Le MOUCHEROTTE, balcon panoramique sur Grenoble

Radar au sommet Le Moucherotte et vue sur Grenoble

Le Moucherotte est ce sommet qui domine Grenoble et ne paie a priori pas de mine quand on le regarde depuis le bas. Mais à force de faire de l’oeil, on se dit qu’il faudrait quand-même bien aller là-haut pour voir ce qu’il s’y passe. La randonnée ne présente aucune grande difficulté (une tantine fatiguée par exemple peut tout à fait la faire) et offre un panorama vraiment saisissant sur le paysage alpin isérois !

Sommet : Le Moucherotte (1901 m)
Massif : Vercors (Isère)

Départ : Saint-Nizier-du-Moucherotte
Les Pucelles (1191 m)

Carte IGN : Autrans 3235 OT

Dénivelé : ≃ 750 m (cumulé)

Durée : montée 2h/3h – descente 1h/2h

Difficulté : ★★☆☆☆

de mai à novembre

Intérêt : ♥♥♥

Se rendre à Saint-Nizier-du-Moucherotte :

Pour atteindre le parking des Pucelles, partir de Grenoble sur l’Ouest, traverser l’Isère pour arriver à Seyssinet-Pariset ou Seyssins pour prendre la D106 B en direction de Saint-Nizier. Après les lacets et 1/2h de route depuis Grenoble, dépasser les Pinières, les Michallons et, au niveau de l’épingle de l’Auberge des 3 Pucelles, se garer au parking de la voie de tram. Le départ est ici.

 




Le SENTIER DE LA VIE

Le départ de la randonnée au Moucherotte se fait précisément dans ce virage en épingle, collé à la route. Le Sentier de la Vie (durant des longs mois hivernaux au milieu des troncs, mousse et autres lichens, les personnes de l’ONF ont développé un réel sens du lyrisme sylvestre) part dans les sous-bois de la forêt de Poussebou (les ancestraux locaux l’ont un peu moins semble-t-il…). Une légère pente commence à faire douter de l’exactitude de l’itinéraire mais un panneau vient vite nous rassurer. Après quelques trouées dans les arbres permettant une première vue Grenoble, le chemin commence à se raidir un peu jusqu’à enchaîner les lacets. Parler ou respirer, il faudra alors choisir et puis comme on dit, « si tu es essoufflé, c’est que tu marches trop vite ».

Le VALLON DES FORGES

Au bout d’une heure, un dernier virage nous ramène en direction du Nord. La terre à l’ombre est remplacée par les pierres au soleil, le sentier se rapproche petit à petit de la barre rocheuse. Apparemment, on devrait pouvoir observer des chamois dans le coin mais on n’a juste pu voir (et d’abord sentir) le corps pourrissant d’un tout jeune cabris… La marche s’horizontalise et permet de faire reposer un peu le cardio. L’arrivée dans le Vallon des Forges est assez séduisante car, pour la première fois, on se sent coupé du monde dans cette cuvette.

© L’Oeil d’Édouard

 

En poussant dans le vallon, deux cairns marquent un passage officieux par une cheminée. Pensant à tort qu’il s’agissait de l’itinéraire officiel, je me suis laissé tenter : c’est de la crapahute facile, la seule difficulté étant les arbustes qui obstruent les passages mais ça passe sans trop de difficultés. Toutefois, a posteriori, ce raccourci ne présente ni un intérêt temporel (gain de 5-10 minutes à peine), ni un intérêt esthétique donc, à moins que vous n’ayez la grimpe qui vous démange, mieux vaut faire simple et poursuivre tout droit le long de la falaise.

 

L’arrivée au SOMMET DU MOUCHEROTTE

Après être sorti de la forêt (via l’itinéraire normal), on arrive sur une piste en lacets. Celle-ci monte directement au sommet du Moucherotte (sinon, il y a également un sentier sur la gauche qui suit plus ou moins la ligne de crête). Plus on s’élève, plus le vallon de Lans-en-Vercors et Villard-de-Lans se déploie et plus le plateau du Vercors prend de la profondeur.

Là, vous découvrez les photos du sommet du Moucherotte et, oui, il est moche ! Pas tant en lui-même mais la présence de ce radar météo gâche toute tentative de ressentir le plaisir d’être en pleine nature (la vue sur Grenoble et ses autoroutes n’aide pas non plus). Néanmoins, arrivé au sommet, on ne résiste pas au paysage panoramique. La vue s’étend du Massif de la Chartreuse au Trièves en passant par le Mont Blanc tout au fond, Belledonne, le Taillefer (2857 m) avec les Écrins en arrière-plan, le Dévoluy. Au Sud, la barre rocheuse du Vercors se montre en enfilade avec le Pic Saint-Michel (1966 m), la Grande Moucherolle (2284 m), le Grand Veymont (2341 m) et le mythique Mont Aiguille (2087 m).

© L’Oeil d’Édouard

 

Un belvédère sur Grenoble

Et c’est pas fini ! En descendant le long de l’arête, on arrive sur un premier balcon dominant tout le bassin grenoblois. La vue est imprenable ! On est face à une toile monumentale de Charles BERTIER. Tout le massif de la Chartreuse, avec la Grande Sure, Chamechaude, la Dent de Crolles, s’offre sous nos yeux, la vallée du Grésivaudan s’enfonce au loin, bordée par la chaine de Belledonne (où les nuages s’agglutinent comme souvent en fin de journée…). La randonnée au Moucherotte vaut assurément le coup rien que pour ce point de vue !

 

En descendant encore de quelques pas, un autre replat, plus large. Les cendres (et les canettes de bière laissées à l’abandon…) attestent qu’il s’agit d’un splendide spot pour un bivouac. Grenoble by night avec les montagnes en arrière-plan promet d’être tout à fait merveilleux. D’ailleurs, après-coup, j’ai su qu’il y avait un ancien hôtel haute-gamme à cet endroit, l’Ermitage. Il avait été construit en 1955 sur ce promontoire de 1880 m, en contrebas du sommet du Moucherotte. On y accédait notamment par un téléphérique (lui aussi démoli) depuis Saint-Nizier-du-Moucherotte et on redescendait par la station de ski. L’ensemble a été fermé en 1975 (1977 pour la station) puis rasé au cours de l’été 2001 pour redonner au lieu son aspect d’origine. Juste un peu plus bas, une cabane affiche une plaque « commémorative ».

Plus d’infos : lemoucherotte.free.fr ou lemoucherotte.fr


 

Retour par la DENT GÉRARD

On peut évidemment redescendre par le même itinéraire que la montée mais, pour varier les plaisirs, la boucle est alors une fantaisie exotique que je ne me refuse pas quand la montagne le permet. Pour celle-ci, il faut reprendre la piste jusqu’à ce qu’un sentier la quitte par la gauche. Il rejoint un peu plus bas la piste et, dans le coude du virage au Roc du Bataillon, ne pas louper les panneaux à droite pour s’enfoncer dans la forêt. S’en suit une série de lacets dans les sous-bois en passant sous la Dent Gérard et les Trois Pucelles. Pour les ménisques sensibles, l’usage des bâtons peut alors être bienvenu pour remédier à la pente et aux pierres qui n’amassent pas mousse sous les pieds. Le chemin débouche sur un terrain vague avec un parc de trial puis la voie du tram et le parking du départ.

 

Retrouvez tous nos topos et conseils montagne dans notre rubrique Trace Les Cimes△△



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