Week-end dans les Alpes suisses : raquettes et ski dans le Valais

Prenez une pointe de folklore suisse, une grosse dose de rêve de montagne et de magie blanche, un soupçon de sports d’hiver, beaucoup de soleil, ajoutez une nouvelle génération de promoteurs touristiques portés par de valeurs écologiques et authentiques et vous obtenez ma résolution : retourner passer des vacances dans le Valais ! Et pour vous convaincre vous aussi d’y aller, lisez-ce qui suit. 🙂

Jour 1 – Alpes suisses vertigineuses et ski de randonnée : l’ascension du col du grand Saint Bernard

En Suisse on ne badine pas avec le ski de rando et ce n’est pas parce qu’on est novice qu’il faut renoncer à ses rêves d’aventures et d’exploration. Hannibal l’avait traversé à dos d’éléphant (même si des interrogations subsistent quant à l’itinéraire exact), Napoléon à dos de mulet (pour le prestige la peinture officielle a préféré le représenter sur un cheval fougueux…), quant à nous (un groupe de 4 journalistes) ce sera donc à ski de randonnée que nous tenterons de renouveler l’exploit du mythique passage du col du Grand Saint Bernard !

D’emblée les paysages sont en rendez-vous. Au pied du parking, de hautes montagnes nous toisent d’un air sévère, heureusement adoucies par un ciel bleu azur. Les proportions gigantesques des sommets jettent le sentier dans l’ombre et ce n’est qu’à mi-chemin qu’un soleil éblouissant fera son apparition.

Plus on grimpe et plus la neige s’impose dans toute sa nudité blanche. Elle efface tout, le chemin, la frontière entre Suisse et Italie. Elle anéantit les repères, comme le sable dans le désert. On est dans la neige, dans la blancheur, dans le rien…

Quoi de plus naturel que le ski de randonnée pour tracer son chemin dans ce rien immaculé, évoluer dans un décor vierge de toute présence humaine, loin des pistes balisées, des télésièges et autres installations indispensables à l’industrie du ski mais hélas grandes fossoyeuses de la montagne dans ce qu’elle a de plus pur.

En ski de randonnée, l’extase contemplative des sommets le dispute à la difficulté de l’effort. Pour grimper il faut compter sur ses cuisses, ses mollets, son souffle, accepter de transpirer à grosses gouttes et de souffrir le martyr dans des chaussures de location par forcément adaptées à son pied…

On souffre donc (un peu…n’exagérons rien ☺️)  et on joue à se faire peur en traversant « la combe aux morts », un funeste nom qui consacre le danger d’avalanche bien réel de ce passage qui tous les ans fait son lot de victimes.

3 skieurs ou plutôt 3 poussières dans l’immensité de la Combe aux Morts

 

Aux confins de cette combe aux allures de linceul blanc (#jejoueàmefairepeur), on distingue perché à 2.473m le refuge de tous les voyageurs perdus dans cette contrée sauvage,  l’hospice du Grand Saint Bernard . Il matérialise le sommet du col et clôture notre petite ascension de 3H. Comme l’écrivit Charles Nodier dans son Voyages aux Alpes,  là haut,

 si vous n’éprouvez ici aucune sensation nouvelle, n’en cherchez désormais nulle part

Après le réconfort et la chaleur de cet hospice rompu à l’accueil depuis près de 1000 ans, il ne reste plus qu’à redescendre. On retire la « peau » (autrefois de phoque aujourd’hui synthétique) sous ses skis et son s’élance comme en ski alpin, avec une prudence redoublée pour ma part. Pas de freeride inconsidérée mais plutôt la bonne vieille méthode du chasse neige, ma dernière et récente (l’hiver dernier) descente à ski (de fond!) s’étant soldée par une double fracture du poignet.

Où dormir au Pays du Saint-Bernard ?

Jus de fruits naturel (et très bon) de bienvenue – Montagne Alternative

A Commeire, ravissant hameau isolé sur un versant ensoleillé des Alpes Suisses, rien ne vient trahir la présence de notre hébergement touristique. Pas d’enseigne lumineuse agressive, pas de parking ou d’hideuse pancarte. Il faut dire que Montagne Alternative se conçoit comme une structure hôtelière d’un genre nouveau. Composée de plusieurs granges rénovées dans la plus pure tradition locale, cet ensemble se fond parfaitement dans le paysage.

Au delà de l’architecture c’est bien toute l’expérience touristique proposée qui s’intègre à l’environnement: collaboration avec des producteurs et artisans locaux, conscience écologique, restaurant privilégiant les circuits courts et les produits du potager adjacent, activités en prise direct avec la nature (cueillette et cuisine sauvage, yoga , raquettes…) tout est pensé pour un retour aux sources salutaire pour l’âme et le corps.

Infos pratiques ascension du Col du St Bernard à ski de rando

Dénivelé : 550 m
Altitude au sommet : 2469 m
Durée ascension : 2 à 3h selon le niveau -comptez 1h maxi pour le retour.
Départ: parking de Bourg Saint- Pierre.

Nul besoin d’être un grand skieur alpin pour faire du ski de rando. Si l’activité ne requiert pas un grand niveau technique, il n’en reste pas moins qu’elle se pratique hors des pistes balisées dans un cadre non sécurisé. Le mieux est donc de se faire accompagné d’un guide, comme le nôtre, expérimenté et à l’aise avec tous les publics même les journalistes par très douées ;).  Ses coordonnés:

Guide Pays du St-Bernard:
Eric Berclaz
Les Guides de Verbier
TEL. +41 27 775 33 70
ericberclaz@bluewin.ch

Jour 2 – Alpes suisses idylliques et raquettes : balade dans le Val d’Hérens

Changement de décor et de vallée pour cette 2e journée dans les Alpes suisses. L’ivresse de l’altitude de la veille a été remplacée par une version plus pittoresque de la montagne suisse.

Raquettes aux pieds et bien accompagnés, nous quittons les traces d’Hannibal et de Napoléon de la veille pour suivre celles des cerfs, renards et autre faune locale. La découverte aujourd’hui se veut donc d’abord naturaliste. A l’affut des empreintes dans la neige, on apprend a différencier une voie et une piste d’animal tout en traçant la nôtre dans un paysage carte postale.

Les pics élancés se succèdent, certains se démarquent nettement comme la Dent Blanche culminant à 4 357 m et partout autour de nous, les silhouettes effilées et effilochées des mélèzes dépouillés de leur épines.

La fameuse Dent Blanche en arrière plan

Chemin faisant on rencontrera nombre de mayens. Témoins d’une tradition agricole aujourd’hui révolue, ces petites habitations en bois pleines de grâce et d’authenticité sont un joli pied-de-nez au cliché du chalet suisse typique et bien entretenu mais souvent sans âme.

Les mayens dans le Val d’Hérens

La balade se poursuit au rythme tranquille de nos raquettes. Vient le moment tant attendu, la carotte helvétique des plus motivantes une fois l’effort (très léger comparé à celui de la veille!) accompli : celui d’une raclette en plein air ! Les joues rosies par le grand air, on déguste sur du pain une raclette fraichement fondue au feu de bois tout en plongeant le regard dans l’horizon dentelée par les cimes des Alpes…

Au loin un drôle de son résonne dans la vallée. C’est un son qui parle à l’oreille de tous les suisses mais comme je ne le suis pas, c’est ma guide qui me fournit l’explication dans son joli accent un peu trainant qui invite à prendre son temps : il s’agit du klaxon de la compagnie de bus « CarPostal » qui transporte locaux et habitant et sillonne les régions montagneuses de suisse depuis plus d’une siècle. C’est d’ailleurs cette même compagnie qui assurera mon retour jusqu’à Sion, avec une fiabilité et une ponctualité toute suisse. 🙂

Où dormir dans le Val d’Hérens

Le mayen à Jean où j’ai eu le privilège de dormir – ®Nicolas-Sedlatchek

Derrière Anakolodge  il y a une vraie philosophie porteuse d’authenticité, d’harmonie avec la montagne et de sauvegarde du patrimoine local. Les 6 petites structures en bois adossées à flanc de montagne en contrebas du village de la Forclaz sont d’anciens mayens voués à l’abandon qui ont été démontés pierre après pierre et planche après planche puis remontés dans leur intégralité pour un résultat extérieur bluffant de naturel. Derrière cette prouesse  il y a l’œuvre d’Olivier Cheseaux, un architecte amoureux fou de la région qui loin de se limiter au strict respect du travail des ancêtres, a eu le bon goût d’ajouter à l’intérieur une touche résolument contemporaine et cosy.

Transport et accès

Pourquoi venir en Suisse par le train ?

  1. Pour le TGV Lyria, le meilleur du savoir-faire ferroviaire suisse et français pour des liaisons franco-suisses rapides et avec un sens du service au top (prises électriques individuelles, distribution de journaux, repas gratuit à bord en 1ere)
    plus d’infos liaisons franco-suisses: www.tgv-lyria.com
  2. Pour la ponctualité, du moins côté suisse ! Croyez-en mon expérience, ce n’est qu’une fois en Suisse que j’ai pu envisager avec sérénité mon trajet… Côté France, du retard et même beaucoup de retard à déplorer à l’aller comme au retour avec les liaisons TER. Par contre en Suisse le respect des horaires est tel, qu’il y a parfois seulement 2min entre deux correspondances ! 2 min qui m’ont valu quelques inquiétudes vite démenties par les faits. Ici le réseau est aussi bien réglée qu’une montre … suisse 😉
  3. Pour le Swiss Travel Pass ! Une bille unique qui permet de voyager à volonté et en toute liberté en train, en bateau et et bus. Malin !
  4. Pour le réseau ! Personnellement je n’avais encore jamais pris de train capable de monter jusque dans un petit village comme Orsière perché à près de 900 m d’altitude !

Pour aller plus loin:

https://www.valais.ch/fr/home

http://www.saint-bernard.ch/

http://www.valdherens.ch/

Merci à Valais/Wallis Promotion pour cette révélation d’une autre Suisse ! Familiarité et proximité (j’habite à 1h de la frontière) m’ont inconsciemment fait oublier que le pays dépasse largement cette portion congrue du Jura que je connais et qu’il fait bon parfois pousser un peu plus loin l’exploration d’un pays voisin 🙂

Galerie photos

 

△Trace Les Cimes△△

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