ALPINISME facile à la POINTE de la RÉCHASSE

Ascension en alpinisme de la Pointe de la Réchasse (Parc National de la Vanoise)

La Pointe de la Réchasse n’est pas forcément le premier sommet qui vient à l’esprit quand on parle du Parc National de la Vanoise. Cependant, elle a comme avantage d’être plutôt facile d’accès et surtout d’offrir une VUE IMPRENABLE sur la Grande Casse (le plus haut sommet de Savoie) !! Et de l’autre côté, large vue panoramique sur le Glacier de la Roche Ferran, le Mont Pelve (3261m) et la Pointe du Dard (3206 m) en arrière-plan. À son sommet, une Vierge veille sur la Col de la Vanoise. Mais ce jour-ci, elle hibernait encore sous la neige…

Sommet : Pointe de la Réchasse (3212 m)
Massif : Vanoise (Savoie)

Départ : Col de la Vanoise (2517 m)

Carte IGN : Tignes 35633 ET
Trois Vallées Modane 3534 OT

Dénivelé : 740 m (cumulé)

Durée : montée 3h30 – descente 2h

Difficulté : ★★☆☆☆ (alpinisme)

Intérêt : ♥♥♥

Alpinisme
+ 3000 mètres
Glacier
❄️ Neige ❄️

Se rendre au Refuge de la Vanoise :

Dans le précédent épisode de Trace Les Cimes△△, je vous racontais comment atteindre le Refuge du Col de la Vanoise (ex-Félix Faure), en passant sur le superbe Lac des Vaches. Donc dans l’idée, normalement, là, si on vous a pas perdu en chemin, vous êtes bien au niveau du Col de la Vanoise. Pour monter la Pointe de la Réchasse (sur la neige, en tout cas), je vous invite à passer la nuit au nouveau Refuge dans le but de partir tôt le matin avant que la neige se ramollisse trop.

 




Réveil à 5 heures du mat’, petit déj copieux du refuge, quelques photos des sommets au crépuscule (Pointes de la Petite et Grande Glière, Grande Casse, Pointe de la Réchasse). Ensuite, on se prépare dans le local au sous-sol. 6h : départ pour la Pointe de la Réchasse, le ciel commence à s’éclaircir. Je sens que ça va être très bien cette histoire…

© L’Oeil d’Édouard

Pas évident de trouver le bon chemin dans la neige. D’après le tracé estival, en gros, partir en face en direction du Lac des Assiettes (invisible avec la neige), tirer à gauche en montant pour arriver sur le premier replat. Donc une fois qu’on a bien visualisé ça sur une carte, on avance à peu près comme ça. On fait la montée avec la Grande Casse dans le dos, mais en fait, on se retourne très souvent, attentifs à chaque changement de lumière, aux reliefs qui captent les premiers rayons, aux couleurs du ciel… Plus on monte, plus on va à la rencontre du soleil qui illumine déjà la Pointe de la Réchasse. Et comme la nature est bien faite, le soleil va se découvrir derrière… la Grande Casse ! Les rayons éclatent derrière sa silhouette (façon manga ?). Le contraste est saisissant. Ça fait à peine plus d’une heure, mais ça claque déjà grave à donf ! Pourtant, honnêtement, j’ai beau ne pas être matinal, j’ai pas mal ! Même si j’avais les yeux encore gonflés de ma courte nuit au refuge, le spectacle suffit largement à décoller les paupières.

 

Quelques minutes de pause s’imposent pour le spectacle, mais aussi pour enlever une couche (parce que ça commence déjà à chauffer, avec la montée en plus) et se badigeonner de crème. Après quelques zig-zag, on arrive sur un replat (pas très loin du Glacier de la Réchasse, imperceptible avec la neige). La Pointe de la Réchasse est alors devant vous mais il faut contourner sa barre rocheuse par la droite.

© L’Oeil d’Édouard

 

Le GLACIER DE LA ROCHE FERRAN

Au niveau de la barre, on arrive sur le Glacier de la Roche Ferran, lequel fait partie d’un ensemble plus grand, les Glaciers de la Vanoise qui se succèdent sur le Massif. C’est un glacier apparemment ne comporte que très peu de risques (quelques belles failles quand-même, mais complètement bouchées par la neige à ce moment là). Mais, sécurité oblige, on s’encorde et on parcourt le glacier en longeant la barre rocheuse pour arriver dans son dos, à l’adret. Si on fait abstraction des quelques éléments du décor, on a vraiment l’impression d’être au milieu de nulle part, marchant sur un sol tout blanc avec rien que le ciel, tout bleu ! Il y a quelque chose de paradisiaque ici. Cet endroit aurait inspiré Michel Berger… À moins que ce ne soit le lieu d’entrainement de Sangoku…

L’ARÊTE SOMMITALE de la Pointe de la Réchasse

Une fois arrivé au bout, on attaque une petite montée dans les pierres. Le soleil a bien tapé sur ce versant Sud et donc, sur le bas, ça a bien bien fondu. Par contre, en s’approchant de l’arête, ça a tenu. Et là, c’est plutôt incliné. Donc piolet planté dans la main gauche (enfin piolet planté, dans la main gauche, ou… piolet dans la gauche, planté… c’est bon, je suis clair ?) et bâton main droite, dans la pente (je précise pas là ?) et on suit l’arête. Il s’agirait pas de se viander et glisser sur plusieurs dizaines de mètres jusqu’aux pierres sus citées ! En tout cas, de là, c’est très très beau ! La vue sur la Col de la Vanoise et la Grande Casse (face à vous) est somptueuse !! Encore un petit effort et une grande vigilance, et on arrive à la pointe de la pointe de la Réchasse. Enfin, à peu près parce que, avec la neige, on ne voit pas la statue de la Vierge (ensevelie) ni les bords (pas trop envie de tester la résistance d’une corniche…). Le sommet domine la Glacier de la Roche Ferran et offre une large vue panoramique. Le Mont Pelve (3261m) et la Pointe du Dard (3206m) en arrière-plan du glacier (cf : mon topo de la traversée), Courchevel à l’Ouest, la Grande Motte (je parle du sommet ! 3653m) au Nord-Est, la Pointe de la Sana (3436m) et le Grand Roc Noir (3582m) à l’Est.

Retour au Refuge de la Vanoise

Bon, c’est pas l’tout, mais la neige commence à se ramollir, donc faut redescendre. Mais, comme à chaque fois, je peux pas m’empêcher de reprendre les photos qu’en montant. Mais ! Non ! Ce ne sont pas les mêmes, la lumière a changé et ça change tout ! Au retour, on a le plaisir de voir une marmotte venir dans notre direction, à quelques dizaines de mètres. Sans doute est-elle curieuse de voir si on a de la nourriture à lui proposer ? C’est presque pas très naturel quand-même…

 

La redescente vaut aussi son pesant de calottes oculaires : on est face au Col de la Vanoise et la Grande Casse qui commence à recevoir les rayons du soleil. MAGNIFIQUE !!! L’avantage dans les descentes enneigées, c’est… la neige : du coup, on peut tailler dré dans l’pentu !! Et ça gagne un temps fou. Par contre, faut faire hyper gaffe à vos genoux : entre les trous dans la neige et les rochers recouverts, j’y bien failli m’en bloquer à quelques reprises. On ne regrette pas ses guêtres dans ses moments là (d’ailleurs, j’en avais pas 🙁 ). Mine de rien, ça cogne quand-même. Petite pause au refuge avant de reprendre la direction de Pralo par le Lac des Vaches.

Retrouvez tous nos conseils montagne et récits d’alpinisme dans notre rubrique Trace Les Cimes△△








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