Istanbul, la mégapole des contrastes

MinaretIstanbul : presque 15 millions d’habitants, un gigantisme urbain et humain dont j’ai pris la pleine mesure dès mon arrivée, depuis la vitre du bus qui m’a menée de l’aéroport de Sabiha Gökçen au cœur de la ville situé à une cinquantaine de km. C’est là, confortablement installée dans mon siège, que l’urbanisme dévorant et galopant de cette mégapole m’a ébloui au sens propre comme au figuré. Débarquée de nuit, j’étais fascinée par la saturation de lumière produite par les milliers d’éclairages venus à la fois de la circulation, de la route et des habitations. J’ai voyagé dans les plus grandes capitales d’Europe, mais c’est bien la 1ere fois que je ressentais aussi physiquement toute l’envergure démesurée d’une grande ville.

Par contre, le trajet retour, réalisé de jour cette fois, m’a dévoilé une facette beaucoup moins… éblouissante de la ville. Les lumières ont cédé la place à la grisaille et à un amoncèlement de bâtiments  construits de façon anarchique. Ce que je croyais prendre pour les prémices de la prestigieuse capitale ottomane n’était autre qu’un concentré du pire : une périphérie pauvre et désorganisée où s’entasse près de 65% de la population.

Mais laissons de côté la périphérie pour nous recentrer vers le cœur historique de la cité. De ce côté-là, rien à voir, il se dégage un climat unique, à part, que je m’expliquerais par trois facteurs : une histoire prestigieuse, marquée par les plus grandes civilisations (grecque, romaine, ottomane), une géographie atypique à cheval entre l’Asie et l’Europe et enfin une forte empreinte de la religion musulmane.

Pour vous imprégner de cette atmosphère si particulière et saisir les multiples contrastes d’Istanbul, le mieux est de laisser votre guide à l’hôtel, de choisir un secteur, de vous y rendre en transport en commun (la ville est très étendue, impossible de tout parcourir à pied)  puis de vous perdre dans le dédale des rues, au-delà des lieux traditionnels et des monuments incontournables (Sainte Sophie, Mosquée Bleue, Grand Bazar égyptien…).

C’est comme ca que j’ai fonctionné, c’est la meilleure manière de se laisser porter et de profiter de l’instant présent ; rien ne vient polluer le plaisir de la contemplation, pas de visites obligées ni de parcours pré-établi.Du reste Istanbul, la ville des grands écarts se prête parfaitement à cette forme de tourisme « instinctif » puisqu’on passe aisément d’un quartier très calme, proche du petit village, constitué de maisons modestes et défraichies à  des grandes artères commerçantes et grouillantes résolument tournées vers l’Europe. Même diversité chez les habitants, mais une diversité que j’ai trouvée un peu cloisonnée: Les zones les plus modernes sont réservées à la jeunesse branchée, aux goûts et à la mode occidentale. Les zones plus défavorisées sont elles, le théâtre d’un conservatisme teinté d’exotisme aux yeux d’un Européen : L’Orient et Islam se font plus prégnants, le tcharchaf remplace la mini-jupe. Exotisme d’ailleurs renforcé par l’appel à la prière du Muezzin. Impossible de l’ignorer il retentit plusieurs fois par jour, au contraire il viendra rythmer votre périple.

Les contrastes se poursuivent dans les paysages ! En effet la topographie de la ville, constituée de 7 collines, permet de varier les points de vue. Croyez-moi, la vision que l’on a de la ville depuis les rives du Bosphore n’a rien à voir avec celle que l’on a depuis  les hauteurs, comme par exemple depuis le Café pierre Loti. Sa terrasse plongeante offre un panorama à couper le souffle sur la ville aux 2500 mosquées. Vous pouvez vous y rendre soit en téléphérique soit à pied en passant par le cimetière d’Eyüp.

Un conseil en guise de conclusion, prévoyez au moins 5 jours sur place, c’est le minimum requis pour découvrir toutes les facettes parfois contradictoires de cette cité.

 

COMMENT ALLER A ISTANBUL ?

Vols Easyjet au départ de l’aéroport de Mulhouse/Bâle

Arrivé à l’aéroport de Sabiha Gökçen, prendre un bus Havas jusqu’à la place Taksim côté asiatique. Pour vous rendre côté Europe (vieille ville avec Sultanahmet…) il vous faudra prendre un métro puis un tram. Comptez entre 1h30 et 2h de trajet.

 

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7 Comments

  • gertistnbl dit :

    Le quartier de Taksim (Beyoglu) est séparé de celui de Sultanahmet par la corne d’or et non pas par le Bosphore, la place Taksim se trouve bien côté européen, tout comme Sultanahmet. Petite confusion également entre le Grand Bazar et le Bazar Egyptien, qui sont deux lieux différents et non pas un seul Grand Bazar Egyptien. A part ça rien à dire, bravo ! Perdez-vous dans Istanbul est le meilleur conseil à donner. Sainte Sophie et la Mosquée Bleue sont loin d’être les seuls bijoux de cette ville. Et pour les points de vue, j’ai un petit coup de cœur pour Sishane (en contre-bas de Tünel) qui offre une vue splendide sur Fatih et Eminönü.

  • Voyage Way dit :

    Superbe ville et 5 jours est en effet un grand minimum pour découvrir la ville et prendre le temps sur le bateau sur le Bosphore ou la Corne d’Or.
    Il y a des centaines de choses à voir à Istanbul mais aussi à goûter! La cuisine turque m’a réellement convaincu!

  • Laurent dit :

    Je garde moi aussi un souvenir incroyable d’Istanbul. J’avais adoré cette ville et un plus, c’était le début de ma route vers l’Asie. Après un mois en Europe, je mettais le pied sur continent asiatique pour encore 11 mois de voyage. C’est symbolique ce changement de continent en traversant le Bosphore mais certains symboles restent forts.

    • Julie Hann dit :

      Effectivement, Istanbul c’est la transition la plus naturelle entre l’Europe et l’Asie et à tous les points de vues: géographique, historique et culturel. C’est un très grand voyage que tu as fait là, 11 mois en Asie, ca laisse songeur…C’était quoi l’étape après la Turquie ?

  • Alessandro Durand dit :

    Istanbul, rien que de prononcer ce nom j’en ai la voix qui tremble. J’y ai passé un séjour mémorable emprunt d’émotions fortes. Les couleurs de la ville, les saveurs des plats, la magnificence du soleil tombant sur la Mosquée Bleue et les envoûtants appels des muezzins, tous ces souvenirs me reviennent en mémoire à la lecture de ton article.C’était il y a plus d’un an mais dans mon esprit c’est comme c’était hier. Merci Julie!

    • Julie Hann dit :

      Merci pour ce gentil message Alessandro ! Istanbul compile tous les ingrédients que j’aime: c’est une ville grouillante, complexe, en mutation perpetuelle, bref insaisissable. Tu ajoutes à ca une géographie atypique, une histoire séculaire et un patrimoine incomparable et je/nous sommes conquis !

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