Étape à LIÈGE : visite express en 24h

Escaliers Montagne de Bueren, Liège © L'Oeil d'Édouard

C’est lors d’un week-end à Bruxelles que l’occasion de faire une étape à Liège s’est présentée. Dernière grande ville de Belgique que je n’avais pas encore visitée, j’y ai donc passé deux demi-journées pour découvrir ce qui s’annonçait comme une jolie petite ville wallonne…

Pour trouver une place gratuite, on s’est garés dans l’Outremeuse (quartier ilot un peu comme l’île de la Cité à Paris). Sur la route, on a trouvé un magasin Colruyt qui a été parfait pour faire les courses à moindre frais et faire une pause casse-croûte sur les bords de la Meuse. (plan gratuit, dispo à l’auberge de jeunesse mais imprimable en ligne).


Les COTEAUX DE LA CITADELLE

Après un café (pas « liégeois » mais italien soit dit en passant), on attaque la visite de la ville par le Parc Saint-Léonard (sans intérêt sinon sa passerelle en bois qui n’est pourtant pas de Tadashi Kawamata) puis on monte le Sentier des Coteaux dans le bois pour avoir un panorama sur la ville (une plate-forme métallique fait office de belvédère). Une forme architecturale à droite nous intrigue. Hypothèse : c’est le stade du < Standard de Liège. (réponse plus bas…)

 

Pour redescendre dans la ville, on passe ensuite par le Monument du 14e Régiment de Ligne puis au-dessus des escaliers nommés « montagne de Bueren » qui m’ont rappelé les escaliers Mallona Galtzada à Bilbao. Le nom est vraisemblablement dû à leur verticalité (30%) et la longueur de la côte (374 marches) et on a pris le temps d’observer un mec en collant qui s’y entrainait à faire du fractionné. Descente par des petites ruelles pavées (Au Pèrî) et des façades en briques rouges ou quelques maisons à colombage. Charmant ! Juste en-dessous, petite histoire belge oblige, on est tombés en plein dans les « bouchons en Liège » … pour enfin arriver sur la Place du Marché avec sa fontaine et ses terrasses de bars.

Ainsi font font font… (1999)
Vincent Solheid

 

Le CENTRE HISTORIQUE DE LIÈGE

Notre visite de Liège s’est poursuivie par la Place Saint-Lambert qui se tient juste devant le Palais des Princes-Évêques (actuel Palais de Justice) et son aile néo-gothique, le Palais Provincial. À savoir que, jusqu’en 1794, il s’y tenait la monumentale Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert qui a été détruite après les mouvements révolutionnaires. La place n’a plus rien de sa probable grandeur d’antan : elle a été réaménagée sans charme (sinon celui du graphisme des pavés). D’horribles tours métalliques semblent avoir la prétention de faire le relais esthétique entre les platanes et les formes du Palais. Elle est investie (pour ne pas dire envahie) par les très discrets bus jaunes et rouges… Un peu après, on arrive sur l’Opéra-Théâtre Royal et son appendice contemporain. Au loin, perchée, la Collégiale Saint-Martin.

 

Le « CARRÉ »

Il s’agit du surnom de quelques rues piétonnes, assez typiques. Si, dans le centre historique, on retrouve de nombreuses terrasses, c’est bien dans le carré qu’on trouve la plus forte densité au mètre carré de bars, restaurants, cinéma (Churchill), salles de spectacle (Le Forum) et autres lieux festifs… Pour ce que j’ai pu brièvement en voir, ça semble être le spot des plus jeunes et des étudiants.

 

La CATHÉDRALE SAINT-PAUL

Ensuite, on est arrivés sur la très fleurie Place de la Cathédrale puis on s’est laissés tenter à la visite de la Cathédrale St-Paul de Liège, collégiale de style roman puis gothique. Elle a été bâtie au Xe siècle puis est devenue la nouvelle cathédrale de Liège à la suite de la destruction de Notre-Dame-et-Saint-Lambert (et agrandie avec notamment des matériaux de cette dernière).

 

À l’intérieur, on retrouve une grande nef (avec une voûte gothique richement décorée de rinceaux et autres motifs végétaux colorés) et, de part et d’autre, deux nefs latérales et plusieurs chapelles. Les croisillons du transept et le chœur disposent des vitraux eux aussi très colorés. Malheureusement, l’accès au cloître était en train de fermer quand on est arrivés.

 

Le POT-AU-LAIT

C’est en demandant conseil sur notre page facebook que j’avais eu connaissance de cette adresse. En fait, Le Pot au Lait est une véritable institution à Liège, le bar incontournable, tellement qu’il est même inscrit sur le site de l’Office de Tourisme !!! Du coup, un peu fatigués de nos péripéties du week-end et des contraintes (rythme et matos) du tournage de la vidéo sur Bruxelles, on avait décidé de s’y poser assez rapidement pour lever le pied et juste profiter.

 

Discret depuis la rue (Rue Soeurs-de-Hasque), on entre dans une petite impasse avec des tables et des peintures murales. Mais c’est à l’intérieur que la décoration est hallucinante ! Un mélange de peintures psychédéliques, de bas-reliefs, de bricolages, de graffs, le tout dans une ambiance très colorée et avec du bon son ! Les toilettes font également partie de la visite !

 

Dormir à l’AUBERGE DE… JEUNESSE ?

Les plans de notre désormais fameux « Uggy les bons tuyaux » à nous ne s’étant pas déroulés sans accroc, on s’est retrouvés sans couchage pour le soir (…). Du coup, on a dû improviser et prendre une chambre à l’Auberge de Jeunesse Georges Simenon dans l’Outremeuse.  23€ la nuit !! Ah quand-même… En même temps, on avait pas trop le choix. On s’est retrouvés dans une chambre faite en moellons apparents. Alors que l’auberge ne semblait pas complète, on a été mis avec deux personnes qui dormaient déjà à minuit et qui se sont réveillés tôt et rasés électriquement (sans doute des travailleurs qui y dorment de manière permanente).

Bref, l’arnaque totale cette auberge !! Payer 23€ par personne pour dormir à 4 dans une cellule (sauf mon respect pour les véritables détenus), c’est véritablement un scandale !! 2 jours avant, on passait la nuit dans un Hôtel Ibis en plein cœur de Bruxelles pour 80€ pour 2 (soit à peine la moitié pour une prestation au moins 20 fois supérieure !!). Fuck l’auberge de jeunesse pas faite pour le budget des jeunes !! Plus jamais !!






La GARE DES GUILLEMINS

Le lendemain matin, direction la grande chose blanche qu’on avait repérée la veille depuis la colline de la Citadelle et pris pour un stade. En discutant avec une belle plante locale, on avait appris qu’il s’agissait de la Gare des Guillemins, la nouvelle gare de Liège, construite en 2009. Plus on se rapproche (indice supplémentaire : la passerelle à côté est une copie conforme de Zubizuri à Bilbao), plus l’évidence de sa paternité se confirme, c’est du Calatrava ! Et oui, c’est bien l’architecte espagnol star (spécialiste des ponts et des gares) qui a dessiné les plans, comme il l’a fait pour la gare TGV de Lyon Saint-Exupéry et le tour Turning Torso de Malmö. On retrouve ce goût pour l’exubérante monumentalité, mélangeant une structure faite de lignes organiques répétées (rappelant des ossements) et de légèreté (vide ou transparence).

 

Le bâtiment n’est pas fermé, sans façade. Le projet de la gare des Guillemins réside principalement dans l’édification d’une nouvelle architecture autour de lignes de train déjà existantes (mais réaménagées), » juste » un grand voile blanc aussi aérien que monumental qui vient ainsi couvrir les quais et laisser passer toute la lumière et l’air (mais bon, en hiver, « avant de partir, il faudra bien te couvrir… » !). C’est encore plus impressionnant quand on est en-dessous ! Et vue du dessus, on dirait une énorme méduse…

Sous les rails, on retrouve une galerie hébergeant des boutiques. Avec l’ensemble de lignes répétées et de courbes, on a l’impression d’être Pinocchio dans le ventre de la baleine ou d’être dans un village futuriste de Star Wars… Au fond, côté colline, la gare accueillait une exposition sur Dali.

de photos de la gare Liège-Guillemins...

© L’Oeil d’Édouard

Un parfum de France était présent avec la tenue d’une manifestation de cheminots en grève… Autour de la gare pointe la grande Tour Paradis (plus haut immeuble de Wallonie avec ses 136 m de hauteur), en arrière-plan, le Phare de Liège et l’Église Notre-Dame de Cointe. et, de l’autre côté du Pont de Fragnée, l’insolite Église St-Vincent.

 

Le PARC DE LA BOVERIE

Pour retourner à la voiture et partir, on est passés par le Parc de la Boverie qui se situe à la pointe Sud de l’île, entre la Meuse et son canal de dérivation qui a des airs de Francfort (avec la même triste météo d’ailleurs). Dans un premier, le parc apparait assez lugubre. D’horribles bâtiments en béton le bordent, le canal est dégueulasse et on y trouve même le cadavre d’un canard croupissant dans l’eau… Puis, en avançant, on découvre que le parc est habité par plein de lapins et de canards (mignonounet comme au Parco Querini de Vicenza) et qu’il est mieux entretenu. Plus bas, une bâtisse avec un jardin de fleurs. Malgré la triste météo du jour et la période post-hivernale, on devine quand-même que le cadre peut avoir une chouette allure pour se poser à la fraiche en plein été.

 

Pour être honnête, j’ai été assez déçu par Liège. Je m’attendais à une petite ville bourgeoise de wallonie avec de jolis bâtiments, richement décorés et finalement j’ai vu une architecture plutôt triste même si le centre historique est assez charmant. Coup de cœur pour le Pot au Lait ! Au final, Liège ne vaut pas Gand, Bruges, Anvers ou Bruxelles mais arrêtez-vous y quand-même si vous êtes pas loin (et de préférence s’il fait beau temps !).

🇧🇪 Retrouvez tous nos articles sur la BELGIQUE 🇧🇪




Etiquettes