Ajoupa bouillon : les 1001 nuances de vert des gorges de la falaise

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Randonnée aquatique ludique ou canyoning au finish « à la spider(wo)man », quel que soit votre choix, les Gorges de la Falaise vous laisseront un souvenir unique. Pour découvrir ce trésor naturel, azimuts au Nord et pointez votre boussole en direction d’AJOUPA BOUILLON, commune agricole nichée sur les contreforts nourriciers de la montagne Pelée. Vous y découvrirez une terre d’aventure, « regorgeant » de naturalité. Car bien qu’il n’en tire a priori pas l’origine de son nom, vous constaterez qu’Ajoupa Bouillon le porte plutôt bien : l’eau y coule dans sa gorge, vigoureusement et sans trop de surprise à « triple bouillons ».

Départ : Ajoupa Bouillon (Martinique)
Parking communal des Gorges de la Falaise / quartier « Démaré » pour le canyoning

Equipement : Chaussons aquatiques ou baskets ne craignant pas l’eau. Maillot de bain. Pochette aquatique pour les photos

Difficulté : ★★☆☆☆

Distance : 1 km

Durée : 1h pour la randonnée depuis le parking
Prévoyez 3 h si vous faites le canyoning

Intérêt : ♥♥♥
Un incontournable en Martinique !

Période : Toute l’année
(en dehors d’épisodes pluvieux !)

Horaires d’ouverture : 8h-14h

⚠️ Le site sera totalement fermé et interdit les jours de pluie et/ou si le niveau de la rivière est trop important (mieux vaut vérifier la veille ou le jour J, en appelant ce numéro : 06 96 16 75 22). Ne bravez en aucun cas l’interdit et ne vous aventurez jamais seul dans les Gorges de la Falaise, celles-ci peuvent être mortelles en période de mauvais temps ! Si l’approche canyoning vous tente, soyez accompagné d’une météo parfaite et surtout d’un guide professionnel, habitué des lieux (tarif adulte pour la randonnée guidée : 10€ / enfant de 5 à 11 ans : 7€)

➜ Se rendre à Ajoupa Bouillon et aux Gorges de la Falaise

Ajoupa Bouillon se situe à environ 40 km de Fort de France, au Nord de l’Île de la Martinique (comptez 50 minutes à 1 heure de trajet en voiture). C’est une zone humide et forestière proche de la montagne pelée. Pour vous rendre sur le lieu-dit des gorges, prenez la direction d’AJOUPA BOUILLON et laissez-vous ensuite guider par les panneaux indiquant « les Gorges de la Falaise ». C’est un must touristique, bien indiqué par la commune qui exploite et entretien les lieux.

En amont de la randonnée, un parking vous attend et vous devrez vous acquitter d’un tarif de 10€/adulte et 7€/enfant pour pénétrer dans les Gorges de la Falaise, accompagné d’un guide qui assurera l’accès en toute sécurité (cf : infos pratiques plus haut).

Une fois convenablement équipés (maillots de bain, chaussons aquatiques ou baskets ne craignant pas d’être immergées), vous serez invités à descendre un escalier très abrupt que vos cuisses devront braver sur le retour. Avec la chaleur et l’humidité, attendez-vous donc à souffrir un peu… Mais profitez de votre lenteur pour admirer la nature, la luxuriance de la forêt, les fleurs éclatantes (rose de porcelaine, balisier rouge…) et les magnifiques fougères arborescentes hautes de plusieurs mètres…

 

La randonnée aquatique à Ajoupa Bouillon

J’ai longtemps pratiqué les gorges par le biais de la randonnée avant de les redécouvrir récemment en canyoning. D’une part parce qu’il faut déjà un peu de pratique sur le sujet avant de s’essayer à ce spot en particulier, dont la réputation n’est pas d’être un site sans danger. D’autre part parce que j’y ai toujours trouvé mon compte avec la version « touristique », qui est, à mon sens, un des « must » de notre île. Quoi que l’on puisse dire sur le fait que l’entrée soit payante, que la randonnée puisse paraître courte, je trouve l’expérience unique, ludique, exotique, et aventureuse. Enfin, et non des moindre, les facteurs naturels tel que le niveau de l’eau, la lumière, viendront toujours plus ou moins réécrire votre expérience du jour.

Dans tous les cas, une fois en bas du grand escalier vertical, ne brûlez pas les étapes et surtout : « attendez le guide ! » C’est par cette injonction claire et autoritaire que débutera votre expérience entre les falaises. Sur l’impulsion de votre groupe, qui se constituera à cet endroit, vous quitterez ensuite le « point de rencontre » pour vous frotter à l’étroitesse. Ici la nature prend son temps… l’eau vous enveloppera d’abord les chevilles, puis couvrira vos genoux, atteindra vos hanches et vous enlacera progressivement la taille… Non, le titre de cet article n’a pas été totalement choisi au hasard ! Il annonce tout aussi bien la « couleur » que la « sensualité » – des lieux – et le visage caché d’une nature dominatrice dont vous vous serez progressivement la proie, pour un temps, prisonnière de ses murs… Mais pour votre plus grand plaisir.

l’entrée des Gorges de la Falaise

l’eau monte progressivement, une main courante vous aidera

Jeux de lumières, camaïeux de verts, torrent sonore, la nature va ensuite jouer sa partition. Des aménagements divers rendent les lieux accessibles, et votre guide vous aidera au besoin. Il faudra simplement garder la cadence, tenir le rythme bien qu’à contre le courant… Au travers les bouillons, aidé par une main courante ne pas perdre le fil, monter à l’échelle.

 

Jusqu’à finalement atteindre, au bout d’une trentaine de minute le point d’orgue : la puissante cascade, tel un cœur battant dont vous auriez emprunté l’artère principale. Car au pied de la chute, au beau milieu du bassin – ça pulse – c’est le moins que l’on puisse dire ! Une piscine naturelle de nage à contre-courant vous invitera à tonifier vos muscles et à vous mesurer à la force de l’eau. Les plus téméraires pourront, quant à eux, se faufiler « en coulisses » derrière l’impressionnant rideau d’eau, comme pour devenir invisible des autres et admirer les lieux d’un autre point de vue, et plus « au sec ».

Il ne vous restera plus qu’à profiter encore quelques temps avant de repartir avec votre groupe par le même chemin. Contrairement à l’aller, cette fois vous serez portés par le courant, forts d’une expérience originale, et remplis de souvenirs dignes d’un vrai film d’aventure caribéen…

derrière le rideau

 

Le canyoning dans les Gorges de la Falaise

C’est une autre façon de découvrir les Gorges de la Falaise. Plus engagée, et plus physique l’expérience en est vraiment différente puisqu’elle propose de descendre la rivière et non de la remonter (rien d’étonnant puisque c’est le principe même de la discipline !). Cela implique cependant de prévoir deux voitures, l’une vous conduisant au départ (cité plus bas), l’autre vous accueillant à l’arrivée de votre périple (parking communal référencé plus haut) et vous permettant de récupérer celle que vous aurez laissé quelques heures plus tôt.

Cette fois, le départ est tout autre, et se pratique depuis la section « Démaré », zone distante de l’aire d’accueil des randonneurs, en amont de la rivière falaise. Votre moniteur vous y conduira, puisque le canyoning (on le répète tout de même par précaution) n’est pas un loisir anodin dans lequel s’improviser seul ou sans connaissances validées. De plus, le dernier petit panneau menant à l’entrée a été si abimé qu’il n’indique plus lisiblement la section en question.

carte zone « Démaré » des Gorges de la Falaise

C’est au bout d’un chemin de campagne se terminant en cul de sac, aménagé en aire de retournement, que vous pourrez vous équiper de votre combinaison, casque, sac étanche…

La barrière empêchant la progression en voiture une fois franchie, vous vous engagerez sur un chemin agricole, sur lequel verrats et autres locataires à long terme vous accueilleront d’un air peu engageant. Vous atteindrez rapidement une petite porte fort symbolique inspiratrice d’un : « ou vais-je ? » et, à défaut de s’en suivre par « qui suis-je, » … vous sifflera plutôt un « Dans quoi me suis-je « fourrée » !? Mais c’est -LÀ- que les sourires se dessinent, car c’est -LÀ- que votre périple commence. C’est – LÀ- que l’excitation et la curiosité de ce qui vous attend ravive et pique votre esprit ramolli par la moiteur des lieux et C’est – LÀ- qu’à proprement parler… ou ka trace route la an Matinik la !=> tentative de traduction créole de : tu vas « tracer ta route » en Martinique ! Et puis c’est l’aventure ! Immergé en forêt tropicale pour une trentaine de minutes, l’objectif sera d’atteindre la rivière falaise.

une porte et tout un symblole, puis trace (ta route) en forêt

La trace n’est pas spécialement entretenue, ce sont probablement les passages réguliers des clubs qui la maintiennent praticable. Comptez, en tout, trois heures de sortie, voire plus selon votre niveau, les pauses que vous souhaitez pratiquer et le nombre de personne constituant votre groupe. En ce qui nous concerne, nous étions trois, et avons bien entendu alloué un temps de break d’une trentaine de minutes au casse-croûte syndical du milieu de matinée (parties à 9h nous avons terminé vers 14h30/15h, en profitant vraiment de notre sortie et de ce qu’elle avait à offrir).

Vous découvrirez, en premier lieux, une petite « placette » tout à fait bucolique et propice à un premier temps de récupération avant d’entrer dans le vif du sujet. Pour la circonstance, je qualifierais l’endroit de premier « point de chute ». Un bassin vous y accueille, donnant un avant-goût des réjouissances. Ce fut parfait pour une « Kollation-papotaj » entre copines avant d’entamer la grande descente et les rappels « en cascade ». La suite, on la devine lorsqu’on suit le courant des yeux, et qu’on le voit disparaitre entre les méandres des premières roches. Plus d’autre alternative : Il faut descendre !

début des réjouissances…

Premier rappel… progression… Deuxième rappel, glissades /progression… troisième rappel…progression… et ainsi de suite, jusqu’au dernier ! 5 au total ! Tous différents et engagés. La difficulté n’est pas si importante tant que vous progressez en sécurité et à votre rythme. La diversité est au rendez- vous, chaque rappel à son charme : hauts de plusieurs dizaines de mètres, vous aurez de la hauteur, parfois plus ou moins d’eau, des engagements différents, et surtout du fun !

1, 2, 3… rappels !

Après tout cela, j’avais déjà, honnêtement le sentiment d’avoir parfaitement eu « mon compte » mais j’ignorais encore que le meilleur restait à venir :  la « descente finale dans l’antre de la bête » – faisant aussi office de « point de jonction » entre mes deux chapitres- puisque c’est au pied de cette même chute, que vous atteignez la fin de l’aller de la randonnée aquatique. Vue d’en haut, la descente est vertigineuse. Et à cet endroit… je me rappelle d’avoir été habitée par un énorme doute : mes yeux cherchaient le point de bascule… le chemin. Et sincèrement, je ne comprenais pas comment nous allions descendre ! Nous surplombions cette fameuse roche qui obstrue l’angle de la paroi rocheuse, et le désescalader me semblait juste effrayant, dangereux, franchement impossible, ou alors trop technique pour moi. Mes yeux interrogateurs croisent ceux amusés de mon amie guide préparant solennellement notre descente et faisant passer la corde dans le vide au travers d’un chat d’aiguille crée tout à l’angle, entre la paroi et la roche encastrée. C’est alors que suivant la corde je réalise…Incroyable ! Allons-nous réellement devoir nous faufiler dans le vide, et dans ce minuscule trou de (chauves)-souris ?

« Dernier rappel… à l’ordre » : des embruns, le cœur battant, un minuscule petit trou vert, se sentir si petit mais agile…


Je n’oublierai ainsi jamais ce finish en « fil d’araignée ». Car vous l’aurez compris, il aura fallu nous « lancer », tout cela a moins d’un mètre d’une armada de mini « vampires et vampirettes » tous au garde à vous, suspendus au-dessus de nos têtes et discutant à tue-tête… Ames sensibles s’abstenir… Chapeautées d’une nuée noire de milliers de souris ailées à quelques centimètres de nos cheveux, l’espace d’un instant, nous nous sommes senties l’âme de Bruce Wayne entrant dans sa grotte…mais dans la peau de Spider Man ! Car c’est donc en fil d’araignée que vous gagnerez la cascade finale, escorté, tout du long de votre descente, par les embruns de son torrent assourdissant ! Mais ici comme au cinéma, tous les Marvels ont une fin ! Vous serez à cet instant, pour ainsi dire, « arrivés ». Proches de clôturer, par le retour de la randonnée aquatique, votre superbe excursion. Vous aurez finalement tout le loisir de profiter de cette dernière partie toujours aussi ludique, toujours aussi étroite… toujours aussi belle. Et pour mériter votre repos final de guerrier(e) regagnez le parking communal par le fameux escalier vertical « brule cuisses », le tout escortée pour l’occasion, de quelques matoutous Falaise, mygale endémique de la Martinique, pour couronner le tout. …INOUBLIABLE…

My sweat Lady Jane ©

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