L’ÎLE AUX MUSÉES de Berlin, 5 musées en un lieu

Île aux Musées de Berlin Allemagne / Museum Island Germany / Museumsinsel Deutschland

Sous son nom aux allures de parc d’attraction, l’Île aux Musées regroupe cinq musées prestigieux accueillant des collections archéologiques et artistiques sur plus de 6000 ans d’histoire culturelle et artistique : le Pergamonmuseum, le Altes Museum, le Neues Museum, la Alte Nationalgalerie et le Bode-Museum. Peut-être que, comme cela a été le cas pour moi, vous vous posez la question « est-ce que ça vaut le coup d’y aller ? ». Je vous fais une petite présentation histoire de vous aider à vous faire un avis parmi les nombreux musées de Berlin.

Histoire de « l’Île aux Musées »

Le premier musée de l’île, « l’Ancien Musée », a ouvert en 1830 et le complexe de la Museumsinsel fut terminé en 1930. Même si la gigantesque reconstruction projetée par le régime nazi ne fut jamais réalisée, les bâtiments ont été considérablement endommagés ou mis en ruines lors de la Seconde Guerre Mondiale. La reconstruction commença sous le régime de la RDA et l’Île aux Musées a été classée au patrimoine culturel de l’UNESCO en 1999. Un projet de rénovation s’en est suivi et actuellement toujours en cours, notamment pour le Musée de Pergame. Chaque musée est indépendant et possède sa propre thématique. L’autre bâtiment remarquable est le Berliner Dom, principale église protestante de Berlin, avec le Lustgarten à ses pieds.

MUSÉE DE PERGAME

Le Musée de Pergame est peut-être le plus emblématique de l’Île aux Musées de Berlin du fait de la monumentalité de ses chefs-d’œuvre. Sa collection présente des sculptures, objets et architectures de l’Antiquité Greco-Romaine ainsi que du Moyen-Orient et Babylone. Ce sont les archéologues allemands les ont ramenés de leurs expéditions des XIXe et XXe siècles. Actuellement en travaux pour des rénovations, une partie du musée est fermée au public (jusqu’en 2023…) et je n’ai pas pu voir l’Autel de Pergame. Du coup, ma visite du Musée de Pergame a duré environ 1 heure.

Horaires : de 10h à 18h (20h le jeudi)

Tarifs : 19€ (+ accès à Das Panorama)

Durée de la visite : environ 1 heure

Antiquité et Architecture

Après avoir récupéré l’audio-guide (en français et inclus dans le prix d’entrée, ce qui n’est -je crois- pas obligatoirement le cas partout sur l’île aux Musées), on gravit les escaliers pour accéder directement au 1er étage. Le long couloir de l’aile gauche est occupé par La Voie des Processions de Babylone, construite en 604 et 562 avant JC sous le règne du Roi Nabuchodonosor II. Bordée de briques bleues, turquoises et jaunes avec des lions rugissants, celle-ci avait pour mission de mettre en garde les visiteurs malintentionnés qui souhaitaient s’approcher de trop près. La reconstitution est beaucoup plus réduite qu’à l’origine (initialement 180 mètres de long).

 

La rue conduit à l’impressionnante Porte d’Ishtar, déesse de la sexualité, de l’amour et de la guerre. Dotée de la même esthétique en briques peintes, on retrouve les lions (symbole d’Ishtar) mais également d’autres animaux comme des taureaux (symbole de Ada, dieu de la tempête) et une créature hybride (symbole de Marduk, divinité de la cité). Comme le montre la maquette, seule la première porte (15 mètres de hauteur) a été reconstruite dans le musée.

 

Au dos de la Porte d’Ishtar, la salle est consacrée à l’Antiquité Grecque avec l’importante Porte du Marché de Millet, cité portuaire d’Ionie, située sur la côte sud-ouest de l’actuelle Turquie. Plus grand monument recomposé dans un musée, il a survécu au tremblement de terre qui a détruit une grande partie de la ville au cours du Moyen-Âge avant d’être redécouvert par des archéologues allemands au début du XXe siècle. Au sol, une grande mosaïque témoignant elle aussi de l’art hellénistique ainsi que des objets d’époque sont exposés sur le balcon en pierres.

 

Le reste du premier étage du Musée de Pergame m’a semblé nettement plus intéressant avec des salles exposant essentiellement des fragments d’architecture et divers objets d’Asie Mineure, Mésopotamie, Assyrie… Seule la maquette d’une hypothétique reconstitution de la Tour de Babel (loin des fantasmes architecturaux de Brueghel l’Ancien par exemple) m’a fait marquer le pas dans l’enchaînement des salles.

 

Les Arts de l’Islam

Le 2e étage est entièrement dédié à la culture visuelle du Proche et Moyen-Orient. Les vitrines présentent des objets et fragments mettant en évidence l’esthétique du motif. Parmi les pièces remarquables de la collection, deux mihrabs (niche de prière orientée en direction de La Mecque) des XIe et XIIIe siècles, finement ornés de rinceaux et de calligraphies sculptés et peints. Juste après un plafond voûté en cèdre et peuplier provenant de l’Alhambra et me rappelant ceux des Palais de Marrakech (mais en moins impressionnant).

 

Les dernières salles présentent le mur de façade du Palais de Mshatta, datant du VIIIe siècle, finement sculpté de motifs floraux et et d’animaux, évoquant le Jardin d’Eden. Puis, après une série de salles exposant de l’art des tapis orientaux (mis en relation avec sa figuration dans l’histoire de la peinture occidentale), on accède à La Chambre d’Alep (entre 1600 et 1603). Cette salle de réception en bois appartenait à un riche commerçant chrétien et est le plus vieil exemple de peintures dans un lieu d’habitation à l’époque ottomane en Syrie. Témoignant du mélange culturel de deux communautés religieuses (fût un temps où la tolérance et la compréhension réciproques existaient… si si !), on retrouve des extraits de psaumes de l’Ancien Testament, des proverbes arabes, des formules persanes, des représentations figuratives végétales et florales, des personnages religieux ainsi que motifs géométriques arabes. On peut passer de nombreuses minutes à observer l’ensemble.

 

ALTE NATIONALGALERIE

La Alte Nationalgalerie est le premier lieu de l’Île aux Musées que j’avais décidé de visiter. La forme de son architecture reprend celle des temples grecs (c’est pas les colonnes qui manquent dans le coin ! Néo-Classicisme, quand tu nous tiens…). C’est davantage et surtout pour sa collection de peintures du XIXe siècle que je souhaitais le parcourir.

Horaires : de 10h à 18h (jusqu’à 20h le jeudi)

Tarifs : 10€

Durée de la visite : 1 à 2 heures

 

En pénétrant dans le bâtiment, le grand hall avec ses escaliers en impose toute de suite. Ensuite, les salles sont très différentes les unes des autres mais l’esthétique architectural du XIXe siècle demeure le fil conducteur avec marbre, dorures, parquet niches… Sur la partie arrière, des petites pièces sont disposées à la manière d’un déambulatoire.

Classicisme et Réalisme

La première salle est consacrée à des sculptures du Néo-Classicisme. Autant vous dire que je ne me suis pas attardé… (oulala, mais où est-ce que je suis allé moi… ?) En revanche, belle surprise, histoire de se rabibocher, la suivante présente des œuvres d’artistes plus familiers. On retrouve ainsi plusieurs tableaux de Gustave Courbet (dont La Vague, 1870), où l’on peut observer l’empâtement au couteau), de John Constable, de Francisco de Goya, un Nu Assis d’Eugène Delacroix dont je me suis délecté de la touche à la brosse pour rendre les volumes et la couleur.

La Vague (1870) Gustave Courbet (détail)

Nu assis (Mademoiselle Rose) (1821) Eugène Delacroix (détail)

Ensuite, on saute à pieds joints dans la peinture allemande du XIXe siècle ! Scènes historiques (souvent miliaires…) au rendu réaliste arborent les murs à travers de plus ou moins grands formats. Ainsi, on retrouve ses plus illustres représentants que sont Anton von Wermer et Adolph von Menzel. Si le premier est saisissant pour sa précision presque photographique, le deuxième est remarquable et déroutant par sa polyvalence. Capable de peindre une pompeuse scène de Frédéric II de Prusse jouant de la flûte au Palais de Sanssouci en devant une assemblée façon Barry Lyndon, éclairée à la bougie, il peut également peindre le réalisme social de La Forge (Cyclopes modernes) (1875).

Im Etappenquartier for Paris (1894) Anton von Wermer

Flötenkonzert Friedrichs des Großen in Sanssouci (1852)
Adolph von Menzel

Sa touche sait également être contemporaine en prenant/peignant son pied (1876), en étant plus libérée (et davantage intéressante à mon goût) dans Studentenfackelzug. Ses études de têtes des chevaux brossées (1848) sont également somptueuses. Les salles suivantes exposent des artistes plus modernes avec des peintures de Vilhelm Hammershøi (Sonnige Stube, 1905) à qui Jean de Loisy a consacré une émission sur France Culture, Georg Kolbe (Die Glode Insel, 1898) ou encore Leo von König (Am Frühstückstisch, 1907) qui ont retenu mon attention.

Studentenfackelzug (1859) Adolph Menzel (détail)

Am Frühstückstisch (1907) Leo Von König

 

Idéalisme, Réalisme et Impressionnisme

L’arrivée au 2e étage se manifeste par un splendide hall cylindrique bordeau avec des niches, supplanté d’une dôme bleu ciel. Ce niveau est en grande partie consacré à la sculpture et à la peinture allemande avec Reinhold et Karl Begas, Wilhelm Leibl, Max Lierbermann ainsi que l’École de Munich. Même si j’ai nettement moins goûté cette partie, j’ai fait la belle découverte des tableaux de Carl Schuch que je ne connaissais pas. J’ai été séduit par sa facture, proche de la touche cézanienne.

Toter Fuchs (1882/1883) Carl Schuch

Flachsscheuer (1887) Max Liebermann

La grande salle centrale présente un grand nom du symbolisme avec deux œuvres du peintre suisse Arnold Böcklin : une des cinq versions de L’Île des Morts (1883) et Meeresbrandung (Der Schall) (1879). Le premier représente un bateau se dirigeant vers une île rocheuse avec des cyprès et une architecture troglodyte. Deux personnages sont sur l’embarcation, un défunt dressé dans un linceul et le passeur qui le conduit pour l’amener dans le royaume des morts. Pour en savoir sur ce tableau, rendez-vous ici. Mis à part ces deux tableaux, pas grand-chose à se mettre sous la dent sinon un paysage pointilliste grand format de Giovanni Segantini, Ritorno al paese natio (1895) qui mérite de s’approcher de très près afin d’en admirer la polychromie.

L’Île des Morts (1883)

Meeresbrandung (Der Schall) (1879)

Enfin, l’art français de la fin du XIXe et du début du XXe siècles est exposé avec les peintres impressionnistes Édouard Manet (quel beau prénom !), Claude Monet, Paul Cézanne… On retrouve également des sculptures d’Auguste Rodin, saisissantes par la variété de leur traitement : la métaphysique L’Homme et sa Pensée (1900) associant fini et non-fini, le très (trop ?) maniéré Âge d’airain (1877), un fier et ténébreux buste de Jules Dalou (1883). Evidemment, la Alte Nationagaelrie de Berlin possède sa version (réduite) du Penseur. La petite salle derrière présente quelques tableaux post-impressionnistes dont Pêcheuses Tahitiennes (1891) de Paul Gauguin. De mémoire (j’ai pas tout pris en photo…), je crois qu’il y avait également un Jongkind et un Van Gogh.

L’Homme et sa pensée (1900) Auguste Rodin

Saint-Germain l’Auxerrois à Paris (1867) Claude Monet

Nature morte (fruits et pots) (1870) Paul Cézanne

Jules Dalou (1883) Auguste Rodin

 

Néo-Classicisme et Romantisme

Les escaliers finissent par conduire au dernier étage (c’est souvent comme ça…). Le palier supérieur présente des sculptures de Johann Gottfried Schadow (qui a notamment réalisé le quadrige au sommet de la Porte de Brandebourg à Berlin). Une pièce annexe abrite les fresques de la Casa Bartholdy à Rome, réalisées par Philipp Veit, Peter Cornelius, Wilhelm Schadow et Friedrich Overbeck vers 1887 (mais pourquoi encore vouloir faire du Renaissant au XIXe siècle ? Faut vivre avec votre époque les gars !).

 

Les salles suivantes font la part belle au mouvement artistique du Romantisme allemand. Ainsi, la nature, dans son rapport avec l’Homme (et surtout vice-versa), s’expose à travers des paysages aux couleurs exaltées. On retrouve par exemple cela dans Die Blaue Grotte auf Capri (1860) de Carl Friedrich Seiffert. Le principe fonctionne également avec la dialectique naturel/culturel avec l’architecture (autre manifestation artificielle de l’Homme et déjà présente dès la Renaissance Italienne), chez Karl Friedrich Schinkel. Evidemment, il était également architecte (il a conçu le Altes Museum) mais ici, les constructions sont religieuses… Comprenne qui voudra la sublimation par la spiritualité…

Cité médiévale au bord d’un fleuve (1815) ▲

◀︎ Cathédrale gothique au bord de l’eau (1813)

Enfin, le clou du spectacle immobile, un espace entier est consacré à Caspar David Friedrich. Prendre son billet d’entrée pour l’Île aux Musées vaut presque le coup rien que pour cette salle. Ça m’a fait le même effet que la première fois où je me suis retrouvé nez-à-nez avec un Van Gogh au Musée d’Orsay. Voir Le moine au bord de la mer en vrai, se perdre dans l’horizon bleuté, laisser errer le regard et l’esprit, comme le personnage, officiant en médium entre nous et le paysage.

Le moine au bord de la mer (1809/1810)

 

Parmi la douzaine de tableaux présentés, on peut également admirer les femmes contemplant un Lever de lune sur la mer (1822) ou le paysage montagneux Der Watzmann (1824/1825). L’Homme face à l’immensité de la nature, le sentiment de vanité n’est jamais très loin. En observant les détails de l’Abbaye dans une forêt de chênes (1809/1810), j’ai aussi pu découvrir que les contours sont dessinés par un trait noir, accentuant de ce fait le contraste graphique.

Abbaye dans une forêt de chênes (1809/1810)

Lever de lune sur la mer (1822) ►

 

La Alte Nationalgalerie a été une belle surprise. Avec son aspect extérieur classique aussi austère que pompeux, je m’attendais à un musée poussiéreux comme je ne les aime pas. L’entrée dans le hall ne semblait pas me contredire : « c’est pas ici que je vais me dilater ma pupille… » Cependant, la collection est beaucoup plus riche et intéressante que ce que j’avais imaginé. Et, finalement, au fur et à mesure des salles, j’ai pris du plaisir à admirer les œuvres. Il y a évidemment à prendre et à laisser (d’autant plus si on n’est pas fan de peinture d’histoire réaliste allemande…) mais le musée possède de vrais chefs-d’œuvre. Pour information, j’ai mis 2h30 pour la visite en prenant mon temps mais on peut raisonnablement le faire en 1h30, d’autant plus si vous souhaitez faire les cinq lieux de l’Île aux Musées.

 

MUSÉE DE BODE

Somptueux palais néo-baroque édifié entre 1897 et 1904, le Bode-Museum est photogéniquement placé à la pointe Nord de l’Île aux Musées, au bord de la Spree. J’y suis surtout allé pour découvrir l’architecture du bâtiment. Néanmoins, rouvert depuis 2006 après rénovation, il abrite de nombreuses œuvres, principalement médiévales et renaissantes, dont certaines de grands noms.

Horaires : de 10h à 18h (jusqu’à 20h le jeudi)

Tarifs : 12€

Durée de la visite : environ 1 heure

l’Île aux Musées et la Spree

Les photos de mon guide (et celles vues sur internet pour décider de ma visite du Musée de Bode ou pas) annonçaient un lieu déjà remarquable pour son architecture. Son aspect extérieur ne semblait pas contredire la rumeur mais, effectivement, l’intérieur du palais est saisissant. Le hall d’entrée est un grand volume blanc de style baroque, doucement éclairé par l’oculus d’un dôme. De part et d’autre de la statue équestre qui domine l’entrée, deux escaliers montent vers une terrasse aujourd’hui occupée par une chic cafétéria.

 

N’oubliez pas de prendre le plan pour déambuler dans les salles parce que le parcours est pour le moins labyrinthique ! Même si l’ensemble est symétrique, on se perd vite dans ce grand triangle où il faut parfois revenir sur ses pas. Une fois le hall passé, on accède à, surprise, une chapelle intégrée au cœur du bâtiment ! La salle, appelée « Basilika » même, n’a rien d’exceptionnel en soi (quelques peintures dans les chapelles latérales) mais sa présence au sein du bâtiment est pour le moins stupéfiante. Pourtant, dès son origine, le musée était destiné à recevoir les collections des différentes époques chrétiennes. Je n’ai donc pas d’explication à vous fournir… Ensuite, un magistral escalier néo-baroque sous un grand dôme conduit à l’étage supérieur (ou, par un petit passage « secret », à l’étage inférieur pour les expositions temporaires).

© L’Oeil d’Édouard

Toutefois, prenez le temps de visiter le rez-de-chaussée car on y trouve quelques œuvres intéressantes comme, dans une salle consacrée à la sculpture, la gracieuse Danseuse (1809/1812) d’Antonio Canova, en appui sur une seule jambe telle la Victoire de Samothrace (après restauration !). Décidément, il est le sculpteur de l’apesanteur, sachant donner une incroyable légèreté au marbre. Plusieurs salles présentent divers objets et peintures renaissants et baroques jusqu’à la salle 121 qui présentent plusieurs représentations de la « Vierge à l’Enfant » avec des grands noms italiens : Fra Angelico, Paolo Uccello… et surtout Donatello dans les bas-reliefs sont toujours d’une grande subtilité. Deux petits formats peints par Masaccio en 1426, Le Calvaire de Saint-Pierre et Saint-Paul et Un Saint Carmélite, se cachent derrière.

Vierge à l’Enfant (vers 1420) Donatello ▲

Danseuse (1809/1812) Antonio Canova ►

 

Ensuite, je vous confesse que j’ai plutôt traversé les salles sans marquer un grand intérêt… Je me suis toutefois attardé devant les Mosaïques de Ravenne, quelques-uns des nombreux retables peints ou sculptés de l’aile Est, puis à l’étage, un petit Adam et Eve (1533) par Cranach, un Hubert Robert compilant Les ruines de Nîmes, Orange et Saint-Rémy-de-Provence (1783/89), des reproductions du retable de L’Agneau Mystique de Jan Van Eyck, exposé à Gand, et de la Descente de Croix de Rogier Van Der Weyden. Le premier effet a été déroutant de les voir là au départ !!

 

Enfin, dans une petite pièce du premier étage, j’ai découvert le remarquable Satyre et une panthère sculpté par Gian Lorenzo Bernini vers 1615. L’artiste italien, célèbre pour le « scandaleux » Extase de Sainte-Thérèse, figure un instant suspendu : le personnage, assoiffé, presse une grappe de raisin et attend avec impatience la moindre petite goutte. Comme la panthère en-dessous également, prête à bondir en cas de perte. A l’instar de la tension qu’il existe dans La Création d’Adam de Michel-Ange, Le Bernin nous donne à voir un « moment d’avant » d’une très forte intensité. Nous nous retrouvons, nous, aussi pendus aux lèvres de Satyre, comme si le nectar allait réellement jaillir… Délicieux !

© L’Oeil d’Édouard

 

ALTES MUSEUM et NEUES MUSEUM

Pour être honnête, je ne m’attendais pas à grand-chose et j’étais plutôt parti pour traverser les salles pour juste voir à quoi ressemblaient les musées. Au final, l’Île aux Musées de Berlin a été une belle surprise et je me suis laissé prendre au jeu car les collections sont plus intéressantes que ce que j’avais pensé. Du coup, je n’ai plus eu assez de temps pour visiter le Altes Museum, bâti par le peintre et architecte Schinkel, consacré à l’Antiquité avec des objets de civilisations grecque, romaine et étrusque, et le Neues Museum dédié à l’art égyptien, avec notamment le Buste de Néfertiti, et la Préhistoire.

Horaires : de 10h à 18h (jusqu’à 20h le jeudi)

Tarifs : 10€ Altes Museum / 12€ Neues Museum

Durée de la visite : ?

🎟 Bons plans :

Chaque musée dispose d’un billet unique (10, 12 à 19€) mais un Pass Île aux Musées compile les 5 billets d’entrée en un pour 18€ (audioguide en plusieurs dont français inclus dans le tarif). L’investissement est donc amorti dès le deuxième musée visité. Si vous voulez faire l’ensemble des cinq lieux, comptez plusieurs heures (une bonne demie-journée) selon votre sensibilité. Les cinq musées sont ouverts tous les jours de la semaine.

A savoir aussi qu’il y a plus ou moins une longue file d’attente pour le Neues Museum et le Musée de Pergame (1/2h pour moi en période creuse mais possiblement plus d’une heure d’après la longueur des barrières…). Il existe des billets en pré-vente spécifiquement pour le Neues Museum et pour le Pergamonmuseum qui ont l’avantage d’être coupe-file (je les ai vus passer sous mes yeux alors j’attendais presque patiemment mon tour…). Cela peut donc être intéressant si vous ne voulez pas voir tous les musées et que votre temps est compté sur Berlin.

 

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