NÎMES, ville antique et contemporaine

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À cheval entre la Camargue et les Cévennes, Nîmes est cette ville sur la route du sud dont le nom nous fait écho pour son patrimoine. Cité antique développée par les Romains puis nourrie par sa culture languedocienne, son identité propre fait la fierté de ses habitants à forte voix. Visiter Nîmes, c’est traverser des siècles d’histoire, de la grande, méditerranéenne, à la vernaculaire, gardoise. Mais elle a aussi pris le pas de la contemporanéité…

 

Avant-propos personnel

Mon histoire avec Nîmes n’est pas simple… Devant obligatoirement poursuivre mes deux dernières années d’études hors de mes terres natales, j’y suis allé avec l’enthousiasme d’un Eldorado ensoleillé et animé, un suave parfum d’estivage permanent. Au fil des mois, j’ai déchanté, d’abord dégrisé par une école qui avait changé de direction au cours de l’été et complètement de profil (la moitié des profs l’avaient alors quittée ou avaient été remplacés par d’autres, moins… bref), puis par une ville sale et mal entretenue (sauf dans les belles ruelles de l’écusson), parfois malfamée, inactive culturellement hormis durant la saison des touristes, par la, sauf exception, superficielle et fausse amicalité sudiste (dont celle d’un célèbre chanteur à yukulélé…) et par les paysages fadement et invariablement plats, à l’horizon simplistement divisé entre herbe jaune et ciel bleu, tel un tableau de Mark Rothko. Ainsi, après 2 laborieuses années de quasi ennui à ronger mon frein, je suis, diplôme en poche, reparti illico presto dans mes montagnes, tournant courageusement/lâchement (je te demande pardon…) le dos à une vie que j’avais commencé à commencer mais qu’il m’était devenu inconcevable de poursuivre dans cette région étrangère à moi. Choisir de ce qu’on fait de sa propre vie est sans doute le plus bel hommage qu’on puisse lui rendre.

Néanmoins, j’avais aussi certains beaux souvenirs : une poignée de belles rencontres (non-nîmoises…), le Carré d’Art, pour nourrir son cerveau, et, pour le vider, alpha et oméga de l’année de tout Nîmois, les folles nuits d’ivresse des férias… J’y suis retourné une première fois lors d’un road trip au Pays Basque et, étonnamment, une certaine nostalgie de mes années étudiantes a jailli. L’aigreur serait-elle, après tout, de mauvaise foi ? Puis, à nouveau, quelques années plus tard, pour un concert de Sigur Rós et de Chilly Gonzales (pour l’anecdote, justement découverts ici, au hasard de la fouille dans les bacs de la médiathèque, bouclant ainsi la boucle, 20 ans après ; l’histoire semble parfois pré-écrite…). Je suis revenu, en touriste cette fois, visiter Nîmes en un jour. J’y suis retourné avec la volonté, autant que faire se peut, de faire table rase, de porter un regard neuf, inconditionné par mon passé et, je vous dois cette honnêteté, j’ai été agréablement surpris par une ville qui avait bien changé…

Visiter Nîmes la Romaine

L’origine de Nîmes remonte au VIe siècle avant J-C avec l’installation des Ibéro-Ligures puis, vers -400, des Volques Arécomiques, une tribu celte, aux abords d’une source généreuse qu’ils diviniseront (voir plus bas les jardins de la Fontaine et l’étymologie du nom de la ville). Au 1er siècle avant J-C, une légion romaine les rejoint et Nemausa devint colonie de droit latin. Située sur le chemin de l’Espagne, la via Domitia, Nîmes devient alors une place importante dans la géographie romaine, se structure avec un mur d’enceinte (7 km) et se pare de monuments remarquables : les arènes, la maison Carrée, la tour Magne, le temple de Diane… Signe de cette puissance, Nîmes est une cité où l’on frappe la monnaie de Rome, le Dupondius, marquée d’un crocodile attaché à un palmier, symbolisant la soumission de l’Égypte à Rome et devenant l’emblème de la ville. Sa romanité prendra fin au Ve siècle avec l’invasion des Visigoths. Puis, au fil des siècles, la ville décroît drastiquement et est marquée par une forte insécurité.

Les Arènes de Nîmes

Symbole de ce prestige antique, l’amphithéâtre romain est encore aujourd’hui l’icône de la ville gardoise. Sans avoir la stupéfiante monumentalité du Colisée de Rome, les arènes de Nîmes ne demeurent pas moins impressionnantes avec leurs 133 mètres de longueur et 21 m de hauteur, sur deux niveaux d’arcades, avec 60 travées (visite virtuelle), mises en valeur par la grande esplanade les soulignant. De par leurs dimensions et leur exposition urbanistique, elles me rappellent celles de Vérone.

les arènes de Nîmes © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Bâties entre 90 et 120, elles ont traversé les siècles et nous transmettent encore l’histoire de leur époque (elles sont parmi les plus importantes et les mieux conservées au Monde). Durant l’antiquité, l’amphithéâtre était un lieu de spectacle (le précepte « Panem et circenses » avait été appliqué partout dans l’empire) avec des combats de bêtes et de gladiateurs. Elles pouvaient accueillir jusqu’à 23 000 spectateurs, répartis selon leur rang social («servietums et torchonums » !). Au Moyen-Âge, elles feront office de forteresse où trouver refuge en cas d’attaque extérieure. Puis, l’enceinte deviendra même un lieu d’habitation, un micro-quartier avec des maisons privées construites à l’intérieur, des chapelles (on peut encore voir des arcades murées) et le château du Vicomte, avant que tout ne soit démoli au XIXe siècle pour lui redonner son aspect originel (plus d’infos sur son histoire). Il est possible de visiter les arènes de Nîmes en parcourant sa cavea, ses travées et ses galeries (tarif : 10€, réservation, audioguide fourni).

Aujourd’hui, les arènes ont gardé leur fonction d’amphithéâtre. De nombreux spectacles s’y déroulent le long de l’année : évènements sportifs, concerts, corridas… Car oui, deux millénaires plus tard, l’Homme n’a finalement pas tant évolué que ça et et ressent archaïquement encore le besoin de se confronter à son autre. Si je peux entendre l’argument culturel justifiant la chose tauromachique (l’Homme versus l’Animal, tel Ulysse lors de son épopée initiatique, afin de -croire- ne plus en être un, en le “dominant” pour tuer sa propre animalité, etc. etc.), il est inconcevable pour moi de l’adjoindre à toute forme de férocité arriérée, de sadisme barbare, que même ladite esthétique chorégraphique ne peut cautionner. Marcel Duchamp affirmait que l’art permettait à l’Homme de dépasser le stade animal. Et, ici justement, prétextant s’élever de son primitivisme, il y replonge inexorablement, comble de l’histoire, avec d’autant plus de sauvagerie. Ladite noble confrontation, dont s’enorgueillissent les aficionados, fait étrangement aisément fis de la question de l’équité de la rivalité. « Se mesurer à l’Animal » ? … mais pas à arme égale, pardi ! Quelle courageuse victoire de « vrais bonhommes », dis donc… À cette vanité, je préfère les ludiques et hardies plus respectueuses voltiges des courses de recortadores, camarguaises ou landaises qui mettent en scène les mêmes enjeux mais sans prothèse et faisant l’économie de l’inutile cruauté.

Pour ma part, bien loin de la jouissance sadique du mal infligé dans une pratique narcissique, c’est dans le cadre du Festival de Nîmes que j’ai découvert l’intérieur des arènes de Nîmes. Chaque été, elles sont investies par une scène avec une programmation d’artistes de premier ordre. Ainsi, j’ai assisté aux concerts de Chilly Gonzales en première partie puis de Sigur Rós, absolument magique ! Privilégiés isolés de la ville mais tout en en faisant partie, on savoure le merveilleux cadre (notamment au moment de l’heure bleue, avec l’architecture en socle du ciel), lequel ajoute à l’envoûtement du spectacle. Mémorable !

 

La Maison Carrée

L’autre monument incontournable à voir à Nîmes. La maison Carrée est un vestige emblématique de la romanité de Nemausus. Édifié entre 10 avant J-C et le tout début du Ier siècle, il s’agit d’un temple romain érigé en l’honneur de Caïus César et de Lucius César, descendance adoptive de l’empereur Auguste, afin d’affirmer la relation avec Rome. Située sur la place du forum, il avait ainsi un rôle fondamental dans la vie de la cité. Remarquablement conservé (un des mieux au Monde), il est caractéristique de l’architecture romaine (reprenant les esthétiques étrusque et grecque) avec un fronton, un pronaos et une cella, surélevés par un podium et entourés de trente colonnes de 9 mètres de haut. Cette esthétique antique aura une influence notable sur l’architecture de Nîmes : le palais de Justice, l’ancien théâtre incendié et, plus récemment, le Carré d’Art qui le remplacera. L’ornementation est d’ordre corinthien. La Maison Carrée de Nîmes a été inscrite au Patrimoine de l’Humanité en 2023.

la maison Carrée © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

À voir absolument, vous disais-je, mais pas nécessairement à… visiter. J’avais souvenir d’y être entré quand j’étais étudiant et d’avoir été déçu par une salle particulièrement vide. 20 années plus tard, je me suis approché jusqu’à la billetterie pour jeter un œil à l’intérieur et je n’ai toujours pas vu grand-chose d’attrayant : quelques panneaux racontent l’histoire de Nîmes et de sa romanité. Bref, à moins que vous ne soyez féru d’empire romain, je ne suis pas convaincu que la visite vale véritablement le coût (6€ !), à moins que vous n’ayez pris le pass Nîmes la Romaine qui réunit les entrées à la Maison Carrée, aux arènes de Nîmes et à la tour Magne (bon plan ✅).

Le Musée de la Romanité

Forte et fière de son patrimoine antique, Nîmes s’est dotée d’un lieu culturel mettant en valeur son identité originelle avec le Musée de la Romanité (inauguré en 2018). À l’instar de la dualité Maison Carrée / Carré d’Art, le bâtiment rentre en dialogue avec les arènes voisines, sans la volonté de les dominer par la hauteur mais plutôt de faire jeu égal. D’ailleurs, comme pour le Musée Juif de Berlin, le bâtiment est pudiquement caché derrière une série d’arbres. Néanmoins, l’architecture contemporaine conçue par Elizabeth de Portzamparc marque par sa façade, évoquant un drapé antique et ses plis, mélange de légèreté et de fluidité, contrastant avec la massivité des pierres de l’amphithéâtre. Reprenant le motif ornemental de la technique de la mosaïque, elle se compose de 7 000 lames de verre translucide et, comme un Musée Guggenheim de Bilbao, joue au fil de la journée et selon la météo avec les teintes et les reflets.

le musée de la Romanité © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

À l’intérieur, la muséographie expose une collection de 5000 pièces, allant de la période pré-romaine jusqu’au Moyen-Âge (tarif : 9€, billet pré-vente). Musée contemporain, le parcours permanent est muni de dispositifs interactifs pour rendre la visite plus vivante et donc intéressante, notamment pour les enfants si vous venez visiter Nîmes en famille. Le musée de la Romanité programme également des expositions temporaires thématiques. Enfin, un jardin archéologique avec les vestiges du rempart romain et une terrasse avec vue sur les arènes de Nîmes.

Le mur d’enceinte romaine

Pour finir la visite de Nîmes à travers le prisme de son histoire romaine (et si vous avez le temps et l’envie), vous pouvez chercher les vestiges encore visibles dans la ville dont les ruines du mur d’enceinte construit par l’empereur Auguste en 16 avant J-C. Long de 7 km et haute de 9 mètres, il était doté d’environ 80 tours (dont, l’unique encore debout, la tour Magne, voir plus bas) et d’une dizaine de portes. Les deux seules restantes sont la porte d’Auguste (le long du boulevard Amiral Courbet) et la porte de France (vers la place Montcalm).

la porte d’Auguste

Que voir à Nîmes ?

Mais visiter Nîmes uniquement avec ses monuments antiques serait dommage car la ville dispose d’autres atouts qui méritent le coup d’œil et lui donnent un attrait supplémentaire. Du reste, ils reflètent son identité gardoise et mais aussi plus largement sa part culturelle. Comme souvent, les lieux d’intérêt se situent essentiellement dans le centre-ville (comme les arènes, la Maison Carrée et le musée de la Romanité dont on a déjà parlé) et même la vieille vieille, surnommée « l’ écusson » du fait de sa forme triangulaire. Signe de la réfection de certains lieux de la ville, l’aride esplanade du Général Charles de Gaulle (quand on arrive en train) qui était tout en gravier, à la manière de la place Bellecour de Lyon, a été entièrement réaménagée. Dorénavant, des espaces verts et ombragés (tellement précieux ici) entourent la fontaine Pradler (ci-dessous), la rendant plus hospitalière. Certains y font la sieste dans l’herbe. Une sculpture de taureau n’oublie pas de rappeler où on se trouve et ce qu’on adore (voir souffrir).

 

« L’écusson », le vieux Nîmes

Le centre historique est un méandre de ruelles étroites, majoritairement piétonnes. Ainsi, pour visiter Nîmes, le mieux est de se laisser vaquer dans ses artères intimes, au gré des passages, des atmosphères et autres curiosités. Même si ce n’est pas non plus aussi labyrinthique que les souks de Marrakech, il m’avait fallu de nombreuses semaines (voire plus) pour réussir à m’y retrouver et me rendre efficacement là où je voulais. Cela dit, rien n’est jamais bien loin de quelque chose car l’écusson est bordé par trois boulevards et il est ponctué de quelques placettes, respirations sur le parcours. Même s’il est assez petit (680 mètres de large et environ 700 m Nord-Sud), on pourra remarquer qu’il existe deux centre-villes distincts : un beau, côté boulevard Victor Hugo, et un autre plus en décrépitude, côté boulevard Amiral Courbet. On peut s’en rendre compte en traversant l’écusson (moins de 10 minutes) observer, au fil des pas, la différence de bâtiments, de boutiques, de population, d’entretien… C’est particulièrement visible quand on suit le boulevard Gambetta, un dégradé allant du bourgeois, à l’ouest, au populaire, à l’est.

 

Dans la vieille ville, en plus de celle de la Maison Carrée, trois places illustrent particulièrement la vie nîmoise : au carrefour des ruelles, la place de l’Horloge avec sa tour éponyme et sur laquelle fleurissent les parasols des cafés, la vivante place du Marché avec ses terrasses de restaurants, son palmier et sa fontaine emblématique de Nîmes (un crocodile, égyptien, attaché au pied d’une colonne, romaine) ainsi que la pittoresque place aux Herbes, la plus charmante des trois à mon goût.

la fontaine de la place du Marché

En arrière-plan de la place aux Herbes, la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor, bâtie au XIIe siècle (sur les vestiges d’une église du VIIe) en l’honneur de Castor d’Apt, originaire de Nîmes. De style roman, il ne reste plus qu’un seul clocher suite à sa destruction au cours de la guerre de religion. L’intérieur n’a rien de très exceptionnel (sauf éventuellement l’orgue), avec une nef classique et quelques chapelles latérales voutées, mais une atmosphère particulière s’en dégage. Juste à côté, le musée du Vieux Nîmes, installé dans un ancien palais épiscopal, présentant la vie locale depuis la fin du Moyen Âge et notamment celle des fabricants de textiles, dont le fameux jean… denim !

la place aux Herbes

la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor

En revanche, derrière, l’église Saint-Baudille mérite le coup d’œil. Au nord du boulevard Admiral Courbet, sur un parvis refait à neuf, ses deux grandes flèches de 70 mètres se dressent majestueusement au-dessus de la façade. Elle a été en érigée entre 1867 et 1877 dans un style néo-gothique. À l’intérieur, un vaste plan en croix (65 mètres de long sur 30 m de large et haut de 20 mètres) se terminant par des jolis vitraux polychromes en fond. L’église Saint-Paul, sur le boulevard Victor Hugo a aussi du charme.

Le Carré d’Art

Le Carré d’Art de Nîmes fait face à la Maison Carrée. À l’origine, c’est un théâtre qui était à cet emplacement mais celui-ci a été dévasté par un incendie en 1952. Le projet était de créer un bâtiment hébergeant un musée d’art contemporain et la bibliothèque municipale, tout en incarnant le symbole d’un Nîmes moderne (en concurrence avec Montpellier…). Le projet de Sir Norman Foster (cf : métro de Bilbao, l’Ombrière de Marseille…) a été élu et, non sans débat réactionnaire, le Carré d’Art fût construit entre 1988 et 1993. Ce musée d’art contemporain (mais pas que) est un des points positifs de la ville avec son architecture réussie (alliant intégration dans son environnement antico-sudiste et rupture avec sa contemporanéité) ainsi que la qualité des œuvres qu’il accueille. La collection permanente est essentiellement constituée d’œuvres de 1960 à 80 issus des mouvements artistiques du Nouveau Réalisme, de l’art conceptuel et de l’abstraction. Le Carré d’Art programme également des expositions temporaires de qualité, mettant à l’honneur la création contemporaine. Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon article spécifique sur le Carré d’Art de Nîmes.

Par ailleurs, il y a aussi un Musée des Beaux-Arts à Nîmes. Originellement créé dans la Maison Carrée en 1821, il est depuis hébergé dans un séduisant bâtiment du début de XXe siècle, juste derrière où j’ai habité durant 2 années, dans la désormais auto-mémorable rue Suger. Néanmoins, les œuvres ne sont pas d’un intérêt considérable sinon des peintures de Filippo Lippi, de Luca Giordano et de Peter Paul Rubens. Ne vous attardez pas si vous êtes venus visiter Nîmes à la journée. Autre lieu culturel, la chapelle des Jésuites, vers l’école des Beaux-Arts et souvent en collaboration avec, expose des œuvres d’art contemporain.

Les jardins de la Fontaine

En se laissant dériver à l’ouest de l’écusson, on découvre la place d’Assas, le square Antonin puis, à l’ombre des platanes, le canal de la Fontaine avec des jets d’eau irisés aux rayons de soleil. Prolongeant la dichotomie socio-architecturale du centre-ville, nous sommes ici dans les beaux quartiers de Nîmes, aux rues propres et bordées de grands immeubles bourgeois. En témoigne la présence de la très distinguée Maison Albar L’Imperator avec son hôtel 5 étoiles et ses deux restaurants gastronomiques.

Mais l’intérêt touristique ici est surtout les jardins de la Fontaine. Passé les grands portails en fer forgé, on pénètre sur une grande esplanade en gravier, à l’esthétique de type jardin à la française, avec des allées symétriques bordées d’arbres (pins, marronniers, platanes, tilleuls, cèdres), décorée de parapets et de sculptures (de nombreux vases et des statues de divinités, dont celle, au centre, du nymphée, allégorie de Nîmes avec une amphore d’où jaillit l’eau). Sous nos pieds, l’eau circule à travers les bassins romains, aujourd’hui occupés par les carpes. Sur la gauche, les ruines du temple de Diane dont il ne reste plus qu’une nef voûtée, agrémentée de niches et de colonnes, et de deux couloirs latéraux. Construit au 1er siècle, sa fonction n’est pas parvenue jusqu’à nous (bibliothèque ? édifice religieux ?), de même que son étymologie. Vestiges de l’Antiquité, ils ont inspiré l’architecte vénétien Andrea Palladio et, forcément, le « peintre des ruines » Hubert Robert.

le nymphée

le temple de Diane

Au fond, l’Augusteum, monument au culte impérial avec son grand bassin asymétrique, orné de jets d’eau et des deux escaliers semi-circulaires en pierre. Berceau de Nîmes, c’est ici que les gaulois se sont installés, près d’une source jaillissant au pied d’une colline. Providentiellement abondante dans cet environnement aride et lui attribuant des vertus guérissantes, ils l’ont alors vénérée en la divinisant sous le nom de Némoz (aussi appelé plus tard, donnant ainsi son nom antique à Nîmes, Nemausus, ou aussi Nemausios, fils d’Hercule et de la celte Pyrène). La source sacrée fut ensuite structurée par les Romains pour les besoins de la cité. Mais c’est surtout au XVIIIe siècle que les jardins de la Fontaine ont été réaménagés, révélant les ruines romaines et en en faisant un des premiers parcs publics d’Europe. Parenthèse fraiche et arborée dans l’environnement très minéral de la ville, les nîmois aiment à venir s’y retrouver, s’y balader et flâner dans les 15 hectares, pique-niquer… Je me rappelle d’après-midis à venir y dessiner.

les jardins de la Fontaine © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

En arrière-plan, le jardin de rocaille où serpentent les allées grimpantes dans les sous-bois des pentes du mont Cavalier, au milieu des plantes méditerranéennes (oliviers, pins, cyprès, arbousiers, arbres de Judée, aloe vera…). Une pause humide peut se faire au bord du bassin de Montgolfier et ses nénuphars et papyrus. Enfin, après 10 minutes de marche et 50 m de dénivelé+, la tour Magne (Turris Magna, la « grande tour »), autre totem de Nîmes, se dresse devant nous à 32,5 mètres de haut. Elle a originellement été érigée (18 m) par les gaulois vers 400 avant J-C pour protéger l’oppidum. Puis, comprenant l’intérêt défensif de l’édifice, les Romains ont doublé sa hauteur et l’ont intégrée dans le mur d’enceinte (on peut encore en voir quelques ruines). Aujourd’hui, si son intérieur a été vidé, elle est un bélvédère privilégié pour avoir, après 140 marches, un point de vue sur les environs de Nîmes (tarif : 3,5€ ; inclus dans le pass Nîmes la Romaine).

Architectures d’hier et d’aujourd’hui

Pour visiter Nîmes de fond en comble, on peut également s’intéresser aux différents hôtels particuliers du XVIe au XVIIIe siècles, témoins architecturaux de la richesse gardoise, avec leurs portails et leurs cours intérieures. On pourra également se délecter de l’architecture de la galerie Jules Salles et de l’horloge du lycée Alphonse Daudet, face aux arènes. Autre esthétique, au sud de l’écusson, Némausus 1, un bâtiment social conçu par le grand architecte Jean Nouvel et inauguré en 1986. Arte, dans son excellente série Architectures, lui a consacré un documentaire analytique. Par ailleurs, signe, après le Carré d’Art et le Musée de la Romanité, de la volonté de poursuivre son ancrage de la contemporanéité, Nîmes s’est (enfin…) dotée en 2012, en plus de son théâtre municipal, d’une salle de spectacle/concert de musique actuelle, nommée Paloma, projet de l’architecte Jean-Michel Bertreux (cabinet TETRARC). Ps : si vous y allez et que vous croisez cet homme, passez-lui le bonjour de la part de « Édouard Uuulrich Ramé »…

Némausus 1

galerie Jules Salles

lycée Alphonse Daudet

Infos pratiques

Que et où manger, où boire un verre à Nîmes ?

Là encore, si la ville a forcément beaucoup changé en 20 ans (le succulent restaurant japonais sous la Maison Carrée n’est malheureusement plus), l’écusson reste le secteur principal pour trouver des adresses de restaurants et de bars. Il vous suffira de déambuler sur la place du Marché, le boulevard Victor Hugo, dans les rues fresque, de la Madeleine, de l’Étoile… en suivant son inspiration selon les cartes. Parmi les spécialités nîmoises, vous pourrez goûter la gardiane de taureau, la brandade de morue, la truffe, le petit pâté nîmois, le pélardon

Pour ma part, c’est sur la place du Marché, au restaurant Le Palmier, que j’ai trouvé mon affaire, motivé par la proximité avec les arènes juste avant mon concert. Accueil très sympa et pas du tout racoleur, cuisine (salade nordique) et prix corrects. Le lendemain, et avant de partir à Arles, café à l’ombre des terrasses de la place de l’Horloge puis halte sur le pouce au Pitaya Thaï Street Food. Bowls préparés sur place pour une cuisine gouteuse.

les terrasses de la place du Marché

Pour sortir le soir et boire un coup, il n’y avait pas grand-chose à l’époque (enfin, je crois, mais c’est vrai qu’on ne traine pas les bars quand on est étudiant fauché). En tout cas, aujourd’hui, rendez-vous dans la rue Saint-Antoine (qui s’est métamorphosée depuis avec quelques terrasses très vivantes), sur le boulevard Victor Hugo, la place de la Maison Carrée ou dans la très animée rue de l’Étoile dans laquelle la foule s’accoude aux tables extérieures. C’est dans cette dernière que j’ai poursuivi la soirée à La bonne mousse avec son lot des bières artisanales. Le patron, très à l’écoute, m’a proposé une sélection selon mes goûts en m’expliquant précisément les saveurs de chacune. Autre possibilité, boire un café ou un thé sous une véritable œuvre d’art : le Columbus Café & Co (à l’époque, c’était un Quick et j’avais déjà trouvé ça tellement inouï !) abrite sur ses colonnes et son plafond des peintures du nîmois Claude Viallat, artiste majeur de l’art abstrait français.

les bars de la rue de l’Étoile

la fresque de Claude Viallat

Où dormir à Nîmes ?

Située à 3 heures en train depuis Paris ou Toulouse, 1h30 depuis Lyon, 4h depuis Nice, Nîmes est une destination facilement accessible pour un week-end soleil au printemps ou lors d’une étape d’une journée sur la route des vacances (ce qui a justement été le cas pour moi pour aller en Pays Basque). L’offre d’hébergements est assez variée avec des hôtels à tous les prix. Comme souvent, privilégiez les établissements dans ou proche du centre historique afin de pouvoir aisément et sereinement profiter de sa soirée.



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Que voir dans les alentours de Nîmes ?

Quand on pense aux choses à faire dans les environs de Nîmes, le pont du Gard vient tout de suite à l’esprit, situé à 30 km (victime de son succès, pensez à venir tôt pour trouver une place pour se garer et à acheter avant votre billet coupe-file !). Parmi les villes à visiter dans les alentours de Nîmes, on retrouve sa voisine Montpellier et sa petite sœur Arles avec ses arènes, son théâtre antique, ses Rencontres de la photographie et la tour LUMA ou bien Beaucaire et, la charmante « Venise provençale », Martigues. Autre possibilité pas trop loin, Avignon avec son fameux pont où on y danse tous en rond, son célèbre festival de théâtre et de spectacle vivant, la remarquable collection d’art contemporain de la fondation Lambert et, évidemment, le palais des Papes (réservation). Pour un tourisme moins urbain, optez pour la Camargue (par exemple, en safari d’une demi-journée en 4×4) et les plages des Saintes-Maries-de-la-Mer, le charmant village d’Uzès, une balade dans le Parc National des Cévennes ou, culturelle et splendide, la spectaculaire visite des Carrières des Lumières aux Baux-de-Provence.




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