LAUGAVEGUR, LE trek incontournable d’Islande

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Ce trek fait partie des immanquables de l’Islande. Vous ne serez donc pas les seuls à arpenter les sentiers, notamment en plein été. Pourtant, difficile de passer à côté de ce lieu magique aux paysages époustouflants lors d’une visite de la Terre de Glace. Communément parcouru du Nord au Sud, nous avons opté pour le sens inverse, de Thorsmörk à Landmannalaugar.

Départ : Thorsmörk (environ 200 m)
Arrivée : Landmannalaugar (environ 600 m)

Carte : Landmannalaugar Thorsmörk Fjallabak

Durée : 3 jours (possible en 4)

Dénivélé : environ 1200 m cumulé
Distance : 54 km

de mi-juin (mais risque de neige) à mi-septembre

Difficulté : ★★★☆☆

Intérêt : ♥♥♥♥

 

L’Islande, un pays “à la mode” depuis une dizaine d’années qui a vu son flux de touristes exploser sur cette période. Qui plus est, cet itinéraire de 54 kilomètres nommé Laugavegur, à boucler en trois ou quatre jours, est une des randonnées les plus prisées du pays. Donc non, nous n’étions pas seuls perdus au milieu des étendues sauvages et volcaniques. Landmannalaugar, accessible en 4×4, et le trek jusqu’à Thorsmörk (ou Skogar) font certainement partie d’innombrables “top 10 des lieux à voir dans sa vie”. Classements ô combien subjectifs et poussant le touriste du 21e siècle à s’entasser dans les mêmes lieux que ses congénères, partout sur la planète. Un tourisme de masse, dénué d’esprit aventurier, renforcé par les réseaux sociaux et son lot de clichés stéréotypés. Et pourtant…

 

Pourtant, difficile de passer à côté de ces lieux emblématiques et souvent magiques, notamment lors de la première visite d’un pays ou d’une région. Promis, nous nous écarterons des chemins battus la prochaine fois que nous foulons le sol islandais.

Ceci-dit, bien que populaire, ce trek n’est pas plus encombré (pour l’instant) que le Tour du Mont Blanc en France ou la randonnée de Trolltunga en Norvège pour ne citer que ces exemples. Néanmoins, nous nous sommes efforcés de ne pas visionner trop d’images des lieux lors de la préparation de notre voyage, évitant Google et sa sélection de photographies… avant d’en ajouter. Aussi, nous avons décidé d’effectuer le trek de Laugavegur dans le sens inverse de ce qui est habituellement conseillé. Plusieurs avantages à cela. D’une, les paysages sont de plus en plus impressionnants en partant de Thorsmörk. De deux, nous avons croisé de nombreux trekkeurs, en milieu de journée la plupart du temps, mais en avons peu suivis. Une façon de se sentir un brin moins ‘mouton’. De plus, puisque les randonneurs s’arrêtent aux mêmes refuges, nous étions souvent bien seuls les matins en partant dans la direction opposée. Enfin, dernier avantage indéniable, les sources naturelles d’eau chaude qui vous attendent à la fin du trek, petite gourmandise récompensant les jours de marche. Seul inconvénient de ce trajet Sud-Nord, le monde à Landmannalaugar et le dénivelé positif supérieur au dénivelé négatif. Rien d’insurmontable cependant.

INFOS PRATIQUES

Se rendre à Thorsmörk (et repartir de Landmannalaugar)

Un certain nombre de compagnies de bus proposent des trajets de Reykjavik à Thorsmörk aller-retour, et elles sont encore plus nombreuses à proposer des trajets pour le site de Landmannalaugar. Par contre, une seule, Sterna, semble offrir un aller pour Thorsmörk avec retour depuis Landmannalaugar, ce qui est tout de même pratique pour un trek qui n’effectue pas une boucle… à moins de vouloir se refaire la randonnée dans l’autre sens, à vous de voir. Si vous souhaitez donc faire ce trek (et non l’aller-retour), renseignez-vous auprès de Sterna Travel. Il est également possible de partir de Skogar ou de Landmannalaugar, et de repartir d’une des trois destinations. Tous les choix d’itinéraires sont donc possibles (101€ l’aller-retour en 2019).

Eau et nourriture

Un énorme avantage de l’Islande est que vous n’êtes pas obligés d’emmener des litres d’eau avec vous. L’eau des ruisseaux provient directement des glaciers et est potable. Certes, il n’y a pas non plus de cours d’eau tous les 500m, mais un contenant d’un litre semble suffisant pour la journée. Pour limiter le poids, nous avons opté pour des plats lyophilisés pour le dîner (Travellunch, Happy Yak, MX3…). Rapport poids-calories imbattable ! 250g le sachet pour environ 1000kcal comprenant les nutriments nécessaires. Pour le petit-déjeuner, porridge (flocons d’avoine) sucré avec des fruits secs et enfin de nombreuses barres de céréales sucrées et salées et autres snacks pour la journée.

Vêtements

Même en été, il faut prévoir des vêtements chauds, vous êtes en Islande ! Polaire, doudoune, softshell, pantalon chaud, petits gants, bandeau type Buff seront appréciés le soir. Pour la journée, des sous-vêtements techniques peuvent être adéquats pour les plus frileux. Prévoir également un pantalon de randonnée et pas uniquement un short. Autre indispensable : le coupe-vent, la veste et les chaussures imperméables ainsi que des « chaussures d’eau » pour la traversée des rivières. J’hésitais à m’en procurer avant de partir, n’étant pas sûr de les ré-utiliser un jour, je me rends compte aujourd’hui que cela aurait été une belle erreur de ne pas en emporter. Enfin, prendre un bon sac de couchage et un drap de soie bien chaud, les températures pouvant descendre vers 0°C la nuit.

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Nuitées

Il est interdit de quitter le sentier et donc de bivouaquer où vous le souhaitez entre Skogar et Landmannalaugar. Deux options donc, la tente, pour 2000ISK (environ 15€) par personne ou le refuge (compter environ 9000ISK, soit 65€ par personne…). Les douches sont en sus, pour 500ISK (environ 3,5€). Certains refuges proposent également des snacks sucrés et salés, ainsi que des bonbonnes de gaz ou des plats lyophilisés. Notez qu’on ne peut prendre un repas qu’à Alftavatn où se trouve un minuscule mais très cosy café/restaurant.

 

Le trek LAUGAVEGUR en 3 jours

1er jour : HUSALADUR → BOTNAR

Dénivelé : 550m D+ / 200m D- (15 km)

Nous partons donc de Thorsmörk, au Sud du pays, après un trajet depuis Reykjavik effectué en car puis en bus 4×4 sur les derniers kilomètres de piste. Un bus nous récupérera à Landmannalaugar pour retourner à la capitale (expliqué plus haut).

Le trek peut être rallongé d’une journée, en partant de Skogar, sur la côte Sud, au niveau de Skogafoss, étourdissante cascade de 60m de haut pour 25m de large. Cette étape a été classée parmi les meilleures randonnées d’une journée d’Islande selon Grapewine, journal gratuit de Reykjavik. Preuve de son intérêt… et source de touristes ?

 

Le départ de la capitale est assez matinal et je profite du trajet pour faire un petit somme. Quand j’ouvre les yeux, stupeur, le car est enveloppé d’un brouillard à couper au couteau. Le chauffeur fonce dans ce décor cotonneux dont rien ne ressort. Un célèbre dicton dit que l’on peut vivre les quatre saisons en une seule journée en Islande. J’attends le printemps avec impatience. Une heure de route plus tard, le brouillard se lève et la vue se dégage un peu, mais il pleut à verse. Nous changeons de véhicule à Hella pour monter dans un bus 4×4 aux énormes pneus crantés. Petite pause photo humide à Seljalandsfoss, impressionnante cascade derrière laquelle un chemin a été créé, avant de prendre une piste caillouteuse, avec plusieurs traversées de rivières à gué. Une première expérience en soi si vous n’êtes pas habitués !

 

La pluie a cessé et laissé place à un ciel de traîne grisâtre lorsque nous arrivons à Thorsmörk, qui est en fait le nom d’une chaîne de montagnes. Le refuge / hôtel où vous pouvez faire le plein d’eau et acheter quelques victuailles s’appelle Husadalur, point de départ donc du trek nommé lui Laugavegur (ou le « chemin de la source »). Il est midi. L’heure de prendre le pique-nique avant de s’élancer dans la forêt du dieu Thor. Le toponyme Thorsmörk vient en effet de Thor, dieu du tonnerre dans la mythologie nordique, et de mork, le bois.

 

Le sentier, bien indiqué, s’enfonce dans une forêt de bouleaux éparses ne dépassant pas les cinq mètres. Le sol est tapi de mousse et de fougères arborant un vert éclatant. Après environ un kilomètre de montée régulière, le chemin atteint un premier point de vue. Aucune trace de présence humaine à 360° à la ronde si ce n’est le cairn et le petit panonceau planté là pour indiquer la direction à prendre. Seuls quelques piaillements d’oiseaux perturbent gentiment le silence alentour. Des chaînes de montagnes et langues glaciaires entourent les lieux. Le ciel est menaçant, tacheté de nuages gris. Autant dire que nous ne croulons pas sous une chaleur caniculaire, loin sans faux.

 

Seul endroit du trek où le marquage n’est pas idéal, bien prendre à gauche à cet embranchement afin de ne pas se perdre sur les nombreux sentiers (la carte au 1/50 000e n’est pas d’une grande aide ici). L’itinéraire retombe sur une piste de 4×4 qu’il faut suivre sur quelques mètres avant de bifurquer dans la forêt. Une poignée de randonneurs à la journée nous rattrapent et nous croisons nos premiers trekkeurs qui finissent eux leurs parcours.

Après une courte descente, nous devons franchir la rivière Thrönga. Pas de pont ni de poutre mise en travers du torrent, il faut franchir le torrent à gué, les pieds (et mollets) dans l’eau froide provenant du glacier de Myrdal. Les chaussures d’eau et les bâtons de randonnée ne sont ici pas du luxe. Le courant étant assez fort et l’eau glaciale, mieux vaut ne pas traînasser, voire tomber, lors de la traversée. Nous repartons après s’être séchés les arpions et avoir remis nos godillots montants.

Lors de cette première journée, nous progressons sur la rive Est de la rivière Markarfljòl. Au fur et à mesure que nous remontons le cours d’eau, son lit se creuse pour finalement former un véritable canyon assez profond. Le sentier s’élève très doucement et de façon régulière au milieu d’une vaste étendue de sable noir charbon, mouchetée de roches grises étincelantes. La végétation est rare et rase, mais verdoyante, contrastant avec le sol sombre. Ces sédiments noirs nous rappellent s’il le fallait que le chemin serpente entre de nombreux volcans en activité.

Le vent se lève en fin de journée et souffle fort au passage d’un petit col. De là, la vue sur le Cirque de Sandar est splendide, les roches prenant de belles teintes rougeâtres et pourpres. Nous descendons rapidement pour nous mettre à l’abri du vent. Quelques encablures plus loin, l’itinéraire plonge dans une étroite gorge creusée par la rivière Fremri Emstrua. Le débit est impressionnant, le torrent gronde sous nos yeux et sous nos pieds lors de la traversée via un petit pont suspendu. Petite grimpette sur l’autre rive, abrupte mais courte. Au niveau de la crête, le panorama est une nouvelle fois époustouflant.

 

La journée se termine par une dernière montée jusqu’au refuge de Botnar, à environ 500m d’altitude. Pas de salle hors-sac malheureusement, mais des toilettes et de quoi faire le plein d’eau. Le bivouac étant interdit en dehors des zones proches des refuges, nous plantons la tente là et déboursons une quinzaine d’euro (2000ISK) pour avoir le droit de dormir sous toile, sous un ciel sans étoile. Le prix à payer pour admirer un site remarquable ?

Nous nous enfournons dans nos sacs de couchage sitôt les pâtes lyophilisées englouties, fourbus par ce premier jour de marche. Le soleil, qui joue à cache-cache avec les nuages depuis notre départ de Reykjavik, est encore haut dans le ciel. L’astre veille tard en juillet, se couchant derrière les montagnes islandaises vers 23h30 pour se lever dès 3h30… Emporter des masques pour les yeux n’est pas dénué de sens.

 

2e jour : BOTNAR → ALFTAVATN

Dénivelé : environ 150m D+ et 100m D- (15km)

Il fait donc grand jour quand nous nous réveillons vers 6h. Comme la veille, le soleil et les nuages se livrent une bataille acharnée dans le ciel. Pour l’instant, les rayons ont du mal à percer le bouclier de stratocumulus au dessus de nos têtes. Mais le combat pourrait basculer d’un côté comme de l’autre à tout moment.

Nous partons en légère montée pour atteindre un plateau de roches noirâtres sur lequel de hauts cônes verdoyants semblent avoir été posés avec harmonie. En face de nous se dresse Hattfell, culminant à 924m, avec son sommet aplati et atypique. Ce volcan porte bien son nom (Hatt signifie chapeau) puisqu’il semble coiffer d’un couvre-chef. Ses pentes abruptes sont tapies de verdure, quelques stries de sable noir soulignent son relief tel du mascara. Envoûtant.

 

Après avoir longé Hattfell, une légère grimpée dans un vallon nous amène à un col. Nous délaissons alors notre petite vallée pour faire face à un véritable désert, noir, moucheté de fleurs blanches et bordé de montagnes verdoyantes. Le panorama est bluffant, unique, d’une sombre beauté, les nuages qui s’accrochent aux sommets renforcent le côté dur et inhospitalier des lieux.

Heureusement que le paysage est incroyable car la traversée de cette vaste plaine est assez longue, d’autant que les nuages ont remporté la bataille et une fine pluie a commencé à nous hydrater la peau. Surtout, au cœur d’une telle immensité, les échelles sont complètement faussées. La montagne que nous apercevons au loin semble à une demi-heure de marche… mais il nous faudra en fait deux heures pour l’atteindre.

 

Enfin nous sortons de cette étendue déserte et nous approchons du refuge de Hvanngil. La pluie n’a pas cessé et les pointes des montagnes alentours sont couvertes d’un épais brouillard. Après avoir enjambés une rivière via un pont qui a été emporté par les flots il y a quelques années puis reconstruit, nous devons franchir un nouveau gué. Un peu en amont du sentier, un petit îlot sablonneux sépare le torrent en deux branches, nous décidons de passer à cet endroit, qui semble peu profond.

Le courant n’est pas trop puissant et nous avons de l’eau à mi-mollet. Mais l’eau est glaciale ! En à peine une dizaine de mètres, je ne sens plus mes orteils et le froid me tenaille les mollets. Une fois arrivé sur l’autre rive, après une pause salvatrice sur l’îlot, je me sèche rapidement les pieds et enfile une grosse paire de chaussettes. Une séance de cryothérapie improvisée dont je me serais bien passé.

 

De là, la ferme/refuge de Hvanngil est toute proche. Il est encore assez tôt, nous souhaitons simplement nous arrêter pour nous faire un thé bien chaud et grignoter un petit peu, à l’abri du vent et de la pluie, mais comme à Botnar, pas de salle hors-sac. Nous poursuivons donc notre route en direction d’Alftavatn par un temps bien maussade…

 

Le sentier remonte légèrement puis poursuit en balcon avant de descendre dans un vallon herbeux où coule un torrent. Nouveau gué. Nous appréhendons un peu, mais le cours d’eau s’avère moins froid que le précédent. Ouf, je tiens à mes orteils !

Le ciel est toujours gris souris et les sommets ne sont pas dégagés. L’univers dans lequel nous évoluons est cependant bien dépaysant et le moral est au beau fixe depuis que la pluie a cessé de nous harceler. Les flancs des volcans sont d’un vert profond tandis que ça et là des ruisseaux dégringolent bordés de mousse d’un vert jaune éclatant.

Nous arrivons à Alftavatn, le refuge fait face au lac et la vue doit être splendide quand il fait beau… Elle est malheureusement bouchée ce soir. Un petit restaurant/café permet de se sustenter ou de se désaltérer. Il est l’heure de l’apéro, mais nous optons pour le thé et le chocolat chaud après cette journée fraîche et humide. Comme à Botnar, il vous faudra choisir entre le lit en dortoir à environ 65€ ou la tente à 15€ par personne. Nous nous contenterons de la tente et des plats lyophilisés.

 

3e jour : ALFTAVATN → LANDMANNALAUGAR

Dénivelé : environ 600m D+ et 450m D- (24 km)

A peine installés aux creux de nos duvets, des gouttes tambourinent la toile de tente (prévoir une tente parfaitement étanche!). La nuit est fraîche et pluvieuse, de mauvaise augure pour notre dernier jour de trek, a priori le plus spectaculaire…

Après une nuit agitée, ô chance, la pluie s’est interrompue et quelques rayons dardent à travers les nuages. La tente mono-toit a même le temps de sécher pendant le petit déjeuner. Le ciel est parsemé de beaux cumulus, mais le temps est sec. Nous nous élançons pour cette dernière journée, avec au programme 24 km et le plus gros dénivelé des trois jours. Mais rien d’insurmontable si vous êtes habitués aux randonnées en montagne.

 

Deux petits kilomètres à plat puis le sentier s’élève devant nous. Pas de zigzags facilitant la grimpée, le chemin monte droit dans la pente, bien raide. Le sol est sec, heureusement. Les randonneurs qui sont passés hier ont dû bien patiner et patauger dans cette glaise qui colle aux chaussures comme un chewing-gum à une table d’écolier.

 

La montée est brutale mais permet de rapidement prendre du dénivelé. Arrivés sur une épaule verdoyante, la vue est dégagée et nos yeux écarquillés devant le paysage qui s’offre à nous. Le sentier serpente entre des fumerolles qui s’échappent des entrailles de la terre, le manteau sablonneux que nous arpentons a pris des teintes beiges, ocres, rosées, tandis que les sommets alentours, couverts de neiges éternelles, pointent un ciel paré d’élégants nuages. Ici, de l’eau gris acier frémit au cœur d’un petit cratère, là, une source cristalline jaillit d’un bassin orangé. Partout, une caractéristique odeur de souffre embaume le site, un parfum auquel nous nous habituons rapidement.

 

Nous avançons en admiration devant le spectacle offert par la nature et le dénivelé est avalé sans que nous nous en rendions vraiment compte. La neige est de plus en plus présente à cette altitude (environ 1000m) et les névés sont de plus en plus vastes, néanmoins les traversées s’effectuent sans problème puisque le manteau blanc est bien tassé. Il nous faut maintenant parcourir un plateau venté jusqu’au prochain refuge, Hrafntinnusker. Une petite table abritée du vent nous permet de prendre notre pique-nique en étant un peu protégés. Mais comme auparavant, point de salle hors-sac ici. Nous reprenons notre chemin après une courte pause agrémentée d’une petite averse.

 

Une fois franchis les derniers mètres d’ascension, nous n’avons plus qu’à redescendre sur Landmannalaugar. D’abord à travers un plateau encore bien enneigé, puis sur un sentier assez raide d’où nous avons une vue à couper le souffle. Les roches sont multicolores, camaïeu de rouge-orangé, falaises pourpres, montagne en nuances de gris, collines tapies de mousse verdoyante, bassin bleu turquoise. Le relief est ciselé, précis, net. Chaque mont, chaque crête, chaque vallon, est précisément dessiné. Nous poursuivons notre descente sur le refuge et camping au beau milieu de ce panorama unique magnifié par la lumière du soir.

 

Là aussi, les montagnes grondent, vrombissent, bouillonnent. Des fumerolles jaillissent ça et là et un délicat parfum sulfureux émane d’une terre bien vivante. Plus bas, le chemin traverse un immense champ de lave, à moitié recouvert de mousse vert pâle. Les champs de lave éteinte sont impressionnants, sortes d’immenses bric-à-brac de cailloux et rochers posés là dans un ordre chaotique. Peu photogénique mais surprenant.

 

Nous arrivons enfin au camping. Cette dernière étape du trek Laugavegur fut éprouvante, nous sommes lessivés et bien contents d’en avoir terminés. Récompense ultime : les sources d’eau chaude. Un petit chemin en caillebotis a été aménagé jusqu’au bassin où vous pouvez vous relaxer. Nous sautons dans nos maillots de bain et savourons cette fin de trek dans cette piscine naturelle à la vue imprenable.

jeux de couleurs autour de Landmannalaugar

 

LANDMANNALAUGAR

Les paysages sont superbes autour de Landmannalaugar, site qui est accessible en 4×4 et en bus depuis Reykjavik. Pas besoin de vous faire un dessin, vous ne serez pas seuls dans la montagne ici. On y trouve un refuge, un grand espace pour poser sa tente (2000 ISK, environ 15€ par personne), des douches et toilettes, ainsi qu’un barnum sous lequel se trouvent des tables de pique-nique. De nombreuses balades et randonnées plus ou moins longues et exigeantes (de la promenade familiale à la grosse rando à la journée) sont possibles.

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