Le MONT BÉGO, sommet mythique (et capricieux !) du Mercantour

Mont Bégo - Massif du Mercantour Alpes-Maritimes Provence-Alpes-Côte d'Azur / Paysage Montagne Randonnée Trek Outdoor Landscape Mountain summit Hike Hike Trekking

Montagne sacrée, le Mont Bégo se dresse au-dessus de la Vallée des Merveilles. Techniquement accessible, son ascension se fait en 1 ou 2 jours et offre un panorama à 360° sur le Massif du Mercantour et la Mer Méditerranée. Enfin ça, c’est normalement parce que dans mon cas, ce fut un fiasco… Néanmoins, je tenais malgré tout à vous expliquer le topo, en vous souhaitant une vue radieuse !

Sommet : Mont Bégo (2872 m)
Massif : Mercantour (Alpes-Martimes)

Départ : Refuge des Merveilles (2135 m)

Carte IGN : Vallée de la Vésubie 3741 0T

Dénivelé : 750 m
Distance : 6,5 km aller/retour

Durée : 2 h aller

Difficulté : ★★★☆☆

de juin à octobre

Intérêt : ♥♥♥
Refuge
Lacs de Montagne

➜ Se rendre au Refuge des Merveilles

Depuis le Pont du Countet et par le Refuge de Valmasque. Mais l’itinéraire classique se fait depuis le parking du Lac des Mesches. Pour cela, il faut remonter la Vallée de la Roya sur la route D6204 de Sospel jusqu’à Saunt-Dalmas-de-Tende, puis le D91 pour se garer au niveau du barrage (1370 m).
Ensuite, la randonnée s’engouffre dans le Vallon de la Minière de Vallauria sur une piste carrossable conduisant au Refuge des Merveilles après 750 mètres de dénivelé. Grosso modo, selon votre rythme de progression, compter +/- 3h de marche pour atteindre le refuge depuis le parking.

 





Le Bégo, montagne sacrée

Étymologiquement, l’origine du nom du Mont Bégo viendrait de Beg, qui signifie “seigneur divin”. Pour comprendre pourquoi, la science nous éclaire la culture : cette montagne mythique l’était vraisemblablement du fait que la foudre la frappait souvent. En effet, les nuages remontants de la mer s’y aggrippent et, à l’instar du Mont Olympe en Grèce, sa forte teneur en minerais de fer et d’uranium attire les éclairs. Ainsi, les premiers Hommes, arrivés dans la Vallée des Merveilles il y a 4000 ans, vénéraient ce sommet. Peur et Adoration, ancestral schéma… Ceci expliquerait la présence des gravures rupestres autour du Mont Bégo.

 

Au départ du Refuge des Merveilles

Face aux incertitudes météo des gardiens du Refuge des Merveilles où nous avons dormi la veille, nous avons mis le réveil à 6h pour un départ à 7h. On monte en mode ultra-light ! Le ciel est voilé ce matin. Même s’il n’est pas menaçant, il est quand-même en avance sur nos prévisions / espérance… Nous sommes d’accord, on ne traine pas ! Cela tombe bien, l’ascension au Mont Bégo est très directe. L’attaque se fait en redescendant au pied du barrage et passer sous le Lac Long Supérieur pour rejoindre le pied de la montagne. Le sentier fait des nombreux lacets en montée sèche (870 m d+ sur 3 km). Du coup, on gagne vite de la hauteur avec une vue de plus en plus dominante sur le plateau du refuge. Les lacs Fourca, Carbon, du Tram et de la Muta (pas le temps de prendre la photo !) que nous n’avons pas visités hier se révèlent et nous donnent justement quelques regrets.

 

Mais, pas le temps de s’apitoyer, l’esprit est ailleurs et les yeux oscillent entre bas (le sentier) et haut (le ciel). Le gris s’obscurcit à vue d’œil et nous commençons réellement à nous poser des questions (mais aucun des deux ne l’avoue à l’autre…). Un duel s’installe entre nous et la météo. Sans se le dire, chacun accélère encore… Mais, au bout d’un moment, on confesse nos doutes respectifs (d’après les dires de la veille, il nous resterait 2h de montée) et on décide… d’un point de décision : on atteint ce replat juste au-dessus, on observe la situation et on voit ce qu’on fait.

 

Arrivés au dit-replat, on est nous-mêmes bluffés par notre vitesse de progression. En fait, le sommet du Mont Bégo est déjà là, “juste” sous nos yeux ! Incroyable ! Nos regards excités se croisent, “on y va, on finit !” Sans pour autant réduire le rythme, on poursuit sur ce champs où fleurissent les pierres. Avec cette ambiance, il y a quelque chose de lunaire… Surtout avec la capuche sur la tête.

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

La dernière partie nécessite un pas légèrement plus alerte. avec des passages crapahute où l’on s’aide des mains. Le sol devient principalement rocheux et plus escarpé. Tantôt une vue plongeante à droite, tantôt une sente à gauche. La randonnée me rappelle celle, splendide, de la Pointe Percée, en Haute-Savoie. Une micro-épaule en guise d’antécime (ah… la traitresse !) et nous voilà arrivés au sommet.

 

Le sommet du Mont Bégo

Moins d’1h30 après notre départ du Refuge des Merveilles, nous atteignons les 2872 mètres du sommet du Mont Bégo. Du coup, en montant plus raisonnablement, la durée standard est estimée davantage aux alentours de 2 heures. 8h10, nous atteignons le sommet du Mont Bégo (2872 m). Mais, la tête dans les nuages, on voit rien du tout ! Une fenêtre sur la Valauretta à l’Est et le Vallon de la Minière tout au plus. Veni, vidi, vici, on redescend direct, l’urgence est à ne pas se prendre l’orage sur le nez ! Ça fait des heures, des jours, des semaines qu’on rêvait de ce sommet, point d’orgue de notre trek dans le Mercantour, et en fin de compte, on pourra juste dire “on l’a fait”. Du coup, histoire de vous consoler si vous souhaitiez tout de même voir à quoi ressemble une vue panoramique sur le massif, je vous invite à regarder mon article sur le Mont Clapier.

 

Le retour au Refuge des Merveilles se fera au pas de course. Sur le front, les premières gouttes commencent à se mêler à la transpiration. Dans la descente, le verdict tombe avec l’eau. Là, on ne rigole plus, je range l’appareil photo, on court ! Moi qui conspue tant les traileurs… (“Ah, mais en fait tu sais courir ?” se moque son acolyte). 9h00, nous arrivons au refuge. Le jeune serveur de la veille nous avait annoncé 2h30 la montée “en mode rapide” et nous venons de faire l’aller-retour en 2h !

© L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

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