Il n’y a pas que l’Autriche qui a sa Vienne, la France aussi ! La valse de cette Vienne bien française, à 20 minutes de Lyon, se fait à 3 temps : on mange, on marche, on pédale. Durant ce petit week-end je me suis laissée emporter par un tourbillon de bonnes choses à boire, à manger et de belles choses à voir. A pied, du marché au restaurant étoilé La Pyramide ; du théâtre antique aux sublimes mosaïques du musée de Saint-Romain-en-Gal ; à vélo, des coteaux sculptés en terrasse aux méandres du fleuve sur la ViaRhôna, ces 2 jours ont été rythmé par…le plaisir avant tout ! Un plaisir qui, au passage préfère vibrer au son du jazz avec le célèbre festival « Jazz à Vienne » plutôt qu’au tempo trop lent de la valse. Entrez dans la danse avec moi !
Sommaire :
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Quais du Rhône, Vienne au fil de l’eau
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Flânerie dans le centre historique
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Du patrimoine, en veux-tu en voilà !
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Musée de Saint-Romain-en-Gal
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Manger à la Pyramide – Maison Henriroux
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Le marché de Vienne
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Balade au fil de la ViaRhôna
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Micro-aventure cyclo sur le ViaRhôna jusqu’en Ardèche
Vienne, à 20 min de Lyon et sur le tracé de la ViaRhôna reliant le lac Léman à la Méditerranée
- Carte ViaRhôna à vélo
- Tracé du parcours à pied dans le centre de Vienne
Quais du Rhône, Vienne (France) au fil de l’eau
L’attrait de Vienne tient d’abord à sa situation privilégiée entre Lyon et la Provence, entre fleuve, vignes et nature. Son centre se déploie sur la rive droite du Rhône. Il va sans dire que la ville doit beaucoup à ce fleuve majestueux, véritable artère de vie entre le nord et le sud de la France.
Tout ca j’ai pu le vérifier en abordant la ville à pied par ses quais puis en empruntant THE passerelle piétonne qui enjambe le fleuve. C’est d’ailleurs une fois sur ce pont que j’ai réalisé combien le Rhône est puissant, nourricier, historique, structurant…bref impressionnant !
A l’époque romaine on y débarquait des denrées en provenance de la Méditerranée (céréales, vins, métaux, bois…) qu’on stockait dans d’immenses entrepôts qui s’allongeaient le long des quais. Aujourd’hui Vienne est toujours un port commercial mais aussi un port de plaisance. Durant ma petite balade j’ai d’ailleurs croisé un ou deux bateaux de croisière accostés.
La ville est aussi entourée de cinq collines où s’épanouissent des vignobles connus pour leurs vins fameux comme le Condrieu, le Côté Rôtie ou mon petit préféré, le Saint-Joseph en version blanc (il y aussi le rouge).
N’en déplaise aux amateurs de photos léchées, la balade fait entrevoir la voie rapide qui longe le Rhône. So what ? Perso elle ne me gêne nullement, surtout quand on sait que cet axe fait partie de l’histoire. Elle suit la Via Agrippa empruntée par les légions romaine 2000 plus tôt. Aujourd’hui elle accompagne les touristes filant vers le littoral en été. Petit conseil : sortez du flux pour faire étape ici. Ça vaut le coup !
Le saviez-vous ? Le Rhône fait office de frontière entre deux départements : l’Isère sur la rive gauche et la Rhône sur la rive droite.
Flânerie dans le centre historique de Vienne (France)
Dans le centre historique, il règne un esprit village avec des commerçants adorables, des terrasses animées, des rues vivantes mais sans la frénésie de sa voisine immédiate Lyon. On s’y promène avec indolence et avec la certitude qu’on ne s’y perdra pas, qu’on ne fera jamais la queue et qu’on ne tombera jamais sur un piège à touristes. C’est bien là le grand avantage de ces « villes de province » où on savoure le temps, sans pression, qu’on soit touriste ou habitant.
Une Dolce Vienna qui en ce mois de juin sent bon le Sud : la chaleur, les fruits de la vallée du Rhône gorgés de soleil, les martinets qui volent en escadrille…Manque plus que le Spritz ! Non sacrilège par ici ce sera plutôt du vin, évidemment !
Du patrimoine, en veux-tu en voilà !
le Temple d’Auguste et de Livie, dans le cœur de Vienne
Vienne conserve absolument partout des fragments de son passé glorieux. Celle qu’on surnomme la petite Rome distille partout des vestiges de son passé d’ancienne cité antique. Ce qui m’a plu c’est que rien n’est « muséifié ». Les souvenirs des grandeurs passées de la ville font partie intégrante du cadre de vie. On cohabite en permanence avec les vestiges romains.
“J’ai pris un café avec vue directe sur le temple d’Auguste et Livie, me suis reposée au jardin archéologique de Cybèle et j’ai assisté à la fébrilité des derniers préparatifs du festival Jazz à Vienne depuis les gradins du théâtre antique. ”
Et puis il y a tout le reste ! Toutes les autres époques ! On ne peut pas faire un pas sans tomber sur un vestige, un détail, une façade, bref un objet, grand ou petit, roman, Renaissance ou gothique, témoin des 2500 ans d’histoire de la ville.
Zoom sur 2 édifices romains à ne pas manquer :
▪︎ Le Temple d’Auguste et de Livie : c’est le seul temple romain encore debout en France avec la Maison Carrée de Nîmes. Avec ses chapiteaux corinthiens, ses colonnes, son fronton, il a encore fière allure ! Mais pas mal d’indices trahissent un histoire mouvementée faite de transformations ( il passe de temple à …église, puis tribunal, puis musée et bibliothèque !) et de restaurations (merci Prosper Mérimée comme souvent quand il s’agit de nos Monuments Historiques).
Le saviez-vous ? Lors d’une visite en France en 1784, Thomas Jefferson, réalisa des croquis de ce temple et de la Maison Carrée de Nîmes dont il s’inspira pour ériger… le Capitole de Washington!
▪︎ Le théâtre antique : ici, ce ne sont pas tant les vieilles pierres qui m’ont inspirées (surtout après avoir visité Epidaure en Grèce) mais l’ambiance qui régnait. On est en plein préparatifs du fameux festival Jazz à Vienne qui fait vibrer la ville au son des meilleurs groupes de Jazz en juin-juillet (ex : le concert d’Asaf Avidan vu par Édouard en 2024). Preuve s’il en est que le lieu n’est nullement relégué au rang de site touristique ou de décor. C’est un lieu de vie incontournable, d’animation et fête. Et pour ne rien gâcher, la vue sur le Rhône et les coteaux environnant vaut son pesant de cacahuètes pralines !
Circuit centre ville et incontournables :
Parcours de 3-4h comprenant le centre historique, les quais du Rhône, le théâtre antique, le temple d’Auguste & Livie et le belvédère du Pipet
➡️ Détails sur le site de l’Office de Tourisme + circuit à télécharger
Le musée de Saint-Romain-en-Gal
Le musée est implanté sur un immense site archéologique découvert il y a près de 60 ans, déjà ! Les fouilles ont mis au jour les vestiges d’une véritable ville antique avec des thermes, des ateliers, des entrepôts, des boutiques et de grandes domus ornées de mosaïques.
Des restes donc, dépoussières et posés derrière une vitrine ? Non ! Des trésors plutôt qui racontent une civilisation dans tout son génie et sa grandeur. Ils donnent à voir ce qu’était Vienne au temps des Romains : une cité puissante, riche, dynamique, plaque tournante d’un commerce florissant grâce… au Rhône, encore et toujours.
Il y a d’abord ces mosaïques, œuvres d’art qui décoraient sols et murs de maisons les plus luxueuses. Le ravissement des yeux est à son comble. Tout force l’admiration des artistes à l’œuvre : la technicité, le raffinement des dessins, le sens artistique, la variété des sujets (allégories des saisons, motifs géographiques, animaux, dieu de la mer…).
“Si aujourd’hui la mosaïque évoque de la « déco » ou un « loisirs créatif », dans l’antiquité ca atteignait un autre niveau !”
Le musée m’a aussi fait prendre conscience du génie des romains en matière de travaux publics : égouts, infrastructures hydrauliques, routes, technologies de chauffage. Décidément, en matière de confort nous n’avons rien inventé, les Romains avaient déjà tout compris.
Et que dire du commerce ! Maquettes et pièces archéologiques comme les amphores illustrent toute la dynamique économique de Vienne et la richesse de ses échanges commerciaux.
➡️ Toutes les infos sur le musée de Saint-Romain-en-Gal
Restaurant au Bistrot PH③ – La Pyramide – Maison Henriroux
- Vue sur la terrasse du restaurant La Pyramide – Patrick Henriroux
- Entrée végétale – Bistrot l’Espace PH③
- Une institution…à prix accessible grâce l’Espace PH3. Cette maison historique fut rendue célèbre par un des pionniers de la gastronomie française : Fernand Point qui fut le premier chef à obtenir trois étoiles au Guide Michelin en 1933 et qui forma les plus grands (Paul Bocuse par ex). L’établissement est repris 1989 par le Chef doublement étoilé Patrick Henriroux. Ce dernier, en ouvrant le restaurant bistronomique PH3 nous donne l’opportunité de pénétrer dans cette noble maison et de goûter l’excellence en cuisine…à prix abordable. Au menu (renouvelé au fil de saisons) de la carte de juin que j’ai pu tester : du végétal, de la fraicheur, de l’audace et du raffinement. Mention spéciale pour les asperges blanches, vinaigrette kiwi et bavaroise végétal. Un délice !
- Un accueil familial et sincère ! Ce lieu est avant tout une histoire familiale où chaque membre s’est investi à sa façon pour faire de ce lieu « une affaire qui tourne et qui dure » ! C’est surtout un lieu où je me suis sentie bien avec un service qui a trouvé le ton juste : ni trop guindé, ni trop décontracté. L’équipe, attentive au client (sans virer obséquieux) fait vraiment la différence.
- Un dessert signature : le piano au chocolat noir, entremet aux amandes, noisettes et chocolat, sorbet noir et or, sauce café grillé. Rien que l’énoncé fait saliver. Mon conjoint avait eu l’occasion de goûter il y a fort longtemps ce dessert créé pour l’anniversaire de Miles Davis en 1989 lors de sa venue au festival Jazz à Vienne. Je l’évoque au détour d’une conversation avec Boris, le fils du chef Henriroux. Et voilà qu’il atterrit à ma table alors qu’il est normalement réservé au restaurant étoilé. Quand je vous dis que la famille Henriroux est aux petit soins avec ses clients ! C’est du vécu !
➡️ Infos, réservation – le Bistrot PH③
➡️ Infos, réservation – restaurant étoilé La Pyramide**
- Le piano au chocolat noir – dessert signature du restaurant La Pyramide**
- Vue sur la terrasse du restaurant La Pyramide**
Le marché de Vienne, 2e plus grand marché de France
Chaque samedi matin, Vienne se transforme en vaste garde-manger à ciel ouvert. Ce qu’il y a d’étonnant c’est qu’il n’est pas circonscrit à une place ou une halle (pourtant bien présente mais qui abrite le Musée des Beaux-Arts) mais se déploie dans différents quartiers du centre-ville convertissant les courses en balade gourmande XXL au milieu d’une débauche de couleurs et de parfums.
2 options pour profiter de 2e plus grand marché de France (tout de même) :
- On y va « en touriste » à l’heure qu’on veut et on se laisse porter au grès de ses envies, des bonnes odeurs et des cris des camelots.
- On y va en mode « commando des emplettes ». On se lève tôt pour dégoter les meilleurs produits à l’instar du chef Henriroux croisé à la sortie d’une fromagerie de renom (La fromagerie viennoise) avec une cagette pleine à ras bord. Le plateau de fromages a dû être copieux ce soir-là à la Pyramide !
En ce mois de juin, les étals débordent de fruits en provenance de la vallée du Rhône. La star du moment ? La cerise Burlat, une variété née pas loin de Vienne. Pour le pique-nique j’ai fait le plein de fraises produites sur le Pilat ou les Monts du Lyonnais. Un conseil : une fois votre panier rempli, improvisez un café-mâchon en terrasse face au temple d’Auguste & Livie avec ce qui vous a fait envie au marché.
“Nous c’était fraises, pâté, rigottes de Condrieu (fromage de chèvre AOP) et viennoiseries aux pralines. “
A noter : ce marché s’adapte à toutes les bourses et tous les paniers ! Les adeptes de produits sains, souvent bios, en circuits courts trouveront leur bonheur auprès des producteurs locaux. En fin de matinée, avant que les commerçants remballent, place aux petit prix et à la vente de fruits et légumes « à la bassine » ou dans des cagettes.
➡️ Infos pratiques :
Le grand marché se tient tous les samedis et s’organise sur 3 zones :
- Rue Chantelouve – Ponsard pour les produits Bio
- Place Miremont devant la salle des fêtes : producteurs et primeurs
- Place Saint-Pierre : essentiellement produit vendus en camions réfrigérés (viandes, poissons, fromages…).
Balade vélo le long de la ViaRhôna
La ViaRhôna est un itinéraire cyclo long de 815 km reliant le lac Léman à la Méditerranée. Le tronçon sud au départ de Vienne coche d’après moi ces deux bonheurs ultimes d’une grande balade à vélo :
- Se fondre dans la nature à son rythme et en silence.
Cette partie de la ViaRhôna permet d’approcher le Rhône dans ce qu’il a encore de sauvage notamment du côté de l’île du Beurre. Ce site protégé dispose de différents observatoires permettant d’approcher si on a de la chance une faune inattendue. A vélo on a le choix de simplement traverser le site ou de s’y arrêter pour tenter de déceler la présence du castor d’Europe, du ragondin ou encore de la genette.
- Les rencontres et la facilité de pouvoir faire halte ici ou là pour sympathiser.
Sur ce parcours c’est la convivialité des vignerons que j’ai pu vérifier ! Les vignes accrochées aux côteaux escarpés ne trompent pas sur la dimension viticole de la vallée du Rhône. Elles nous accompagnent au fil de la balade et donne forcément envie de faire un tour dans un cave pour goûter les 2 appellations emblématique du coin : Côte-Rôtie pour les rouges et Condrieu pour les blancs. Et ca tombe bien, par ici les viticulteurs ouvrent grand les portes de leurs domaines. Ils proposent même des fêtes au milieu des chais : animations, dégustation, banquet, producteurs locaux, tout y est. Faut juste tomber dessus ou se renseigner auprès de l’Office de Tourisme pour ne pas manquer ca !
Infos pratiques balade sur la ViaRhôna depuis Vienne-Condrieu
Etape Vienne – Sablons :
32 Km soit environ 1H30 de vélo Aller ou 3H en Aller/Retour. L’occasion d’une chouette excursion mêlant vignoble prestigieux et nature le long du fleuve.
➡️ Toutes les infos et le tracé de cette étape sur le site web de la Viarhôna.
Prolonger la découverte sur la Viarhôna jusqu’en Drôme-Ardèche.
Et pourquoi pas transformer la petite excursion vélo en micro-aventure cyclo ? J’ai pu tester la ViaRhôna jusqu’à Tain-l’Hermitage est ainsi vivre un mini voyage cyclo-touristique en terre ardéchoise avec retour en TER sur Vienne-Condrieu. Au programme :
- Quelques efforts physiques non à cause du dénivelé. Il n’y a presque aucun, on roule sur du plat sur voie verte pour l’essentiel. Mais… la chaleur a rendu la balade plus ardue que prévue. Et je dirais tant mieux, c’est ca aussi l’itinérance vélo, le goût de l’effort et la nécessité de s’adapter aux conditions météo.
- Un voyage dans le voyage en terres agricoles entre vergers, vignes et cultures maraichères avec en guise de carburant tout au long du parcours : cerises, fraises et abricots.
- Le spectacle des gorges du Doux… avec le train à vapeur de l’Ardèche. Encore un voyage dans le voyage d’environ 1h30 pour changer de décor et de transport. L’accès à la gare de Saint-Jean-de-Muzols depuis la ViaRhôna au niveau de Tournon-sur-Rhône est très simple et rapide (2km) .
- La visite gourmande de la Cité du Chocolat Valrhona. On plonge dans l’univers du cacao des plantations à la ligne de production. Une visite ponctuée de dégustations et couronnée par une boutique où je me suis ruinée, mais régalée.
Vous n’avez ni vélo ni matos pour partir 2 jours ou + sur la Viarhôna ? L’office de tourisme vous facilite la vie !
Avec le service en ligne Click & Cycle, en quelques clics, choisissez vos options de location de vélo, portage de bagages d’une étape à l’autre ou encore rapatriement de vos vélos. Ils proposent aussi une sélection d’hébergements adaptés aux voyageurs à vélo (labellisés Accueil Vélo) situés le long de ce parcours.
Et vous ? Eh bien il suffit de prendre le train pour rentrer sur Vienne. La ViaRhôna est ponctuée de gares TER pour rejoindre en toute tranquillité votre point de départ.
Les immanquables à Vienne et le tracé de la Viarhôna jusqu’à Tain-l’Hermitage
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