Le GRAND COLON, balcon sur Belledonne et Grenoble

La Grande Lance de Domène, Grand Pic de Belledonne, Pic du Grand Domenon et Grande Lauzière depuis la pointe au sommet du Grand Colon

Quand mon pote m’a demandé si ça me disait de monter le Colon avec lui, j’ai d’abord trouvé ça suspect. Puis, après précision (en fait, il s’agit de la montagne arrondie, située sur les premiers contreforts de la Chaine de Belledonne), je lui ai répondu « le Colon ? bin… oui ! ». Sans aucune difficulté technique particulière, il offre un point de vue plongeant sur Grenoble et le Grévisaudan d’un côté et les lacs et le Pic du Grand Domenon de l’autre.

Sommet : Le Grand Colon (2394 m)
Massif : Belledonne (Isère)

Départ : Baraque des Carriers (1464 m)

Carte IGN : Grenoble 3335 0T

Dénivelé : 930 m

Durée : montée 2h/2h30 – retour 1h30/2h

Difficulté : ★★☆☆☆

de mai à novembre

Intérêt : ♥♥♥

Grand-Colon-Belledonne-blog-voyage-1

Se rendre à la Baraque des Carriers :

Pour atteindre le Grand Colon, vous ne pouvez passer que par devant, soit par Domène, soit par Saint-Martin-d’Uriage. Dans tous les cas, il vous faudra passer par Revel. Au croisement des Faures, remonter en direction du Rousset et son col puis aller jusqu’au plan d’eau de La Freydière. Monter jusqu’aux 4 chemins puis emprunter la piste carrossable qui amène au parking de la Baraque des Carriers et s’y garer.

 




Il y a des jours comme ça où, pris dans la grisaille automnale, on a davantage envie de rester au chaud sur son canapé… Et puis, on se motive parce que quand-même, tout est prêt et ce sont pas ces quelques vapeurs d’eau qui vont nous faire renoncer à nos beaux projets d’expédition au Colon en bi, à la Christophe. Et puis, quitte à se faire chier par un temps pareil, autant aller au Grand Colon ! Après, dans ses moments là, la randonnée devient une sorte de pari où on mise sur le fait qu’on arrivera à dépasser la couche de nuages (+/- 2000 m généralement).

Pour arpenter le long chemin du Grand Colon, il faut s’enfoncer dans un petit trou exigu qui part directement dans la forêt de conifères. Avec la brume et la mousse sur les arbres, ça ressemblait très clairement à une peinture chinoise. En été, ça nous promet d’être au frais ! Le sentier en terre monte en lacets et il n’y a aucune difficulté.

Par la BARAQUE DU COLON et le BITOU

Après 1/2h de marche, on arrive dans une prairie alpine et c’est exactement là qu’on a commencé à percevoir le soleil et quitter définitivement la couche de nuages. C’est ici aussi qu’on arrive sur la Baraque du Colon mais sans colombages et la vue s’ouvre sur la chaine du Vercors jusqu’au Massif des Bauges, en passant par la Chartreuse.

 

En remontant la trace qui mène au Colon, on longe la montagne jusqu’à un belvédère. En face, le Grand Pertuis (1723 m), le Pic Chauvin (2230 m) et le Pic du Grand Perlet (2270 m) et, en arrière-plan, le Grand Sorbier (2526 m) et la station de ski de Chamrousse. Ensuite, le chemin monte un peu plus raide dans la toison herbeuse au niveau du Bitou, lequel se situe logiquement un peu plus bas que le Grand Colon dont on aperçoit maintenant le bout.

© L’Oeil d’Édouard

Après le cairn, on attaque le dernier tronçon, on remonte quelques lacets qui suivent une mini-arête puis le sentier part en travers, au pied d’un plateau incliné ressemblant un peu à Chamechaude. On domine totalement la mer de (nuages) et normalement le Grésivaudan et la Chartreuse. Le final est un peu longuet avec la remontée du  plateau de pierres. Je pense qu’en été, on doit finir en y cuisant en plein soleil !

Au SOMMET du GRAND COLON (2394 m)

Le sommet n’est pas matérialisé par une croix mais par un et même deux cairns. Il n’a rien de particulièrement réjouissant en lui-même sinon qu’il offre une splendide vue sur Grenoble et sa cuvette, avec le Vercors et la Chartreuse en fond. Enfin là, on voit pas mais bon j’imagine bien. De l’autre côté, les Pointes de Jasse Bralard avec le Pic de Mirebel (2603 m) et la Grande Lauzière (2741 m). C’est tout à fait saisissant avec la couleur dorée de l’herbe et le bleu du ciel.

 

Mais le mieux pour profiter de la vue est de descendre un peu sur la droite (Sud). On a alors une vaste vue plongeante sur les lacs de Belledonne (Lac Merlat, Lac Longet, Lac Claret, Lac Bernard, Lac David) et on peut apercevoir les sentiers qui mènent au Col de la Pra dont le GR 549.

 

Par contre, j’ai été saisi par la collection de colombins (humains, animaliers) ! Véridique, du jamais vu ! Je ne sais pas si c’est le nom qui veut ça, que ça motive ou stimule. À moins que ce ne soit un défi -ou un rituel- de poser sa crotte au sommet du Grand Colon, un peu comme des cairns… mais sans qu’elles soient entassées.

La vue au bout du Colon ?

Le « double effet kiss colon » (si vous me permettez l’emploi de l’expression), c’est qu’il dispose d’un second « sommet » , pas tout à fait sommital, comme un appendice rocheux au Nord-Est, au bout du bout du Grand Colon. Pour le rejoindre, il faut suivre la sente qui part vers le bloc rocheux (avec un autre descend vers le Lac Merlat). À ce moment là, ça va crapahuter un peu et il va être nécessaire de se sortir les doigts (des poches) et mettre les mains par endroit pour atteindre le bout du Grand Colon. Du coup, n’hésitez pas à mettre des gants (parce que la roche peut être rapeuse).

 

À la pointe, on se retrouve face à un large panorama sur le Grésivaudan, dominé par la Grande Lance de Domène (2790 m) avec le Lac du Crozet en contrebas. Les plaques de neige sur la roche sombre composent une sorte d’immense abstraction pollockienne aplatissant les reliefs en même temps qu’elles les révèlent.

Redescente dans la MER DE NUAGES

Face à la mer de nuages avec l’impression qu’on allait finir par marcher dessus. Les mouvements des langues nuageuses sur le flans de montagnes étaient sublimes. Finalement, ça ne se sera jamais levé et j’aurai fait le bon choix en ne restant pas en-dessous.

© L’Oeil d’Édouard

 

On retourne la tête dedans et, avec la moiteur ambiante, la descente du Grand Colon a été un peu glissante avec des parois humides. En repassant devant la Baraque du Colon, certains mignons mais frileux s’étaient installés, bien au chaud à côté du poêle, aux abords du Grand Colon. Mais ça ne grattait pas tant que ça en fin de compte. Retour à la voiture en une petite 1/2h à travers la forêt de Tim Burton.

 

Retrouvez tous nos topos et conseils montagne dans notre rubrique Trace Les Cimes△△



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