Le Col du Granier : porte de Chartreuse

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passage au Col du Granier

La ville de Chambéry est sise au pied du Mont Granier. Elle en est la montagne emblématique avec, à l’opposé, le Mont du Nivolet et sa majestueuse Croix. Le col est aussi le point d’accès Nord de la Chartreuse et de ses villages alpestres. Le col du Granier, au départ de Chambéry, est donc un grand classique des cyclos du coin.

Col : Col du Granier (1133 m)
Massif : Chartreuse (Savoie)

Départ : Chambéry

Itinéraire : Trace GPS

Difficulté : ★★★☆☆
plutôt roulant mais assez long, quelques passages raides (moyenne 5,8%, max 10%)

Distance : 15 km

Dénivelé + : 864 m

Intérêt : ♥♥♥
paysages variés et de jolies vues

Route : ✔︎✔︎✔︎✔︎
route correcte voire excellente

La légende

Le Mont Granier est une montagne qui a tout de la légende. De part sa face Nord monnumentale, 900 mètres de verticalité vertigineuse. De part son histoire aussi, et cet effroyable éboulement survenu en 1248 qui forma cette falaise abrupte. La vierge dorée située à Myans, dans la vallée, a été érigée à cette occasion, puisque les roches se seraient arrêtées sur le perron de l’église après avoir enseveli plusieurs villages dont celui de Granier, qui donna son nom au col, en hommage. Si vous prenez les petites routes dans la vallée, les bien-nommées « abymes de Myans » vous observerez un peu partout ces immenses blocs de pierre que l’on dirait posés là par des géants, vestiges de cet éboulement.

le Mont Granier depuis la Pointe de la Cochette / Descente côté Chapareillan

Avant ce triste événement, la montagne était appelée Apremont (« l’âpre mont »), et il est certain que certains versants sont plutôt âpres à escalader à bicyclette, notamment depuis Chapareillan. Voici pour l’instant une version plus longue mais moins ardue du Col du Granier, au départ de la cité des Ducs de Savoie : Chambéry.

Le Col du Granier : un grand classique… revisité

Première difficulté du tour dit de la Grande Chartreuse ou de la Petite Chartreuse (cols du Granier, de la Cluse et des Egaux), grimpée aller-retour d’après-boulot ; il est plutôt rare de ne croiser personne sur ses pentes.

Voici une version revisitée avec un départ moins classique, plus sauvage. Par ce versant, les premiers kilomètres sont irréguliers et la route plutôt revêche, jusqu’au croisement avec la route principale, beaucoup plus large et en meilleur état, à environ 7 km du but.

Environ 500 mètres après le début de l’ascension, il faut poursuivre tout droit, en direction de Les Charmettes, maison de Madame de Warens, où vécut quelques années Jean-Jacques Rousseau. La route se rétrécie et s’enfuie alors dans la pénombre, à l’abri de grands arbres. Un instant plus tard, au niveau du lavoir, nous délaissons la demeure de la maîtresse du philosophe pour bifurquer à gauche, en direction de Barberaz.

 

Des vues splendides

La pente se dresse brusquement et s’envole en deux belles courbes flirtant avec les 10%. L’effort ne dure pas et la route s’adoucit aussi vite qu’elle s’était raidi. En à peine un kilomètre, nous avons quitter la cité des Ducs de Savoie pour rejoindre une campagne verdoyante.

La vue sur les Bauges se dévoile sur votre gauche, le regard embrasse la Croix du Nivolet, la Pointe de la Galoppaz jusqu’à la Savoyarde. La chaussée, relativement large, sillonne entre les demeures bourgeoises puis se réduit soudain à une fine bande de bitume rugueux. Là, un nouveau replat permet de reprendre son souffle.

Une fois passé Barberaz, les maisons se font de plus en plus rares. La route, étroite et un peu abîmée, s’échappe sous le regard. Devant nous se dresse la Croix de la Coche, piedmont du Massif de la Chartreuse, enrubannée d’une épaisse forêt d’où effleurent ça et là quelques parois rocheuses blanchâtres.

La pente est correcte (entre 6 et 9%) mais l’asphalte boursoufflé rend la partie plus délicate qu’il n’y paraît. Après quelques courbes bienvenues puis une ligne droite assez ardue, la route s’infiltre entre deux monts, le paysage change soudainement, comme si nous avions passé un seuil, nous sommes entrés en Chartreuse, par une petite porte secrète. Devant nous s’ouvre un cirque verdoyant, avec la Pointe de la Gorgeat et le Corbeley en toile de fond.

Nous évoluons ensuite sur une route en balcon qui ondule à flanc de montagne, bordée de forêts ténébreuses et de prés nonchalants. Après s’être enfiler un bon raidillon d’environ trois cents mètres avec un court passage à 12%, une belle récompense : la vue, au loin, si on se donne la peine de se retourner, sur le Lac du Bourget, écrin de saphir scintillant serti d’émeraude.

 

Retour sur la voie principale

Le chemin ombragée ondule encore un bon kilomètre avant de rejoindre la route principale du col du Granier, celle empruntée par les professionnels quelques fois, notamment lors du Tour, du Critérium du Dauphiné Libéré ou la Classique des Alpes qui empruntait souvent le col. Peu de mano-a-mano d’anthologie cependant sur ces pentes, souvent placées trop loin de l’arrivée, à vous de vous forger votre histoire et vos souvenirs avec ce col quelque peu délaissé des courses pros (certainement à tord!).

La pente est correcte et les plus costauds pourront « envoyer » un peu sur cette portion. Après un beau lacet, la route caracole à la falaise. La paroi calcaire et le petit parapet de pierre protégeant du ravin rappellent les routes de l’arrière pays niçois. Prenez le temps de vous arrêter (ou de vous retourner prudemment), pour admirer une nouvelle fois le Lac du Bourget qui s’étend dans le lointain de tout son long, lové entre les montagnes de l’Epine (avec la Dent du Chat) et de la Chambotte.

La route s’engouffre ensuite dans un boyau non éclairé de deux cents mètres environ, le tunnel du Pas de la Fosse. Une nouvelle porte dérobée qui nous propulse dans un nouvel univers. On quitte définitivement les alentours de Chambéry et la région du Lac du Bourget. Devant, au-dessus de la canopée se dresse l’immense paroi verticale du Granier qui nous toise de ses 1900 mètres d’altitude. Plus au Sud, entre les arbres, se cachent la Chaine de Belledonne, tandis que sur notre gauche s’étirent les Bauges. Plus la route monte et plus le paysage se dévoile, avec bientôt le Grand Arc, souvent enneigé tardivement. Puis, plus haut, à quelques encablures du sommet, un trou dans les branchages nous laisse entrevoir le Mont Blanc, si la vue est dégagée.

 

Un final casse-pattes

Avant de profiter de la vue au sommet de la grimpée, le final du Col du Granier vous promet encore quelques sueurs. Depuis le tunnel, il vous reste environ 6 km. 6 km qui peuvent paraître interminables si on a trop appuyé avant. Garder en tête que le col est relativement long et demandera un effort d’environ 45-50 min pour les plus costauds et pas loin du double pour les moins entraînés.

La route, assez large, ne donne pas l’impression d’être très raide, pourtant certaines portions donnent du fil à retordre, flirtant avec les 8%. Surtout, la voie chemine à flanc de montagne, déroulant de larges courbes sans véritables points de repère. Les premières fois que j’ai gravi ce col, je ne savais plus bien où j’en étais et me suis déjà effondré dans les derniers kilomètres en voyant la langue de bitume se défiler impitoyablement entre les arbres. Aujourd’hui, des bornes ont été installées à chaque kilomètre, avec la distance restante et le pourcentage moyen du prochain kilomètre, ce qui permet de mieux gérer son effort.

1134 m d’altitude et 864 m de dénivelé avalé

Après un ultime soubresaut de pente, un panneau routier apparaît, indiquant l’arrivée toute proche. La route est bombée à cette endroit et on aperçoit le fameux panonceau noir du col sur le dessus de cette dernière proéminence. La délivrance. Les derniers hectomètres s’aplanissent avec au choix la roue libre ou le sprint final selon la mentalité (et les muscles). Une petite pause s’impose sous la face Nord du Mont Granier, qui nous domine ici de toute sa hauteur. Sur la gauche, trois blocs de pierre ont été sculptés pour montrer l’évolution géomorphique de la montagne. Devant, par dessus les arbres, la vue sur le Massif des Bauges, le Mont Blanc et la Chaine de Belledonne est superbe.

Une fois le palpitant revenu à la normale, vous pouvez redescendre directement sur Chapareillan, vous élancer à l’assaut du tour de la grande Chartreuse ou de la petite Chartreuse ou encore vous attabler au restaurant Le Granier à la terrasse ensoleillée.

 

Versants

Le nombre de variantes est quasi infini, mais en voici les principales :
la classique : départ devant la préfecture de Chambéry, par la D4. Version plus « roulante » et plus fréquentée qui rejoint la version présentée ici.
par Saint-Baldoph : plus court mais autant de dénivelé… donc plus raide ! Une belle vue dégagée avant de rejoindre la route principale juste après le tunnel du Pas de la Fosse
la méconnue : par le village d’Apremont, peu de trafic mais bien pentue jusqu’à la jonction avec la version classique.
la plus difficile : par Chapareillan, 10 km et les 3 derniers à environ 10% de moyenne. Costaud !
côté Chartreuse : depuis Entremont-le-Vieux ou même Saint-Pierre-d’Entremont, plus court et roulant.

Quand ?

La route est déneigée toute l’année, donc techniquement cela peut se faire toute l’année. Cependant le col est situé à plus de 1000 mètres d’altitude et une bonne partie est à l’ombre. Mieux vaut attendre les beaux jours d’avril pour ne pas se les geler à la descente, surtout si on prévoit de passer côté Chartreuse, un massif plutôt froid et humide en hiver.

En boucle ?

Depuis Chambéry, le triptyque chartrousin, ou la « Grande Chartreuse », avec l’enchaînement Granier-Cucheron-Coq (ou Porte et redescente sur Grenoble). Je vous présente ce parcours en détails dans mon Tour de la Grande Chartreuse.
Plus court, la « petite Chartreuse », avec le col de la Cluse puis des Egaux et retour (environ 55 km et 1500 m de D+) ou descente directement sur Chapareillan puis retour sur Chambéry (environ 40 km pour 1000 m de D+ → tracé gps).

le lac Saint-André entre Apremont et Chapareillan

Retrouvez tous nos articles en Chartreuse et tous nos circuits à vélo dans notre rubrique À Bicyclette ! 🚴‍♂️

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