4 jours sur la grande traversée du Vercors à ski

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Le Vercors est la plus grande réserve naturelle de France. C’est, à ce titre, l’un des derniers territoires français non aménagés : aucune route ne le traverse, aucun village ne s’y est implanté et il y a peu chance d’avoir du réseau. Quand on quitte le col de Rousset, on sait on ne croisera rien d’autre que des cabanes et des sapins avant Corrençon-en-Vercors. J’ai bien dit des cabanes et pas des refuges, comme à notre habitude dans les autres massifs des Alpes. Sur les Hauts Plateaux du Vercors, pour les réconforts de fin de journée après une journée skis aux pieds, il ne faudra pas compter sur la marmite fumante cuisinée avec soin par nos gardiens préférés. La grande traversée du Vercors à ski se fait en complète autonomie en nourriture et avec un bon duvet car les cabanes ne sont pas très chaudes. Rustique donc vous diront certains, mais surtout sauvage à nos yeux : et c’est ce qui en fait le charme.

Itinéraire : GR 91
Massif : Vercors (Isère)

Départ : Col de Rousset (1370 m)
Arrivée : Corrençon-en-Vercors (1055 m)

Carte IGN : Villard-de-Lans 3236 OT
Topos neige Vercors

Difficulté : ★★★☆☆

Dénivelé cumulé : +975 m
Distance : 34 km

Durée : 4 jours

Intérêt : ♥♥♥♥
raid à ski
bivouac
sauvage / forêts sous la neige

Période : janvier à mars

Autonomie : nuits en cabane, complète autonomie en nourriture

Matériel : ski de randonnée et pulka, avec un bon duvet pour la nuit

➜ Se rendre au Col de Rousset

Une des questions qui revient souvent concernant la grande traversée du Vercors à ski est : comment vous vous êtes organisés pour les transports ? Les solutions sont nombreuses mais ça manque un peu de clarté. Il paraît qu’une navette permet de rejoindre Corrençon-en-Vercors et le col de Rousset mais elle ne fonctionne qu’à certaines périodes très précises (vacances de février notamment). Il est également possible de rejoindre le col depuis Valence ou Die grâce à un bus qu’il faut réserver la veille par téléphone. En ce qui nous concerne nous avons pris le train jusqu’à Roman Bourg-de-Péage où des amis sont venus nous récupérer et nous ont amenés au départ.

 

J1 : Col de Rousset ➜ Cabane de Pré Peyret

dénivelé : +400 m / -180 m cumulés

distance : 6 km

durée : 3h30

Nous découvrons le Vercors sous un soleil radieux, et profitons donc dans les meilleures conditions de ce sentiment délicieux : savoir qu’on part quelques jours en voyage. Nous avons quatre jours devant nous. Cela devrait nous laisser la marge suffisante pour gérer notre pulka DIY. C’est en réalité une luge, dans laquelle nous avons ficelé nos affaires et que Guillaume a accroché à son baudrier d’escalade. Elle est donc minimaliste et nous savons qu’elle nous posera des problèmes techniques en chemin. Nous voulons nous laisser le temps de l’apprivoiser. Dès le premier jour, notre intuition se confirme : elle se renverse à chaque virage et n’en fait qu’à sa tête dans les descentes.

A cela s’ajoute des journées raccourcies par le besoin d’arriver suffisamment tôt dans les cabanes pour glaner du bois mort pour le poêle. Dans le Massif du Vercors, on ne se met pas les pieds sous la table en arrivant. Et si, physiquement, les journées ne sont pas difficiles, on retrouve les joies de l’itinérance où une bonne partie de notre énergie est utilisée pour les choses toute simple : se chauffer, faire fondre de la neige, gérer le matériel…

© Les Dirtbags / Instagram 📷

La première étape de la grande traversée du Vercors à ski est courte : c’est une bonne chose ! Nous croisons beaucoup de monde. Certains partent pour la traversée complète, d’autres juste pour une excursion à la journée. Cela nous inquiète un peu sur la place qui sera disponible à la cabane de Pré Peyret. Nous y arrivons à 15h, il reste de la place à l’étage et cela nous évite de dormir en igloo. C’est une option qui est clairement à envisager quand on veut aller le week-end à Pré Peyret (à moins d’arriver suffisamment tôt).

La cabane de Pré Peyret :
– 15 places pour dormir, à la table plutôt 10 places si on veut manger assis (infos détaillées)
– Source à 100 mètres qui coulait quand on est passé
– Beaucoup de monde

J2 : Cabane de Pré Peyret ➜ Cabane de la Jasse du Play

dénivelé : +270 m / -270 m cumulés

distance : 11 km

durée : 5h

C‘est le grand départ, nous disons au revoir aux copains qui ont fait le chemin avec nous jusqu’ici et qui rentrent au col de Rousset. Nous quittons la cabane à 9h30, direction plein nord et nous nous retrouvons seuls pour de bon. L’itinéraire est une succession de petits vallons et de parcours en forêt. C’est le jour qui se prête le mieux au fait de détracter une luge. C’est une étape plate et pas technique, propice à flâner et à profiter pleinement de la douceur d’une journée dans le Vercors sous la neige.

 

Nous arrivons à 14h30 à la cabane de la Jasse du Play. Puisque nous avons des skis de randonnée (pas nordique), c’est l’occasion rêvée pour laisser la pulka à la cabane et aller profiter un peu de la neige. Nous montons au pas de Berrièves. La neige est excellente à la descente, encore très fraîche et légère. Ce petit plaisir compense bien les journées à plat avec des enclumes aux pieds en comparaison avec les chaussures de ski de randonnée nordique.

© Les Dirtbags / Instagram 📷

La cabane de la Jasse du Play :
– 10 places pour dormir, 4 à 6 places pour manger assis (infos détaillées)
– un poêle qui ne chauffe pas beaucoup
– la cabane est sombre et froide

J3 : Cabane de la Jasse du Play ➜ Cabane de Carrette

dénivelé : +280 m / -530 m cumulés

distance : 12 km

durée : 6h

La journée la plus technique de cette traversée. Et ce dès le départ de la cabane de la Jasse du Play. Il y a plusieurs descentes très raides, qui sont donc des montées difficiles pour ceux qui font dans l’autre sens la grande traversée du Vercors à ski. Il y a ensuite un canyon étroit et difficile à passer sans que la pulka ne se reverse ou finisse dans le décor. Sans oublier évidemment les arbres au milieu du chemin qui nous demandent quelques acrobaties.

 

Malgré ces quelques difficultés, cette journée nous plait beaucoup. La météo clémente nous rend plus serein et nous permet de faire quelques pauses au soleil en attendant que l’eau pour le café soit chaude. L’itinéraire est souvent tracé par le passage des skieurs. Nous hésitons à quelques reprises à de rares embranchements ,ce qui nous donne le plaisir de sortir la carte pour faire notre choix. Si quelques balises du GR91 sont encore visibles, la plupart d’entre-elles sont sous la neige.

 

Lorsque nous arrivons à la cabane de Carrette, nous sommes un peu tristes de constater que c’est la fin de la traversée sauvage. Nous sentons immédiatement la proximité avec la station qui permet de venir à la demi-journée sans difficulté. Il y a beaucoup plus de monde. Pour célébrer notre dernière nuit dans le Vercors, nous décidons de construire un abri à neige pour dormir dehors.

La cabane de Carrette :
– 10 places pour dormir, 6 places pour manger assis (infos détaillées)

J4 : Cabane de Carrette ➜ Corrençon-en-Vercors

dénivelé : +25 m / -250 m cumulés

distance : 5 km

durée : 1h30

Le retour à la civilisation se fait en très peu de temps. Nous ne faisons que descendre, ce qui passe très vite avec des skis aux pieds. Il n’a pas neigé ces derniers jours et la trace est très verglacée suite aux passages des skieurs. Certains virages sont traîtres, comme toutes les descentes depuis 4 jours nous n’avons pas les talons accrochés à nos skis. Il faut donc y aller doucement dans cette dernière étape. Guillaume a fini dans un arbre et ça aurait pu mal se terminer. Cette chute a d’ailleurs eu raison du dernier bâton qui servait à diriger la luge-pulka. Il termine certaines descentes à pied pour éviter de se faire entraîner par son chargement et je porte ses skis.

Nous arrivons sur les pistes de ski de fond du domaine nordique de Corrençon-en-Vercors. C’est toujours un peu irréel après trois jours dans les bois de se retrouver dans le flot de vacanciers. Eux en petit collant et coupe-vent, nous avec nos vêtements sales et nos gros sacs de raid à ski. Cela nous vaut quelques regards surpris et surtout le sentiment d’être en décalage.

➜ Repartir de Corrençon-en-Vercors

Avant notre départ, nous avons réservé une place dans le bus qui part de Corrençon-en-Vercors en direction de Villard-de-Lans, puis de Grenoble. Il suffit de téléphoner la veille de son départ pour réserver ces transports à la demande. Puis nous rentrons chez nous en train depuis Grenoble.

 

Notes pour ceux qui voudraient se lancer dans la grande traversée du Vercors à ski :

1. Savoir s’adapter à son niveau. Qu’est-ce qui peut drastiquement augmenter la difficulté de l’itinéraire ?
– Le faire dans l’autre sens (1 200 m de D+ dans le sens Corrençon → col de Rousset)
– Le mauvais temps, surtout si la visibilité est mauvaise car vous risquez de vous perdre
– Le nombre de jours que vous avez devant vous évidemment
– Aller ou partir de la Vallée de Combeau, ce qui rajoute une étape
– Être en raquettes plutôt qu’à ski car vous ne pourrez pas vous laisser glisser dans les nombreux plats en descente
– Le faire juste après une forte chute de neige car le chemin ne sera pas tracé et il faudra être bon en orientation

2. Respecter la Réserve Naturelle. Pourquoi ramasser du bois vert ne sert à rien ?
Les cabanes situées sur le parcours sont équipées d’un poêle pour lequel il faudra glaner du bois dans les forêts environnantes. Pensez à bien ramasser du bois mort (celui tombé au sol par exemple) et n’abattez surtout pas un arbre vivant. Le bois vert pourrit dans les cabanes et il ne vous chauffera pas. En effet, si le bois est vert, son séchage se poursuivra en début de combustion. Ainsi, la chaleur dégagée sera consacrée à évaporer l’eau du bois, et non à chauffer. Le bois mort dégage 2 fois plus de chaleur qu’un bois vert ! Par ailleurs, les forêts comme celles du Vercors souffrent du dérèglement climatique et leur régénération en est perturbée. Couper du bois vert est donc nuisible : pour vous et pour la forêt.

© Les Dirtbags / Instagram 📷

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Les Dirtbags sont les créateurs du Carnet Montagne, un carnet pour tous les amoureux de ski de rando, d’escalade et d’alpinisme… qui veulent noter où ils sont allés, suivre leur progression et ne rien oublier en veille de course. Ils ont également adapté une version pour les 6-11 ans en créant Mon Premier Carnet Montagne, pensé plus particulièrement pour la découverte de la randonnée en famille. (frais de port offerts avec le code promo TRACETAROUTE )

 

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