La Montée de Bellecombe : place au sublime !

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À l’ombre du col de l’Iseran, dans un petit coin du massif de la Vanoise, l’ascension de Bellecombe et au plan du Lac est une des plus belles grimpées de la région. De beaux pourcentages, de beaux lacets et, surtout, des vues à couper le souffle ! Un aller-retour depuis Termignon qui vaut le détour.

 

Col : Bellecombe / Plan du lac (2362 m)
Massif : Vanoise (Savoie)

Départ : Termignon (Maurienne)

Itinéraire : Trace GPS

Difficulté : ★★★★★

Distance : 15,6 km
Dénivelé + : 1000 m

Intérêt : ♥♥♥♥

Route : ✔︎✔︎✔︎✔︎

Période : de mai/juin à octobre,
mais attention aux dernières froidures et aux premiers frimas de l’hiver.

Avant de partir, êtes-vous bien équipé ? ➜ retrouvez nos conseils pratiques 🚴‍♂️


 

A l’ombre de l’Iseran

Quand on pense à la Haute-Maurienne, on pense forcément au col de l’Iseran, ce géant des Alpes, le plus haut des cols routiers alpins, culminant à quelque 2770 mètres d’altitude ! Gageure pour n’importe quel cycliste de venir dans ce coin de Savoie sans gravir ce col mythique.

Mais la Haute-Vanoise ne se résume cependant pas à l’Iseran ! Une foultitude de routes plus secrètes, plus discrètes, arpentent les flancs des grandioses montagnes alentour des massifs de la Vanoise et des Alpes Grées. Parmi elles, la montée de Bellecombe à vélo est peut-être la plus pittoresque et la vallée de Bellecombe porte bien son nom.

À la sortie de Val-Cenis-Termignon, dans un lacet, la route de Bellecombe fonce droit dans la forêt pour rejoindre, une quinzaine de kilomètres plus haut le refuge du plan du Lac. Entre la dent Parrachée qui vous domine de toute sa majesté (et de ses 3697 mètres !) tout au long de la grimpée à l’apparition de la massive Grande Casse (3855 m) en guise d’épilogue, inutile de dire que cette grimpée possède un écrin splendide. Les lacs miroirs, les monolithes dressés, les grasses marmottes qui sifflent dans les prairies fleuries parfont le tableau d’une montée qui s’inscrit dans le somptueux, le sublime.

la dent Parrachée, hypnotique © Fab__Rides 📷

Pour ne rien enlever, la route est assez calme. Quelques navettes et autos chargées de randonneurs arpentent bien la route l’été venu, mais rien de désagréable. Après le parking de Bellecombe, les voitures sont même interdites à la circulation et seules les navettes sont autorisées à poursuivre leur chemin ; la garantie d’une grande tranquillité pour les derniers kilomètres d’ascension.

La cerise sur le gâteau, « the icing on the cake », le refuge du plan du Lac où vous pourrez déguster une bonne crêpe chocolat chantilly agrémentée d’un soda bien sucré en face de la Grande Casse pour vous remettre de vos efforts. Car des efforts, il faudra en fournir pour accéder à toutes ces merveilles…

arrivée au refuge du plan du Lac © Fab__Rides 📷

Un départ costaud

Départ en forêt, sur de belles pentes fleurant bon le 10 %. Surtout ne pas s’emballer, la route est encore longue. La dent Parrachée, qui domine le village de Termignon (aujourd’hui rattaché à la commune de Val-Cenis) joue à cache-cache avec les arbres, apparaissant de temps à autres au travers du feuillage.

Quelques lacets permettent de relancer la machine sur ces premières pentes sévères. Un court replat permet de soulager les muscles quelques temps, mais la route s’élève ensuite à nouveau, oscillant entre 8 et 9 % ; du solide. Les vues sont de plus en plus belles, de plus en plus ouvertes sur cette vallée encaissée ourlée de forêts denses. La Dent Parrachée aimante le regard, hypnotise le pauvre hère écrasé sur sa machine, minuscule être perdu dans ce paysage grandiose. De là, le donjon minéral laisse entrevoir son glacier, le glacier de la Belle Place, niché au creux d’un cirque et protégé d’abruptes falaises gris-bleu serties de pointes acérées. Un glacier malheureusement voué à disparaître malgré ses remparts naturels.

Après quatre grands lacets, la langue de bitume serpente à flanc de montagne pour finalement sortir définitivement de la forêt. La vue s’ouvre. Majestueuse. Plus bas, dans un repli de terrain, en lisière de forêt, d’impressionnants monolithes fruits d’innombrables années d’érosion sortent la tête de la canopée, dressés tels des soldats au garde-à-vous. Au delà, le règne du minéral : des falaises ocres plissées, des éminences grises ciselées, des chaos de pierres chaotiques.

Dernières pentes jusqu’au parking de Bellecombe

À la sortie de la forêt, la pente s’assagit et le tracé offre même une petite partie descendante permettant de passer sur l’autre versant du vallon et accessoirement de souffler un peu. Là, la route se redresse brutalement. On retrouve des pourcentages autour des 8 %. Surtout, on atteint les 2000 m d’altitude et la respiration s’en ressent. Ai-je mal géré mon effort le jour de mon passage ou est-ce la rudesse de la pente couplée à l’altitude qui me coupe les pattes ? Toujours est-il que je trouve ces deux trois bornes bien difficiles. Impossible pour moi de relancer l’allure, je suis à fond, tout simplement. La dureté de l’effort est compensée par des vues superbes sur la Dent Parrachée qui veille sur nous de toute sa grandeur.

 

La route pourlèche les parois herbeuses, oscille à flanc de montagne. Quelques baraquements en pierres sèches, dont une petite chapelle pittoresque annonce le début de la fin. Un dernier lacet sur la droite, puis la route s’insinue dans une échancrure et la pente s’adoucit enfin en vue du parking de Bellecombe.

panorama sur la Haute-Maurienne et la dent Parrachée © Fab__Rides 📷

Passage obligatoire par le Plan du Lac

Il serait dommage de s’arrêter là, au parking de Bellecombe, tant le panorama est somptueux un peu plus haut. De plus, les automobilistes doivent laisser leur voiture ici, seules les navettes l’été sont autorisées à poursuivre leur route. Le gage d’une grande tranquillité sur cette chaussée étroite et parfois il est vrai un peu défoncée, ce qui renforce l’aspect sauvage de la fin de cette montée.

Après un petit kilomètre relativement soutenu, la pente s’adoucit à nouveau et franchit un collet. Une vue à couper le souffle se dévoile alors sous vos yeux. La Grande Casse explose le panorama, muraille massive et infranchissable qui se reflète tout en délicatesse dans les eaux impavides du lac de la Chavière. Magique. Je souris béatement, submergé d’une douce euphorie, enivré par cette beauté éclatante et aussi par les efforts fournis.

le lac de la Chavière et la Grande Casse en arrière-plan © Fab__Rides 📷

Quelques hectomètres plus loin, planté au milieu d’une grande prairie où vagabondent de grasses marmottes se situe le refuge du plan du Lac. Il n’existe pas beaucoup de meilleurs endroits pour se requinquer : en terrasse, au soleil, face à la Grande Casse (3855 mètres).

Du refuge, il est encore possible de pousser un peu plus loin, jusqu’à Entre-deux-Eaux. Mais dans tous les cas, la route est un cul-de-sac, l’aller-retour est donc inévitable. Depuis le refuge, le retour s’effectue donc par la route empruntée à la grimpée. Une belle descente vous attend donc, sur une belle route, en bon état et avec de superbes vues… qui vous auront peut-être échappées à la montée si vous étiez tête dans le guidon en train de cravacher. Attention, même en été, prévoyez une veste coupe-vent pour la descente, vous serez à plus de 2000 mètres d’altitude et il n’est pas rare qu’il neigeote à cette altitude, même en plein mois d’août !

Plus loin ? Du refuge à Entre-deux-Eaux

Si le cœur vous en dit, si vos jambes n’ont pas encore tout dit, si vos yeux en réclament, alors vous pouvez pousser jusqu’à Entre-deux-Eaux. Cinq kilomètres depuis le refuge, donc dix aller-retour, et une belle montée sèche au programme.

Après la prairie du Plan du Lac, la route plonge dans le vallon de la Rocheure, du nom du torrent qui dévale en son creux. Le gros des touristes (car il y en a pas mal en été) se cantonne au Plan du Lac et aux balades autour du refuge. À peine éloigné du dit refuge, l’environnement est tout de suite plus sauvage. En quelques lacets, on atteint le bout du bout, la fin de la route carrossable, juste au bord du torrent. La Grande Casse est d’autant plus impressionnante qu’elle se dresse juste devant nos yeux.

 

D’ici, plus le choix, il faut faire demi-tour et se coltiner la remontée jusqu’au refuge du Plan du Lac. À froid après cette courte descente, et manquant d’entraînement aussi ce jour là, la grimpette retour m’a semblé incroyablement coriace. Malgré tout, je trouve que l’aller-retour en vaut la chandelle, ne serait-ce que pour aller « jusqu’au bout ». Après ces derniers efforts, on rejoint le refuge avant de redescendre jusqu’à Termignon en admirant une dernière fois les vues splendides qui s’offrent au regard.

 

VARIANTES EN BOUCLE

La montée de Bellecombe est un aller-retour, impossible donc de « boucler ». Cependant, cette grimpée agrémentera très bien le tour des Forts de l’Esseillon par exemple. Si vous vous sentez costaud, il sera aussi possible d’aller chercher une autre grimpée lors d’une même sortie… ou pour un autre jour. Voici quelques options :

■ Montée au plan d’Amont depuis Aussois (6,8 km à 7,9 % de moyenne) → tracé
■ Montée de Saint-Pierre-d’Extravache depuis Bramans (7,1 km à 6 % de moyenne) → tracé
■ Grimpée de la chapelle Sainte-Anne depuis Avrieux (6,1 km à 8,5 % de moyenne) → tracé




 

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