Week-end dans les Ecrins : 3 activités originales en hiver

Dans le Massif des Ecrins (Hautes-Alpes), les flocons saupoudrent les stations de Puy-St-Vincent et Pelvoux-Valouise, signe d’un hiver riche en découvertes. Au pied des pistes le biathlon fait sensation ! Dans les vallées les plus encaissées, les cascades se figent de glace et deviennent un terrain de jeux vertical. Sur les hauteurs, la neige immaculée drague les randonneurs chaussés de leurs raquettes ! Je vous ai déniché 3 activités insolites pour un week-end montagnard dans le pays des Ecrins ! Suivez-moi !

Préambule: Les Ecrins, un mot, trois significations

  • Les Ecrins c’est d’abord la montagne, la haute montagne même ! L’ivresse des sommets n’est pas réservée au Mont Blanc. Là haut, là bas, les paysages ne font pas dans la dentelle : pics élancés, escarpements rocheux, versants abrupts, cimes enneigées dominent le paysage. Là haut là bas, on se retrouve entouré de géants dont la barre des Ecrins culminant à 4102 m d’altitude et dans le TOP 10 des plus hauts sommets de France !

  • Les Ecrins c’est aussi un Parc National protégé, royaume des bouquetins, des aigles royaux et terrain d’exploration privilégié pour ceux qui  observent la faune sauvage, à l’instar de Jean-Michel Bertrand. C’est en effet dans une vallée tenue secrète des Ecrins que ce réalisateur / trappeur est parti sur les traces du canidé le plus mythique : le loup. De cette quête est né un film documentaire d’une grande humilité en symbiose avec la nature et la vie sauvage.

  • Enfin il y a le Pays des Ecrins , un territoire attachant qui compte 6000 habitants, 2 stations familiales de ski (Puy St Vincent et Pelvoux Valouise) et, fait plutôt original … d’anciennes mines d’argent. En effet à l’Argentière la Bessée , porte d’entrée du Pays des Ecrins, on exploitait dès le moyen âge le précieux minerais. N’imaginez pas pour autant croiser des mineurs à l’Argentière, l’activité a depuis longtemps cessé. Par contre la mine fait toujours partie du paysage. Les plus curieux pourront, casque sur la tête et accompagnés d’un guide, emprunter la galerie souterraine ouverte au public.

Le décor est donc planté. Reste à l’occuper et à s’occuper. Que faire quand on est ni skieur chevronné, ni « coureur de montagne ou escaladeur de cime » ? Pour ceux définitivement fâchés avec le froid il y a l’option chocolat chaud dans un salon de thé mais quitte à être à la montagne, autant savourer le magnifique écrin que nous offre les Ecrins (elle était facile, je sais), la neige qui tombe et le froid qui pique le bout des doigts.

Pour s’adonner aux joies des activités que je vais vous détailler plus bas, il faudra prévoir plus que vos gants, votre bonnet et votre bonne humeur. Pour ces pratiques, je vous recommande de faire appel à un guide accompagnateur. Obligatoire pour la cascade de glace et le biathlon, optionnel pour les raquettes, il n’en reste pas moins le garant d’une expédition réussie ET intéressante, tout bonnement parce que ces gens ont fait de la montagne une passion qu’ils ont à cœur de transmettre.

 

 

L’activité givrée dans les Ecrins : la cascade de glace

Ça commence par une amicale poignée de main avec Jean-Luc notre accompagnateur pour la matinée. Ça se poursuit dans une camionnette pleine à craquer de matériel. Une halte chez un loueur pour récupérer des crampons, une quinzaine de minutes de trajet et nous voilà arrivés à la cascade de glace artificielle du Claux. Car il existe bel et bien deux types de cascades. La cascade dite artificielle et aménagée qui fait parfaitement l’affaire pour les débutants que nous sommes. Et puis la cascade naturelle plutôt réservée aux adeptes de l’Ice Climbing.

 

Revenons à nous, débutants. Arrivés au pied de la cascade toute en bosses et en « choux-fleurs » (oui oui c’est l’expression consacrée utilisée par notre accompagnateur) on enfile crampons, baudrier et casque. On empoigne le piolet sans coup férir mais non sans une petit pensée pour le carnage que cet objet pourrait provoquer s’il s’abattait ailleurs que sur un morceau de glace (#filmdhorreur).

 

Une fois équipés…reste à grimper. C’est là que çà se corse. La glace et le piolet n’étant pas les attributs naturels d’un individu lambda, on se tourne tous instinctivement vers notre guide l’œil implorant de l’aide.

 

Notre homme est précieux, il nous explique comme s’assurer mutuellement (autrement dit garantir notre survie). Il sait décrypter cette matière bleutée figée entre deux parois rocheuses. Avec le redoux de ces derniers jours, la glace est devenue sensible c’est pourquoi ils nous enjoint à grimper sur une zone bien délimitée réputée plus sûre. Il nous explique aussi comment enfoncer crampons et piolet sur une matière en apparence figée mais en réalité toujours changeante.

 

 

Le vertige, le risque de chute de bris de glace (sans garantie Carglace…), le doigt gelés cramponnés aux piolets… dans ce contexte, il y a ceux qui réalisent toute la fragilité de leur existence et qui redescendent illico. Et il y a ceux qui à l’inverse mesurent toute sa valeur et qui pour la pimenter grimperont toujours pus haut. Pour ma part j’ai opté pour une maîtrise raisonnée du danger, je suis donc montée, mais pas trop haut…

 

 

➡️ Qui contacter pour s’initier à la cascade de glace ?

Un guide de haute montagne

Jean-Luc Figuier est guide de haute montagne et membre du bureau des guide des Ecrins. Non seulement il assure le matos mais aussi le petit thé à la bergamote entre deux efforts. 🙂
A partir de 50€ la demi-journée
www.guides-ecrins.com

L’activité olympique dans les Ecrins: le biathlon

On continue la série, « tiens si je me retrouvais avec du matos dangereux entre les mains ». Après le piolet, la carabine ! Quel intérêt de détenir une carabine en cœur de l’hiver en pleine montagne ? Pour chasser l’ours ? Non, pour pratique le biathlon ! Ça ne vous dit rien ? C’est que vous ne regardez pas assez TV Sport. Alors petit rappel, le biathlon est une discipline qui combine 2 activités : le ski de fond et le tir à la carabine.

 

Qui dit 2 disciplines, dit double punition pour les débutants car il va donc falloir apprendre à maitriser la technique de skating + le tir. Pour le skating, je bénis mes très vieux restes de sorties en CM2 dans le Jura. Ils m’assurent un style à peine plus fluide et élégant que mes compatriotes blogueurs et journalistes. Même avec la meilleure volonté du monde ils peinent ne serait-ce qu’à avancer (je ne parle même pas de glisser…) avec leurs grands bâtons et leurs grands skis (c’est la marque de fabrique du ski de fond, le matériel est bien plus grand qu’en ski alpin).

 

Mais après un peu d’entrainement, tout le monde se prend au jeu et finit par s’activer sur ses skis et fournir un effort. Or c’est bien là tout l’enjeu du biathlon ! Il faut arriver transpirant, palpitant, essoufflé, le cardio au plus haut devant le pas de tir… C’est dans ces conditions que le session de tir prend tout son sens. Au repos, sur des cibles placées à 10 m (50m pour les vrais compétiteurs), couchée sur le sol, la carabine bien stabilisée sur un chevalet, je me suis rendue compte que c’était plutôt facile de tirer dans le mille. En atteste la photo de mon petit carton criblé de ses 5 balles réglementaires.

 

Par contre… en mode compétition, la petite séance de tir façon fête foraine se transforme en véritable défi sportif ! Et je dois dire qu’on y prend vite goût même si ça s’avère nettement moins facile. L’esprit d’équipe, l’envie de gagner prend le dessus. On donne tout en ski (quitte à sombrer dans le ridicule), on se concentre davantage sur les gestes, on se vautre par terre les skis en « V » (ou plutôt en vrac), on coupe sa respiration …et paf on tire !

 

➡️ Qui contacter pour s’initier au biathlon ?

Un moniteur ESF

Céline Jadin-Menaldo est une super monitrice ESF qui ne sait pas contentée de nous initier à la carabine au laser qui est souvent celle qu’on réserve aux débutants car sans danger. Elle a eu la bonne idée de nous faire tirer avec une vraie carabine à plomb de 3,5kg qui offre ce plaisir inédit de pouvoir charger et faire des trous dans son petit carton pour ensuite l’exhiber crânement.

Contacter l’ESF de la station de Pelvoux

L’activité nordique dans les Ecrins : les raquettes

Pour cette sortie raquettes, notre guide et sa camionnette tout terrain nous emmènent dans la vallée de la Freissinière, endroit qu’on croirait sorti d’un conte d’hiver. C’est un coin des Hautes-Alpes reculé, isolé, ponctué de minuscules hameaux où vivent quelques irréductibles montagnards progressivement remplacés par des néo-ruraux en quête d’une vie plus authentique.

 

Après un trajet tout en lacets et virages verglacés (ne comptez pas y accéder sans pneus neige), nous sommes prêts à nous lancer corps et âme dans une activité qui pour une fois ne nécessite pas tout un fatras de matériel ou d’infrastructures sophistiquées préalablement fabriquées par l’homme pour son loisir.

 

Si vous voulez ressentir un temps soit peu l’effet Jack London foulant de grands espaces de neige immaculée, faites vous accompagner ! Sans ca vous vous retrouverez sur des sentier aménagés, damés, certes rassurants car pas trop éloignés d’une station ou d’un parking mais avec une dimension sauvage proche du zéro.  L’accompagnateur saura vous dénicher le bon décor comme Christophe qui a choisi pour nous cette splendide vallée encerclée de cette haute montagne qui malgré son air impavide porte en elle la menace d’une avalanche.

 

 

Si comme moi vous êtes du genre contemplatif les raquettes sont faites pour vous. C’est par excellence le sport d’hiver de la lenteur, de la contemplation et du silence troublé uniquement par le crissement de neige qui s’enfonce sous le poids des raquettes suivi d’un« ohhh mais la neige est en fait très profonde » (réaction à prévoir quand vous vous retrouvez avec de la neige jusqu’aux genoux). Mais on peut aussi parfaitement adopter la méthode sportive, être dans la course, monter sans s’économiser, s’acharner.  A vous  de choisir votre style !

 

➡️ Qui contacter pour une rando raquettes « into the wild ?

Un accompagnateur en moyenne montagne !

Christophe Lebreton est guide de haute montagne et membre du bureau des guide des Ecrins. Il connait la vallée de la Freissinière comme sa poche et n’est pas avare d’anecdotes ni de bons conseils.
En savoir plus

Où dormis dans le pays des Ecrins ?

Chambres d’hôtes Maison Abeil à l’Argentière la Bessée

Après une journée (hyper) active  au grand air et sous la neige, rien de tel que la Maison Abeil pour se la couler douce au choix les pieds en éventail devant le fourneau de sa chambre ou avec un bon thé bio dans la splendide salle à manger ou encore affalée dans le fauteuil-club face à un feu de cheminée crépitant…Alors, où va votre préférence ?

 

Pour les plus éreintés, que diriez vous d’une séance de Yoga en bonne et due forme dispensée par la propriétaire des lieux, Arielle, ancienne hôtesse de l’air désormais dévolue à 100% au bien-être de ses convives ?

Comptez de 80 à 110€ selon la chambre et la saison

Où manger dans le Pays des Ecrins ?

L’Ecrin dre Suzette à Vallouise-Pelvoux

Ce petit restaurant voûté vient de changer de propriétaire. Bien au chaud au coin du feu on se régale de plats régionaux très généreux comme seule les pays de montagne savent nous prodiguer. Au menu, beaucoup de fromages, des charcuteries et des crêpes, spécialité de la maison.

 

 

 

 

Retrouvez tous nos topos et conseils montagne dans notre rubrique Trace Les Cimes△△

Galerie photos d’un week-end hivernal dans les Ecrins

Week-end dans les Ecrins : 3 activités originales en hiver
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