expérience de l’arrivée tardive au Lac de Côme la veille, nous nous mettons en route pour le Lac d’Iseo. Mais en fin de compte, nous arrivons encore de nuit à Sarnico. Cependant, pour être plus tranquille, on poussera le long de la rive Est jusqu’à Clusane et son petit port de plaisance. Ici, nous garons la voiture sur un petit parking isolé. Posés sur un ponton face aux lumières des villes, nous goûterons la vue nocturne sur le paysage lacustre. Bain de minuit de rigueur également.

© L’Oeil d’Édouard

Jour 3
Encore une nuit orageuse (qu’importe les frontières, les étés alpins ont leurs points communs), le réveil est grisé, quoiqu’heureux d’être là, d’une manière ou d’une autre. L’exotisme des voyages a la vertu non-altérable de nous rendre heureux, malgré toutes les anecdotes. Nous voyons les locaux s’employer mentalement à l’entrainement à la barque sportive (vraisemblablement une coutume sportive régionale). Puis, bien déterminés cette fois-ci à visiter la ville locale, nous nous dirigeons vers Iseo. La particularité de son lac est la présence d’une colline qui émerge en plein milieu. Sur cette île, la Monte Isola, le trône Sanctuaire de la Madonna della Ceriola

 

Cette petite ville d’Italie a la charme des… petites villes de « bord de mer », douce et paisible. Lendemain d’orage ou pas, toujours est-il que les rues sont plutôt désertées, tranquilles. Nous jouissons de notre visite urbaine au gré de notre humeur qui s’ouvre d’une fleur : d’abord une promenade panoramique sur les bords du lac d’Iseo puis, la visite des églises dont la remarquable Pieve di Sant’Andrea et la chiesa di San Silvestro à côté. Puis, un caffè matinal sur la piazza Garibaldi avant de retourner à la voiture pour se diriger à Mantoue.

Mantoue

Après 1h30 de route nationale paisible longeant Brescia, Montichiari, Goito, le Parc Régional de Mincio, nous arrivons à Mantova. Pour se garer, nous nous rendons au Sud de la ville, derrière le stade Danilo Martelli (une des deux zones de stationnement gratuit). Nous rejoignons ensuite à pied le centre historique en passant les rues qui déjà nous enchantent. En effet, Mantoue a été l’une des très belles surprises de notre road trip l’Italie du Nord, on est tombés sous le charme de cette ville tranquille. Grosso modo, tout se tient en quatre piazze successives qui accueillent les nombreuses églises et palais à visiter.

 

Nous commençons par la splendide Basilique de Sant’Andrea avant un en-cas dolcevittesque. Puis, nous basculons sur la la Piazza delle Erbe adjacente, carrefour de la città, avec la Rotonde de San Lorenzo, le Palazzo della Ragione et la panoramique Torre dell’Orologio. En poursuivant au Nord de la ville, nous découvrons la grande Piazza Sordello, plus ancienne de Mantoue, bordée du Duomo et du célèbre Palazzo Ducale. Pas le temps de visiter ce dernier, l’idée de revenir au retour est plantée… On se gâtera le gosier sur la terrasse du Caravatti avant de faire un détour romantique dans les jardins du Piazza Virgiliana et le long des rives du Mincio.

plus d’infos sur Mantoue dans mes articles consacrés

 

Nous ne dormirons pas à Mantoue. Notre projet road trip de faire « une ville le jour / un lac d’Italie du Nord la nuit » nous fait ressortir pour aller nous poser au bord du Lac Supérieur, en périphérie de la ville. Mais, de nuit, nous ne le trouverons pas… De plus, la région est plutôt marécageuse avec de nombreux moustiques (on s’en est rendu compte sur les berges en revenant !) alors nous décidons de changer de plan : nous filons en direction du Lac de Garde, sans trop savoir où. On trouvera bien….

Le Lac de Garde

C’est ainsi que nous atteignons Peschiera del Garda. Cette petite ville balnéaire est vraiment très chouette (chic même !) avec de nombreux canaux, des ponts, des fleurs… D’ailleurs, il y a beaucoup de monde qui se promènent, beaucoup de familles mais aussi une population friquée type Côte d’Azur (chemise blanche avec le col largement ouverte, la chaine en or, les mocassins, les talons, le chihuahua… vous voyez quoi…). Peut-être des véronais venus pour le week-end. Et pour trouver un endroit tranquille où dormir, il faudra fuir longtemps en remontant la rive Est, construite de toute part. De plus, avec ce monde, ça bouchonne grave !

C’est finalement à Bardolino qu’on trouvera un parking municipal, en plein milieu de la ville. Mais là, on en peut plus ! Et puis y’a des toilettes publiques ! Nous irons quand-même sur la plage avec les courses et de quoi se chauffer à manger. Par rapport à la population locale, on détone… Je suis stupéfait par le nombre de lumières qui ornent l’ensemble des rives du Lac de Garde, le plus grand des lacs d’Italie. Si la partie Nord est plus sauvage, le Sud, lui, victime de son succès touristique, est hyper-urbanisé !

 

Jour 4
Le Lendemain, nous ne nous attardons pas. Un thé, une brioche, et on décolle. nous redescendons de jour la route de la veille. Même constat, c’est bâti de partout. Signe de la touristicité du coin, il y a plusieurs parcs d’attractions, Movieland, CanevaWorld et Gardaland. Oui, non, décidément, cet endroit n’est pas pour nous… Nous rejoignons Vérone.

Vérone

Se garer à Vérone sans devoir payer semblait compliqué sur le moment. Pour cela, nous n’avons même pas cherché à chercher vers le centre historique et nous sommes allés au Sud, vers la gare Porta Nuova. Mais ses abords sont payants et limités dans le temps. En parcourant un peu les environs, nous sommes tombés par hasard sur la Viale Andrea Palladio où le stationnement n’est pas payant.

J’étais déjà venu à Vérone quelques années auparavant, lors d’une étape en revenant d’un voyage en Italie allant à Venise. Je n’y avais passé qu’une journée mais j’avais adoré l’ambiance de cette ville, de ses places typiques de l’Italie. J’avais visité les Arènes, le Castelvecchio, la Maison de Juliette mais c’était trop court. Alors évidemment, je n’ai pas boudé mon plaisir d’y retourner.

© L’Oeil d’Édouard

Mais cette fois-ci, en plus de déambuler dans les rues, nous avons consacré une bonne partie de notre temps à visiter les trois grandes églises de Vérone, aussi splendides que différentes : la romane Basilica di San Zeno Maggiore, la richement décorée église Sant’Anastasia et la majestueuse Cathédrale Santa Maria Matricolare. Par ailleurs, nous y avons également mangé un gelato chez le « meilleur glacier d’Italie » !

plus d’infos sur Vérone
dans mes articles consacrés

Traverser la Vénétie jusqu’en Slovénie

Ensuite, nous prenons la route de notre projet initial, la Slovénie. Après avoir traversé le Nord de l’Italie par les lacs, nous poursuivons à l’Est sur le E70 en passant Vicenza, Padoue puis, au loin, Venise. Les paysages totalement plats de Vénétie sont propices aux sublimes couchers de soleil (dans le dos pour le coup mais plus pratique aussi pour conduire !). Comme en Suisse, la vignette autoroute est payante en Slovénie donc, avant la frontière, nous quittons l’autoroute A34 pour passer la douane à Gorizia après 2h30 de route. Ici commencera notre périple de 8 jours en Slovénie. 🇸🇮

Retour en Italie : étape à Trieste

Jour 13
Repassant la frontière dans le Frioul après un merveilleux road trip, nous nous dirigeons sur Trieste (voilà bien une idée qui ne m’avait jamais traversé l’esprit avant !). Bien au contraire, j’imaginais une ville portuaire horrible. D’ailleurs, en arrivant par le Nord-Est, la vue plonge sur d’énormes bâtiments bunkers en béton aussi laids que dégueulasses. « C’est bien ce que je pensais… ». Et puis, en longeant les quais et en scrutant les rues intérieures. Bim ! … Bam ! … Boum !! Plein de places avec de magnifiques bâtiments !! Ni une, ni deux, nous nous garons sur le port avec l’idée d’aller découvrir ces petites beautés cachées.

Après la route de la journée, nous commençons la soirée par un apéro à bord d’une barque sur le Grande Canal. Un somptueux coucher de soleil se joint à nous en jaillissant en-dessous des nuages. À la faveur d’une superbe heure bleue, nous parcourons les rues et places de Trieste. Et en fait, au-delà de mes a priori qui semblaient se confirmer en entrant dans la ville, son centre historique m’a complètement bluffé ! L’autre belle surprise de ce road trip dans le Nord de l’Italie ! Du reste, le soir, la ville est très animée, notamment par une jeunesse festive.

plus d’infos sur Trieste dans mes articles consacrés

 

Jour 14
Le lendemain, le réveil avec la vue sur la Mer Adriatique, mais aussi le port de Trieste, est… mitigée dans le ressenti. Un caffè serré, une halte à la gare et c’est parti pour un retour en France avec des escales dans deux villes que je voulais revoir (Padoue, Vicenza), refaire un arrêt à Mantoue pour visiter le Palazzo et découvrir Milan. Mais avant, ça, une petite pause baignade dans l’eau (enfin, en fait, surtout une douche…).

 

Ensuite, je reprendrai la route en direction de la Vénétie. Pas pressé, c’est par la Nationale que je me dirige vers Padova (en m’amusant à réduire au max ma consommation d’essence). L’itinéraire est très agréable en traversant des multiples petites villes du Nord de l’Italie et des cultures (notamment des vignes autour de Trévise). En arrière-plan, les premiers contreforts des Dolomites. Pour renforcer mon immersion de la vie italienne, j’écoute Fragola, une très bonne radio passant du rock alternatif, de la folk, du blues… Après quatre grosses heures de trajet en prenant son temps (ça tombe bien, il y a beaucoup de radars dans le Veneto), j’arrive à Padova.

Padoue

C’est un peu galère de réussir à se garer gratuitement. Aux hasards des ruelles d’un quartier résidentiel, je trouverai une place gratuite au pied de petits immeubles. Pas terrible mais ça fera l’affaire pour la nuit. À pied maintenant, direction le centre-ville avec pour cible mon point de repère d’il y a 15 ans, une grande place ovale avec des statues et une église… Je marche au pif, jusqu’à trouver un panneau touristique avec un plan. En fait, j’y suis pas du tout, c’est à l’autre bout de la ville ! Du coup, changement de stratégie, ce sera balade urbaine au hasard des rues…

En fin de compte, l’essentiel se tient sur le grande axe de la Via Roma, avec quelques écarts vers des places et des églises. Je commence par repérer (et réserver la visite pour le soir-même) la Chapelle Scrovegni qui abrite un chef-d’œuvre de la Renaissance (objectif absolu de ma visite de Padoue !). Je poursuis mon parcours en descendant la via Umberto I et, à la sortie, ça y est, je replonge dans mes souvenirs. Cette sensation de retrouver quelque chose, quelqu’un, des années après est vraiment étrange, déroutante, fascinante, vertigineuse… De ma première visite nocturne de Padoue au cœur de l’hiver, je me rappelais principalement d’une place éclairée dans une douce brume où se tenaient ces statues dans un théâtre muet. Cette image est restée gravée dans mon esprit depuis. Elle est beaucoup plus large que les souvenirs que j’en avais. Je creuse ensuite mes réminiscences en rentrant dans la Basilique Sainte-Justine et la Basilique Saint-Antoine (une des plus belles églises que j’ai vue de ma vie !). Je remonterai ensuite au Nord pour mon rendez-vous devant les fresques de Giotto avant de revenir prendre l’apéro sur le Prato della Valle.

plus d’infos sur Padoue dans mes articles consacrés

© L’Oeil d’Édouard

Jour 15
Avant de partir pour Vicenza, je refais un saut dans le centre de Padoue pour visiter le monumental Palazzo della Ragione, véritable symbole architectural de cette ville du Nord de l’Italie. Puis, je succomberai aux étals de la Piazza delle Erbe juste en-dessous avec un délicieux repas vitaminé 100% fruits (ça change des pizzas et des glaces…).

 

Vicenza

1 heure après, j’arrive à Vicence. Comme il n’y a pas non plus de lac à proximité, j’utilise la même stratégie que la veille : viser les quartiers résidentiels, en s’écartant un peu du centro (la ville n’est pas très grande). Là aussi, j’avais déjà visité Vicenza dans le cadre d’un jumelage avec Annecy. Comme c’était avant la création de ce blog voyage, je regrettais de ne pas pouvoir écrire sur cette ville. 8 ans après, j’ai fait donc ce non-détour et l’article est maintenant là !

Au fur et à mesure des pas, les souvenirs resurgissent. Les colonnes et la loggia des Jardins Salvi, la Piazza dei Signori, ses arcades blanches, sa tour médiévale… Je me rappelle (aussi que, à l’époque, il pleuvait et que le palais était en partie sous des bâches pour rénovation… ça m’avait alors laissé une toute autre impression !). Puis, je suis la rue principale, le Corso Palladio, à la recherche d’une porte prise en photo à l’époque. Je la retrouve et, finalement, elle… est complètement banale ! On enjolive facilement les souvenirs… Néanmoins les pièces du puzzle mémoriel se remettent petit à petit en place. Juste après, le Palazzo Chierataci et le Théâtre Olympique dont l’intérieur m’avait profondément marqué.

Ensuite, je pars à la recherche des palais conçus par Andrea Palladio, l’un des plus grands architectes de la Renaissance Italienne. En effet, il s’agit du principal intérêt touristique avec 27 bâtiments repartis dans la città et en périphérie, organisé sous forme d’un itinéraire tracé avec leurs emplacements. Néanmoins, au bout d’un moment, c’est quelque peu lassant et je suis allé visiter le Palazzo della Ragione, rénové et renommé par l’architecte Basilica Palladiana. Rien d’exceptionnel intrinsèquement sinon une jolie vue sur Vicenza à la nuit tombante. Je finirai la soirée à la terrasse d’un bar sur la piazza, à observer les badauds.

plus d’infos sur Vicence dans mon article consacré

 

Jour 16
Un petit aller-retour dans le centre puis je me rends à la gare de Vicenza pour tenter de recharger la batterie de mon appareil photo (la veille, la fille du bar avait refusé, la seule personne durant ces 3 semaines de road trip dans le Nord de l’Italie et Slovénie !). Après une recherche à tester toutes les prises, j’en trouve une. Ouf ! Après 1h30, je reprends la route en direction de Mantova pour visiter le Palazzo Ducale.

 

Mantoue, épisode 2

Pour changer (et être plus près), je me gare le long des remparts, juste derrière le palais et, depuis 2 semaines que j’y pense, fonce à la billetterie. Pourquoi ? Parce que le Palazzo Ducale apparait depuis très longtemps dans mes livres d’histoire de l’art grâce à un chef-d’œuvre de la Renaissance italienne : les fresques de la Chambre des Époux, peintes par Andrea Mantegna. Je ne pouvais donc pas accepter de découvrir Mantoue sans les voir.

La famille Gonzague, une des plus grandes dynasties d’Italie, a construit au fil des siècles un immense palais et a donc embauché l’un des plus grands artistes de son époque pour peindre les murs de cette pièce. Il y réalisera l’un de ses plus grands chef-d’œuvres avec un plafond en trompe-l’œil (plus de détails dans mon article sur Mantoue)

Le reste de la visite du Palais Ducale de Mantoue est un enchainement d’une cinquantaine de salles exposant une riche collection de plus de 2000 œuvres (tableaux, sculptures, fresques, objets…). Le tout décoré avec faste (et parfois extravagance !) de miroirs, tapisseries, marqueterie…

Direction Milan

Ensuite, je traverserai durant 2 heures le Sud de la Lombardie dans le but de me rapprocher le plus possible de Milan, mais sans pour autant y entrer. Trouver une place où se garer à cette heure-là, dans la plus grande ville d’Italie du Nord, sans avoir aucune idée de comment elle est fichue, serait absolument stupide et « conduirait » assurément à l’échec. Ainsi, je passe Crémone, Crema et, dès que je sentirai que ça urbaniserait plus densément, je m’arrêterai, là où je peux. Sauf que, dans le bassin milanais, j’ai fini par ne plus savoir où j’étais précisément avec ma petite carte. Alors, au pif, en prenant une tangente au milieu d’une zone qui commençait à être industrielle, je gare la voiture sur le premier emplacement potable. Bim, on va pas chercher plus loin, ça sera là et puis c’est tout ! En visitant les alentours, j’étais sur le parking… d’un cimetière. Tranquillité garantie donc ! Encore que, j’étais en fait à Peschiera Borromeo, pas loin de l’aéroport de Milan… Mais en fin de compte, j’ai surtout été réveillé toute la nuit par… les moustiques !!!

Jour 17
Arrivée sous les trombes d’eau, un vrai déluge, à chercher désespérément une place où je suis garé gratuitement pas trop loin du centre. Rude affaire me direz-vous… Après quelques errances, je trouverai un bon coin sur le Corso Sempione. Je traverse le parc éponyme puis le Castello Sforzesco, sans être enthousiasmé. En plus, en me faisant emmerder par les vendeurs de bracelets.

 

Je me suis mis en tête d’aller tout de suite à l’église Santa Maria delle Grazie qui abrite la fresque La Cène de Léonard de Vinci. Arrivé sur place : « Non, c’est pas possible, il faut réserver et il n’y a pas de place avant 15 jours ». Ok, bon… frustré, j’irai prendre ma dose d’art à la très intéressante Pinacothèque de Brera qui compte de nombreux chef-d’œuvres de l’Histoire de l’Art, principalement d’Italie.

Ensuite, ma première journée à Milan se poursuivra en allant battre le pavé dans les rues de Milan du côté de la Gare Centrale, du Parc Indro Montanelli mais les façades d’immeubles sont horribles.. L’errance avec cap me fait arriver sur la Piazza della Scala, bordée de bâtiments ternes. Je regarde autour de moi et… ah… c’est ça le fameux Théâtre de La Scala de Milan !?? L’extérieur du bâtiment ne fait absolument pas rêver et je ne l’avais même remarqué ! Bref, vous l’avez compris, mis à part le musée, d’abord, j’ai détesté Milan !!

 

Puis, un rayon de soleil (au sens propre comme au sens figuré !). Après avoir traversé la magnifique Galleria Vittorio Emanuele II, j’arrive sur la Piazza del Duomo et … Pouaaaah !!!! Le ciel se couchant est passé sous les nuages et projette sa lumière sur la façade du Duomo avec, en arrière-plan, les nuages ténébreux d’orages et un arc-en-ciel en prime !! Absolument splendide !!!!! Quelle chance ! Ça n’aura duré que quelques minutes. Ça y est, je suis refait, rien qu’en ayant vécu ce moment là ! Tout le monde se pose pour admirer ce moment merveilleux. Je resterai jusqu’à la tombée de la nuit sur la piazza, en mangeant mon bout de pizza.

 

Jour 18
Le lendemain a été un autre jour et j’ai davantage apprécié Milan. En plus, il est beau et ça change tout ! Le parc du Château m’apparait alors beaucoup plus agréable. Je commence ma journée positive par la visite du… cimetière monumental et ses sculptures d’artistes. Puis, visite de l’incontournable Duomo de Milan et son architecturale gothique en dentelle. Là, je découvre enfin avec joie les plaisirs de la capitale lombarde pourtant si réputés. Je parcours à nouveau les rues avec pour mission de remonter mon estime déchue. C’est quand-même fou comme la météo modifie de tout au tout le perception qu’on a d’un lieu.

 

En retournant à la voiture pour dormir, je fais l’une des mes plus importantes découvertes milanaises : je passe par les terrasses et la fringale et l’envie d’une bonne bière fraiche se sont activées. Je regarde (les gens boivent et font des allers-retours à l’intérieur avec leur assiette), je me renseigne, il s’agit de l’Aperitivo, formidable tradition du Nord de l’Italie (formule boisson + buffet à volonté). Par ailleurs, on est samedi soir et le quartier est rempli de jeunes avec le gobelet en plastique. Les terrasses et les trottoirs sont bondés dans une énorme cacophonie, les boites de nuit sont juste derrière dans le parc… Sans moi pour ce coup-là.

plus d’infos sur Milan dans mes articles consacrés

Jour 19

C’est pas tout ça mais, après une vingtaine de jours d’itinérance (et même 30 si j’additionne avec mon road trip jusqu’à Copenhague / Malmö juste avant), l’envie de rentrer à la maison et dormir dans un lit se fait ressentir. De plus, on est en plein été et j’ai aussi envie de parcourir mes montagnes. Mais je ne peux tout de même pas quitter Milan sans avoir vu de mes yeux le mythique Stade San Siro. Je me mets alors à sa quête et, une fois devant, c’est vrai qu’il est impressionnant !

Retour en France

Je prends donc la direction du Piémont en France en passant près de Turin : « j’y retourne, j’y retourne pas… ? » Non, la flemme, si près de chez moi, je veux rentrer. J’y suis déjà allé mais nous y retournerons quelques mois plus tard pour visiter le Musée du Cinéma.

Direction Susa donc, par la Nationale. Ensuite, puisque le passage par le Tunnel de Fréjus coûte les non-négligeables 46€ l’aller simple (nous n’avions pas pris l’aller-retour à 57€ car valide uniquement 7 jours) et que j’ai tout mon temps, je quitterai l’Italie et rejoindrai la France par le Col du Mont-Cenis, route historique entre les deux pays. La route de montagne serpente en même temps qu’elle offre une vue de plus en plus plongeante sur la vallée. Néanmoins, il ne faut pas se laisser trop distraire pour rester vigilant aux camping-cars et cyclistes.

30 minutes après Susa, j’arrive au Lac du Mont-Cenis, endroit que j’affectionne particulièrement. Le plaisir du regard est toujours le même à la vue de ce plateau suspendu et bordé de montagnes souvent encore enneigées. Petite pause casse-croûte au bord du Lac où les italiens sont montés pique-niquer et bronzer (mais sans se baigner, l’eau est glaciale, même en mois d’août). Les images et les souvenirs de ces 3 semaines de voyage itinérant dans le Nord de l’Italie et en Slovénie bouillonnent dans la tête et le cœur…

à Mélanie

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