Vues du MAROC à travers la VALLÉE DU DRAÂ

Village marocain de Aït Ben Hammar et l'Oued Tichka, Vallée du Tichka au Maroc

Lors de mon trek dans le désert marocain, j’ai traversé la splendide Vallée du Draâ jusqu’à M’Hamid. L’itinéraire de la route N9 part de Marrakech et passe par le Col du Tichka, le ksar Aït Ben Haddou, Ouarzazate, Zagora. En route pour ce road trip visuel (vous excuserez la qualité des photos, la plupart ont été prises à la volée à travers la vitre en roulant).




 

Départ de Marrakech

Arrivé 3 jours avant pour visiter Marrakech, j’avais hâte de quitter son tumulte pour gagner la tranquillité des grands espaces. Le rendez-vous était donné à 7h30 sur la Place Jemaâ El-Fna. Après une info totalement foireuse du gardien de nuit de l’hôtel, je rejoins le groupe avec 3/4h de retard. « Bonjour, Édouard. Désolé, le gardien… » Pendant que le chauffeur charge mon sac sous la bâche de la galerie, je fais connaissance de mes acolytes de voyage Blandine, Marlène, Élian, Hubert et son fils Matéïs. « Bonjour, Édouard. Désolé, le gardien… » Il ne m’en veulent pas (enfin je crois), on part sur de bonnes bases ! « 1, 2, 3… Yallah ! » nous lâche le chauffeur caféiné.

Les montagnes enneigées en arrière-plan des bâtiments ocre rouge annoncent déjà le décor que l’on va traversé. Après le village de Touama, la route commence à monter, à serpenter sur le relief. Le paysage est vert, rouge, bleu et blanc. Escale au Tizi Aït Barka pour une pause petit déj et la visite d’une boutique d’une coopérative de fabrication d’huile d’argan. Le lieu offre une jolie vue sur la vallée.

© L’Oeil d’Édouard

La Vallée du Tichka et l’Atlas

Les pluies des jours précédents alimentent les rivières. On traverse les villages qui ont fleuri au bord de la route. Les enfants essaient de vendre des bouquets de plantes ou des pierres précieuses (les « fruits de la montagne » m’a dit notre chauffeur et moi de lui répondre « les… glaouis de la montagne » pour la forme et la forme).

Les sommets blancs sont saisissants et on a l’impression d’être sur les routes des Andes. Au fur et à mesure, la route se dirige vers les montagnes enneigées du Haut-Atlas. Il a plu et fait froid ces derniers jours. On a du mal à y croire au mois d’avril et, peu avant le Col du Tichka (Tizi n’Tichka, 2260 m), la neige a même recouvert tout le paysage (sauf la route).

© L’Oeil d’Édouard

Le Col du Tichka

Quelque peu décontenancés par le contexte auquel notre fantasmagorie ne nous a pas préparés pour cette période, on hallucine en voyant des familles arrêtées sur le bas-côté en train de faire des bonhommes de neige et une bataille de boules ! Au retour 7 jours plus tard (cf : photo ci-dessous), tout avait déjà fondu !

De l’autre côté du Tizi N’Tichka

Passé le col, la neige disparait rapidement et le blanc laisse place au rouge de la terre et au vert de la végétation avec les villages d’Aguelmouss, Ighrem N’ougdal, Agouim… Puis, le paysage s’horizontalise et c’est l’ocre jaune qui recouvre le sol.

Le Ksar Aït Ben Haddou

Petit détour par le village d’Aït Ben Haddou et son magnifique Ksar. Il faut traverser l’oued sur des sacs et payer ensuite 10 dirhams (1€ pour financer les restaurations). Les bâtiments sont traditionnellement érigés en pisé avec la terre argileuse locale. Un parfum oriental historique hume les ruelles ombragées. D’ailleurs, le village fortifié a été le décor de nombreux films. On peut en visiter certaines casbahs mais faut quand-même pas trop sauter sur le plancher… Ascension de la butte culminante pour avoir une vue panoramique sur la nouvelle « ville », les montagnes de l’Atlas et un horizon à perte de vue.

Ouarzazate

Capitale de la région Draâ Tafilalet, Sud-Est du Maroc, elle est « la Porte du désert ». Plantée au milieu de nulle part, (quand-même pas loin de la confluence des oueds Dadès et Imini qui forment le Drâa), ses abords semblent assez artificiels avec ses studios de cinéma. Ancienne ville de garnison coloniale, elle a séduit le 7e art.

Le Col Tizi N’TiniFifft

Après Aït Zaoun, la route se redresse un peu et les virages se resserrent. Tellement que les bus d’excursions touristiques les coupent à pleine bourre sans se préoccuper si une voiture arrive en face. La loi de celui qui a la plus grosse règne aussi sur le bitume marocain.

Agdz

À Adgz, on retrouve à proprement parler la Vallée du Draâ et son oued. Mais la petite bourgade aura surtout été le lieu d’un arrêt mécanique et de la découverte de l’art marocain de rabattage de client. La conversation commence avec un local qui dit avoir travaillé en Bretagne, puis il a besoin d’une personne qui lit le français (lui ne sait que parler) pour expliquer les préconisations de notice de médicaments et les trier en conséquence. Évidemment, c’est à nous d’aller là-bas et non aux médicaments de venir (contrairement au proverbe, il est plus facile ici de déplacer le piano que le tabouret..). Deux âmes charitables se dévoueront et reviendront 1h après les « juste deux minutes mon ami » et « un thé, hospitalité marocaine » avec… deux chèches achetés dans le magasin. Il fallait quand-même récompenser la performance de l’acteur (qui a fini par remélanger tous les médicaments dans la même boite pour refaire le canular au prochain).

© L’Oeil d’Édouard

La Vallée du Drâa

La route de la Vallée du Draâ est un immense plateau où se jouent une multitude de scènes de vie quotidienne. On passe devant ces femmes qui ramassent des plantes longilignes sur les bords de la route ou sous la palmeraie, des marchands qui « attendent » le client potentiel, des ateliers de réparation de tout et n’importe quoi et… plein de piétons pour qui la notion de distance n’est pas la même que nous, occidentaux au réflexe motorisé.

Les contrôles de police s’enchainent à chaque entrée de ville. On traverse Zagora, très animée, dernière grosse ville avant le désert sud-marocain. Les gens (jeunes, femmes ou enfants) traversent absolument n’importe comment. Une telle foi à la résistance de son bassin face à un pare-choc de 4X4 est bluffante ! De nuit, les vélos et mobilettes roulent sans phare sur la route ! Même notre chauffeur, pourtant local, dit qu’ils sont « malades ici ».

À M’Hamid, le chauffeur traverse l’Oued du Draâ et s’enfonce alors dans le désert. On ne voit qu’une dune après l’autre au fil des virages. « Comment fait-il pour savoir quelle direction prendre ?!? » 20 min après, on arrive au camp de base de Mélodie du Désert. Saïd nous accueille chaleureusement, nous montre nos tentes « en dur » pour la nuit et on passe à table avec une traditionnelle soupe harira et un tajine. Tout le monde est déjà ébahi par le plafond étoilé au-dessus de nos têtes. Le lendemain, on part pour 6 jours de trek dans le désert en immersion dans la vie nomade sahraouie.

🇲🇦 Retrouvez TOUS NOS ARTICLES SUR LE MAROC 🇲🇦



Vues du MAROC à travers la VALLÉE DU DRAÂ
5 (100%) 22 votes