« L’Effet Guggenheim », l’architecture contemporaine de BILBAO

Les Tours Isozaki Atea et la passerelle Zubizuri (Santiago Calatrava) Bilbao

La raison première qui m’a motivé à prendre la route jusqu’à Bilbao, comme beaucoup d’entre nous, c’est le fameux Musée Guggenheim. Avant sa construction, Bilbao était surtout une ville portuaire en déclin (surnommée « le trou »…). Puis, Frank Gehry a « veni,vidi, vici » et en a fait une ville autrement plus célèbre que pour son club de foot (100% basque !), plus fière d’elle-même et plus attractive pour les touristes. C’est ce qu’on appelle « l’effet Guggenheim ». Depuis, Bilbao joue la carte de l’architecture contemporaine en misant sur des bâtiments innovants et audacieux, osant un contraste assumé avec l’architecture vernaculaire de ses quartiers historiques.

Pour avoir une vue d’ensemble sur Bilbao, vous pouvez prendre le funiculaire de Artxanda (tarif : prix 0,95 €) ou sinon, comme moi, aller dans le grand Parc Etxebarria, sur la colline au-dessus de Casco Viejo, qui offre un point de vue panoramique sur la ville.

 

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Le Musée Guggenheim

Évidemment !! Absolument incontournable si vous visitez Bilbao ! (d’ailleurs, l’objectif n°1  et première chose qu’on s’est empressé de visiter !) Véritable sculpture monumentale dans la ville, c’est lui qui est devenu le cœur même de la ville. Même si vous n’êtes pas adepte des musées, approchez-vous en, tournez autour, à ses pieds, depuis le pont, sur les rives du Nervion, en face, observez les jeux de lumières le matin, en fin d’après-midi, le soir… La stupéfaction est assurée à la vue de cet énorme poisson agité aux écailles de titane. (confirmation du) Gros coup de cœur ! Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article spécialement dédié à ma visite du Musée Guggenheim (architecture et exposition) :

Le Musée Guggenheim Bilbao

architecture stupéfiante d'une sculpture monumentale

 

…et ses alentours

Juste à côté du Musée Guggenheim, petite balade dans le Parc Republica de Abando (où se trouvaient les anciennes friches industrielles de Bilbao) où se dresse fièrement la Tour Iberdrola, de l’architecte César PELLI. Ce gratte-ciel de 41 étages (165m de hauteur) est un peu leur Tour Montparnasse basque. Pas vraiment infernale, elle se fondrait finalement presque dans le décor avec la réflexion sur la façade vitrée qui, par temps dégagé, prend la couleur du ciel avec les nuages en guise de motif.

 

Le pont Pedro Arrupe relie les deux rives (genre de pont quoi…) avec une forme de X (ou de chromosome) dont l’aspect semble être inspiré d’une modélisation en 3D. Il n’y a pas grand-chose à voir de l’autre côté mais, astuce, la rive offre un bon point de vue sur le Musée Guggenheim avec un peu plus de recul avec le fleuve en premier plan. 😉 Monter sur le Pont de la Salve (celui avec « l’arc rouge » de Daniel Buren) pour avoir un superbe vue plongeante sur le musée et le fleuve.

© L’Oeil d’Édouard

Zubizuri

En poursuivant un peu sur les rives du Nervion, on arrive sur le pont Zubizuri (« pont blanc » en basque), conçu par l’architecte Santiago CALATRAVA (celui de la Gare TGV Lyon-St-Exupéry, du Turning Torso de Malmö, de la Gare de Liège…). Avec ses formes qui s’opposent (courbe /contre-courbe de la passerelle ; obliques rythmées des câbles), il crée lui aussi un dynamisme éloquent dans la ville. C ‘est le second emblème architectural de Bilbao. En la traversant, j’ai une sensation étrange en marchant sur ce sol en « moquette » un peu mou. C’est après que j’ai su que ce tapis avait été rajouté à la version originelle vitrée pour pallier aux multiples accidents de glissade par temps pluvieux ! (une polémique de plus parmi les nombreuses autres concernant l’architecte espagnol…).

© L’Oeil d’Édouard

Zubizuri amène le passant au cœur d’un ensemble de bâtiments nommé Isozaki Atea (du nom de son architecte) dont deux grandes tours jumelles en verres (modernité) contrastant avec les autres, ternes, en béton (tradition). D’ailleurs, au dos, une ancienne façade en pierre préservée pour ne pas faire fi de l’histoire de Bilbao. Cet espace, avec la petite Plaza de la Convivencia, marqué fait office de porte (« Atea » en basque) d’entrée sur la ville, amenant sur le quartier de L’Ensanche.

 

Alhondiga

Là encore, même idée : revitaliser Bilbao par le biais d’une architecture innovante et audacieuse sans pour autant renier son patrimoine. Ici, il a même été valorisé ! Le bâtiment était auparavant un entrepôt de vins et la direction du projet de rénovation à été confiée à notre aussi doué que narcissique designer national, Philippe STARCK. Du coup, même si le petit jardin devant l’entrée commence à mettre la puce à l’oreille, une fois dedans, on a un véritable choc. L’espace intérieur, dorénavant nommé « Atrium des Cultures » , a été entièrement vidé et apparait beaucoup plus grand que ce qu’on pouvait penser vu l’extérieur. La singularité de cette architecture est que 3 « bâtiments » en brique rouge sont à… l’intérieur. Azkuna Zentroa est un complexe dédié à divers activités culturelles (cinéma, médiathèque, lieu d’exposition…) et sportives (salle de danse…). Si vous regardez le plafond, vous verrez également des vitres, lumineuses et bleutés… Peut-être verrez-vous aussi bouger des formes plus sombres… C’est le fond de la piscine qui est sur le toit !! Effectivement, Alhondiga dispose d’une terrasse avec piscine sur le toit de l’immeuble, bien nommée « Terrasse du Soleil ». Alors, classe ou pas classe ?

 

Ce qui est saisissant ce que les 3 modules architecturaux semblent flotter au-dessus du sol, reposant sur de minuscules colonnes (cela m’a rappelé le Palais des Doges de Venise). Ces 43 colonnes sont toutes de styles différents (matériaux, formes etc…) avec des inspirations de toutes les cultures (chinoise, égyptienne, grecque antiques…). L’élévation des 3 modules permet également de dégager l’espace au sol pour une libre circulation des visiteurs (comme l’avait réfléchi Le Corbusier et notamment mis en application à la Cité Radieuse).

 

En redescendant quelques mètres sur la Plaza Moyua, découverte d’un bâtiment vitré rappelant « La maison qui danse » de Frank Gehry et l’hybridité minéralité / pixellisation du Musée des Confluences de Lyon. L’architecture tend malgré tout à s’intégrer à son environnement avec la conservation de la tour à l’angle du carrefour. Ah oui au fait, pour info, il s’agit du bâtiment du Département Basque de la Santé, par COLL-BARREU Arquitectos en 2008.

 

Le métro de Bilbao

À Bilbao, on peut dire que « l’effet Guggenheim » s’est profondément enraciné dans la ville puisqu’il se traduit même… sous terre ! En effet, le projet  a été confié à l’architecte Sir Norman Foster pour le réseau (pas pharaonique non plus, il n’y a que 2 lignes !). Le premier signe sont les bouches d’entrée des stations, surnommée les « fosteritos » (pas une réussite  mon goût (davantage années 1970 -genre chenille du Centre Pompidou- que XXIe siècle…). À l’intérieur, on arrive sur une plate-forme balcon qui donne une vue plongeante sur la station au style sobre : béton ciré et lignes fuyantes. Rien à redire, comme son Carré d’Art de Nîmes, c’est sobre et efficace ! Je m’en suis servi pour aller jusqu’à Getxo pour voir le Puente Biskaia et la plage.

 

San Mamés, « cathédrale » du football basque

Si vous visitez Bilbao sur plusieurs jours et que vous êtes fan de foot, faites un tour au nouveau stade de l’Athletic Bilbao. (l’ancien, démoli, était surnommé la « Cathédrale » ). Peut-être verrez-vous un match Inaki bat le Boavista. À savoir que ce club de football n’engage que des joueurs basques ! Rien à voir donc avec le galactique Real Madrid…

Bilbao Arena

C’est quoi ce gros bâtiment tout vert ? Seulement vu de loin, j’ai eu la réponse en rentrant à la maison… : on remarque ce (remarquable !) bâtiment situé au Sud de la ville dès qu’on prend un peu de hauteur sur la ville (ex : Parc Etxebarria). Il s’agit du Palacio de Deportes, bâtiment polyvalent (créé par les architectes Javier PÉREZ et Nicolás ESPNOSA) qui accueille divers évènements culturels et sportifs dont les matches de l’équipe de basket de Bilbao. L’architecture s’intègre dans son environnement avec le camaïeu de vert de ses « écailles » (cf : arbres des collines en arrière-plan) et avec la pierre évoquant  l’ancienne exploitation minière de Miribilla.




 

Depuis le Musée Guggenheim et son « effet », Bilbao est entré dans une nouvelle ère. Frank Gehry, Santiago Calatrava, Philippe Starck, Norman Foster etc… (rien que ça s’il vous plait ! D’ailleurs, Zaha Hadid, autre star de l’architecture contemporaine, était en train de s’y coller…) ont investi la ville avec des bâtiments à l’architecture audacieuse, insufflant une modernité (rupture) vis-a-vis d’un patrimoine jusque là inerte. C’est ce contraste créé qui en fait une ville attrayante et selon moi, un week-end à Bilbao sera suffisamment pour vous en rendre compte.

Édouard

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