Le PIC DU TAILLON, par la Brèche de Roland

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Situé à la frontière ibérique, le Pic du Taillon est une montagne belvédère avec un splendide panorama à 360°. L’accès au sommet (3144 m) se fait, côté français, dans le prolongement de la Brèche de Roland via le Refuge des Sarradets. Si le départ peut se faire depuis le Cirque de Gavarnie, l’itinéraire le plus court et facile se fait depuis le Col de Tentes (expliqué ici).

Sommet : Le Taillon (3144 m)
Massif : Mont-Perdu (Hautes-Pyrénées)

Départ : Col de Tentes (2207 m)

Carte IGN : Gavarnie PN Pyrénées 1748 OT
Topos Randonnées Pyrénées

Difficulté : ★★★☆☆

Dénivelé : 1000 m (cumulés)
Distance : 14 km aller-retour

Durée : montée 4 à 5h (descente 3 à 4h)

Intérêt : ♥♥♥♥
+ 3000 mètres
Lac de montagne
Refuge

Période : juillet à octobre

➜ Se rendre au Col de Tentes

Depuis Lourdes, compter environ 1h. Prendre la route D821 en passant Argelès-Gazost et Pierrefitte-Nestalas. À Soulom, monter la D921 qui serpente dans la vallée du Gave de Pau en direction de Luz-Saint-Sauveur (une route permet de contourner le centre-ville, souvent bouchonnant). Poursuivre ensuite en traversant le village de Gèdre pour enfin arriver à Gavarnie. Poursuivre la route principale D923 dont les lacets conduisent à la station de ski Gavarnie Les Espécières (attention aux brebis vagabondes) puis au Col de Tentes où se trouve un grand parking.

Avant de partir, êtes-vous bien équipé ?
➜ retrouvez le contenu de sac à dos en randonnée
✔︎

 

Le Col de Tentes

Arrivé la veille au soir au Col de Tentes, afin d’être sûr de ne partir pas trop tard et d’avoir de la place au parking, j’ai eu droit à de somptueuses cimes rougeoyantes au coucher de soleil au-dessus d’une non-moins splendide mer de nuages (photos ici). La nuit tombée, le spectacle de la voûte céleste avec les étoiles filantes était également sublime. Le lendemain départ pour le Pic du Taillon qui pointe juste en face. L’itinéraire suit une piste carrossable conduisant jusqu’au col du Port de Boucharo (des rochers bloquent l’accès aux voitures). On profite de la vue sur la Vallée des Pouey Aspé jusqu’à atteindre Port de Boucharo (2271 m), porte d’entrée sur l’Espagne.

Le chemin part ensuite en épingle pour atteindre un plateau au pied des barres rocheuses du Pic du Taillon. Le parcours serpente et oscille tranquillement, alternant passages sur terre et rochers. Puis, le sentier se raidit un peu jusqu’à arriver à un premier endroit pouvant être un peu délicat : il faut ici traverser un ruisseau s’écoulant en mini-cascades depuis le glacier du Taillon. Rien de bien compliqué si on a des chaussures imperméables mais ça peut bouchonner un peu s’il y a du monde. Quelque chose me dit qu’il faut être vigilant ici en début de saison avec les plaques encore gelées…

L’itinéraire poursuit sur un tracé parmi un chaos de pierres et de rochers. La relative raideur du parcours nécessite alors de veiller à marcher à un rythme régulier. Il ne s’agirait pas de se cramer ici car il y a encore du chemin pour rejoindre le sommet du Pic du Taillon ! 10 minutes plus tard, le chemin amène sur le replat de l’ancien glacier du Taillon (il ne reste quasiment rien), au pied de la majestueuse barre rocheuse de la Pointe Bazillac et “Le Doigt”. Je m’interroge alors sur l’itinéraire pour rejoindre le sommet du Taillon : j’ai comme l’impression que le sentier passe par là… Les quelques lacets sur la gauche permettent une vue d’ensemble avant d’arriver au Col des Sarradets (2589 m).

le Glacier du Taillon © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Le Refuge des Sarradets

Au col, la vue bascule côté Cirque de Gavarnie et apparait le Refuge, aussi logiquement appelé, de la Brèche de Roland. On longe alors la mini-crête et le pan rocheux avant d’atteindre quelques mètres plus loin le Refuge des Sarradets (des toilettes et de l’eau potable sont gratuitement accessibles à l’extérieur). Ceux qui ne voudraient pas faire la randonnée au Pic du Taillon aller-retour en un jour peuvent y faire étape en passant une nuit en montant ou à la descente. Datant de 1955-1956, le bâtiment est un lieu emblématique du Pyrénéisme.

 

Sur notre droite, c’est également un mur à gravir qui se dresse alors devant nous avec, en arrière-plan, l’iconique entaille gavarnienne. Le sentier remonte la moraine mais sa verticalité est finalement plus digeste qu’envisagée depuis le bas (comme quoi, ce n’est pas forcément au pied du mur qu’on le voit le mieux). Là encore, ne pas se mettre en sur-régime, d’autant qu’on est maintenant en plein soleil. Les bâtons de randonnée sont alors un précieux atout (de surcroît quand il faudra descendre). En regardant derrière soi, les couleurs s’entremêlent dans un tableau composé de touches grises, ocre orangé, vertes, blanches et bleues. Un paysage convoquant mes souvenirs de Madère, de La Réunion ou même d’Islande.

 

On atteint ensuite un ressaut marqué d’une dalle rocheuse polie et striée par le Glacier de la Brèche, dont il ne reste désespérément que quelques névés… La Brèche de Roland se présente juste sous nos yeux et il ne reste plus qu’à traverser le pierrier glaciaire. En début de saison, il pourra demeurer des plaques de neige plus ou moins épaisses à l’ombre de cette face Nord. Ainsi, des petits crampons de randonnée pourront s’avérer nécessaires pour les traverser ou du moins des guêtres pour laisser ses chaussettes sèches.

la Brèche de Roland, fin août © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

La Brèche de Roland

La partie finale se redresse progressivement et il faudra crapahuter quelques mètres sur le rocher. Ce n’est pas très compliqué mais cela nécessite néanmoins de savoir lever un peu le genou pour passer. Après environ 3 heures de marche, on arrive aux 2807 mètres d’altitude de la Brèche de Roland. L’émotion se perd un peu entre la vue bilatérale et la vertigineuse verticalité de ses parois qui nous encadrent. La barre rocheuse impressionne autant par sa hauteur (70 mètres) que sa finalement finesse. Les murs dressés font office de frontière naturelle entre la France et l’Espagne.

➜ Plus de détails et d’images sur cette première partie dans mon topo spécifique sur la randonnée à la Brèche de Roland

Même si cette randonnée est populaire, on arrive plutôt facilement à trouver une place sur ses 40 mètres de largeur. Côté français, la vue expose la vallée de Gavarnie avec une multitude de montagnes des Hautes-Pyrénées, notamment celles au-dessus du Cirque de Gavarnie. Sous nos yeux, un joli petit lac glaciaire qui parait bien tentant pour une pause à la descente. Versant espagnol, le paysage est très différent avec une ambiance très asséchée, minérale, chaotique avec de nombreux éboulis de blocs rocheux. Les reliefs sont nappés des couleurs chaudes (ocre rouge et jaune, orangé…) dans une atmosphère martienne. Cet horizon est autrement très impressionnant, par son caractère extra-terrestre, désertique et silencieux.

 

Pour rejoindre le Pic du Taillon depuis la Brèche de Roland, il faut longer la barre rocheuse côté ibérique. Même si cela rajoute évidemment de la distance (+3 km aller-retour) et de dénivelé (+335 m), le niveau technique va alors être plus facile que pour arriver jusqu’ici. Autrement dit, le plus dur est fait et on n’a ainsi aucune excuse pour ne pas poursuivre. En revanche, il faudra prévoir une quantité d’eau suffisante dans son sac de rando car ce versant oriental est exposé au soleil, lequel se réfléchit sur l’environnement rocheux. Plein cagnard ! Le sentier oscille globalement à plat au pied de la Pointe Bazillac que l’on contourne. Le mur est parfois esthétiquement en creux et quelques gouttes pluvinent merveilleusement dans cette atmosphère aride. Face à nous, trompeur, se dresse le Pico Blanco (2916 m). Puis, quand le Pico Taillón apparait, le chemin se raidit quelque peu en direction d’un œille, savamment appelé Le Doigt (2909 m). Des termes différents pour désigner la même chose (histoire de mettre l’un dans l’autre…).

le Doigt et le Pic du Taillon © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

Après l’avoir atteint, la vue plonge à pic sur le cirque du Glacier du Taillon, traversé plus tôt ce matin. L’obélisque naturel se contourne facilement par la droite (plus compliqué, voire dangereux par la gauche). L’itinéraire suit ensuite la ligne de crête menant au Pic du Taillon. Celui-ci devient de plus en plus raide avant de finir par une traversée débonnaire et il faudra tenir un rythme régulier dans les lacets pierreux. Lentement mais surement. La ressemblance avec le sommet du Mont Thabor vient alors frapper mon esprit, de même que la scène finale du film Teoroma de Pier Paolo Pasolini (sans le bonhomme hurlant tout nu, enfin… pas ce jour-là du moins…). 1 heure après la Brèche de Roland (4h après le départ du Col de Tentes), on atteint le sommet du Pic du Taillon (3144 m).

 

Le Sommet du Taillon

La cime est allongée et il y a largement de la place pour tout le monde. Pas de croix sommitale ici mais un abri en pierres pour se protéger au sol du vent (si bivouac ou, l’hiver, en ski de randonnée). Français et Espagnols se retrouvent ici au sommet, carrefour international des marcheurs pyrénéens. Formant une longue et large ligne de crête, le Pic du Taillon dispose de nombreux belvédères permettant une impressionnante vue à 360° sur une grande partie des Hautes-Pyrénées. Versant espagnol, le paysage s’étend sur ce plateau désertique du Parque Nacional de Ordesa y Monte Perdido.

À l’Ouest, la montagne se poursuit en arête jusqu’aux Pics des Gabiétous et les Tourettes. On peut également voir le Lac des Espécières à côté du Col de Tentes, point de départ de ce matin. En arrière-plan, le Vignemale, plus haut sommet des Pyrénées (3298 m), avec sa langue glaciaire. Pour connaitre précisément le nom de chaque sommet alentour, je vous conseille l’application Peakfinder.

Côté Nord-Est, le regard plonge dans la Vallée des Pouey Aspé puis s’écoule sur celle de la Vallée du Cirque de Gavarnie. On peut observer la fameuse Grande Cascade, chutant sur 423 mètres de verticalité depuis les glaciers du géologiquement tourmenté Pic de Marboré (3248 m). En toile de fond du paysage, on aperçoit le Pic du Midi de Bigorre et son observatoire ainsi que les cimes du massif du Néouvielle (comme le Turon, fait le lendemain).

Après avoir délicieusement nourri vos yeux, vos âmes et votre cœur, redescendre par le même itinéraire qu’à l’aller, repassant par la Brèche de Roland (compter 3 à 4 heures au total pour le retour au parking). Il faudra rester attentif à ne pas rouler sur les pierres n’amassant pas mousse. Attiré par sa couleur, je suis allé faire le mini-crochet par le lac au milieu des plaques de neige. Puis, deux ultimes pauses contemplatives sur le belvédère de la roche moutonnée puis sur la terrasse du Refuge des Sarradets.

Se loger vers Gavarnie

 




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