L’aventure, c’est l’aventure ! 5 jours à bord de Goujon

Réveil avec une belle eau miroir dans le port de Bouzigues, depuis notre péniche Les Canalous

Naviguer en péniche sur le Canal du Rhône… Un voyage au rythme lent. Voilà un projet de vacances qui fait du bien au corps et à l’esprit. Marie nous raconte son parcours de 5 jours en bateau partant de Carnon et allant jusqu’à Marseillan.

« Quand j’étais petite, je me souviens avoir fait un voyage en péniche sur le Canal du Midi avec mes cousins. J’avais le souvenir de calme et de tranquillité. Je nous revois prendre les vélos pour aller en centre-ville des villages non loin du Canal, aller chercher les croissants pour le petit-déjeuner. J’avais vraiment adoré. C’était simple, on naviguait, on s’arrêtait, on visitait, on cuisinait, et on recommençait… Alors quand Les Canalous nous ont demandé de tester leur offre de location de péniche sans permis j’ai sauté sur l’occasion ! A nous les huitres de Bouzigues, le musée Georges Brassens de Sète, les dégustations de Tielle à Mèze… »

Jour 1 : de Carnon à Palavas

Nous embarquons sur le Goujon, un Eau Claire 930 de 4 à 6 places, avec un poste de pilotage supplémentaire extérieur. Présentation des consignes de la vie à bord< /a>. Vers 19h, départ de la base de Carnon en direction Palavas-les-Flots. Si vous avez lu le guide pratique avant cet article, vous avez déjà vu que nous avons attendu 4h avant de pouvoir enfin être Capitaine à bord du Goujon ! Mais ça valait le coup d’attendre 🙂 Ce petit délai nous fait déjà changer nos plans. Et oui, il est interdit de naviguer de nuit sur les canaux. Nous sommes donc obligés de nous arrêter à Palavas pour notre première nuit, à seulement 45 minutes de Carnon. Mais déjà avec la joie d’être sur le Canal du Rhône.

 

Cette petite distance nous fait un bon entrainement d’équipe : détacher le bateau, partir, naviguer, lecture de la signalétique le long du canal et l’amarrage à Palavas… en marche arrière ! Une réussite pour nous, mais surtout, comme ça se produira dans tous les ports, il y a toujours des plaisanciers pour vous aider. Bon, le port de Palavas, ça ne paie pas de mine. Mais lorsque c’est votre première soirée à bord d’un bateau ça a son charme quand même.

Astuce : si vous ne voulez pas payer le port à Palavas, il faut continuer et dépasser le port de 5 – 10 min maximum ; et si vous avez de la chance vous trouverez des places gratuites avec berges aménagées.

Jour 2 : Maguelone, Frontignan et Bouzigues

Pour ce parcours, comptez environ :

  • Palavas à la Cathédrale de Maguelone : 45 min
  • Cathédrale de Maguelone au Pont de Frontignan : 1h
  • Frontignan à Bouzigues : 1h (si tout se passe bien… Lire la suite !)

Mais d’abord les préparatifs

1ére étape de la matinée : aller chercher les croissants ! 🙂 Croissants, pains au chocolat directement achetés à la boulangerie, c’est un peu le goût des vacances à la française… Et comme le port est à 5 minutes du centre-Ville, c’est hyper pratique !

Le vent

2ème étape : On va se renseigner sur les vents dans les prochains jours auprès de la capitainerie. Je ne suis pas sûre du site utilisé, mais il me semble que c’est WindFinder. Si vous aussi vous souhaitez passer par l’étang de Thau, vous serez obligé de regarder les prévisions des vents. En effet à partir de Force 3, il vous est interdit de traverser avec votre péniche l’Etang de Thau. Sur l’Etang ce n’est plus le code fluvial mais bien le code maritime qui s’applique.

Les ponts

Ensuite, vous aurez à faire avec une autre contrainte durant votre voyage : la levée des ponts mobiles ! Renseignez vous bien à votre base avant de partir, sur le parcours que vous avez choisi. Car l’information sur les horaires et les lieux de ces ponts n’est pas aisée à trouver. Sur notre chemin nous avons :

  • Le pont de Frontignan : Un incontournable ! Si vous partez de la Camargue pour rejoindre le Canal du Midi vous passerez forcément par ce pont. Horaires : 8h30 et 16h, en saison.
  • Les ponts du port de Sète : et oui SURPRISE ! pour rentrer dans Sète il y a deux ponts pour accéder au port… Qui ouvrent à 10h15 et 19h10… et il faut se présenter une heure avant. Autant vous dire que nous avons zappé l’étape Sète !

 

Avantage

Je vous rassure la péniche n’a pas que des contraintes : Par exemple vous pouvez naviguez tranquillement jusqu’à la Cathédrale de Maguelone, et directement amarrer du bon côté de la rive ; alors que les piétons eux doivent soit attendre la mise en place de la passerelle pédestre à 13h, soit faire une petite randonnée depuis les villes alentours pour accéder à la Cathédrale. Si la passerelle pédestre est en place lorsque vous arrivez, elle s’ouvre sur demande pour les bateaux de passage.

Astuce : Selon le code fluvial vous n’avez pas le droit de vous amarrer sur la rive gauche, mais un habitué à la capitainerie de Palavas nous a dit que ça ne posait aucun problème. Et d’ailleurs nous n’étions pas les seuls à profiter de ce petit avantage qu’offre le bateau.

 

La Cathédrale de Maguelone

Ce site d’exception, chargé d’histoire vaut le détour. La Cathédrale en elle-même est toujours en cours de restauration. En effet, elle a été presque entièrement détruite au XVIème siècle. Après une histoire riche et tumultueuse, elle est aujourd’hui tenue par les Compagnons de Maguelone, et participe à des projets sociaux. Et le meilleur pour la fin : du vin en provenance directe de leurs vignes, des huitres directes de la lagune et même un potager agro-écologique ! Miam.

 

Prenez un peu de temps pour vous attarder sur ce site. Déjà de l’entrée de la presque île à la Cathédrale vous avez une petite trentaine de minutes de marche. Puis, parcourez tranquillement le site, l’abbaye, la cathédrale, le point de vue…

 

Trouver un port pour la nuit

Oui ça mérite un titre dans l’article ! C’est notre deuxième journée, et nous allons cumuler quelques sympathiques expériences… Il y a du vent aujourd’hui et cela a deux conséquences : ça nous ralentit car nous avançons en crabe et nous ne pourrons pas emprunter l’étang de Thau. Nous décidons, sur les conseils des Canalous à l’accueil, de faire halte à La Peyrade, juste après Frontignan et juste avant Sète. Sauf que voila, on décide, on décide… mais si y a pas de place, y a pas de place ! Et nous ne sommes pas seuls à avoir eu cette idée.

Pas de place, pas grave, continuons jusqu’à Sète, ça ne nous fait prendre qu’un tout petit bout de l’étang ça devrait aller… Approchant de l’embouchure Canal / Etang, le doute s’installe en nous.. Est ce bien sérieux de prendre ce petit bout d’étang par ce vent… En même temps, c’est ça ou retourner à Frontignan…. Renseignement pris auprès d’un bateau de pécheurs : réponse « Oh, ils nous font peur avec le vent sur l’étang ; mais y pas de problème. Vous fixez bien tel point et tel point et vous y êtes tout droit » !

Bon d’accord, c’est parti à l’assaut des vaguelettes de l’étang, direction Sète. Yyyyooouuu !!! Je me voyais déjà (« en haut de l’affiche » ? non) admirer des joutes. Ah non, on est hors-saison. Tant pis, manger des Tielles à l’apéro alors, et demain matin le musée Georges Brassens… Et là, le DRAME… Deux ponts fermés se dressent devant nous ! QUOI encore des ponts ??!!! GRRRR…. Action réaction, après 2-3 demi-tour avec notre péniche dans la zone d’attente du port de Sète sous les regards amusés des anciens, nous décidons de nous amarrer dans cette zone d’attente le temps de trouver une solution… Amarrage chaotique avec le vent, l’angoisse de ne pas savoir où dormir ce soir.. Téléphone dans une main, cordage dans l’autre ! Les ponts n’ouvrent qu’à 19h10 ! et demain matin c’est 10h15 !!! Pfiuuu non non, ça ne va pas.

 

Dans un élan de sagesse, je me dirige vers les 3 anciens qui, j’en suis sure, médisaient déjà de ces jeunes parisiens qui ne devraient pas avoir le droit de monter sur un bateau ! Ahaha ! Une fois les quelques minutes de jaugement passés, ils nous donnent une flopée de conseils plein d’expérience :

  • Bah vous vous amarrez dans la zone d’attente. Et puis vous restez la pour la nuit. C’est pas grave vous direz que vous avez loupé l’ouverture du pont ! Des « petits vieux » qui nous suggèrent la fraude… ok.
  • Mais allez donc à Bouzigues vous serez bien mieux ! – Mais le vent sur l’étang ?! – Bah c’est tout droit ! il marche bien votre moteur ?! Si vous êtes venus jusqu’ici vous pouvez aller jusqu’à Bouzigues.
  • Et puis le vent tombe avec le soir. C’est facile !

Pouloulou… Hum … Fraude n°1 ou fraude n°2 ? L’idée d’une bonne récompense avec un petit blanc et une douzaine d’huîtres nous font choisir la fraude n°2 : la traversée de l’étang de Thau avec un vent de force 3 mais qui faiblit car il est déjà 17h30 🙂 On équipe le petit de son gilet de sauvetage et c’est partie Matelot ! … Une fois cette décision prise, vient ensuite le stress de la place dans le port de Bouzigues.. j’ai lu que le port était bien petit…. Cross fingers…

 

Nous arrivons en vue du port de Bouzigues après une navigation finalement assez facile, on s’approche, on s’approche…. Oulalala pas de place, sont mal garés aussi ces deux la-bas !! grrr .. Capitainerie fermée, personne pour nous aider. Et rebelotte, 1 demi-tour ; 2 demi-tour… Bon essayons de s’amarrer au ponton d’essence. Approche en douceur du Capitaine, hop je saute sur le ponton avec le cordage avant : MAIS JE L’ACCROCHE OU ???!!! Y a bien un poteau la-bas mais faut faire l’équilibriste pour l’atteindre et le cow-boy au lasso … N’étant ni l’un ni l’autre je me retrouve avec le cordage dans la main et le bateau qui commence à dériver dans une bien mauvaise position…. Obligée de jeter les cordage ET de regarder le bateau partir sans moi !!! Quelle aventure ! je vous jure.

La bonne nouvelle, c’est qu’être sur la terre ferme vous donne une autre perspective, en bonne parisienne, j’hurle à mon Capitaine « T’es capable de faire un créneau avec ton paquebot ?! Parce que j’aperçois une place la bas, mais c’est serré ! » – Affirmatif !

Bon, je vous fais la version longue, parce
que vraiment l’image est juste géniale. Je suis donc à pied sur le port, faisant signe au bateau de se retrouver de l’autre côté où j’ai vu la place… Hop hop je trottine, je contourne, j’arrive en vue de la place ; et je vois mon bateau de l’autre côté de la berge, qui est ressorti du port ! Mais qu’est ce qu’il fait ??!!! Ma tête je vous jure ! Par la suite j’apprendrais qu’il gagnait du temps car j’étais trop lente. J’arrive à la place, et je commence à souffler car c’est ok la place semble assez large, le seul problème c’est que je ne suis pas sur le bateau pour aider à la manœuvre. Encore une fois, ce sont des plaisanciers français et anglais qui viennent à notre rescousse. Une superbe manœuvre de notre Capitaine qui impressionne tout le monde, un beau lancé de cordage de notre petit mousse laissé à bord et hop nous voila enfin amarrer pour la nuit ! Pour une deuxième journée c’était riche en sensations !!!!!




 

Jour 3 : Bouzigues, Mèze et Marseillan

Nos tourments de la veille, nous permettent de passer un agréable moment dans le calme et charmant port de Bouzigues. L’un de nos préférés du parcours. Et surtout, nous sommes relax pour le reste de notre journée sur l’étang de Thau. La veille, j’ai finalement eu ma récompense : Apéritif au restaurant Les Voiles Blanches. Ils ne servent les huîtres qu’à partir de 19h. Mais nous préférons les manger sur notre bateau. Le serveur nous conseille d’aller avant 19h30 chez Tchepe : il vend à emporter et se fournit directement chez le producteur.

 

Et après une journée avec vent de force 3, nous nous réveillons devant un étang d’huile

 

Escale à Bouzigues

Bon, vous l’aurez compris, le thème de ce séjour ce sont les fruits de mer !!! Direction le Musée de l’étang de Thau où vous avez une réduction si vous êtes un plaisancier en péniche 🙂 Le musée est vraiment très bien fait. En particulier, une salle est dédiée à vous raconter la vie dans l’étang de Thau « avant », avant la modernisation, avec les normes, avant quoi. On entend un vieux pécheur à l’accent du sud bien tranchant vous raconter les différences avec les générations. Vraiment génial.

 

Tout cela nous a donné envie de grignoter des coquillages. Bien sûr, les restaurants de fruits de mer ne manquent pas à Bouzigues. Lisez bien leur devanture, il y a les restaurants directement du producteur et… il y a les autres. On nous conseille l’Arseillère, très bon moment et très bons coquillages.

Petite balade digestive le long des « magasins » d’huitres, anciennement les MAS, où les femmes triaient les coquillages, démêlaient les filets etc… Aujourd’hui cela ressemble à des hangars, mais ce sont toujours les femmes au triage. Les magasins, se trouvent au bout de Bouzigues, vous dépassez les restaurants, vous longez encore 700 mètres environ et vous arrivez vers les parcs et les magasins.

 

Mèze, une vieille cité magique

Du fait de notre arrivée plus tôt que prévu à Bouzigues hier soir, nous avons le temps de nous balader dans la vielle cité de Mèze. Et nous avons adoré. Elle n’a rien d’exceptionnel, ce n’est pas une grande ville, il n’y a pas une superbe cathédrale à visiter. Enfin, il y en a une mais elle ne vaut pas plus le détour qu’une autre. Mais le petit port de pécheurs, les églises, la vieille ville donne à Mèze un charme indéfinissable. Nous profitons d’être à Mèze pour acheter quelques spécialités de poisson : Tielle, sauce tielle et soupe de poisson ! Chez René Dassé.

 

A côté de cela, On retourne tous les incontournables d’un paysage méditerranéen : une grande plage, avec les marchands de glace et, plus loin, des terrains de pétanque où il fait bon se poser. « On dirait le Sud… » Un vrai coup de cœur pour cette petite ville.

 

Arrivée à Marseillan

Après cette sympathique pause à Mèze, nous mettons le cap sur Marseillan ; fin de l’étang de Thau…

J4 : Marseillan et Frontignan

C’est notre avant-dernier jour, et nous devenons de vrais marins d’eau douce ! Une calme soirée à bord de Goujon, jeu de société, soupe de poisson, réveil à 6h pour profiter du lever de soleil sur l’étang… Et même planification de ne pas dormir dans un port ce soir ! C’est l’Aventure en somme !!! Mais d’abord : le lever de soleil !!!

 

A Marseillan, vous pouvez visiter les Chais de Noilly Prat, ou vous pouvez aller à la Plage :)) Nous nous offrons une matinée détente car l’après-midi c’est quelques heures de navigation pour être sûr de rendre le bateau à l’heure le lendemain matin. Donc direction la plage !

 

C’est à vélo que nous nous rendons à Marseillan-Plage, et nous avons tout de même la chance de passer le Canal du Midi ! Nous n’aurons pas l’occasion de naviguer dessus, donc ça mérite bien une petite photo !

La Plage des Aresquiers

La plage des Aresquiers, fait partie de ces petits bouts de terre qui sont plus facilement accessible par bateau qu’à pieds… Sur google map, nous avions bien vu qu’il y avait une plage nudiste de couple juste à côté ; mais comme la frontière n’est pas délémitée sur la plage, on peut dire que la plage des aresquiers est nudiste aussi ! Surprise, surprise ! Nous sommes hors saison, donc l’endroit est plutôt tranquille, une belle fin de soirée.

 

Tellement tranquille cette fin de soirée, et tellement bien aménagée cette berge que nous décidons de rester la pour la nuit. Malgré les 2h30 de navigation qu’il nous reste pour rentrer à Carnon. Pas grave on se lèvera tôt demain et profitera du lever de soleil encore !

NB : Marins d’eau douce que nous sommes… Cette halte fluviale aménagée, semblait être pour « service » uniquement,  comprendre que les grosses péniches de commerce s’amarrent là pour la nuit.. Donc pas tout à fait dans les règles notre affaire. Nous n’avons pas eu de problème heureusement. Hmmm que c’est bon de se lever tôt dans de tels décors.

J5 : Retour à Carnon

C’est paisiblement que nous profitons de nos dernières minutes de navigation sur le Canal du Rhône à Sète, avant, à regret, de rendre notre bateau vers 9h… On aurait bien poursuivi encore ce voyage. Honnêtement, ce voyage hors-saison au rythme de la vie marine et du moteur de notre péniche a été un véritable coup de cœur pour moi. Dépaysement garantie de voyager au niveau de l’eau, charme garantie à découvrir des petits villages français où on aurait pas franchement fait halte autrement qu’à bateau. La version longue de mon voyage vous a plu, mais vous voulez plus d’informations, retrouvez mon guide pratique.

Je ne peux pas m'empêcher de vous mettre mes autres photos de ce voyage sur le Canal du Rhône à Sète (cliquer ici)