Les merveilles de MARRAKECH

Fontaine du Parc Lalla Hasna avec le minaret de la Mosquée de la Koutoubia à Marrakech, Maroc / Marrakesh Morocco

Avant mon trek dans le désert, j’ai passé 3 jours à Marrakech pour découvrir la ville. Je vous présente les lieux touristiques que j’ai visités afin de vous aider à vous faire votre opinion pour savoir si vous voulez y aller ou pas. Tout se fait à pied car l’essentiel des choses à voir se trouvent dans la Médina (« vieille ville ») : balades dans Marrakech pour voir la célèbre place Jemaâ el-Fna, la Mosquée de la Koutoubia, les différents souks mais aussi visiter le Jardin Majorelle, les Palais Badi et Bahia, les Tombeaux Saadiens et le Musée de Marrakech.

Que voir à Marrakech ?

 

La Place Jemaâ el-Fna

Quand on arrive à Marrakech, la première des choses à faire est de se rendre sur « La Place » comme vous entendrez dire les marocains. Jemaâ el-Fna est véritablement le cœur de Marrakech, carrefour de la ville où vers tout se concentre. Peu importe où vous êtes, vous croiserez régulièrement un marrakchi pour vous demander « tu cherches la Place mon ami ?  C’est par là ». Juste après avoir posé mon sac dans mon hôtel, je suis tout de suite allé me mettre dans l’ambiance en allant sur la place Jemaâ el-Fna. Le matin, c’est assez désert, puis, au fil de la journée, les boutiques et stands de jus de fruits ouvrent les uns après les autres… À 13h, la circulation devient interdite pour laisser la place aux spectacles et autres exposants qui commencent à faire vivre Marrakech au son des instruments et aux couleurs des costumes berbères. Les terrasses des cafés et restaurants se remplissent. Historiquement, la « Place des trépassés » était le lieu des décisions de justice (XIIe siècle). Puis, faisant le lien entre les villes de l’Ouest et les terres de l’Atlas et du désert, elle est rapidement devenue le lieu des échanges commerciaux et des animations de la ville. Depuis 2008, elle est même inscrite au Patrimoine Culturel Immatériel par l’Unesco.

 

Mais c’est à la nuit tombée que Jemaâ el-Fna prend toute son intensité. La place grouille comme une fourmilière ! Des touristes étrangers en voyage à Marrakech aux familles marocaines en visite pour le week-end en passant par les simples locaux qui se baladent, tout le monde se retrouve ici le soir. L’ambiance est complètement hallucinante ! Et je pèse mes mots. On est pris dans une foultitude de stands où tout s’agite, des spectacles en tout genre (dresseurs de faucons, charmeurs de serpents, danseurs traditionnelles, tatoueurs au henné, diseuses de bonne aventure, porteurs d’eau, jeux forains…). Et tout ça dans le vacarme des multiples de groupes qui jouent les uns à côté des autres leurs musiques extatiques. On est littéralement lessivé quand on sort de là. Si vous êtes agoraphobe, fuyez !

nb : comme je l’explique dans mon guide (de survie) à Marrakech, les spectacles ne sont pas réellement gratuits ! Il sera très fréquent qu’on vous demande une pièce (ou carrément un billet) en échange d’une photo prise, même à la volée (on saura venir vous chercher !).

© L’Oeil d’Édouard

La Koutoubia et ses jardins

Située juste à côté de la place Jemaâ el-Fna, la Mosquée de la Koutoubia est emblématique avec son grand minaret haut de plus de 70 mètres (77 m avec la flèche). Construite au XIIe, elle a inspirée l’architecture de la Giralda de Séville. L’accès à l’intérieur est interdit aux non-musulmans et il faut donc se contenter de l’architecture extérieure. Si l’ensemble est assez sobre, le minaret, surmonté d’un lanternon, a été sculpté avec finesse avec des arcs entrelacés (sebka), des merlons et des bandeaux en faïence bleue. Ses pierres dorées reçoivent le soleil au fil de la journée. À savoir également que chacune des quatre faces est ornée d’un motif différent. Les boules en cuivre de la flèche symboliseraient les trois mosquées de l’Islam Kaaba (La Mecque), Médine et Al Qods. La légende dit qu’elles avaient été fabriquées à l’origine avec l’or fondu des bijoux de l’épouse du calife parce qu’elle avait mangé le jour durant le ramadan.

 

Adjacentes de la Koutoubia, on peut découvrir au Nord les ruines de l’ancienne mosquée mises à jour lors de fouilles archéologiques. Celle-ci a été détruite et reconstruite à l’identique (Koutoubia actuelle) parce que le Mihrab (niche de prière) n’était pas parfaitement orienté en direction la Mecque. Si comme moi, vous ressentez à un moment donné le besoin de souffler un coup dans le tohu-bohu de la Médina, allez vous poser dans les jardins du Parc Lalla Hasna. Ici, les nerfs se détendent à la faveur du bruit de l’eau qui coule et de l’odeur des fleurs d’orangers qui embaument le parc.

Les souks de Marrakech

C’est l’autre lieu pour s’immerger pleinement dans la vie marrakchie. Et c’est vrai que dans les souks, c’est le bordel ! (enfin sans les filles de joie évidement, vous m’avez compris !). Le fantasme du souk arabe, c’est les couleurs, les parfums d’épices… Hé bien… presque mais pas vraiment tout à fait quand-même ! Pour ma part, j’ai pas mal déchanté avec les vélos et surtout les mobylettes qui doublent en frôlant, klaxonnent si tu ne marches pas à droite et t’enfument avec leur pot d’échappement. Ensuite, on est constamment accosté avec plus ou moins d’insistance. Du coup, on finit par être de plus en plus psychologiquement allergique.

 

Le mot souk signifiant « marché », chacun a sa spécificité à Marrakech avec des rues commerçantes dédiées. Il y a le souk de ferronniers, des tanneurs, des maroquiniers, des fruits et légumes, des bouchers, des vendeurs de babouches et djellabas… Les rues sont la plupart du temps recouvertes de tôles pour protéger les passants de la pluie et du soleil (on est loin de la Galleria Vittorio Emanuele II). On a l’impression de déambuler dans une labyrinthique galerie souterraine. Même après 3 jours à visiter Marrakech, en me perdant plus ou moins volontairement, en passant et repassant dans les mêmes endroits, je n’ai quasiment jamais réussi à savoir précisément où j’étais et à retrouver le chemin que je voulais. Un peu comme si je me téléportais malgré moi ou si la ville se redessinait au fur et à mesure, façon Cube. Et pourtant je crois avoir quand-même à peu près un bon sens de l’orientation. (plus d’infos et de photos dans mon article sur les souks de Marrakech)




Que visiter à Marrakech ?

La Medersa Ben Youssef

Quand on visite Marrakech, découvrir la Medersa est un incontournable à voir. Enfin semble-t-il parce que quand je suis allé au Maroc, elle était fermée pour restauration (jusqu’à fin 2019 / début 2020). Je vous confie que j’étais pas mal dégoûté quand j’ai appris ça sur place parce que, d’après les photos, ça a vraiment l’air splendide !! Ce collège coranique a été fondé au début du XIVe siècle puis agrandi et redécoré par les Saadiens au XIVe siècle. Elle devint alors la plus grande école d’Afrique du Nord avec ses 900 étudiants venus étudier le droit et la théologie (concurrencée par celle de Fès, elle a fermé en 1962 puis est devenue un musée).

Même si on n’est pas musulmans, on peut (normalement) visiter la Medersa, remarquable symbole de l’esthétique arabo-andalou. Après avoir passé la porte de bronze, ornée de belles sculptures en bois et de mosaïques, on arrive dans une splendide cour en marbre de Carrare, entourée des murs finement ornés de reliefs et de couleurs. À l’étage, on peut voir les 132 cellules des étudiants disposées autour d’un grand patio. Une salle de prière avec trois colonnes de marbre et un magnifique dôme en cèdre.

 

Le Jardin Majorelle

Le Jardin Majorelle est annoncé comme l’autre incontournable à visiter à Marrakech. Je vous avoue que j’avais de sérieux a priori sur la chose… En scrutant un peu avant les photos sur internet, je me disais que ça faisait bien occidental tout ça et que ce n’était pas ce que j’étais venu voir dans une ville du Maghreb. Puis, réflexion faite, j’étais quand-même venu ici pour faire des choses quoi et donc je me suis dit « allez, ok, on verra bien après tout ! » Pour visiter le Jardin Majorelle, il faut quitter la Médina et se rendre au Nord, dans la Ville Nouvelle de Marrakech (très mal indiqué, 1/2h à pied depuis la place Jemaâ el-Fna). Arrivé sur place, c’est une belle file d’attente qui… m’attendait. Prévoyez casquette et bouteille d’eau parce qu’on est en plein soleil jusqu’à 14h !

Après plus d’une 1 h de queue et 70 dirhams déboursés pour l’entrée (seule, pas le Musée berbère), je pénètre dans cette oasis dans la ville que le peintre orientaliste Jacques Majorelle a créé dans les années 1920 : un jardin de 8000 m2 où il a planté des centaines d’essences différentes de plantes exotiques. C’est surtout Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé qui ont rendu célèbre le lieu en le rachetant en 1980, après des années d’abandon. Une fois rentré, j’ai tout de suite apprécié (et pas que pour la fraicheur ombragée des bambous après le cagnard). Malgré la foule, un parfum de sérénité se dégage du site. Au gré des allées, on se balade au milieu des cactus, palmiers, bananiers, cocotiers, bougainvillées, agaves, cactus… Un monument discret, pudique (quoique phallique ?) rend hommage aux feus propriétaires. Parmi les endroits où faire une halte, il y a la petite mare aux nénuphars avec grenouilles et carpes (il faudra savoir être patient pour y accéder face aux hordes d’autocentrés qui squattent pour se prendre inlassablement en photo devant).

 

L’iconique maison Art Déco avec le bleu Majorelle ne manque pas de rendre l’endroit esthétique. Elle est le lieu de rassemblement du jardin. Sa couleur bleue intense et profonde « contraste harmonieusement » avec les parties jaunes et s’intègre finalement très bien dans son environnement végétal. Si vous n’avez pas pris le billet d’entrée pour le Musée berbère, seuls deux espaces intérieurs sont accessibles (la boutique souvenirs et le magasin de mode).

Le Musée de Marrakech

Mon deuxième jour à Marrakech a été celui des grosses pluies de printemps et donc… des musées. Comme la Medersa était fermée, je me suis « rabattu » sur le Musée de Marrakech que j’avais repéré la veille en me baladant dans les souks. Construit vers 1900 par Medhi Mnebhi alors Ministre de la Défense, le palais fut ensuite la résidence du pacha el-Glaoui avant qu’Omar Benjelloun, grand collectionneur et mécène, n’y crée un musée (entrée 50 dirhams). On est accueilli par une citation de Voltaire et une déclaration de la veuve Benjelloun sur l’art et la tolérance. Ça donne tout de suite le ton. Les premières salles racontent l’histoire du lieu et du fondateur à travers des documents d’archives (photographies, journaux, objets…). Après la douiria, on arrive dans le splendide patio, marqué de sa magistrale lampe en cuivre forgé suspendue. Ça en impose !

© L’Oeil d’Édouard

 

Au-delà du fait que j’ai vraiment aimé ce musée, la visite, à mon sens, se vaut déjà rien que pour cette pièce ! Les zelliges ornent le sol, les murs et les colonnes pendant que le fin travail de sculpture sur bois des arcades impressionne et séduit. Les deux portes de part et d’autre de la cour intérieure sont somptueuses avec leurs panneaux en bois peints ! Sur les côtés, des petites salles font office de galeries avec des vitrines exposant divers objets de collection. N’oubliez pas de lever la tête pour admirer les plafonds décorés.

 

En déambulant dans les couloirs au fond du palais, on découvre les trois salles dans l’ancien hammam qui abritent dorénavant des expositions temporaires. En revenant vers la sortie, si vous ne l’avez pas déjà fait au début, faites un petit tour dans l’ancienne cuisine. La douiria est « un espace dans l’espace » avec ses petites pièces autour d’une autre cour intérieure, sobrement décorée de céramique verte sur des murs blancs. Elle est aujourd’hui une galerie exposant des oeuvres d’artistes contemporains marocains.

Le Palais el-Badi

Je suis allé visiter le Palais el-Badi… pas erreur ! J’avais bien prévu d’y aller mais je me suis trompé d’endroit. En fait, je me baladais dans le quartier à la recherche du Palais Bahia sans trop regarder la carte touristique de Marrakech et je suis tombé dessus un peu par hasard. Badi… Bahia… dans son berceau : il n’y a qu’un pas à la confusion ! D’autant plus qu’en fait, le nom de ce monument s’écrit ici « Palais Badia » sur les panneaux. Les deux palais presque homonymes se trouvent à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Vous voyez que c’est presque pas tout de ma faute !

Une fois dedans, le parcours de ce palais en ruines commence par les anciennes prisons et raconte son histoire. Ensuite, on accède à l’immense cour (135 mètres de long et 110 de large) avec ses grands bassins et ses jardins qui respirent la fleur d’oranger (le plan aurait inspiré celui de l’Alhambra de Grenade). On imagine le faste que cela devait être à l’époque où il a été érigé au XVIe siècle mais là, c’est presque désolant. L’histoire raconte que son propriétaire, le Sultan Ahmed el-Mansour, avait recouvert le sol d’or, de cristaux etc… et que le palais fût pillé juste… 75 ans après. Vers 1696, le Sultan alaouite Moulay Ismaïl ordonna sa démolition (les matériaux auraient été réemployés à Meknès pour la construction de sa ville royale). Dorénavant, les résidents actuels sont… les cigognes ! On peut en voir plein qui nichent sur les tours et les murs en pisé.

 

Le reste de la visite du Palais Badi consiste essentiellement à parcourir les vestiges, une déambulation entre les murs encore debout avec, parfois, quelques restes de zelliges dans un état plus ou moins délabré. Si comme moi, vous avez payé les 10 dirhams supplémentaires, vous aurez accès à une petite salle où est exposée la « pièce maitresse » du palais, l’ancien minbar de la Mosquée de la Koutoubia datant du XIIe siècle. Prouesse de marqueterie et d’ornementation, il est un symbole de l’art andalo-arabe.

 

Pour être honnête, le Palais Badi n’a intrinsèquement pas grand-chose d’exceptionnel en soi et sa visite semble bien creuse… Néanmoins, un de ses intérêts est tout de même sa terrasse. Elle donne une vue plongeante sur la cour intérieure et surtout un panorama sur les toits de Marrakech avec les montagnes de l’Atlas au loin. Après, il faut admettre que le prix d’entrée n’est tout de même vraiment pas cher (≃ 1€). Je me dis d’ailleurs qu’il pourrait doubler le prix pour financer la restauration du lieu…

 

À la fermeture (17h), je n’avais toujours pas trouvé la belle salle décorée que je voyais sur mon guide. J’avais clairement l’impression d’avoir loupé LE truc à voir dans ce palais. En sortant, je demande au garde de l’entrée qui m’a envoyé chier avec toute la condescendance et le dédain qu’on peut avoir envers un touriste occidental comme j’étais : « Excusez-moi. Vous parlez français ? », « Non. C’est fini, dehors !! ». Je vous laisse imaginer comme ça a bouilli en moi à ce moment là et l’effervescence des solutions sadiques imaginées pour lui apprendre la courtoisie ! Bref, passons. C’est juste un peu après que je me rendrai compte que la salle en question se trouve en fait dans le Palais… Bahia.

 

Le Palais Bahia

Le lendemain donc, je me suis (re)mis en route pour visiter ce Palais de la Bahia (« Palais de la Belle ») qui m’avait échappé la veille. Cette vaste résidence (8 hectares) a été construite sur les ordres du Grand Vizir Ahmed Ben Moussa entre 1860 et 1874 pour y héberger ses 4 femmes et ses 24 concubines. Il était prévu pour accueillir du monde et, le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est encore bien le cas ! Tous les voyageurs venus faire du tourisme à Marrakech viennent ici. Les salles et les jardins sont noirs de monde, avec cette insatiable fâcheuse tendance à se prendre tout le temps en photo. Il faut être énormément patient si on veut choper un créneau où on n’aura pas de photo gâchée pour les narcissiques en voyage (oui, j’ai une vraie contrariété avec les « selfies » !). Toutefois, ça n’enlève rien à la beauté du lieu qui est absolument remarquable ! Les salles se succèdent avec la même splendeur. La marqueterie des portes, des plafonds et des linteaux sont sublimes avec leurs multiples motifs géométriques. On traverse plusieurs cours intérieures et jardins avec des fontaines, des plantes (orangers, bananiers) et des petites pièces confidentielles autour. En fait, le Palais est un ensemble de maisons et d’annexes, accolées les unes aux autres, sans aucun ordre pré-établi.

 

La grande cour principale est magnifique. Après les petites salles, on respire ici au grand air sur le vaste sol carrelé. Après la foule dans les salles (et le retour du soleil aussi !), j’ai réellement pris le temps de souffler ici et d’observer les différents styles décoratifs. Les plafonds des allées latérales sont tout en couleurs, à l’instar des vitraux de la pièce au fond. La porte est aussi somptueuse, finement sculptée.

 

Juste après, on arrive dans « le Grand Riad » où la végétation foisonne. Les deux portiques en cèdre sont encore une fois d’une beauté et d’une finesse remarquables. En se baladant dans les allées, une douce fraicheur exotique caresse les épaules. Les salles qui suivent sont… oui, encore ! Ce qui m’a stupéfait aussi dans le Palais Bahia de Marrakech, c’est que, à chaque fois qu’on pense qu’on est arrivé sur la dernière partie, et bien non, il y a encore quelque chose après. On a l’impression que ça ne finit jamais et en même temps, je n’ai jamais été lassé. Ébahi à chaque fois par la beauté des salles et de leurs détails décoratifs.

 

Dans les dernières pièces (oui, ça finit malgré tout par arriver à un moment donné), alors que j’attendais un interstice de flux touristiques, un gardien m’observe avec sympathie. Il me salue (ça me change de l’autre de la veille au Palais Badi) puis on commence à bavarder. Il m’explique l’esthétique arabe avec le plafond, sa symétrie avec le sol, l’étoile islamique à huit branches, les trois motifs récurrents (calligraphiques, géométriques et étoiles) puis l’histoire du Palais Bahia. Hyper-intéressant ! Néanmoins, le discours avait quand-même quelque-chose du monologue récité avec automatisme… Un doute nait… Et bim, ça n’a pas manqué, il a conclu par me solliciter une pièce en échange ! « Welcome in Marrakech my friend ! » Tout ici se passe comme ça. Mais bon, pour le coup, j’avais appris quelque chose et il me demandait réellement sans me forcer la main. Alors je la lui ai filée et on s’est remercié mutuellement.

 

Visiter le Palais Bahia a été un vrai coup de cœur ! Si vous ne deviez visiter qu’un seul lieu touristique à Marrakech, je vous recommanderais sincèrement celui-là ! L’entrée à 10 dirhams est complètement dérisoire par rapport à toutes les splendeurs qu’on peut voir à l’intérieur. J’y ai passé 2h30 mais en prenant vraiment beaucoup mon temps (1 heure peut « suffire »).

Je voulais également visiter un autre palais qui est apparemment presque tout aussi magnifique, le Palais Dar Si Saïd. Bâti par le frère d’Ahmed Ben Moussa, il ressemble beaucoup au Palais de la Bahia qui se situe à quelques centaines de mètres. Il abrite le Musée des Arts Marocains mettant en valeur l’artisanat.

 

Les Tombeaux Saadiens

Trouver l’entrée des Tombeaux Saadiens de Marrakech est déjà un petit défi en soi. Il faut passer devant l’entrée de la Mosquée Moulay El Yazid et longer le mur jusqu’à la petite boutique souvenir qui vend des cartes postales. L’entrée se situe dans l’angle à gauche, dans ce qui ressemble à une impasse. On comprend tout de suite mieux pourquoi ils n’ont été redécouverts qu’en 1917 par des archéologues français (le sultan Moulay Ismaïl les avait fait murer pour enfermer les esprits de ses prédécesseurs). À la billeterie, le mec commence déjà par râler parce que j’ai pas l’appoint sur les 10 dirhams d’entrée (finalement, il aura bel et bien la monnaie…). Après avoir frôlé les murs dans un passage étroit, on arrive dans un entre-deux architectural avec une soixantaine tombes, entourées de céramiques colorées avec des motifs et les formes sont variés. Certaines sont simplement posées à même le sol (protégées derrière des barrières, les visiteurs restent sur les allées). Celles de petites tailles font froid dans le dos…

 

Quelques-unes, plus prestigieuses, sont abritées dans des mausolées ouverts. Deux salles sont particulièrement richement et finement décorées. L’accès à l’une d’elles, la Salle des Douze Colonnes, nécessite de faire la queue (20 minutes dans mon cas) car l’accès se fait par un petit passage exigu. On ne peut pas y rester très longtemps sous peine de se faire engueuler par le gardien et les suivants qui attendent leur tour. Néanmoins, observez quand-même la richesse ornementale avec les reliefs sculptés sur les murs, les arcs et les plafonds en cèdre. Somptueux ! Les Saadiens étaient une riche dynastie implantée à Marrakech au XVIe siècle et avaient le sens du faste.

© L’Oeil d’Édouard

 

Le Musée de la Photographie

Je ne l’ai pas visité non plus (pas le temps de tout faire en 3 jours : visiter Marrakech, les souks, tous les musées…) mais il parait qu’il vaut vraiment le détour. Créé en 2009 sur une initiative privée, le Musée de la Photographie de Marrakech raconte l’histoire de Maroc à travers des clichés exposés sur ses trois étages : des images historiques des débuts de la photographie de voyage (deuxième moitié du XIXe siècle), des portraits, des paysages, des scènes de vie d’époque… La collection comprend près de 10 000 documents allant de 1870 à 1960. Nul doute que sa visite sera au programme de mon prochain voyage au Maroc.

 

En toute honnêteté, parcourir Marrakech a été pour moi une expérience éprouvante. Clairement, j’ai plutôt détesté la vie (touristique) dans la ville avec son agitation, son vacarme, ses sollicitations permanentes… C’est épuisant ! Partir 7 jours dans le désert ensuite m’a fait un bien fou. Néanmoins, j’ai nettement plus apprécié les visites à faire à Marrakech. Elles ont été pour moi des refuges dans la ville, des parenthèses où le temps semblait (enfin !) ralentir et où je pouvais sereinement profiter des beautés de l’esthétique arabe. De plus, les prix sont très accessibles ! À vous de choisir maintenant selon votre temps sur place et vos envies ! Pour les conseils et les bonnes adresses, retrouvez-les dans mon guide pratique. 😉

📷 L’Oeil d’Édouard ©

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Les merveilles de MARRAKECH
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