Le col Morétan par le refuge de l’Oule et le Lac du Léat

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Trois jours de randonnée en famille à la découverte du refuge de l’Oule et d’un petit coin sauvage de la chaîne de Belledonne jusqu’au col Morétan. Trois jours assez sportifs quand on porte 17 kg sur son dos (dont un bébé de 10 kg…), mais qui pourraient être beaucoup plus « pépère » avec des sacs à dos plus légers bien sûr. Au programme de ce week-end : cascade, lacs, pierriers, chamois, patous et bières locales. Un week-end en famille idéal.

Sommet : Col Morétan (2503 m)
Massif : Belledonne (Isère)

Départ : Gleyzin, La Bourgeat Noire (1100 m)

Carte IGN : Allevard 3433 OT
Topos Randonnées Belledonne

Difficulté : ★★☆☆☆

Dénivelé : env. 1600 m
Distance : 15 km

Durée : 8 à 10h, sur 3 jours
(réalisable en 2 jours, voire une grosse journée)

Intérêt : ♥♥♥
Lac de Montagne / Cascades
Refuge / Rando famille
Chamois

Période : de juin à septembre
(mais risque de neige au col en début de saison)

Avant de partir, êtes-vous bien équipé ? ➜ retrouvez le contenu de sac à dos en randonnée ✔︎

➜ Se rendre au parking du Gleyzin

Environ 50 mn de route depuis Chambéry ou Grenoble. Rejoindre la jolie bourgade d’Allevard, par Pontcharra (depuis Chambéry) ou par Goncelin (depuis Grenoble) puis prendre la direction du Collet d’Allevard et des Sept-Laux / Le Pleynet. Laissez la route du Collet sur votre gauche et poursuivre en direction du Pleynet. A Pinsot, après l’église, vers la sortie du village, prendre une petite route sur la gauche en direction de Gleyzin. Suivre les panneaux jusqu’au parking du parking de l’Oule, point de départ de la randonnée.

 

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Le refuge de l’Oule par le GR

Dénivelé : environ 740m D+ – Durée : environ 1h30 sans pause

La montée vers le refuge de l’Oule depuis le parking n’est pas très longue et nous nous sommes donc élancés en fin d’après-midi, afin notamment d’éviter les fortes chaleurs de ce mois d’août. Le chemin (marque rouge et blanche du GR), assez large, s’enfonce rapidement dans la forêt, prendre ensuite le sentier de gauche à la fourche. Nous reviendrons par celui de droite à la fin de la boucle.

un départ tout en douceur

La trace ressort rapidement de ce qui n’était qu’un petit bois mêlant feuillus et conifères, s’ouvre alors devant nous une belle clairière, aux herbes jaunies par la chaleur et le manque d’eau de ces derniers jours. Les arbres, bien verts, se détachent dressés tels des soldats protégeant la forteresse en arrière plan. Quelques névés mouchettent encore les sommets grisonnants. La vue est assez idyllique et permet d’attaquer cette randonnée avec envie. La pente est faible pour l’instant et autorise un échauffement en douceur.

quelques fleurs de montagne

En étudiant la carte avant de partir, il me semblait bien que le refuge serait au fond de cette vallée, là haut, sur une épaule herbeuse ; si proche, si loin. Nul doute qu’avec de bonnes jumelles vous pourriez apercevoir le chalet de l’Oule.

Nous traversons la clairière pour retrouver les sous-bois. Les températures étant encore élevées en cet après-midi d’août, nous sommes contents d’évoluer à l’ombre de la canopée. Le sentier s’élève par contre rapidement à flanc de montagne, le sac à dos se fait tout de suite sentir. Nous grimpons sur ce joli sentier rocailleux bordé de fougères et pierres couvertes de mousse pendant un petit moment.

 

Nous nous approchons pas à pas d’une cascade vrombissante. Quelques ouvertures dans le feuillage nous permettent de l’apercevoir. Le chemin monte cependant sur le versant nord du vallon pour passer au-dessus de la chute d’eau et remonter sur le versant opposé, sans vue rapprochée sur la cascade donc.

 

Le soleil commence à décliner doucement dans notre dos, la lumière se fait de plus en plus rasante. Nous prenons ensuite de l’altitude pour accéder à une épaule herbeuse d’où nous apercevons le refuge de l’Oule, encore un plus haut, baigné des lueurs de fin d’après-midi. Les derniers mètres sont raides et pèsent dans les cuisses, mais après un dernier effort nous arrivons donc au refuge Antoine Cros, à 1840 mètres d’altitude, terme de notre première journée de randonnée, avant d’arpenter le col Morétan le lendemain.

la vue sur le vallon du Gleyzin et le refuge de l’Oule

Quand nous sommes montés en 2021, le refuge de l’Oule était tenu par Camille, gérante très accueillante. Camille s’occupe du lieu avec le sourire tandis que Christian garde les 600 brebis dans les alpages alentours. Pas de douche, juste un torrent tout proche mais bien sûr bien frais, quelques tables en bois en extérieur pour les beaux jours, un dortoir assez exigu avec une petite chambre séparée que Camille nous avaient réservée comme nous arrivions avec notre petit bout. Surtout : une vue imprenable sur le vallon du Gleyzin que nous venons de remonter, le massif de la Chartreuse et celui des Bauges en arrière plan tandis qu’au loin se distingue le mont du Chat.

© Fabrice Desoutter

Bien que nous étions seuls ce premier jour à dormir, très surprenant selon la gardienne en plein mois d’août, mieux vaut réserver à l’avance ; la preuve, le refuge était complet le lendemain. Après un apéro à base de bière locale et un bon repas pris en terrasse, le soleil bascule doucement derrière les montagnes et illumine le paysage d’une belle lumière dorée.

 

Le col Morétan en aller-retour

Dénivelé : 660m D+ et 660m D-

Après une bonne nuit – la première à cette altitude pour notre fille – nous prenons un excellent petit-déjeuner avant de partir en direction du col Morétan. Les sacs sont allégés comme nous reviendrons le soir même au refuge pour une seconde nuit, néanmoins ma fille n’a pas perdu de poids dans la nuit et le sac porte-bébé pèse lourd sur les épaules.

Le chemin part derrière le refuge, à flanc de montagne, de façon assez raide, pour rejoindre un cirque un peu plus haut. Le soleil n’est pas encore passé au dessus des montagnes et il fait un peu frais, puis les premiers rayons s’élancent à l’assaut du jour et dévorent les ombres matinales.

on distingue le col Morétan sur la gauche

Nous atteignons un replat herbeux où coule un petit torrent bordé de linaigrettes. Le troupeau de brebis de Christian paisse là, protégé par deux patous assez féroces. L’univers qui nous entoure est bien plus minéral désormais. Quelques névés s’accrochent sur les parois nord. A partir de là, le chemin est beaucoup moins visible, mais le col Morétan est en vue, il s’agit d’une petite échancrure située au Nord-Ouest – ou sur votre gauche, entre la pointe du Gleyzin (2692 m) et le pic des Grandes Lanches (2595 m).

Il faut donc gravir ses dernières pentes rocailleuses, en suivant peu ou prou les cairns placés çà et là et en contournant ou traversant les derniers névés, plus ou moins nombreux selon la période à laquelle vous passez, sachant que ce dernier vallon était encore parsemé de rustines neigeuses en plein mois d’août.

remontée du pierrier “à vue” en direction du col

La pente est sévère et nous prenons notre temps pour gravir les 200-300 mètres de dénivelé restant en faisant plusieurs pauses. Au prix d’un tout dernier effort, sur un passage très escarpé, nous accédons au col Morétan, à 2503 m d’altitude, qui tire son nom… d’un nom de famille. La vue s’ouvre sur un cirque aride et sauvage, encadré notamment du Grand Morétan (2775 m) sur votre droite, du pic sud du Merlet (2469 m) en face, le pic du Frêne (2807 m) en arrière plan et même le Mont Blanc dans le lointain. Le chemin redescend de façon abrupte en direction des lacs Morétan, avec une boucle possible en récupérant le refuge du Merlet puis le GRP du Tour du pays d’Allevard pour revenir au parking du Gleyzin. Ce ne sera pas notre route aujourd’hui. Nous prenons le temps de pique-niquer au col avant d’amorcer la redescente sur le refuge de l’Oule.

vue depuis le col Morétan

petit coucou du Mont Blanc © Fabrice Desoutter

Nous redescendons du Col Morétan donc prudemment dans ce chaos rocheux gravi quelques minutes plus tôt, sans prendre nécessairement le même tracé, mais qu’importe, l’alpage est en vue et il n’y a qu’à s’orienter entre les rocs et rochers pour trouver le passage le plus sûr.

Nous rejoignons les alpages au-dessus du refuge en milieu d’après-midi. Les brebis sont montées un peu sur les flancs de la montagne. Nous profitons du beau temps et de la vue au bord du ruisseau, lieu idéal pour passer un peu de temps avec des bambins.

En descendant les derniers hectomètres jusqu’au refuge, nous apercevons une harde de chamois traversant le vallon empierré. Une belle touche finale pour cette belle journée de randonnée.

 

Retour par le Lac du Léat

Dénivelé : environ 230 m D+ et 950 m D-

La nuit a été un peu plus agitée dans un dortoir affichant complet et notre fille qui s’est réveillée dans la nuit… Cependant personne n’a l’air de nous faire la tête au petit matin ; par politesse ou parce que les pleurs n’ont pas réveillé nos voisins de chambrée ?

Aujourd’hui, retour mais par un itinéraire différent de l’aller, nous allons faire un crochet par le lac du Léat. Après une courte descente sur l’épaule herbeuse en contrebas du refuge, le sentier part sur la gauche (nous sommes venus du chemin descendant sur la droite l’avant-veille) et remonte à flanc de colline par un chemin en balcon bucolique qui débouche sur une croupe toute douce.

le lac du Léat

Quelques mètres plus loin, le tracé en direction du lac du Léat descend sur la gauche. Le point d’eau est visible depuis la crête, rond bleu profond flanqué de son petit chalet et tout entouré de végétation vert éclatant. L’endroit est très paisible bien que nous ne sommes pas les seuls à pique-niquer ici.

 

Le petit chalet au bord du lac est en fait un refuge non gardé qui a été reconstruit en 2004 par la commune de La Ferrière puis « bichonné » en 2016 par les membres de l’association Tous à Poêle qui restaurent d’anciens chalets, cabanes et refuges un peu partout en France. Vous y trouverez tout le nécessaire pour passer la nuit : matelas, couvertures, vaisselles, un poêle (réparé en 2022), des toilettes sèches ainsi qu’une source à proximité pour s’alimenter et refaire le plein d’eau.

Nous repartons après un bonne pause au lac et attaquons la descente vers notre point de départ pour boucler la boucle. Cette partie, majoritairement en forêt, n’est pas la plus intéressante. Le chemin descend assez raide entre les conifères qui laissent peu à peu la place aux feuillus. Un dégagement offre une dernière belle vue sur les montagnes, avant que le chemin ne bifurque sur la droite pour revenir jusqu’au parking du départ et terminer un week-end déconnecté bien dépaysant.

 

Randonner avec un bébé

Les conseils à lire avant de partir en rando avec un tout petit : randonner avec un jeune enfant change la donne ! Outre le poids du sac et tout le barda à trimballer pour votre petite tête blonde, la question de la distance et surtout de l’altitude se pose là où vous n’aviez pas à (trop) réfléchir auparavant.

Il faudra donc déjà adapter le dénivelé car on n’avance pas aussi vite avec 15-20 kg sur le dos qu’avec 6-7 kg. Pensez aussi que si vous portez votre bébé, et quelques affaires en plus dans la poche du sac porte-bébé, votre conjoint.e portera le reste des affaires voire la tente si vous partez en bivouac ; son sac sera donc également bien chargé. Par ailleurs, si, vous aussi, vous souhaitez randonner avec un bébé, le sac à dos Osprey Poco est idéal !

 

Pour ce qui est de l’altitude, le mieux est de demander à votre pédiatre. La grande majorité des sites internet se répètent tous les uns les autres avec les mêmes informations parfois copiées-collées et sans grande logique : ne pas dépasser les 1500 m avant 1 an, puis 1800 m d’altitude avant 2 ans. Ce qui paraît étonnant quand on sait que des bébés vivent bien plus haut que ça toute l’année ou doivent franchir des cols plus élevés comme le col du Lautaret à plus de 2000 m dès le plus jeune âge.

Cela s’avère un peu plus complexe. L’altitude est à adapter en fonction de l’altitude du lieu de vie et bien sûr quelques précautions sont nécessaires. Avant un an, il est fortement déconseillé de monter en altitude. Ensuite il faut surveiller avec attention tous signes et symptômes d’un mal aigu des montagnes, qui peuvent être difficile à comprendre en âge pré-verbal. Il est aussi déconseillé de monter en altitude si votre enfant est sujet à des otites chroniques par exemple ; il est aussi toujours préférable de s’acclimater doucement à l’altitude.

Le site de Secours-Montagne (certes vieillot) semble plus crédible que les copier-coller d’autres sites grand public. Il est notamment rappelé que les principaux dangers sont le froid ou le soleil ; et qu’il faut donc veiller à ce que votre petit soit toujours bien protégé. Mais l’idéal est encore une fois de demander conseil à votre pédiatre qui saura adapter sa réponse à votre enfant.

© Fabrice Desoutter

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