Idée week-end en Belgique : Anvers et Malines

2016 week-end à Bruxelles, 2017 week-end à Bruges & Gand, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? L’appel de la Belgique 🇧🇪 m’est irrésistible, rendez-vous est donc pris avec le plat pays en ce début juin cette fois du côté d’Anvers et Malines. Une idée week-end en Belgique originale pour changer des villes touristiques belges traditionnelles. 

Idée week-end en Belgique #1: Malines, bien plus maline qu’elle n’y paraît !

Malines s’inscrit dans le sillage de ces petites villes de province qui ne m’évoquent pas grand-chose (qui plus est en Belgique) et que je suis bien incapable de replacer sur une carte sans l’aide de GoogleMaps

Dans ces conditions vous vous demanderez (et c’est bien légitime) comment j’ai pu atterrir dans cette ville dont la notoriété ne rime en rien avec spontanée.

En fait tout a commencé sur Facebook où un jour au hasard d’une errance sur mon fil d’actualité je tombe sur des photos d’un lieu réunissant tous les ingrédients pour que je tombe en amour ❤️❤️: verrière, Art nouveau, mystère, splendeur…tout y est ! Or ce bijou tout en couleurs c’est le Jardin d’hiver du Couvent des Ursulines et devinez où il se situe ? A Malines évidemment ! Enfin plus précisément à Wavre-Notre-Dame, un village juste à côté.

  • Le couvent des Ursulines

Juin 2018, je passe donc de la visite virtuelle à la visite bien réelle du lieu en compagnie d’un guide qui, une fois n’est pas coutume, saura me sortir de la simple béatitude contemplative pour me diriger vers l’histoire du lieu. Et quelle histoire !

Je ne vais pas tout vous retracer dans cet article, je ne suis pas historienne, je préfère donc vous résumer ce que j’ai retenu et qui me semble le plus remarquable :

Tout d’abord, dans ces 3 mots : Art Nouveau – couvent – Sœurs Ursulines ; vous ne trouvez pas qu’il y a un intrus ? Que vient faire un courant aussi avant-gardiste que l’Art Nouveau dans un couvent alors qu’en Belgique (et ailleurs) c’est plutôt  dans les gares, les hôtels particuliers de riches industriels ou dans les grands magasins que ce mouvement s’épanouit ? Quelle mouche a piqué nos sœurs pour accepter tant de modernité dans un établissement religieux ?

2 explications :

  1.  Quand le curé convoque au XIXe Siècle, 8 sœurs ursulines dans le village de Wavre-Notre-Dame ce n’est pas tant pour fonder un couvent qu’une école pour les filles pauvres du village. Leur défi principal ? Trouver des fonds pour assurer l’enseignement. Très vite les sœurs Ursulines ont la bonne idée de fonder un pensionnat payant ouvert aux filles de bonnes familles de Belgique et d’ailleurs. Le succès du « Pensionnat de Demoiselles » est immédiat. Des familles fortunées  de tout le pays mais aussi du Canada, d’Amérique Latine ou des Etats-Unis envoient leurs filles pour leur faire bénéficier d’un enseignement de qualité en français s’il vous plait (langue de la diplomatie internationale et de la culture à l’époque).
  2.  Vous l’aurez compris nos sœurs Ursulines ont la fibre entrepreneuriale ! Surtout elles savent rester connectées à leur temps ! Progressistes dans l’âme elles ont tôt fait de comprendre que pour assurer la réputation de leur établissement elles se devaient de suivre les tendances que ce soit du côté de l’éducation ou … de la déco pour dire les choses basiquement. Or quoi de mieux que l’Art Nouveau, style très en vogue à l’époque pour en mettre plein la vue ? C’est ainsi qu’est né le jardin d’hiver, sorte de showroom coloré destiné à accueillir parents et hôtes de marque venus rendre visite à leur progéniture.

Mais le couvent des Ursulines ce n’est pas que cette verrière, aussi splendide soit-elle ! En arrivant je pensais que la visite allait durer une demi heure maxi, le temps de mitrailler les multiples détails colorés de la verrière et le mobilier qui l’accompagne. J’avais tort. Ce que je pensais se résumer à la visite… d’une pièce s’est converti en un voyage de 2h (et ça aurait pu durer 3h tellement le site est grand et le guide passionné !)dans le labyrinthe de salles et de couloirs de l’immense pensionnat.

2h c’est finalement le minium pour comprendre combien cet établissement est  à part. C’est en quelque sorte une « école de beauté » à tous les étages. Couloirs, réfectoire, salles sont souvent ornées de fresques qui ne se limitent à « faire joli ». Par exemple dans une des salles, des fresques illustrent quelques-unes des  fables de La Fontaine. Sous la fresque, la morale est  inscrite de toutes lettres ; idéal pour inculquer « l’air de rien » quelque règles de conduite aux élèves. Autre pièce phare à voir absolument, la galerie des pianos composée d’un couloir desservant 24 cellules abritant chacune ledit instrument alors roi à l’époque car au XIXe Siècle  « jouer du piano » fait partie des attributs féminins.

➡️ Infos pratiques visite du couvent des Ursulines 

C’est là que ça se complique dans le sens où le couvent n’est pas à Malines même mais dans un village en périphérie. Question accès, le plus simple si il fait beau c’est probablement d’y aller à vélo, il y a des pistes cyclables qui permettent de s’y rendre et il faut compter une demi-heure.

En outre les visites guidées pour individuels sont limitées puisqu’elles n’ont lieu que le dimanche entre mars et octobre à parti de 14h30. Le lieu est restée une école toujours fréquentée c’est pourquoi ce n’est pas accessible en semaine.

Coût de la visite: 10€

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  • Les autres charmes de Malines

>> Le centre historique

On peut s’en douter, Malines dans l’ombre de ses voisines cosmopolites que sont Bruxelles ou Anvers a bien du mal à exister. Pourtant il m’aura suffi d’une fin d’après-midi ensoleillée de juin pour tomber sous charme de cette ville dont je n’attendais rien et qui m’a offert bien des surprises !

Tout a commencé sur le Grand place (Grote Markt en flamand), celle qu’on retrouve dans nombre de villes flamandes et qui offre en un seul coup d’œil tout ce pittoresque flamand que j’aime tant : quelques façades à pignons dentelées, des vélos, un beffroi, le décor est planté. Pour parfaire le tableau je m’attable en terrasse et commande… une bière belge, et même Malinoise (cf encart bière) !

Une visite guidée en compagnie du la charmante Veerle de l’office de tourisme me permettent d’aller au delà de la simple vitrine. Tous les édifices qui composent la vieille ville sont autant de témoignages d’une splendeur passée.

Ce passé glorieux de Malines on le doit à 2 choses. D’abord sa situation sur la rivière Dyle et qui en fait au Moyen-Âge une cité importante de Flandres, alors centre actif de fabrication de draps. Ensuite il y a à une femme, Marguerite d’Autriche dont la statue trône en bonne place dans la ville et qui apportera au XVIe  Siècle sa touche d’humanisme et de faste à la ville.

Bonus bière 🍺 : A Malines il faut impérativement commander une Maneblusser issue de The basserie de Malines Het Anker. C’est une « bière de ville facile à boire et source de plaisir », dixit la page promotionnelle et que je confirme après en avoir faire mon apéro durant ces 2 jours à Malines. 

>> Le Beffroi ou Tour Saint Rombaut

Le monument phare de tout ville belge qui se respecte c’est le fameux… beffroi ! Ces tours qui se dressent avec fierté et coquetterie chacune dans sa ville et dans son style (le plus souvent roman, gothique ou Renaissance), l’UNESCO a décidé d’en classer 32 au Patrimoine de l’Humanité dès 1999 ! Et parmi ces 32 beffrois classés, devinez lequel on trouve… celui de Malines ! Qui est-ce qui a gravi les 538 marches de ce colosse de pierre de près de 100 mètres ? C’est bibi, qui a soufflé, transpiré le tout dans un concert de carillons donné chaque quart d’heure ! Parfait pour cadencer mon ascension et surtout me faire prendre conscience que monter au sommet est une entreprise de haute lutte qui prend…plus de 15 minutes !

Mais à Malines on n’utilise pas uniquement le carillon pour marquer le quart d’heure. A Malines on aime se démarquer et on le fait savoir en faisant raisonner les cloches toutes les 7 minutes 1/2 (Les Malinois l’appellent le « Mechels halfke » ou « petit demi de Malines »). Surtout à Malines on cultive l’amour des cloches qui sonnent au point de l’enseigner à l’Ecole Royale de Carillon, rien de moins !

➡️ Infos pratiques visite de la Tour St Rombaut

Comptez environ 1H pour monter et prendre des photos au sommet
Ouvert tous les jours de 13h à 18h (10h à 18h le samedi)
Prix par adulte: 8€
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>> Balade en bateau sur la Dyle

Bon j’avoue, cette sortie bateau n’avait pas le romantisme de celle que j’ai pu vivre à Bruges, ne serait-ce qu’à cause de la météo couleur de plomb et non d’azur. Et en Belgique quand le ciel est gris, le pays l’est aussi.

Le soleil n’était donc pas de la partie mais les canards eux l’étaient. Il faut dire que le bateau qui s’apparente plus à une barque qu’à une bateau-croisière facilite l’intimité avec les canards et le monde aquatique. Quant au monde de la ville, les habitants, les ruelles, les façades, tout ça on le visionne au ralenti et en toute discrétion. Durant cette balade d’une heure, j’avais l’impression de pouvoir observer en catimini les coulisses de la ville, la rivière faisant souvent office de frontière. Les parcs, les arrière-cours, les habitations s’arrêtent là ou commence la Dyle.

➡️ Infos pratiques croisière sur la Dyle

Durée: 1H
Prix: 6.5€
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Où manger à Malines ?

De Graspoort

Ô la charmante petite cour intérieure avec ses plantes, ses guirlandes et son chat ! Je me suis sentie immédiatement à mon aise dans ce tout petit restaurant où tout est écrit en flamand et où tous les clients sont flamands sauf moi et un journaliste du Lonely Planet atterri là par hasard et qui, comme moi ne l’a aucunement regretté !

Plats entre 16 et 23€.

Où dormir à Malines ?

Holiday Inn Express

Un établissement certes de chaîne mais  très bien placé à deux pas de la « Grote Markt » (Grand Place) etconforme aux attentes d’un client lambda. Petit déjeuner hyper varié et cadre épuré bien qu’un poil trop conformiste à mon goût.

Chambres entre 85€ et 125€ pour deux selon période de l’année et standing.

Idée week-end en Belgique #2: Anvers

Après Malines la discrète, place à Anvers l’avant-gardiste. Avant de me lancer à corps perdu dans le récit de ma micro expérience anversoise (celle ci ayant duré moins de 24H), je ne saurais trop vous recommander de consulter  l’article de mon acolyte de blog Edouard. Pour admirer l’or, le marbre et les stucs des innombrables monuments qui composent la vielle ville d’Anvers, lisez son article !

Edouard ayant fait sa part pour la vielle ville, j’ai mis à profit mes quelques heures sur place pour m’éloigner du centre et explorer l’envers du décor anversois (Ahhh le mauvais jeu de mots): le port, les bords du fleuve (l’Escaut) et les quartiers alentours où fleurissent les architectures les plus audacieuses. Tour d’horizon express d’Anvers dans sa version portuaire et moderne.

  • Au bord de l’Escaut

Avant toute chose, une petit rappel géographique s’impose. Anvers est une ville d’estuaire, qui s’est développée au bord de l’Escaut,  cordon ombilical entre la mer du Nord et les entrailles de la ville et qui a largement contribué à son essor économique hier comme aujourd’hui.

Plus on s’approche de rives de l’Escaut plus le paysage s’ouvre tout en « s’industrialisant ». Les grues, les entrepôts, les éoliennes ne trompent pas sur la nature résolument portuaire et industrielle de la ville. C’est le soir venu que je me suis baladée  sur la terrasse promenade qui surplombe le fleuve. Ici on change d’air et d’ambiance. Exit les grandes artères commerçantes grouillantes de monde arpentées en long, en large et en travers à pied faute d’avoir trouvé un vélo disponible (chose bien dommage pour un ville du Nord et très bien dotée en pistes cyclables). Exit les façades à pignons et les ruelles étroites, bonjour l’horizon, les immenses cargos de marchandises et le coucher de soleil sur un paysage d’eau et d’acier.

  • Resto posé sur l’eau

Au bout de la promenade il y a le RAS. RAS comme Rien A Signaler ? Au contraire, je le signale car c’est là que j’ai eu le plaisir de dîner dans un cadre ultra moderne des plats où poissons et crustacés sont à l’honneur, proximité avec la mer oblige ! Cette soirée tout simplement parfaite reste un de mes meilleurs moments à Anvers.

Comptez entre 22€ et 32€ le plat
http://www.ras.today/fr 

  • Au bord des docks

Allez on part s’encanailler ou plutôt se « bobo-iser » dans le quartier des Marins appelé en flamand « Het Eilandje ». Dans ce coin d’Anvers, les lignes épurées de bâtiments ultra modernes cohabitent avec des témoins divers et variés de l’activité portuaire: docks, grues, entrepôts, écluses… Ici on baigne dans le non conformisme entre lofts très modernes, bars branchés et patrimoine portuaire.

  • Comme un diamant qui flotte dans les airs…

 

C’est un peu l’impression que m’a donné ce bâtiment qui se voit de très loin et qui en impose de près avec ses facettes en verre et sa forme géométrique  très futuriste. Que fait cet ovni ici ? Inauguré en 2016, on doit son design à l’architecte star Zaha Hadid suite à une commande de la ville d’agrandissement du siège de l’administration portuaire  où travaillent beaucoup, beaucoup de salariés. Comment peut-il en être autrement qu’on est le 2e port d’Europe !? Côté symboles, l’architecte a puisé dans l’ADN de la ville : la forme rappelle la proue d’un navire en référence à l’activité portuaire. Quant aux facettes de verre, c’est un clin d’œil aux diamants et à son commerce qui ont fait l’histoire et la richesse de la ville.

 

De là j’ai ensuite poussé jusqu’au bar Paniek, institution de la branchitude où l’on sirote une bière belge au milieu des plantes vertes et au bord d’un ponton où sont accostés des bateaux croisières pour la journée. En allant passer la commande au bar, un coup d’œil au hangar d’à côté s’impose. Y est entreposé un bric à brac faussement en désordre de trucs invraisemblables.

  • Le MAS ou Museum aan de Stroom  (musée sur le cours d’eau)

Ma promenade design – arty se poursuit à quelques 10-15 min à pied du bar Paniek sur la Hanzestedenplaats ( Oui c’est imprononçable mais nous sommes en Flandres, n’oubliez pas😉). Entre deux bassins creusés au XIXeS à la demande de Napoléon surgit une tour en briques et en verre au design très contemporain. Il s’agit du MAS (après le RAS on peut dire qu’ils aiment les sigles à Anvers), un musée dédié à des sujets très divers et parfois existentiels: l’alimentation, la vie, la mort, la fête, l’art précolombien, le commerce et la navigation. Arrivée une heure avant la fermeture, j’ai dû faire à la hâte (ô frustration) les 9 étages (!!!) qui le composent. A chaque étage, une exposition à chaque fois très différente de la précédente. Pour visiter sereinement et savourer en fin de parcours le panorama depuis le toit terrasse, je dirais qu’il faut compter une après-midi. Pas moins.

➡️ Infos pratiques visite du MAS

En été, ouvert de 10h à 17h (18h le week-end)
Fermé le lundi
Prix du Billet: 10€ (prix abordable si on le ramène au nombre d’étages et donc d’expositions)
https://www.mas.be/fr 

Où dormir à Anvers ?

Hotel Rubens⭐⭐⭐⭐

J’y ai passé une nuit express (départ tôt le lendemain matin) mais c’était suffisant pour apprécier le design chic et sobre de l’établissement et la qualité incomparable de l’immense literie ! Faut-il préciser que l’hôtel est situé au cœur de la ville, là encore à deux minutes  montre en main de la « Grote Markt »

Comptez 140€ minimum pour 2 en chambre standard

Comment se rendre à Malines et Anvers ?

BrusselAirlines a lancé cette année le High Belgium Pass: un pass vol A/R vers Bruxelles + train illimité en Belgique + navette aéroport + attractions  pour 2 villes de son choix en Belgique, le tout au tarif de 149€ tout compris !

C’est tout simplement hyper pratique, car ca permet de s’offrir un week-end dans 2 villes belges à petit prix ! En plus c’est tout à fait adapté à la Belgique, un petit pays avec de courtes distances depuis la capitale Bruxelloise.

Exemple de distances en train:
Bruxelles – Anvers = 1h10
Bruxelles – Malines = 22min | Aéroport de Bruxelles – Malines = 11 minutes !!
Bruxelles – Bruges = 1h20-30
Bruxelles – Gand = 20min

 

Photos d’Anvers et Malines

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