10 jours en Grèce : itinéraire entre Athènes, le Péloponnèse et l’île de Cythère

En 2011, en quittant les Cyclades pour la 2e fois après un séjour paradisiaque, je m’étais promis de revenir en Grèce. Tout m’enchantait: la mer, la sérénité, les salades grecques, les villages blancs. C’est un tout autre univers qui s’offre à moi pour ce 3e voyage cette fois du côté du Péloponnèse. Seul dénominateur commun, la Grande Bleue. Pour le reste, c’est le grand saut vers l’inconnu. Un inconnu fait de villages isolés, de paysages de montagne, de vestiges qui suggèrent l’image de la Grèce antique, une époque mythique. Et puis il y a Cythère, l’île aimée d’Aphrodite et de tous ceux qui y posent le pied. C’est parti pour 10 jours en Grèce !

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Carnet pratique road-trip dans le sud Péloponnèse

☀️QUAND PARTIR ? Au printemps, sans hésitation, une période bénie des dieux où tous les paysages sont en fleurs. Partie mi-septembre, c’est plutôt une version très asséchée de la nature que j’ai pu contempler. Ca n’en reste pas moins magnifique.

✈️COMMENT Y ALLER ? Avec Aegean Airlines. Vols direct depuis Lyon ou Paris autour de 300€ en hors saison

⌚️ DÉCALAGE HORAIRE: +1H

📸ITINÉRAIRE PROPOSÉ DANS CET ARTICLE – SUD PELOPONNESE :

  • Athènes comme point d’arrivée et de départ
  • la très jolie ville de Nauplie, base arrière idéale pour découvrir les sites antiques de Mycènes et d’Epidaure
  • Un séjour en Grèce ne saurait être complet sans une escale sur une de ses îles. Les plus proches du Sud du Péloponnèse sont Hydra ou Cythère que j’ai retenu.
  • Site archéologique de Mystras (ou Mistra) classé à l’UNESCO
  • Si vous avez le temps les ruines romaines de l’ancienne  Corinthe et son temple d’Apollon aux colonnes doriques de toute beauté.

🚗LOCATION DE VOITURE: Privilégiez un petit véhicule, vous pourrez ainsi vous faufiler facilement sur les petites routes et dans les rues parfois très étroites des villages. GPS de rigueur ! Pour info, les grecs ne se gênent pas pour doubler par la droite, une fois qu’on le sait, on s’y fait. Je vous conseille de louer le véhicule chez Hertz, équipe très pro et accueillante.

🍻BUDGET NOURRITURE – BOISSONS: dérisoire! Le midi on s’en tire pour 2,5€ ou 3€ en achetant une pita (un genre de kebad) ou une tyropita (feuilleté à la feta). Le soir, dans une taverne, la note n’excède guère les 10/12€ par personne. Côté boisson, sachez que si vous commandez une bière, on vous apporte 1 litre et ca vaut entre 2,5€ et 3€…Santé !

10 jours en Grèce – Jour 1 – l’arrivée à Athènes

Samedi 8 septembre – vol A3647. Sous mes pieds la chaîne des Alpes et ses sommets à perte de vue. Un prélude tout en reliefs qui me parait bien éloignée de l’image du pays où je vais atterrir dans quelques heures. Je m’envole pour la Grèce, pays méditerranéen dont le souvenir me ramène à 2 séjours dans les Cyclades où dominaient le bleu de la Méditerranée et son horizon infini. Point de montagne donc, mais les Cyclades ne font pas la Grèce et le séjour qui m’attend viendra me le prouver.

Bercée par ces jolis souvenirs, je savoure secrètement le plaisir de savoir que devant moi m’attendent les vacances, le soleil, la mer, pendant que tous les autres (du moins « les actifs ») surnagent face au rythme effréné de la rentrée. Ces bonheurs d’estivants, je me les octroie en septembre, après tout le monde. Je jubile intérieurement.

Quand j’atterris à Athènes il fait nuit. Surtout, l’atmosphère est chargée d’humidité et le sol mouillé. J’en conclus avec perspicacité, qu’il a plu ! Je me dis que c’était la pluie grecque de l’année et que forcément le soleil reviendra et épongera tout ça. Trêves de considération météo, il est temps de prendre le train de banlieue et de rejoindre l’hôtel situé au centre d’Athènes dans le quartier de Psirri.

A peine sortie du métro, je tombe sous le charme incertain de la capitale grecque. Je retrouve le bouillonnement fébrile et communicatif de ces villes d’Europe du Sud. J’ai envie de rejoindre cette belle animation d’un samedi soir. Oubliées la pollution, la crise économie. Le week-end à Athènes, c’est la fête qui tient lieu de référence.

Devant ce tumulte heureux je regretterais presque de devoir quitter la capitale grecque dès demain matin. J’aurais juste eu le temps de prendre le pouls de la ville, d’apercevoir de loin la silhouette l’Acropole. Rideau, dodo, demain est un autre jour.

Vue depuis la terrasse du CicyCircus Hostel

Où dormir à Athènes ?

CityCircus Hostel

Un endroit plein de charme où chaque détail décoratif rappelle le monde du cirque. Il est situé en plein cœur du quartier bruyant et tendance de Psirri donc prévoyez les bouchons pour les oreilles.

On peut quand on veut s’avachir sur les fauteuils très confortables de l’immense salle commune. Autre option : monter sur la terrasse de l’hôtel et profiter de la vue directe sur le fouillis des toits Athéniens avec derrière l’immanquable Acropole.

Tarifs : comptez entre 25€/pers en dortoir (de 4 à 6 pers) à 34€/pers en chambre double 1er prix ; 50€/pers pour un petit appartement complet.

10 jours en Grèce – Jour 2 – Le site archéologique de Mycènes

🚗 Athènes -> Mycènes: 120 km – 1H34

Café : ✔check x 3 tasses !
Mise à disposition de ma petite voiture de location : ✔check
Traversée d’Athènes sous un stress infondé car finalement ce fut un jeu d’enfant : ✔check

Avec Aline, mon acolyte de voyage, nous voici désormais dans les meilleures dispositions pour partir à l’abordage du Péloponnèse, région historique de poids et promesse de vestiges en pagaille ! Les noms mythiques de sites antiques (Mycènes, Epidaure, Olympie) glanés dans mon guide me font de l’œil. Je brûle d’impatience de découvrir cette région berceau de l’Europe et théâtre de six des douze travaux du héros mythologique Hercule !

En approchant de Mycènes, 1ere étape du road trip, je me dis qu’avant de partir j’aurais dû parcourir le grand classique de la littérature grecque antique : L’Iliade & L’Odyssée d’Homère qui raconte notamment l’épopée d’Agamemnon, roi de… Mycènes (justement !) et chef de l’expédition contre Troie. Je me sens un peu indigne du lieu et de sa grandeur passée. Je veux mettre mes pas dans ceux des héros et et des mythes mais mes cours d’histoire et mes références mythologiques sont depuis longtemps oubliés !

Pourtant, j’ai été biberonné à l’antiquité grecque, des dieux de l’Olympe à l’école primaire en passant par les trésors de l’Acropole à la fac d’histoire de l’Art. Il n’empêche, c’est avec un bagage culturel bien appauvri (#mémoirepourrie) que je foule ce site mythique. Une pointe de gêne m’envahit devant ce monceau d’histoire. Je me sens ignare et je compte sur ma guide pour me fournir quelques repères et me tirer de l’embarras.

1ere info, c’est un des sites les plus visités de Grèce. La question qui me taraude : Que vient chercher cette foule cosmopolite ? Quel sens peut revêtir la civilisation Mycénienne pour un chinois ou un américain ? En tant qu’occidentale, ce site, pourtant aux sources de ma culture m’apparaît comme un souvenir déjà fort lointain. Alors que peut-il bien représenter pour un non-européen ? On ne me fera pas croire que tous ces gens sont des spécialistes de Grèce antique…

Ce n’est pas aujourd’hui que j’aurai la réponse car pour l’heure on ne peut pas dire qu’il y ait foule. Tout est une question de timing : nous sommes à la pause déjeuner et un peu hors saison. C’est suffisant pour s’éviter durant une heure ou deux les smalas en shorts et baskets

En tout cas, je suis sûre que tous ces touristes ont dû être, comme moi, un peu décontenancés en découvrant le site car pour tout dire, il ne reste pas grande chose. De l’ancienne cité, tout juste subsiste-t-il de lointains vestiges du palais, des fortifications et quelques sépultures. A cela s’ajoutent les trouvailles issues des fouilles et conservées dans un musée sur place sachant que les plus belles pièces se trouvent à Athènes.

Surtout n’imaginez pas être transporté au cœur de belles colonnades de marbre blanc. L’esthétique marmoréenne vaut pour les ruines datant de l’époque classique avec comme dignes représentants, les différents édifices couvrant l’Acropole. Mycènes, elle est bien antérieure puisqu’elle date de l’âge du bronze (1650 -1100 av. J-C).

Murs cyclopéens – Mycènes

Alors oui le temps, les incendies, les guerres ont tout à tour érodé, aplati, anéanti les édifices. Mais ce qui subsiste force malgré tout l’admiration. Les murs sont dits « cyclopéens », car ils seraient l’œuvre des Cyclopes, ces géants mythiques des épopées homériques. Preuve qu’en Grèce le mythe affleure à chaque pierre. Ces murs impressionnants par leur épaisseur sont croyez moi aussi beau qu’une colonne en marbre. Et que dire de la Porte des Lions dont Chateaubriand écrivit

Je n’ai point vu, même en Egypte, d’architecture plus imposante

L’autre attrait du site vient de son emplacement ! L’ancienne forteresse adossée à une colline domine l’immense plaine d’Argos et regarde jusqu’à la mer. Dans le lointain j’aperçois un troupeau de brebis au milieu d’un paysage bucolique bien qu’un peu aride. Avec cette scène, je ne suis pas loin d’approcher l’Arcadie. Par là je n’entends pas la région administrative car j’y suis, mais bien cette terre paradisiaque peuplée de bergers vivants en harmonie avec la nature et qui a inspiré tant d’artistes (Virgile, Poussin…)

➡️ Infos pratiques visite de Mycènes

Ouvert tous les jours de 8h à 20h – 19h d’avril à septembre.
Pour éviter les cars de touristes, arrivez tôt ou visitez comme moi le site entre 12h et 14h pendant que tout le monde déjeune.
Prix: 12€. gratuit tous les 1er dimanche du mois en hors saison (novembre à mars)
Pour une visite guidée et en français, contactez Ms Smaragda Dize.
Le site n’est pas super bien indiqué sur la route, le GPS s’impose !

10 jours en Grèce – Jour 3 – Le théâtre antique d’Epidaure

Aujourd’hui je pars à nouveau méditer et rêver sur la magnificence de la Grèce antique au théâtre d’Epidaure.

J’arrive sur le site absolument vierge de toute connaissance. Je n’ai rien lu, rien étudié avant. Finalement cette ignorance ajoute du relief à la découverte. Ça me donne l’impression d’être pionnière un peu comme l’équipe d’archéologue venue en 1829 pour la 1ere fois entamer les fouilles du site sans savoir précisément sur quoi ils allaient tomber. Il paraît qu’à l’époque, le site était invisible car totalement recouvert par la pinède. Dixit le Routard que j’empoigne seulement une fois sur place.

Pour documenter l’heureuse découverte qui m’attend, outre le Routard, il y a Smaragda ma guide qui patiente à l’entrée. Elle m’avait déjà accompagnée hier à Mycène. Smaragda sait comment entretenir le mystère autour du théâtre antique et sait surtout le replacer dans son contexte ! Contrairement à la majorité des visiteurs qui se précipitent sur le théâtre, elle prend le temps de nous faire découvrir les ruines et le petits musée adjacents. Je promène ma légèreté au milieu de ces ruines à ciel ouvert. Je suis sans repère et les vestiges particulièrement dégradés ne me parlent pas. Avec Aline, je fais honte aux dieux grecs et un peu à moi même en multipliant les poses débiles au cœur de ces pierres vieilles de plusieurs millénaires.

Heureusement, Smaragda est là pour remettre un peu de sérieux et de dignité à cette visite. Elle m’apprend que l’ensemble des monuments (enfin ce qu’il en reste) datent du IVe Siècle et sont de 1er importance car ils illustrent l’émergence de la médecine scientifique. D’ailleurs dans le musée, sont exposés différents instruments chirurgicaux exhumés pendant les fouilles. Ils attestent qu’ici se trouvait le 1er hôpital de l’Antiquité, rien de moins !

Quid du théâtre alors ? Que vient-il faire dans un haut lieu de la médecine grecque ? En fait cette médecine passait par le culte du dieu de la médecine Asklépios. Ce culte allait de paire avec les fêtes qu’on donnait en son honneur : les Asclépia. Elles consistaient en des luttes sportives et concours de poésie ; d’où le stade, où Aline n’a pas manqué de jouer aux athlètes (voir vidéo). Et le théâtre d’où assez étonnement nous ne nous sommes pas donné en spectacle. Peut-être à cause de sa splendeur, de sa beauté, de sa monumentalité qui invitent à la retenue.

Inutile donc de faire le pitre dans cet endroit qui est déjà en spectacle en soi. Sa forme en hémicycle s’inscrit à la perfection dans le paysage environnant. Je le vérifie en particulier une fois là haut sur la dernière rangée de gradins. D’ici je plonge sur la scène avec en arrière plan un dégradé de collines puis de montagnes ondoyantes. C’est de la haut également que je constate la merveilleuse acoustique. Assez prosaïquement ce n’est pas la rumeur de dieux ou la déclamation d’une tragédie de Sophocle qui m’est donnée à entendre mais la voix plus ou moins gracieuse de touristes intrépides. En les écoutant je me dis qu’il ne me viendrait jamais à l’esprit de faire comme eux ne serait que par respect pour le lieu presque sacré. Pour autant je les comprends car il doit y avoir quelque chose de grisant à faire résonner sa voix au cœur d’un site antique aussi incroyable. J’aurais préféré entendre celle la Callas mais pour ca il faudrait que j’ai le pouvoir de remonter le temps jusqu’en 1960, année ou elle y interpréta Norma considéré comme un des rôles sopranos les plus difficiles du répertoire.

➡️ Infos pratiques visite du théâtre d’Epidaure

Site et musée ouvert tous les jours de 8h à 20h d’avril à octobre (horaires plus restreints entre novembre et mars)
Prix: 12€
C’est un site très visité donc l’idéal et d’arriver tôt. Mais quand je m’y suis rendue, il y avait très peu de monde comme en attestent les photos
Pour une visite guidée et en français, contactez Ms Smaragda Dize 

La journée tire doucement à sa fin. Je laisse derrière moi le passé d’une ancienne civilisation pour rejoindre le présent, la Grèce contemporaine et sa vie quotidienne dans l’adorable petite ville de Nauplie.

Nauplie sera mon camp de base pour 3 jours. Ce choix n’est en rien dû au hasard. Outre le charme indéniable de cette petite ville côtière, je l’ai retenu pour sa position stratégique à 1/2h d’Epidaure donc et de Mycènes visité la veille.

10 jours en Grèce – Le camp de base durant 3 jours – Nauplie

🚗 Nauplie -> Mycènes: 27 km – 30 min
🚗 Nauplie -> Epidaure: 24 km – 25 min

Cette petite ville, capitale provisoire de la Grèce au XIXe Siècle (on ne s’emballe pas, ce statut de capitale ne dura que 5 ans) n’a pas été encore totalement dénaturée par le tourisme. Disons qu’elle est suffisamment courue pour se faire coquette mais pas assez pour perdre en authenticité. Alors oui, dans chaque ruelle ou petite place, les restos, boutiques et cafés sont légion mais la plupart du temps j’entendais parler grec. Il faut dire que cette petite station située à seulement 2h de la capitale est avant tout très prisée des athéniens. Pour autant les touristes ne sont pas en reste car, pour tout vous dire, la jolie Nauplie coche toutes les cases de la carte postale :

  • Rues exclusivement piétonnes,
  • Balcons ouvragés où s’épanouissent des bougainvillée presque fluos,
  • Attrait du bord, de mer Nauplie étant située sur une presque-île,
  • Deux forteresses perchées sur leur éperons respectifs,
  • Un vieux fort vénitien installé sur son petit îlot au large du port

A Nauplie la douceur de vivre est telle que je n’ai eu aucun scrupule à ne rien faire. Comment peut-il en être autrement dans LA ville du Komboloi, cet objet fait de perles enfilées sur une cordelette qui sert à …tuer le temps ! On en trouve dans toutes les boutiques et il y a même ici un musée dédié à ce passe-temps ancestral auquel on prête de nombreuse vertus relaxantes. Même si je n’en n’ai pas acheté, j’ai eu à cœur pendant 3 jours de laisser s’égrener le temps (à défaut de laisser s’égrener les perles du Komboloi) ici et là dans la ville et en particulier :

  •  la promenade d’Arvanitia

Une promenade romantique et piétonne qui fait le tour de la presque-île avec d’un côté la Grande Bleue, le port, les barques qui tanguent doucement sous la brise. De l’autre les falaises de la ville haute parsemées de figuiers de Barbarie qui portent souvent les stigmates de signature d’un amour éternel gravés par des amoureux.

  •  la plage d’Arvanitia

La plage d’Arvanitia vue depuis une des citadelle de la ville

La chemin d’Arvanitia débouche sur une plage aménagée mais défigurée par la présence d’un bar/restaurant qui, chaque fin de journée, gratifie les plagistes d’un fond musical hyper bruyant et pas forcément de bon goût..En attendant cette plage en ville est un plaisir que je n’ai pas boudé pendant ces 3 jours ! Rien de tel qu’un petit bain après une journée de visites intenses sous un soleil de plomb. 🌞

  • la plage de Karathona

Ces 3 jours à Nauplie nous ont permis de pousser la découverte au delà du centre ville, en particulier du côté de la plage de Karthona situé à 6km. Un conseil : il faut y aller à pied (1h aller) pour profiter de jolis points de vue sur la mer, les criques et les paysages environnants rayonnants de sérénité. Sur place : quelques transats et parasols aménagés mais la plage est immense et beaucoup moins fréquentée que celle d’Arvanitia.

  •  Au sommet des 2 citadelles

Vue depuis la forteresse de Palamède

Voilà deux jours qu’Aline et moi ralentissons le rythme en laissant les heures s’infuser au gré de nos flâneries dans les ruelles de Nauplie. Mais depuis le début il y a ces deux citadelles (Akronauplie et la forteresse Palamède) perchées qui nous narguent l’air de dire « là haut ca vaut le coup » !

Akronauplie d’abord. On s’est retrouvées au sommet presque sans s’en rendre compte, alors qu’on flânait dans la vielle ville, nous avons pris le parti d’emprunter les ruelles en pente et ni une ni deux, nous voilà là haut entre tour de l’horloge, restes de fortification et panorama splendide sur la mer d’un côté et la vieille ville de l’autre.

Pour monter en haut de la forteresse de Palamède, l’effort à consentir est à peine plus conséquent, l’escalier pour y accéder comptant entre 900 et 1000 marches….D’en bas on voit les silhouettes de quelques courageux en pleine ascension. Nous, on a trouvé la parade pour ménager l’effort en s’y rendant le matin quand l’escalier se trouve encore dans l’ombre. Une fois là haut, on s’en doutait la vue s’avère spectaculaire.

Où dormir à Nauplie ?

Hôtel Athena Nafplio

Un établissement parfait en tous points: l’accueil, l’emplacement hyper central, le petit déjeuner (salé, sucré et fait maison). La plupart des chambres (un peu petites) disposent d’un petit balcon où on se prélassait en fin de journée, on étendait les serviettes mouillées, bref on faisait comme chez nous. 🙂

Prix: comptez entre 100€ et 130€ la nuit en chambre double avec petit déjeuner

10 jours en Grèce – Jour 5 – Route de Nauplie à Monemvasia

🚗 Nauplie -> Monemvasia : 207 km – 3H00

Village de Léonidion

La route que nous empruntons aujourd’hui, entre Nauplie (point de départ) et Monemvassia (point d’arrivée) va nous révéler l’autre versant de la Grèce fait de de montagnes, de pierres, d’isolement ; aux antipodes de ces maisons blanches sur fond de mer d’azur qu’on a tous à l’esprit quand on évoque ce pays. Aujourd’hui, le ciel sera moins clair, l’horizon moins méditerranéen et l’air plus vif. Tout commence à Leonidion bourgade nichée au pied des falaises rouges et abruptes du Mont Parnon (1935m tout de même).

Après notre 1ere heure de route avec Aline on s’octroie un petite café dans ce qui semble être le cœur de la vie locale du village : des anciens jouent au jaquet (je lorgne leur jeu avec envie…), des copines s’attablent les bras chargés de commissions, les collégiens passent à pied ou en scooter. Le reste du village nous semble totalement désert, nous ne croisons pas âme qui vive dans le lacis de ruelles jusqu’au pied des falaises. Seuls les aboiements de quelques chiens de garde viennent troubler la quiétude de la petite balade.

Le Monastère d’Elona

De Léonidion, une route escarpée nous fait d’abord franchir une gorge étroite. C’est là que surgit comme suspendu au dessus de la route, le monastère d’Elona. Dans ce paysage pratiquement intouché depuis des siècle la vision est frappante et renvoie instantanément aux Météores du nord de la Grèce. Ces monastères orthodoxes haut perchés au sommet de pitons rocheux, je les pensais uniques. La preuve que non. Force est de constater qu’en Grèce, les moines orthodoxes ivres de silence et d’extase avaient le don de dénicher les coins proches du ciel (sans doute pour mieux tutoyer les anges).

Le village de Kosmas

Ballotées par le flux et reflux d’une route qui navigue à travers les montagnes, nous atterrissons dans l’aborale village de Kosmas. Ici on a gagné en altitude (1150m) mais perdu en chaleur. La petite laine s’impose pour manger sa saucisse à l’orange (spécialité du coin !) sur la jolie petite place centrale de ce village qui doit compter autant de restaurants que d’habitants. Nous devons nous faufiler entre les tables et les chaises mais c’est ce qui fait tout le charme du lieu. Ça et l’isolement absolu.

La pause repas terminé, on poursuit notre voyage à travers ces montagnes qui encore récemment étaient habitées par les loups gris. Les virages vertigineux se succèdent et la route semble nous appartenir. On croise très peu de voitures dans un sens comme dans l’autre. A croire que cette région a été oubliée des guides de tourisme.

En Grèce tout commence et tout finit par la mer c’est donc sans surprise que notre virée tout en lacets dans la montagne nous conduit finalement au bord du littoral, avec en ligne de mire le splendide village de Monemvasia.

10 jours en Grèce – Jour 6 – Monemvasia

Monmvasie, village fortifié lové au pied d’un rocher à pic, est l’une des merveilles de la Grèce continentale.

D’abord il y a l’accès. Pour rejoindre ce bastion imprenable situé sur une presqu’île il n’y a qu’une seule et unique voie. Depuis le continent, il faut traverser une longue digue au dessus de la mer, ensuite longer un promontoire et dénicher une place pour la voiture car dans le village les rues sont beaucoup trop étroites pour laisser passer le moindre véhicule. Arrivées en fin de journée nous ne rencontrons aucun problème pour nous garer. Il faut préciser que la plupart des touristes débarquent pour quelques heures et dorment rarement sur place, les adresses d’hôtels sur place étant rares et chères. Mais pour nous c’est différent, nous aurons la très grande chance d’y dormir.

Nous embarquons donc nos valises et franchissons l’unique petite porte pour pénétrer dans la rue ou plutôt ruelle principale du village bien à l’abri derrière ses remparts vénitiens. Un coup d’œil par la fenêtre de notre chambre ouverte sur le vent et le large. Pas de temps à perdre, le soleil commence à décliner et Aline et moi voulons profiter des derniers rayons pour découvrir les vestiges de l’ancienne ville haute.

Autrefois le bourg principal occupait la ligne de crête de l’imposant rocher. C’est donc là que nous dirigeons nos pas, au sommet de ce caillou, là où la lumière persiste quand le reste a été englouti par l’ombre du couchant. Là haut subsistent donc quelques vestiges de l’ancienne forteresse qui coiffait le rocher ainsi qu’une jolie église bizantine parfaitement restaurée. Ces morceaux de civilisation passées n’ont plus d’âge, ils sont perdus, écroulés, et éclipsés par la prégnance de la mer. Seuls dominent là haut la vision de la mer et le silence dans l’air limpide, sans un souffle et sans un frisson.

Vue sur le continent depuis les hauteurs de Monemvasia

Le lendemain réveil tôt pour découvrir le village au rythme du soleil qui se lève. Le dépaysement est complet quand à l’aube le village encore endormi déroule ses ruelles serrées, escaliers et sa petite place qui plonge dans la mer. C’est tellement charmant que je m’inventerais bien une nouvelle vie ici faite de soleil, de mer et de belles pierres.

Où dormir à Monemvasia ?

Malvasia Traditionnal Hotels

Comme indiqué plus haut, ce n’est pas simple de trouver un hébergement dans le village lui même car ils sont rares et plutôt chers. Toutefois, je ne saurais trop vous recommander d’envisager une nuit sur place et ainsi pouvoir vous perdre dans les ruelles de bon matin avant l’arrivée de la foule.

Malvasia Traditional Hotel est un petit complexe de maisons traditionnelles très bien restaurées converties en chambres charmantes ET abordables ! La nôtre était située tout au bout du village avec une jolie vue sur la mer. La matin on a pris notre petit déjeuner dans une cour intérieure agrémentée d’oliviers et d’un ou deux chats qui attendent patiemment que le touriste attendri (comme moi !) veuille bien leur offrir un bout de charcuterie ou de gâteau (ils mangent tout !).

Prix: pour une chambre avec vue, comptez entre 70€ et 100€ / nuit. Il existe aussi 2 chambres pour les petit budgets entre 50€ et 65€/ nuit (pas de vue par contre).

10 jours en Grèce – Jour 7, 8 & 9 – l’île de Cythère

❗️❗️Retrouvez dans cet article mon récit de 3 jours sur l’île de Cythère. 

➡️ Comment aller à Cyhthère ?

La traversée en bateau peut se faire au choix depuis Athènes (port du Pyrée) ou comme nous depuis le port de Neapoli.
Depuis Néapoli comptez 1h15 de trajet
En haute saison il y a en principe 2 liaisons par jour, une le matin et une l’après-midi
Prix: 44€ pour la voiture et 25€ pour un passager
+ d’infos

10 jours en Grèce – Jour 10 – site archéologique de Mystras

🚗 Néapoli (port de déparquement de l’île de Cythère) -> Mystras : 116 km – 2H00

Après une traversée en bateau et une centaine de kilomètres en voiture, nous arrivons à notre dernière destination avant de repartir le lendemain en France. Il s’agit de Mystras (ou Mistra), une incroyable ville fantôme. Elle est fondée au XII e siècle par le prince de l’époque régnant sur la région (Guillaume de Villehardouin pour ceux que ça intéresse). Elle devient une véritable capitale régionale qui à son apogée compte jusqu’à 20.000 âmes. Elle tombe ensuite rapidement entre les mains de l’Empire de Byzance qui l’enrichit d’églises byzantines. A cette époque (XIVe et XVe Siècles) elle devient un centre spirituel et artistique de 1er plan. S’en suit une longue période de déclin puis l’abandon de la ville au XIXe siècle.

Les ruines fantomatiques de Mystras isolées dans la solitude d’un versant, dominent la plaine de Sparte qui lors que le soleil est au plus haut, se fond dans les brumes de chaleur. Et justement aujourd’hui il fait très chaud, trop chaud. L’ensemble du site est composé d’une ville haute et d’une ville basse reliées par d’innombrables escaliers débouchant sur des vestiges de bâtiments (palais, églises, maisons), le tout disséminé sur des hectares de colline.

Le soleil écrasant m’oblige à faire amende honorable. Je rase les murs mais ils sont rarement assez haut pour me sauver. J’ai l’impression de rôtir prisonnière d’un labyrinthe de vieilles pierres et d’une histoire qui a résonné haut et fort par le passé mais qui aujourd’hui sous ce soleil de plomb, m’est un peu inaudible. Il faut prévoir entre 3h et 4h pour une visite complète de ce site inscrit à l’UNESCO il y a près de 30 ans.

➡️ Infos pratiques visite du site de Mystras

Ouvert tous les jours de 8h30 à 15h00. En été l’horaire peut s’étendre jusqu’à 19h (selon disponibilité du personnel d’accueil)
Tarif: 12€, gratuit pour les moins de 18 ans et les étudiants de l’UE.
Comment s’y rendre: à 7km de Sparte. Attention, parking très vite complet. Venez tôt !
Prévoir chapeau, lunettes de soleil et bonnes chaussures. Inutile de vous pointer en tongs, sauf si vous aimer grimper sur des chemins rocailleux avec ça.

Où dormir près de Mystras ?

Chambres d’hôtes Mazarakis à 5minute en voiture du site archéologique.

Un hameau dans le hameau composé de petites maisonnettes en pierre et bois, le tout planté dans un jardin en pente merveilleusement entretenu. On nous a mis a disposition non pas une chambre mais le très agréable petit studio « Fleur » de 45m2 avec coin cuisine, salle de bain privative, chambre spacieuse, salon et petit balcon avec vue plongeante sur un panorama inoubliable.

J’ai bien aimé composer mon petit déjeuner la veille à partir d’une liste bien garnie de différents mets sucrés ou salés. Il a été ensuite livré à l’heure de ma convenance dans un joli panier.

Gros bonus à signaler: la petite mais non moins rafraîchissante piscine naturelle. Extra après la visite de Mystras sous un soleil éreintant.

Pour la suite « Fleurs » comptez entre entre 125€ et 135€ la nuit pour 2 personnes, petit déjeuner inclus.

 

10 jours en Grèce : itinéraire entre Athènes, le Péloponnèse et l’île de Cythère
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