Guide pratique MARRAKECH : bons plans, conseils et adresses testées

Stands de restauration sur la Place Jemaâ El-Fna de Marrakech le soir, Maroc © L'Oeil d'Édouard - Tous droits réservés

Au-delà de la fantasmagorie exotique orientale, Marrakech est réellement un autre monde, une autre culture qui m’a mis une bonne claque. Même après 3 jours sur place, je suis resté encore sonné tellement j’ai été désarçonné par les codes bien différents de ceux que j’avais pu à vivre jusque là (même en Afrique). Afin de vous aider autant que faire se peut, je vous partage ici mes conseils pour ne pas vous gâcher le voyage ainsi que mes adresses testées lors de mon séjour à Marrakech. Vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenu !

Survivre à Marrakech

J’annonce direct : Marrakech m’a complètement dérouté, énervé, stupéfait… Les mots manquent pour décrire toutes les émotions que provoquent la ville et ses habitants, ainsi que… la vitesse où celles-ci changent ! Premier constat, Marrakech est une ville ultra-touristique et on est constamment sollicité pour acheter un truc, entrer dans une boutique, choisir un restaurant, se faire suivre pour savoir si on a un hôtel, venir boire un jus de fruits ou un thé « 2 minutes, hospitalité marocaine mon ami » etc… Si vous avez déjà vécu ça à Venise ou Florence, dites-vous que c’est pire ici !! La police touristique est bien présente sur la place Jemaâ El-fna et intervient en cas de problème. D’expérience de local accompagnant des amis français lui rendant visite au Maroc, il pouvait se faire contrôler, soupçonné d’être un faux-guide. Après un après-midi à déambuler dans les souks, j’ai fini par accepter l’invitation d’un commerçant à boire le thé dans sa boutique. N’étant pas de Marrakech, il m’a confié que « Marrakech était Babylone, une ville pervertie par les conséquences du tourisme (argent, vautours, prostitutions…) ».

Keep Cool and Enjoy Marrakech

Pour survivre lors de votre séjour à Marrakech, je dirais qu’il y a 2 règles fondamentales : bien dormir pour avoir les nerfs solides et se répéter régulièrement qu’on est en vacances pour relativiser en cas de montée. Votre tension sera mise à rudes épreuves avec les sollicitations permanentes, le tumulte de la foule dans les ruelles étroites, rasé par les mobilettes, le son extatique des percussions et flûtes berbères… Le secret ici, c’est de tout prendre ça à la légère pour ne pas foutre en l’air son voyage. Répondre au moins courtoisement et avec assurance à votre interlocuteur ou, mieux encore, avec humour, cela permet de se sortir des situations déplaisantes. Quand il devient trop insistant, répondez Safi (= « assez, ça suffit »). J’ai commencé à l’intégrer au fil des jours avec la pratique.

Les souks, toute une histoire…

C’est d’ailleurs ce qui ressort de la majorité des discussions que j’ai eues avec des touristes multi-récidivistes du Maroc et des blédards : ici, on adooore parler !!! Et prendre le temps qui va avec !!! Un collègue marocain de m’expliquer à mon retour que faire le marché prend la journée le temps de discuter avec tous les marchands et enfin revenir acheter LE truc que vous vouliez. Un autre monde vous dis-je ! Autre chose déroutante à Marrakech, les prix ne sont quasiment jamais affichés (seules quelques boutiques affichent les prix et dans ce cas on ne marchande pas). Il parait que ça fait partie de l’esprit local mais perso, question de caractère, ça m’a complètement coupé l’envie d’acheter puisque je n’avais absolument aucune idée du prix de départ pour négocier. Je partais déjà avec l’a priori de me faire enfler. Apparemment, le bon prix est celui qu’on a décidé de ne pas dépasser soi-même. Dans les souks, les us veulent qu’on marche bien à droite afin que les mobilettes passent. Contrairement à ce que je pensais, vous verrez que c’est une vraie autoroute là-dedans et que les klaxons vont bon train !

 

Prendre des photos

La question de l’image dans la culture musulmane est toujours délicate (je vous parle même pas du rapport photographe homme / sujet féminin… !). Culturellement, la représentation de figure vivante étant proscrite dans l’Islam, il existe un réel décalage avec le besoin compulsif de photo de l’occidental (dont je fais partie !). Si on rajoute à cela la problématique du touriste ayant envahi la ville et toléré pour son argent mais pas automatiquement plus, prendre une photo à Marrakech m’a valu plusieurs regards noirs et même quelques remarques. Donc ayez en tête les marocains ne surkiffent pas d’être pris en photo. N’hésitez pas à demander au préalable l’autorisation, quand j’ai pu, c’est passé crème et ça fait moins chacal. Mais bon, des fois, pour tout un tas de raisons, on ne peut pas… Dans un quartier de la Médina, on m’a explicitement dit « Pas de photo ici monsieur ».

 

ps : pensez également à toujours avoir de la monnaie dans votre portefeuille. Il sera très fréquent qu’on vous demande une pièce (ou un billet) en échange d’une photo prise. Même à la volée, on saura vous retrouver ! Pensez bien que, sur la place Jemaâ El-fna, les spectacles ne sont pas réellement gratuits ! La première expérience vécue à ce sujet est trois berbères en costumes traditionnels venus se mettre dans le cadre de ma photo, poser, faire le show et me réclament… 50€ ! (apparemment, je serais chanceux, ils me font une fleur puisque je suis français, c’est « moitié prix par rapport aux english »…). Au final, je leur lâcherai 20 dirhams (pour 20 secondes de pose). Ça m’a donné le ton pour le reste du séjour, ne pas trop se laisser approcher… Vraiment dommage !!!

 

Conduire à Marrakech en louant une voiture ?

Oubliez cette idée !!! Faites-moi confiance, vous comprendrez une fois sur place…….

 

Retirer de l’argent

En arrivant à avion, il y a déjà un bureau de change et un distributeur dans l’aéroport de Marrakech pour avoir des dirhams dans son portefeuille. Globalement, on trouve assez facilement des banques et des distributeurs à Marrakech, notamment autour et sur la Place Jemaâ El-Fna (Banque Populaire sur la place). Bien évidemment, vous ne trouvez rien dans les souks.

 

Un peu de vocabulaire

Pas de stress, les marocains sont francophones (histoire coloniale oblige…). Cependant, je pense qu’il est toujours sympathique de connaitre une poignée de mots pour agrémenter sa conversation avec son interlocuteur local.

Bonjour = assalaam alaikoum
↳ en réponse = wa alaikoum salaam
Au revoir = biss’lama

S’il vous plait = afak (♂)
afik (♀), afakum (plusieurs)
Merci = choukran
De rien = la choukran ala wajib

Comment ça va ? = Labass ?
Bien, merci = Labass hamdoullah
Pas de problème = machi mouchkine

Ma carte de Marrakech




Casse Ta Croûte… à Marrakech

🍲 Dans quel restaurant manger à Marrakech ?

Globalement, les tarifs des restaurants à Marrakech sont très accessibles. Manger un tajine ou un couscous coûtent entre 50 et 100 dirhams (≃ 5-9€). Penser à rajouter une bouteille d’eau. La plupart du temps, le service est compris dans le prix et il est bien venu de laisser la monnaie de l’addition en guise de pourboire.

Le Montassir : tournant sur la place Jemaâ El-Fna pour zyeuter les tarifs des restaurants, un mec m’a interpellé pour me présenter ce restaurant en terrasse. Généralement, ça me gonfle direct mais lui était assez sobre dans son approche. Les prix raisonnables et l’atout panoramique ont fini de me convaincre. Je le suis et heureusement parce que l’accès au restaurant est juste introuvable sinon (passer dans une petite ruelle derrière, monter deux étages dans un escalier étroit). J’ai pris un tajine berbère avec boeuf et légumes pour 80 dirhams. Goûteux, bien cuit et copieux : je suis satisfait ! À la fin, un thé à la menthe en regardant la vie de la place.

 

Le Toubkal : situé au Sud-Est de la place Jemaâ El-Fna, à droite de la Mosquée Kharbouch, ce restaurant est la bonne adresse pour manger pas cher ! Pour 50 dirhams, on a un menu salade-tajine-yaourt. Simple, bon, suffisant.

Chez Ben Driss : juste à côté du Toubkal, il paie encore moins de mine que son voisin. C’est le serveur qui te laisse observer la carte sans te sauter dessus et les tarifs qui m’ont attiré ici (c’était mon dernier soir à Marrakech alors le portefeuille était un peu vide…). Pour changer du tajine, j’ai pris un couscous royal pour 60 dirhams. Repas correct pour ce prix là. L’espagnol à côté de moi qui vient chaque année au Maroc depuis 25 ans m’a confirmé que c’était une bonne adresse de restaurant à Marrakech pour son rapport qualité/prix.

un « bouiboui » dans le souk : histoire de ne pas faire que des restaurants à Marrakech, le premier jour, je suis allé chercher un snack sans touristes, là où mangent les marocains du Maroc. Je me suis enfilé dans un souk derrière Jemaâ El-Fna et me suis arrêté un peu au hasard, là où il y avait de la place. J’ai goûté une tanjia traditionnelle servie dans une petite assiette avec un bout de pain (25 dirhams). Assis au milieu des locaux en famille, j’ai bien fait gaffe à manger de la main droite (pas facile de se contrarier quand on est ultra-gaucher). Tout le monde passe au robinet à la fin du repas pour se rincer. Service bienveillant.

Cherif : encore une petite halte le midi (16h…) pour manger un truc sur le pouce. La décoration est chouette alors je me suis arrêté là. J’étais hors-service mais le mec, très sympa, m’a quand-même reçu et j’ai testé le sandwich kefta (35 dirhams) avec pain, frites, légumes et pas beaucoup de viandes… Pas mal mais par rapport au menu à 50 dirhams du Toubkal…

 

les stands de la place Jemaâ El-Fna : J’ai failli tester mais finalement non. Pourquoi ? Principalement parce que j’étais seul lors de mon séjour à Marrakech et que je préférais pouvoir être tranquille à table le soir après une journée dense en visites. Peut-être inconsciemment aussi parce que le Lonely Planet (ou Le Routard) mettait en garde quant à la fraicheur de certains stands… Dans tous les cas, c’est au moins très intéressant à observer. L’ambiance de Jemaâ El-Fna se joue aussi sous ses bâches vertes ! Il s’agit essentiellement de grillades avec des brochettes de viandes, de poissons, de légumes… On trouve même des stands d’escargots. Il y a également des gâteaux marocains et des boissons à base de plantes et de fleurs.

 

🥛 Où boire un verre sur la place Jemaâ El-Fna ?

➤ L’institution historique à Marrakech est le Café de France. Que vous vous posiez à même la place ou à la terrasse d’un des deux étages, on baigne dans l’ambiance du coeur de Marrakech avec les stands, les animations juste sous les yeux. En plus, le bâtiment est orienté plein Ouest donc on peut profiter des rayons du soleil en fin de journée. Le service est courtois mais peut être un peu long par défaut d’organisation.

➤ Si vous avez plutôt envie d’un jus de fruits, essayez les roulottes. Pour 4 dirhams, vous pouvez boire un jus d’orange et un jus de fruits de votre mélange pour 10 dh. Je vous assure que ça fait du bien à n’importe quel moment de la journée et pour ce prix là, il ne faut pas trop se priver. Vérifiez toutefois qu’il le prépare devant vous et évitez les glaçons pour se préserver d’éventuels désagréments gastriques…

➤ Mais pour avoir la plus belle vue sur la place Jemaâ El-Fna, je vous recommande vivement le bien-nommé Le Grand Balcon du Café Glacier ! Après avoir monté les escaliers, le principe est un peu différent des autres bars : l’accès à la terrasse est payant. En fait, pas tout à fait, c’est plus subtil. Pour passer le péage, il faut acheter une boisson (20 dirhams le coca, très raisonnable). Ensuite, on essaie de trouver une chaise parmi la multitude de gens venus faire la même chose que soi. C’est aussi le rendez-vous des photographes et vidéastes venus s’installer à la tombée de la nuit. Le balcon offre un panorama à 180° sur toute la place, de la Koutoubia jusqu’à la Mosquée Kharbouch. Comme tout le monde, je suis resté là plus d’une heure à observer le spectacle de la fourmilière humaine.

© L’Oeil d’Édouard

 

🏨 Avis sur mon hôtel à Marrakech

Vu que c’était la première fois que je venais et que je passais juste 3 jours à Marrakech avant d’aller faire un trek dans le désert marocain, je cherchais un hôtel pas cher et pas loin de « la place ». Avec ces critères, j’ai opté pour l’Hôtel Cecil qui se situe à… 30 mètres de Jemaâ El-Fna ! La chambre est spartiate (en même temps, c’est ce que je recherchais. question de budget) : un lit, une étagère, un lavabo, une prise électrique (pas de serviette mise à disposition). Les wc et la douche sont communs à l’étage et sont à l’image du reste, juste un pommeau… J’ai payé 65€ pour 3 nuits dans une chambre simple avec petit déjeuner. Celui-ci est à volonté (thé, café, jus d’orange, pain, confitures, miel, oeuf) et se prend sur le toit terrasse. La vue n’est pas plongeante mais on y aperçoit quelque peu la place et entend la rumeur (quasiment pas dans la chambre en revanche). Pour 12€, l’hôtel avait envoyé un taxi me chercher à l’aéroport et me déposer directement devant.




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