Le CAMINITO DEL REY, sensationnel sentier andalou

Pont suspendu du Caminito del Rey - El Chorro, Malaga, Andalousie, Espagne

Le Caminito del Rey a une des attractions insolites d’Andalousie qui a tiré sa réputation de son parcours spectaculaire, vertigineux et… mortellement dangereux ! La version réaménagée et désormais sécurisée avec des passerelles a réouvert en mars 2015, Tristan et moi l’avons arpenté !

Le Camino del Rey à l’origine

Le Caminito del Rey est, à l’origine, un chemin qui longeait une gorge à flan de falaises. La première fois que j’ai vu les vidéos (situées en fin d’article), j’étais certain que je ne le ferai jamais ! Les aficionados de via ferrata remontaient cette voie abandonnée en piteux état, ce qui lui valu le surnom de « camino el muy peligroso del mundo » !

Il a été construit entre 1901 et 1905 pour relier les 2 centrales électriques de part et d’autres de la gorge (« Garganta del Chorro »). Quel rapport avec le roi alors ? Parce que c’est en 1920 que le Roi d’Espagne Alfonso XIII l’a inauguré en le parcourant. Autre temps, autres mœurs… Tombé en désuétude, le Caminito del Rey était devenu dangereux et il y avait régulièrement des accidents. Les 5 morts de l’année 2000 a forcé l’interdiction de la fréquentation du lieu puis sa restauration. Pour en savoir plus sur l’hitsoire du Caminito del Rey, vous pouvez opter pour la visite avec un guide.



le PARCOURS du CAMINITO DEL REY

INFOS PRATIQUES (cliquer)

Prix entrée : 10€
Période : toute l’année ! 😀
Dénivelé : 0 m (-150 m pour marches d’approche et de retour)
Durée : 2 à 3 heures (on a savouré en 4h 🙂 ).
Difficulté : ☆☆☆☆
Intérêt : ♥♥♥

Se rendre au CAMINITO del REY ?

Depuis Malaga, compter 1h. Poursuivre à l’Ouest en direction de Cártama puis Ardales (A-357). Ensuite, un panneau « Caminito del Rey  » indique de prendre à droite. La route (MA-5403) fait des lacets en longeant le lac « embalse del Conde de Guadalhorce ». Juste après le restaurant El Mirador (planté au-dessus d’un court tunnel), un parking payant (2€) se trouve sur la gauche. C’est ici qu’on s’est garés mais on peut aussi se garer le long de la route (si y’a de la place !).

Le départ du Caminito del Rey est à 1,5km (1/4h). L’accès se fait à pied par un tunnel (juste après le parking) de 200 m qui débouche sur une route qui descend jusqu’au point de départ qui se situe à la centrale hydroélectrique Gaitanejo. Un préfabriqué sert d’accueil (mais ils vont s’améliorer, un portique tourniquet était en cours d’installation) et, après contrôle des billets (on est arrivés avec 1/2h de retard par rapport à l’heure indiquée sur nos billets et pas de souci), on s’équipe et on vous explique les consignes.

À SAVOIR :

  • réservation uniquement sur internet (billet à imprimer par vos soins) / possibilité d’une visite guidée
  • casque obligatoire (fourni sur place avec une charlotte).
  • longueur totale : 7,7 km de parcours (dont 4,4km marches d’approche et de retour et 1,5km de passerelles)
  • le Caminito del Rey ne se fait que dans un sens : Nord -> Sud (Ardales-El Chorro). Pas de rebrousse-poil ! cf : la question du retour en fin d’article.
  • Selon la météo, le parcours peut être fermé.
  • Une paire de baskets suffit
  • interdiction de faire le camino tout nu avec une perruque ! Va comprendre Carlos…
  • Prévoir un sac à dos pour prendre des vivres et photographier facilement

Site du Caminito del Rey




1ère PASSERELLE : la mise en bouche

Le sentier part d’une petite retenue d’eau et, après un panneau explicatif sur l’histoire du Caminito del Rey, il engage directement dans une gorge étroite. On comprend tout de suite de quoi il va retourner puisque l’eau est soudainement passée à quelques dizaines de mètres au-dessous de nous. Les premières sensations  sont très enthousiasmantes sans être non plus vertigineuses (rappelant les Gorges du Fier, près d’Annecy). Le nouveau chemin est très sécurisé (planches de bois d’un mètre de large au sol, grillages + câbles latéraux) et on retrouve même de nombreuses caméras de surveillance (de la fluidité uniquement, parce que ça n’empêchera rien…). On a toutefois rapidement compris l’obligation du port du casque quand on a entendu une chute de pierres résonner dans la gorge…

À la sortie de cette première gorge, premier endroit remarquable : une grande falaise avec de nombreux vautours fauves qui tournent au sommet (décidément, après le Mont Charvin, faut croire que je les attire…). On pourrait penser que, comme dans un parc d’attractions, ce sont des faux, mécaniques, pour rendre le sentier plus… titillant. Mais non, promis, ce sont des vrais, sans doute habitués à délecter des anciens futurs-ex-téméraires malheureusement attirés par la pesanteur terrestre qui tentaient le chemin dans son ancienne version…

(entracte : balade forestière)

Après avoir longé une petite gorge par le haut, cette 1ère passerelle se termine en arrivant sur la terre ferme avec une vue élargie sur le paysage. La ligne de train passe en face, à travers une série de tunnels (un peu moins sauvage d’un coup là…). Le sentier à plat traverse la forêt sur 1,4 km en finissant au milieu de l’ancien canal en béton. Tout le long, quelques panneaux renseignent sur l’histoire du Caminito del Rey, la flore et la faune locales (bouquetins -pas vus- et des rapaces) etc…

2e PASSERELLE : le vide

Une impressionnante falaise en creux marque l’entrée de la 2e gorge. La voie ferrée passe à l’intérieur ce qui en fait une montagne aussi somptueuse que particulière. Le chemin est davantage sinueux en suivant les renforcements des parois rocheuses. On peut alors mieux voir le parcours suspendu, sur les flans de falaises en face. Un belvédère avec le sol en verre (rappelant le Pas dans le Vide mais en nettement moins vertigineux !) offre un superbe point de vue sur toute la gorge du Défilé de los Gaitanes.

Au loin, le pont suspendu en béton apparait. L’ancien chemin se trouve juste 1 mètre en-dessous de nos pieds et on perçoit très bien sa dangerosité (trous dans les plaques de béton qui s’effritent, poutres rouillées…) et comment il fallait avoir peu d’instinct de survie pour oser penser le prendre… Cela fait perdurer l’histoire du Caminito del Rey et participe activement à la sensationnalisme du parcours. En face, les dalles et les strates verticales (mesurant plusieurs centaines de mètres) sont splendides.

…avec le fameux PONT du caminito !!

La cerise sur le gâteau, le clou du spectacle, le bouquet final !! Mieux qu’un long discours… une vidéo (de nous en plus 😉 ) !

 

Le pont suspendu est incontestablement l’attraction du Caminito del Rey. Il rejoint les montagnes en passant au-dessus d’un vide de 100m et comme le tablier en caillebotis métallique permet (à regrets de certains…) de voir sous ses pieds, ça offre des sensations saisissantes. Toutefois (et après avoir vu les premières vidéos), on se sent en totale sécurité au milieu de tous ces câbles et autres poutres métalliques même si la passerelle ondule très légèrement. Malgré cela, on en a vus, pas rassurés, qui traversaient à toute vitesse !

Ensuite, on se rapproche de la fin… Le parcours redescend en surplombant la rivière et la vallée, puis longe une impressionnante dalle rocheuse pour arriver sur la terre ferme. Ben oui, c’est fini… 🙁 On en aurait bien repris encore alors on se retourne pour admirer les deux grandes falaises qui font office de forteresse (on a pas de mal à imaginer des trolls armés jusqu’aux crocs sortir en rang, avec l’œil de Sauron en fond !). Le sentier redescend aux bords de l’Embalse Tajo de la Encantada avec le barrage et la centrale hydroélectrique. Au bout d’1/4h, on arrive au village d’El Chorro (buvette) pour prendre la navette du retour.

Le « retour au départ »

Ah ! Le retour… Un car ramène au parking du départ pour 1,30 € et jusqu’ici tout allait bien. Mais le plaisir a quelque peu été gâché par un groupe d’espagnols bourgeois issus d’un voyage organisé : au moment de l’arrivée du bus, les coqs se sont précipités entre nous et la porte avant pour bien faire valoir le fait qu’ils étaient là avant nous et que, par conséquent, ils comptaient bien monter dans le car en premier. Du coup, les hommes aussi patriarcalement virils que virilement patriarches ont formé à tour de rôle une barrière humaine de sécurité pour laisser monter leurs dames, offusquées par notre prétendu manque de civisme et toutes ravies de se faire escorter par bodyguard, avant les deux petits français « sans éducation, arrivés en dernier » (termes employés quand le Kevin Costner ibérique s’est excité sur moi pour me cracher sa théorie débile sur le dit savoir-vivre). Et nous, impressionnés et circonspects : « c’est quoi ton problème hombre avec ton stress d’être premiers et tes règles de civisme absurdes alors qu’il y a de place pour tout le monde dans ce putain de car ?!? ».

De tous les voyages que chacun de nous avons fait, on avait jamais vu ça, qu’il fallait prendre un ticket comme à la boucherie pour respecter l’ordre d’arrivée pour monter dans un car. Wouaaaah… j’imagine ces 2 mecs voulant prendre le métro à Châtelet à 18h… peuchère ! La morale de cette histoire, c’est que 1) « les espagnols » doivent sûrementêtre très carrés sur « premier arrivé, premier servi », en tout cas davantage que le reste de la population mondiale 2) les « voyageurs » organisés » ne sont, toujours et partout, pas là pour ne pas avoir le confort et la sécurité que ça leur coûte. La morale de cette morale; la rirette la rirette, c’est qu’il vous faudra être de bien meilleurs ambassadeurs que, apparemment, nous l’avons été… désolé…

Bref, catharsis terminée, finissons notre virée au Caminito del Rey (et cet article !) sur une note plaisante ! Et quoi de mieux alors que de satisfaire notre cerveau reptilien ? Il était 16h et tout ça nous avait creusé l’estomac. Du coup, recharge au restaurant La Cruce à Ardales où on s’est calé 2 plats (mieux de corrects) chacun pour 9€ par tête ! Ensuite retour à Malaga

Tous nos topos et conseils montagne dans notre rubrique Trace Les Cimes△△

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