Étape bretonne à PONT-AVEN

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Pont-Aven doit sa renommée à deux choses, ses galettes pur beurre (issues des moulins à farine situés le long de sa rivière et célébrées en 1975 par le film éponyme de Joël Séria), et l’installation de nombreux peintres dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Pour ma part, c’est au cours d’un road trip en Bretagne que j’ai fait étape dans ce fameux bourg du Finistère, cité parmi les villages préférés des Français.

 

Pont-Aven, « la cité des peintres »

Profitant de l’invention du tube à peinture (1841), des artistes, essentiellement post-impressionnistes, sont venus poser leur chevalet en plein air. Ils venaient chercher et trouver ici le calme, le pittoresque et un certain exotisme (pour pas cher et pas loin), la lumière et les couleurs de paysages (port, rivière, champs, bord de mer…) mais aussi des scènes de vie quotidienne. Parmi les plus illustres peintres de ce qu’on a appelé l’école de Pont-Aven, Maurice Denis, Paul Sérusier et Émile Bernard et surtout Paul Gauguin, avant son départ pour Tahiti, logeant à la pension Gloanec et payant en tableaux. Le musée de Pont-Aven met à l’honneur cette période faste. Depuis, cette notoriété s’est ainsi perpétuée en surnommant le village breton « la cité des peintres ». Ainsi, une foultitude de galeries d’art (les marchands fleurant bon le potentiel commercial du chic label…) ornent les trottoirs.

La visite touristique se résume à trois rues, une place « et au milieu coule une rivière » (si vous vous demandez quoi faire à Pont-Aven, ben… pas grand-chose en fait… une demi-journée sera suffisante…). Fruit d’une certaine auto-muséification touristique presque caricaturale, on y trouve essentiellement des galeries et des boutiques de marinières ou de biscuits bretons (au sujet des meilleurs restaurants à Pont-Aven, je me permets de vous renvoyer sur TripAdvisor).

Visiter Pont-Aven à pied

Au fil de l’Aven

À Pont-Aven, tout (ou presque) se passe le long de la rivière, l’Aven. Le cœur du village tient en moins d’1 km et on le traverse en quelques dizaines de minutes. Après avoir garé la voiture (voir les infos pratiques plus bas), direction le centre puis, plutôt que de longer encore le trottoir, les pieds ont suivi le regard se glissant dans un passage, pour découvrir la promenade Xavier Grall avec ses petites passerelles au-dessus de la rivière et au milieu des branches mouchetées de fleurs. L’envers du décor asphalte/boutiques/tohu-bohu touristique a séduit la rétine avec de tout à fait charmantes vues pittoresques. En aval, le chaos de l’Aven, composition géologique de rochers émergeant du lit façon palet breton de golems. Quelques familles s’y rafraichissent les pattes, les canards aussi, dans un regard réciproque.

Néanmoins, au niveau du pont, une vue sur la rivière avec les lavoirs d’époque à l’arrière des jardins et sur les toilettes publiques suspendues ajoute tout de même une touche d’authenticité vernaculaire. Puis, un peu plus bas, quelques maisons de pierre exposent leurs charmantes architectures tandis que les points de vue pittoresques sur l’Aven se multiplient avec des bassins à écluses bordés de végétation et quelques volatiles heureux.

On arrive ensuite à l’ancien moulin du Grand-Poulguin (à farine, pour… les galettes ; aujourd’hui restaurant). Puis, sculpté aux motifs de branches, le pont de… Pont-Aven… surpassant l’Aven… (CQFD). De là, peut-être les plus belles vues « carte postale de Pont-Aven » avec, en particulier, une belle perspective sur le port de plaisance et ses bateaux, typique de nombreuses villes de Bretagne (Dinan, Vannes, Auray… et tant d’autres !). On pourra alors se promener le long du quai Botrel (et ses étals du marché, le mardi), jusqu’au square. Sujet aux variations de la marée et de la lumière, le paysage se métamorphosera selon le moment de la journée.

le port de plaisance de Pont-Aven © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷

En remontant au nord du centre-bourg, un petit coup d’œil dans l’église Saint-Joseph. Bâtie en 1874 dans un style néo-gothique, elle ne paie pas de mine depuis la placette mais, à l’intérieur, l’atmosphère baigne dans une riche palette poylychrome, infusée par les lumineux vitraux modernes évoquant les vies de ses patrons Saint Joseph et Saint Mathurin, ainsi qu’un hommage aux abbés Tanguy, déportés et morts dans les camps pendant la 2nde guerre mondiale. Aussi, trois peintures d’Émile Bernard : un chemin de croix, une crucifixion et une descente de croix.

 

Enfin, pour boucler la boucle de la visite de Pont-Aven, je suis revenu sur l’autre rive, par la promenade du bois d’Amour. Il s’agit d’un charmant et agréable sentier à l’ombre d’un sous-bois et à la fraîcheur de l’Aven que l’on longe. Les peintres (dont Sérusier pour son tableau Le Talisman, peint en 1888, exposé au musée d’Orsay) venaient ici s’inspirer de la lumière filtrée par le moucharabieh naturel des arbres et des nuances de couleurs. Sur le sentier, le moulin neuf, un groupement de maisons en pierre (la parabole n’est, je crois, pas d’époque…). Un itinéraire en boucle est possible.

La chapelle Notre-Dame de Trémalo

Située sur les hauteurs de Pont-Aven, l’idée avait été de s’y rendre à pied. Si les premières minutes de marche sur le sentier dans les bois sont agréables, avec quelques vues dominantes sur le village et la rivière, elles ont petit à petit laissé place à un chaud et long chemin de croix (façon de parler) le long d’une petite route. En fin de compte, après 20 minutes de marche (l’échelle de la carte a été trompeuse) et au bout d’une allée de chênes et de châtaigniers, on atteint la chapelle Notre-Dame de Trémalo. Elle a été construite en 1550 (inscription au-dessus de la porte sud) dans un style gothique, avec ses deux grands pans de toitures semblant descendre presque jusqu’au sol (on retrouve cela dans de nombreuses petites églises bretonnes). Côté est, trois fenêtres en ogive flamboyantes ornent la façade triangulaire. Au-dessus du mur occidental, un modeste clocher.

On visite la chapelle Notre-Dame de Trémalo en entrant par la petite porte sud. À l’intérieur, une nef, séparée des deux bas-côtés avec des arcs brisés. La voûte est couverte d’un lambris de bois et on remarque également les poutres à engoulants et les sablières, décorées de motifs polychromes : visages ou animaux médiévaux (dont un, visiblement en train de manger une verge en pleine érection…). Davantage pieux, le crucifix ayant inspiré Paul Gauguin lors de sa venue et qu’on retrouve dans ses célèbres tableaux, le Christ jaune (1889) et Portrait de l’artiste au Christ jaune (1890-1891). Aujourd’hui, la petite église fait office de lieu d’exposition d’artistes locaux, où j’ai pu voir des œuvres relativement intéressantes. Au final, si je vous recommande la découverte de la chapelle Notre-Dame de Trémalo, laquelle est agréable et mérite le coup d’œil, je vous conseille de vous y rendre directement en voiture, en arrivant ou en repartant de votre visite de Pont-Aven.

Infos pratiques

Où se garer à Pont-Aven ?

Il y a plusieurs petites places à travers la ville mais, plutôt que de tourner en rond et en vain en voiture dans le centre-ville au milieu des touristes piétons, privilégiez directement les parkings gratuits à Pont-Aven : à l’ouest, au Bel Air, près du côtière et, au sud-est, notamment pour les camping-cars, au stade Henri Sinquin. Pour ma part, en arrivant depuis Vannes, je me suis garé sur un relativement grand terrain vague au nord, le parking 2 Bois d’Amour, le long de l’Aven. Le stationnement le long du port est payant. Information complémentaire : il n’ y pas de gare à Pont-Aven, enfin plus maintenant, elle a été réhabilitée en bibliothèque municipale depuis sa fermeture.

Où dormir à Pont-Aven et ses environs ?

Évidemment, pour profiter de l’ambiance nocturne après un restaurant, le mieux est de dormir dans un hôtel à Pont-Aven (le Lonely Planet recommande la chambre d’hôtes Castel Braz). Néanmoins, pour des vacances en Bretagne, il peut être intéressant, car ce n’est pas très loin (16 km), de plutôt louer une chambre à Concarneau pour jouir pleinement de la plage ou encore réserver à Quimper (à 32 km) pour ainsi visiter la ville.



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Que faire dans les environs de Pont-Aven ?

Pour être honnête, visiter Pont-Aven en un jour, voire une demi-journée, est largement suffisant (si le bourg est charmant, il n’y a rien non plus d’absolument exceptionnel à voir en soi). Ainsi, on y fera juste étape en couplant son week-end ou son séjour en Bretagne avec la découverte d’autres lieux d’intérêts. Parmi eux, le plus proche et le plus touristique, Concarneau avec sa ville close, Quimper et sa superbe cathédrale, Quimperlé, Lorient, et, plus bucolique, la ria d’Étel, vallée fluviale envahie par la mer et aux somptueux paysages.

Ria d’Étel

la ville close de Concarneau © L’Oeil d’Édouard / Instagram 📷




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