Journée étape à VÉRONE la Romantique

La PIAZZA DELLE ERBE de VÉRONE et son marché

Certes, VÉRONE n’est pas le premier nom qui vient à l’esprit quand on pense à l’Italie. D’ailleurs, peut-être ne voyez-vous pas trop où ça se situe. C’est sur le retour d’un voyage à Venise que je m’y suis arrêté pour y passer la journée et, très sincèrement, ça a été une jolie découverte ! Visite guidée de Vérone…

Située au milieu de vignes et d’oliviers, le « Basso Veronese », Vérone est une ville encore très médiévale qui trouve son attrait dans ses arènes, ses places, la maison de Juliette… mais aussi le charme qui baigne dans les rues (il y a toujours un parfum… je sais pas… italien quoi ! J’aime ce pays ne serait-ce que pour cette ambiance). Très honnêtement, Vérone ne mérite pas un voyage à elle toute seule ! Non. Mais par contre, ça vaut le coup d’y faire une étape touristique d’un ou deux jours (genre un week-end) avec un petit crochet au Lac de Garde par exemple.

Un court point sur l’HISTOIRE de VÉRONE…

Ville antique, Vérone a été structurée par les Romains car elle disposait d’atouts géographiques stratégiques. En effet, l’Adige (le fleuve qui la traverse) forme une boucle et est donc un premier rempart naturel. La ville se trouvant au Nord de l’Italie, elle devait donc être un point fort notamment contre les invasions germaniques (Ostrogoths). Elle a prospéré sous le règne des Scaligeri, dynastie qui régna sur Vérone durant plus d’un siècle (de 1260 à 1387).

Elle sera ensuite sous domination lombarde avant d’être annexée à la République de Venise à la Renaissance. Puis vint notre cher Napoléon le mégalo qui se la disputera à plusieurs reprises avec le Royaume d’Autriche au début du XVIIIe siècle avant de la perdre. Finalement, elle redeviendra « italienne » en 1866. Bref, vous l’aurez compris, ça a toujours été un beau bordel !

 

La PIAZZA DEI SIGNORI

La première chose remarquable que j’ai vu lors de mon voyage à Vérone est l’Arche Scaligere (ou « Tombeau des Scaligeri ») qui se trouve devant l’Église de Santa Maria Antica qui était l’ancienne paroisse des Scaligeri. Ils ont carrément privatisé le cimetière ecclésiastique en monument funéraire gothique (ornementation impressionnante) comprenant les tombeaux de plusieurs membres de la famille : Mastino II (alias « chien de garde ») et Cansignorio (« Chien noble »). Celui de Cangrande Ier (« grand chien ») se trouve sur la façade de l’église. En effet, sous ses curieuses appellations canines se cache le symbole de fidélité de la famille. Et puisqu’on parle symbole, vous pourrez remarquer le dessin d’une échelle (sorte de H) un peu partout en ville. Il s’agit du « logo » de la famille « della Scala », autre nom des Scaligeri. Question églises, je vous recommande aussi vivement San Zeno, Sant’Anastasia et le Duomo !

 

Quelques pas après, on arrive sur la Piazza dei Signori (littéralement « place des Seigneurs ») également appelée, Piazza Dante (vous allez comprendre pourquoi). Elle est historiquement le centre administratif, et donc politique, de la ville. En effet, on y retrouve le Palazzo di Cansignorio (siège des Scaligeri) et avec son gros donjon médiéval, le Palazzo del Comune (ancienne cour de justice), massif carré rayé d’où se dresse la Tour des Lamberti, le Palazzo del Governo (la préfecture) et la Loggia del Consiglio (salle du conseil sous la République de Venise) avec ses arches, ses fresques et ses statues. D’ailleurs, on en trouve un bon nombre un peu partout sur la place. Ce qui est remarquable ici, c’est la juxtaposition des différents styles architecturaux : médiéval (massif, rectiligne avec brique « rouge Vérone »), renaissant et classique. On peut monter au sommet de la Torre dei Lamberti, un des seuls endroits qui permet une vue d’ensemble sur la ville.

 

En son centre, se dresse fièrement le très concentré Dante, écrivain, poète et homme politique qui écrivit « La Divine Comédie ». La statue fait honneur à la venue de l’homme de Lettres dans la cité véronaise en 1301. Alors que celui-ci venait d’être banni de Florence, Bartoloméo 1er della Scala, souverain de la ville et généreux mécène, lui demanda de venir à Vérone en résidence.

Si vous sentez courageux, vous pouvez le défier en « baston de regard ». Mais avec ses 5 mètres de hauteur et sa posture véhémente, il inspire plutôt le respect. Et, de mémoire de véronais, il n’aurait a priori jamais perdu…

La PIAZZA DELLE ERBE

Juste après une double porte architecturale, l’Arco della Costa, on arrive sur la Piazza delle Erbe. Et là, ma première impression a été : « Là, là on est en Italie ! ». Ça foisonnait d’italiens faisant leur vie. Ça grouillait. En fait, quand on arrive depuis la Piazza dei Signori, on déboule directement en plein milieu de la place, sous les parasols des étalages. On est directement immergé dans l’ambiance. La Piazza delle Erbe (« place aux herbes ») se tient sur l’ancien forum romain. C’est la plus ancienne place de Vérone. Elle est réellement le cœur de la ville. Et un cœur, ça vit, ça vibre ! C’est ici que se tient un grand marché (certains étals sont malgré tout des boutiques à touristes, dommage !) et c’est une ambiance très agréable et particulière que de se promener dans ces allées. Un caffè sur une terrasse est un moment tout à fait délicieux.

 

Ensuite, un peu après, vous sortirez la tête des étals et vous verrez… la place !! Elle est vraiment très chouette. L’aspect pittoresque des vieilles façades lui donne un charme particulier. Au fond, le Palazzo Maffei avec ses statues de dieux grecs et la tour del Gardello puis, sur la droite, la somptueuse Casa Mazzanti et ses vétustes fresques mythologiques. Sur l’axe qui traverse la place, on retrouve une série de constructions : la colonne St Marc (surmontée du Lion ailé, symbolisant ainsi le pouvoir de la République de Venise ; cf : les Lions ailés de la Piazzetta San Marco à Venise), la Madonna Verona, la Tribuna ou Capitello (sorte d’autel où étaient proclamés les décrets) et la colonna del mercato avec ses niches religieuses. Cette dernière est surnommée « Berlina », le pilori, car on y attachait les détenus pour qu’ils soient lapidés… avec des fruits !! ).

La MAISON de JULIETTE (Casa di Giuletta)

Elle se situe sur la Via Capello, en contrebas de la Place delle Erbe. Il s’agit de la maison de la famille Dal Capello, nobles véronais du XIIe siècle. Et quand Shakespeare publie au XVIe siècle Roméo et Juliette qui se déroule à Vérone, l’association Capello / Capuleti laisse à penser que ce serait dans cette maison que les deux amants se charmaient. Mais encore faut-il rappeler que Shakespeare n’était pas un historien mais un dramaturge ! Toute l’histoire est fictive !!! Le passage qui rallie la Via Capello à la Casa di Giuletta est assez inouï : les murs sont recouverts de graffitis (au sens originel du terme) de déclarations et des signes d’amour des visiteurs. À première vue (outre la foule qui est amassée devant…), vous n’aurez pas du tout l’impression que la romantique Maison de Juliette se trouve ici : ça ressemble davantage à un passage souterrain lugubre et mal famé. Prenez le temps d’en lire quelques-uns, ces petites histoires personnelles sont toujours amusantes. Attention, agoraphobes s’abstenir !!!

 

Je dis ça parce que, en 1936-40, un historien a restauré la maison pour en faire un musée « Roméo et Juliette » (on y trouve des objets, des meubles, des fresques…) et a rajouté artificiellement le balcon pour faire genre « maison de Roméo et Juliette » avec la sérénade. Ben oui, comment se justifier d’un tel mythe et donc légitimer son musée si, en fin de compte, il n’y a pas le fameux balcon ?!? Et donc maintenant, tout le monde s’extasie devant celui-ci comme s’il s’agissait du vrai balcon et même comme si l’histoire avait réellement existé… Ça, pour un coup marketing visionnaire, c’est génialissime !!

 

La visite tient donc plutôt du fétichisme puisque vous observez un… balcon ! L’ancienne maison que vous traverserez parmi la foultitude de visiteurs n’a pas réellement d’intérêt et la statue de Juliette n’a honnêtement rien d’un chef d’œuvre. Étrangement, la partie métallique la plus polie et usée se situe au niveau du pectoral… Non ! L’explication est bien moins vicieuse que ce que vous commenciez à imaginer… 😉 Toucher le sein droit de Juliette porterait bonheur (sentimental) aux personnes qui cherchent l’Amûûûr. Mais vu le nombre de superstitieux tactiles, c’est plutôt une bonne gastro que vous risquez de pécho…

Visite du CASTELVECCHIO

Le Castelvecchio est un château fort, construit au milieu du XIVe siècle. À l’origine, il a été bâti pour héberger et protéger la famille Scaliger dont Cangrande II della Scala. Puis, il est devenu un bâtiment militaire. En 1925, il est transformé en musée puis restauré par l’architecte Carlo Scarpa. On y trouve une riche collection d’Art Gothique, notamment des sculptures (comme une crucifixion du Trecento) et des tableaux de Maitres véronais et vénitiens (Mantegna, Bellini, Tintoret, Véronèse) comme la Madone de la Passion (vers 1460) de Carlo Crivelli.

Toutes nos visites de musées dans le Monde dans notre rubrique Trace La Culture !

La visite (≈ 6€) permet également le tour du « Vieux Château » en passant sur les remparts avec les parapets crénelés ; les mêmes qu’on retrouve au sommet du Palazzo del Governo (ou Palazzo del Podestà).On se retrouve juste au-dessus du le pont Scaliger (Ponte Scaligero ou Ponte di Castel Vecchio) qui traverse l’Adige en partant du Castelvecchio. Il a été construit en même temps que le Château et en fait partie intégrante. C’était une porte de sortie au cas où il fallait prendre la fuite (notamment en cas d’insurrection). C’est pour cette raison qu’il est fortifié, mais pas suffisamment pour résister aux allemands qui l’ont détruit durant la Seconde Guerre Mondiale. Quelques années plus tard, il a été reconstruit quasiment à l’identique. Cette balade offre un vue sur le Nord de Vérone avec les clochers des églises qui dépassent de la ligne d’horizon.

Les ARÈNES DE VÉRONE

Après « Roméo et Juliette » (encore faut-il savoir que c’est à Vérone qu’ils capulaient), c’est sans doute la seule chose qu’on connait de cette ville. Elles sont au cœur de la ville. En arrivant devant, on a l’impression d’être devant les Arènes de Nîmes : elles se ressemblent beaucoup, notamment avec le parvis autour. Construites en 30 avant JC, elles peuvent accueillir plus de 20 000 places (contre 30 000 à sa belle époque antique) mais restent le troisième plus grand amphithéâtre romain au monde. Une partie a été détruite lors d’un tremblement de terre au XIIe siècle et il a fallu attendre la Renaissance pour qu’elles soient restaurées. Bonne idée puisque c’est aujourd’hui un lieu incontournable pour l’Opéra et de nombreux spectacles lyriques s’y déroulent chaque été. ♫

© L’Oeil d’Édouard

La visite (≈ 6€ – incluse dans la Verona Card) n’a rien d’exceptionnel en soi. On peut se balader dans la couronne intérieure mais le principal intérêt est surtout … d’être dedans et en haut. C’est toujours plaisant et intéressant se prendre un peu de hauteur quand on visite une ville. Et là, ce sera peut-être une de vos seules occasions dans cette ville très horizontale. Observer les passants qui traversent la Place Brà, retrouvent leur rendez-vous, se posent en terrasse etc… C’est rigolo non ?

La PIAZZA BRÀ

La place Brà est la place centrale de Vérone. Elle tient son nom de l’allemand « breit » (rappelez-vous les occupations germaniques…) qui signifie « large ». Historiquement, c’était la place du marché aux bêêêtes. Elle est bordée par les Arènes, le Palazzo Barbieri (la Mairie), le Palazzo della Gran Guardia, les terrasses de restaurants et les gelaterias. Elle n’est pas la plus belle (perso, je préfère la Piazza delle Erbe qui est vraiment typique et pleine de ce fameux charme italien).

 

Les Églises à voir

Dans l’organisation du voyage, la visite des autres monuments de Vérone n’avait pas été envisagée par manque de temps. C’est lors d’un road trip en Italie du Nord / Slovénie que j’ai fait une nouvelle escale à Vérone et j’y ai fait les visites de la Basilique San Zeno (et le magnifique retable d’Andrea Mantegna), de l’Église Sant’Anastasia (et son superbe plafond) et du Duomo (et ses fresques en trompe-l’oeil). Il est vrai que c’est davantage à privilégier quand on est curieux d’églises, d’architecture et d’art mais, malgré tout, sachez qu’elles sont aussi différentes qu’intéressantes et splendides ! Je vous invite à lire mon article consacré à ces trois églises qui, je l’espère vivement, vous donnera envie de les visiter à votre tour.

 

Bon plan : Pour faciliter (financièrement) vos visites des lieux touristiques de Vérone, il existe une carte de réduction, la bien nommée Verona Card, qui inclut les transports publics illimités dans Vérone et les entrées aux Arènes (billets coupe-file), au Musée Castelvecchio, à la Maison de Juliette, aux Églises de Vérone, le Théâtre Romain, la Tour des Lamberti ainsi que d’autres musées et lieux de visite.

Retrouvez tous nos conseils et avis sur nos adresses testées à Vérone : carte, stationnement gratuit, hôtels et restaurant

Derrière le Duomo, on arrive dans un joli petit quartier charmant qui amène sur le Ponte Pietra. Moins remarquable que le Pont Scaligero, il offre toute de même un point de vue les quais de l’Adige et une vue rapprochée du Sanctuaire della Madonna di Loudres et le Teatro Romano (qui n’a pas suscité mon intérêt).

 

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