Au fond de la Haute-Tarentaise, la Réserve naturelle de la Grande Sassière est un espace préservé au milieu des grands domaines skiables touristiques. Il s’agit donc d’un petit havre de paix, lové dans le vallon qu’occupait jadis le glacier de Rhêmes-Golette (aujourd’hui bien reculé…) et hébergeant toute une flore et une faune sauvages. Le bucolique itinéraire de randonnée au lac de la Sassière est très facile et se poursuit jusqu’aux lacs glaciaires (si les conditions le permettent).
Massif : Alpes Grées (Savoie)
Départ : Le Saut (2280 m) Plan de la Sassière
Carte IGN : Les Arcs La Plagne 3532 ET
➜ Topos Randonnées Tarentaise
Difficulté : ★☆☆☆☆ (→ lac de la Sassière)
★★☆☆☆ (→ glacier de Rhêmes-Golette)
Dénivelé : env. 600 m
Distance : env. 13 km aller-retour
Durée : montée 2h-3h
descente 2h
Intérêt : ♥♥♥♥
Lac de montagne – Glacier
Marmottes, Gypaète
(bouquetins et chamois ?)
Période : juin à octobre
(pour la randonnée pédestre)
→ enneigement
Au barrage du Saut
Au parking du barrage du Saut, les barrières marquent l’entrée dans la Réserve naturelle de la Grande Sassière (panneaux informant de la réglementation et fiches de sensibilisation), créée en 1973. Sur la droite, en longeant le lac du barrage du Saut et, en allant sur la petite butte herbeuse « bâtiment grand ensemble à marmottes », on dispose d’une belle perspective sur le vallon avec l’aiguille de la Grande Sassière (3747 mètres, plus haute randonnée pédestre de France !) qui les domine et jusqu’à la cime de la Tsanteleina (3601 m).
le lac du barrage du Saut et le plan de la Sassière © L’Oeil d’Édouard / Instagram
Deux itinéraires de randonnée au lac de la Sassière sont possibles : par la gauche, sur une piste carrossable (mais accès réservé) ou, au choix, par la droite, sur un sentier pédestre (tracé orange sur la carte ci-dessus). Pour ma part, histoire de varier en faisant une boucle, j’ai pris le premier à l’aller pour revenir par le second au retour. Réflexion faite après coup, je conseillerais l’inverse car la rive sud est plus sauvage et charmante tandis que la rive nord sera plus roulante pour les jambes au retour (voir les photos de l’itinéraire à la fin de l’article). À gauche, le sentier file paisiblement à plat, au pied de l’escarpement rocheux de l’aiguille de la Grande Sassière. Dans le dos, le massif de la Vanoise avec la Grande Motte, La Grande Casse, l’aiguille Noire de Pramecou et la pointe de Chardonnet. La piste est bordée de fleurs de montagne et de marmottes s’en délectant.
les itinéraires de randonnée
droit devant
vue arrière
⚠️ Coup de gueule ! Alors que, dans ce cadre magnifique, la vision du bonheur exaltait mon âme, une randonneuse trouva sa jouissance en filmant avec son smartphone (pour mettre après sur les réseaux sociaux ?) son spitz nain en train de courir après une marmotte détalant toute apeurée. Moi de lui demander d’arrêter avec son chien en liberté et elle de me répondre avec une scandaleuse assurance « Ça va, je suis une amoureuse de la nature ; là, c’est la vie, c’est normal, ils jouent ». « Non, la marmotte ne s’amuse pas du tout là ! Elle le voit comme un danger, un prédateur, elle en a peur. De plus, vous êtes dans une réserve, un espace de protection pour les animaux sauvages alors, justement, quand on aime la nature, on respecte les règles pour la préserver ! » (voir usages et savoir-vivre montagne). Et encore, à mon goût, ils ont été déjà bien conciliants en autorisant les chiens en laisse (un animal domestique n’a rien à faire dans une réserve naturelle !). Rappelant son chien à son pied, sans laisse, elle poursuivra ainsi jusqu’à ce que, 100 mètres plus loin, une fille avec des jumelles (une garde ?) lui stipule à nouveau la réglementation de la réserve. Alors, après avoir rangé son canin dans son sac à dos, vexée, elle prendra ses cliques et ses claques et fera demi-tour. Tout ça pour ça… Merci et… adieu ! La planète est quand même vraiment mal barrée…
Bref, je calmerai ma colère face à la bêtise humaine (qui me remonte encore au nez en écrivant ces lignes, vous l’avez sentie ?) en me concentrant sur le paysage verdoyant avec la Tsanteleina en fond. Puis, longeant le ruisseau de la Sassière s’écoulant du barrage que l’on aperçoit déjà, la piste commence à se raidir très légèrement. La vue s’ouvre petit à petit pour laisser apparaître sur la droite la pointe de Bailletaz (3030 m) puis la très esthétique aiguille du Dôme qui se dresse effilement en pointant à 3015 mètres.
le barrage du lac de la Sassière
l’aiguille du Dôme © L’Oeil d’Édouard / Instagram
Le Lac de la Sassière
Une petite heure après le départ du parking du Saut, on atteint le barrage du lac de la Sassière (2460 m). La construction n’est objectivement pas des plus enthousiasmantes et le niveau de remplissage, en ce début d’été, est déceptionnellement encore bas (je reviendrai !). Néanmoins, ça ne gâtera pas mon plaisir car l’enceinte montagneuse est ravissante avec la couleur de l’eau du lac de la Sassière d’un somptueux bleu glaciaire.
le lac de la Sassière, début d’été © L’Oeil d’Édouard / Instagram
On peut traverser le barrage pour rejoindre la seule zone de bivouac autorisée puis un sentier part en direction du passage de Picheru, du col de la Bailletaz ou revient au barrage du Saut par l’autre rive (ce que je ferai pour le retour). Concernant l’itinéraire de randonnée vers le glacier de Rhêmes-Golette, on poursuit à gauche sur un agréable sentier balcon au-dessus de la perle turquoise. En amont, dans une fascinante abstraction, son écrin de sable gris est dessiné par ses reliefs semi-immergés et les lignes d’eau ruisselantes qui le sillonnent. Formes et couleurs. De la beauté sobre.
© L’Oeil d’Édouard / Instagram
Vers le Glacier de Rhêmes-Golette
Passé le lac de la Sassière et un promontoire au-dessus duquel un gypaète fera sa ronde, le sentier débouche sur un charmant plateau herbeux avec la pointe de la Traversière et la pointe de la Galette en toile de fond, où serpente le ruisseau de la Sassière. Des cascades s’écoulant de toutes parts. Sur les hauteurs à droite, mon œil est amusé par la présence d’un géant perché, assis et penché sur un livre ou un feu (chacun se fera son image).
Si la randonnée dans la Réserve naturelle de la Grande Sassière a été jusque-là très facile, les cuisses vont à partir d’ici fournir un peu plus d’efforts (les bâtons de randonnée seront appréciés). Le sentier prend de la hauteur sur l’adret avec une montée un peu raide, une enjambée rocheuse de ruisseau, un somptueux belvédère sur le lac de la Sassière en aval, et, à nouveau, une raideur en lacets digeste. Puis, le parcours s’horizontalise et est jalonné de nombreuses fleurs de montagne (joubarbes, benoîtes, pulsatilles blanches…).
© L’Oeil d’Édouard / Instagram
Vers 2750 mètres, on atteint un replat dévoilant le fond du vallon, avec le glacier de Rhêmes-Golette. À cette altitude, le paysage est minéral (pour le moment du moins…) et l’itinéraire devient de plus en plus rocheux. Dorénavant, seules les splendides gentianes bleues parviennent à honorer la force de vie en ornant ça et là le sol. Quelques traversées raisonnées de plaques de neige persistante (ne nécessitant pas, ce jour-là, de crampons de randonnée) et nous arrivons au pied de la cassure du relief et de la langue de blanche…
Cependant, après avoir confronté la vue du terrain et la carte IGN, il nous faudra nous résoudre à ne pas poursuivre jusqu’au lac glaciaire de Rhêmes-Golette, objectif initial de cette randonnée. En effet, sa moraine est encore blanchement recouverte en cette fin juin et les pentes pour y accéder nécessitent du matériel d’alpinisme pour se sécuriser. Savoir renoncer, c’est se donner la possibilité de revenir… Avec sagesse, nous nous arrêterons donc à 2850 mètres d’altitude mais profiterons pleinement de ce magnifique environnement. Au pied du glacier de Rhêmes-Golette, pensez à avoir une veste coupe-vent pour vous protéger de la fraiche brise et… du soleil !
au pied du glacier de Rhêmes-Golette © L’Oeil d’Édouard / Instagram
Émergeant telle une île au-dessus de l’inabordable ligne blanche, la pointe de la Golette (3256 m) et, à la débouchée occidentale du vallon de la Sassière, le massif de la Vanoise avec la Grande Motte (3627 m) et ses glaciers, la face nord de la Grande Casse (3855 m, plus haut sommet de Savoie 73). Pour identifier précisément le nom de chaque sommet alentour, je vous conseille l’application Peakfinder. Autre petit regret, je n’ai, malgré les crottes, aperçu ni bouquetin ni chamois, car vraisemblablement trop tard/tôt et trop chaud. Mais, je l’ai dit (avec une voix moins rauque…), « I’ll be back ! »
la face nord de la Grande Casse © L’Oeil d’Édouard / Instagram
Retour en boucle
Pour retourner au parking du barrage du Saut, il existe deux solutions : soit faire un aller-retour par le même itinéraire facile, soit, histoire de visiter la Réserve naturelle un peu plus, faire une petite boucle depuis le lac de la Sassière en revenant par l’autre versant du ruisseau (ce que nous avons fait). Ainsi, au niveau du barrage, on traverse l’édifice pour rejoindre en face le flan de Grands Creux. Un sentier ondulant descendant doucement le long des côtes des Lanches puis longeant le ruisseau de la Sassière en passant près d’une premier charmant chalet en pierres. On rejoint ensuite le lac du barrage du Saut, que l’on contourne par l’aval en traversant le petit hameau du Saut avec ses maisons en pierre pour, après 2 heures de descente, atteindre le parking du barrage du Saut du départ. Avant de partir, un dernier coup d’œil sur l’aiguille de la Grande Sassière.
le lac du Saut et l’aiguille de la Grande Sassière en arrière-plan © L’Oeil d’Édouard / Instagram
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Infos pratiques : se rendre au parking du Saut
Depuis Albertville, rentrer dans la vallée de la Tarentaise en prenant N90 en direction de Moûtiers. Ensuite, suivre les indications Tignes et, après avoir traversé Bourg-Saint-Maurice, monter la D902 qui va vers Val-d’Isère et le col de l’Iseran. Arrivé au niveau du lac du Chevril, ne pas prendre le barrage de Tignes et rester sur le coté est du lac. Tout de suite après le 2e tunnel (tunnel du Saut), prendre la petite route qui monte à gauche et traverse le hameau du Villaret du Nial. Suivre la route jusqu’au bout. Après le passage dans l’éboulis, on arrive sur le parking du Saut, au pied du barrage éponyme (1h30 depuis Albertville).
Avant de partir, êtes-vous bien équipé ?
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Et, afin de profiter pleinement de la région, voici quelques activités à faire en Tarentaise (canyoning, rafting, hydrospeed, etc.).
D’autres randonnées à faire à proximité :
■ L’aiguille de la Grande Sassière (3747 m)
■ Le refuge du Fond des Fours (2537 m)
■ Le refuge du Carro, le lac Blanc et le lac Noir (2760 m)
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