Un week-end à Bologne

Ahhh Bologne…. une notoriété un peu restrictive (les pâtes à la Bolognaise…), une concurrence de haute volée à proximité et au-delà (Vérone, Venise et plus loin Florence ou Rome), résultat Bologne souffre bien injustement de désamour. Elle a pourtant tout pour plaire et d’ailleurs m’a bien plu : une gastronomie plantureuse, une ambiance à l’italienne intacte et non parasitée par le tourisme (vive la discrétion), une patrimoine qui n’a pas à rougir surtout quand on est surnommé la Rossa et un choix d’excursions alentours qui invitent à s’attarder plus d’un week-end. Andiamo !

Bologne la Rossa

Rossa oui, Bologne l’est incontestablement ne serait-ce que pour sa couleur politique, la gauche communiste. Mais dans ses rues le rouge se décline en ocre, rouge vermillon, mais aussi brun, jaune pastel et d’autres teintes chaudes et lumineuses. Un nuancier qui se déroule sur 40 kilomètres d’arcades courant le long des rues. 40km… un record mondial et une seule  fonction, celle de supporter l’agrandissement des maisons afin d’héberger au fil du temps l’afflux d’étudiants.

 

Ces portiques donnent un charme certain à la ville, protègent des intempéries et du soleil. Mais elles ferment l’horizon et empêchent toute perspective d’échappée visuelle vers la campagne environnante, sensation du reste renforcée par la topologie d’une ville sans relief. Il y a bien les deux tours (penchées) d’Asinelli et Garisenda pour compenser et nous donner l’opportunité de prendre enfin de la hauteur histoire de voir le lointain ! Mais pas de chance, c’était fermé lors de notre passage pour travaux de restauration….

Bologne e  dolce vita

Il ne faut pas longtemps pour prendre le pouls de Bologne : immenses artères commerçantes laissées aux piétons le dimanche, terrasses ensoleillées, sitting réguliers des étudiants dans le quartier des universités, va-et-vient de bicyclettes… Comme souvent en Italie le bien-être ordinaire ne peut se concevoir sans  un envahissement franc et enthousiaste de l’espace public. On mange, on rit, on vit dehors ; Un mode de vie contagieux qu’on s’empresse de suivre aussi le temps d’un week-end fugitif.

 

Contrairement par exemple à Florence pourvue de jardins certes payants mais ô combien ressourçants (Boboli, Bardini), à Bologne point de parc (un du côté de la gare mais un peu mal famé…), ni de rivière et trop peu d’arbres. Pour avoir un semblant de vision de nature, on peut jeter un œil au très discret canal delle Moline (visible de la via Piella). Pas de quoi fouetter un chat pour autant.

 

➡️  La place pour un café en terrasse

On fait comme les italiens et on profite du temps qui passe sur la piazza Santo-Stefano, aérée, entourée d’arcades bien sûr et sur le côté d’un ensemble religieux contenant pas moins de 4 églises romanes. Ça vaut le coup de jeter un œil, avant ou après la pause café.

 

 

 

 

 

Bologne la grassa

La mama et la pasta, les deux piliers du bonheur en Italie, auxquels j’ajouterais la porschetta, la mozarella (di buffala 🙂 ), la mortadelle, la pizza …. Bref toutes cette orgie de bonnes choses à manger dont la simple vision dans les vitrines nous fait grossir. Justement, à Bologne on fait bombance comme il se doit et pas que de pâtes à la bolognaise qui du reste en italien se disent « al ragu ». Entre autres spécialités, la mortadelle mais aussi le salame rosa. A Bologne l’immersion dans la vie locale passe donc par la bonne bouffe (dont la charcuterie !) alors si vous êtes du genre à compter les calories, passez votre chemin !

➡️  L’épicerie-traiteur à ne pas manquer:

Tamburini
Oh les beaux jambons, Ah les bons fromages, ohhhh la mortadelle, qu’on vous met dans un petit pain et hop ca vous fait votre sandwich italien du midi ! Pour la version sur place, rendez-vous dans l’arrière-salle qui propose des formules en self-services par chères. Par contre le midi il y a foule !

+ d’infos

Bologne la dota

  • Le Palazzo Poggi

« Bologna la  Dota » car elle renferme une des plus vieilles universités d’Europe. C’est au Palazzo Dotti situé justement dans le quartier des universités qu’il faut se rendre pour comprendre l’ampleur du rayonnement intellectuel de la ville.  Il abrite une collection universitaire bizarre et hétéroclite quoique très bien rangée par grande discipline scientifique : l’anatomie avec ses moulages d’utérus, de fœtus difformes mais aussi ses cires anatomiques qui nous livrent sans aucune censure, ni aucun filtre, viscères, organes et autres squelettes. La section d’histoire naturelle elle ressemble un peu à un cabinet de curiosités. On y retrouve des bestioles figées dans du formol et difficilement identifiables, des peaux de serpents géants, des œufs d’on ne sait trop quel oiseau … Ensuite place aux maquettes de bateaux en tout genre et à l’art militaire… Quand je vous parlais d’éclectisme !

➡️ Infos pratiques palazzo Poggi

Prix: 5€
Ouverture: du mardi au vendredi du 10h à 16H et le week-end de 10H à 18H – fermé le lundi
+ d’infos

  • Museo di San Colombano

Autre lieu, autres mœurs ou plutôt autre art, celui de la musique à l’Oratorio di San Colombani. Ici tout est décoré, les murs mais aussi les instruments exposés qui appartiennent une seule famille : le clavier ! Pianos, clavecins, orgues, ils appartiennent tous (et il y en a !) à un seul et même homme qui vous l’aurez compris est particulièrement fan dudit objet et de sa sonorité. D’ailleurs ils fonctionnement encore et on joue toujours dessus dans le cadre de concerts souvent gratuits (dixit le Routard, nous n’avons pas eu l’occasion d’y assister).

➡️ Infos pratiques Museo di San Colombano

Prix: 7€
Ouverture: d’après les guides c’est ouvert tous les jours de 11h à 19h mais quand nous nous y sommes rendus, un dimanche, c’était fermé entre midi et 14h.

Bologna nei dintorni (Bologne et ses alentours)

Une fois le week-end à Bologne réservé, le plus dur pour moi a été de choisir parmi toutes les excursions possibles à moins de 2H. Il faut dire que les villes historiques avec patrimoine classé à l’Unesco ne manquent pas dans la région : Ravenne et ses mosaïques paléochrétiennes de toute beauté, Ferrare et Mantoue pour leur architecture Renaissance, Modène pour sa cathédrale romane.

 

J’ai jeté mon dévolu sur Ferrare, à 1/2 heure en train de Bologne. Ferrare c’est deux époque, deux styles, deux ambiances avec d’un côté la partie médiévale et ses ruelles en lacis dont la plus ancienne, la Via della Volte date du 12e Siècle ! Faîtes comme les Ferrarais, enfourchez un vélo pour vous faufiler dans l’imbroglio de ce quartier moyenâgeux avant de terminer dans la cour intérieure du château fort dont les douves et les 4 grandes tours ont miraculeusement résisté à un terrible tremblement de terre en 2012. Comme quoi, le défensif c’est fait pour durer et résister à toutes les attaques y compris celle de la nature.

 

Les défenses de la ville ne s’arrêtent pas au château fort. Il faut aussi compter sur une muraille de plusieurs km qu’on peut arpenter à pied ou à vélo. C’est là qu’on a pris notre pique-nique, bucolique à souhait.

 

Ensuite on embraye sur la partie Renaissance de la ville. Changement d’époque, changement de décor. On pédale désormais au milieu de grandes artères aérées (et pavées, pas top à vélo) encadrées de quelques petits joyaux Renaissance dont le plus précieux se compose d’une façade de blocs de pierres taillés en pointe de diamants d’où son nom de Palazzo dei Diamanti. C’est de la pierre ne vous emballez pas ca ne brille pas autant que les vrais diamants. Il n’empêche ces diamants de pierre ont été agencés de façon à accrocher la lumière comme nul autre.

 

➡️ La spécialité à tester

La coppia Ferrarese, un pain en forme de papillon dont l’origine daterait du XIIe siècle. A tester avec le Farrarese Salame parait-il.Autant être francs ca ne nous a pas laissé un souvenir impérissable mais la forme est sympa.

 

 

➡️ Où louer un vélo à Ferrare ?

BiciDeltaPo
+d’infos
Prix un peu élevés, 8€ pour 4h et 12€ la journée. Néanmoins très pratique pour explorer Ferrare qui est une ville assez étendue.

Où dormir à Bologne ?

A casa di luna

Sans l’ombre d’une hésitation, A casa Di luna, un appartement converti en hébergement touristique avec 3 jolies chambres avec salles de bain privative et une cuisine partagée. Un prix plus que raisonnable (50€ la nuit pour 2 dans la plus petite chambre), une déco toute jolie et un emplacement à 2 pas du vieux centre et du quartier des universités.

 

L’instant Aperitivo, une tradition du nord de l’Italie

N’y a t-il pas de meilleur moment que l’apéro en vacances ? Surtout en ville, quand fourbu d’avoir battu le pavé toute la journée, l’appel de la bière (ou du Spritz en Italie) devient irrésistible  tout comme l’idée de poser ses fesses sur une chaise et regarder s’écouler la vie locale. Dans le nord de l’Italie, l’Apero n’est pas un simple Apero c’est un Aperitivo, un moment sublime où le verre peut-être accompagné d’un buffet à volonté d’antipasti, salades, charcuteries et autres italianeries tout ça souvent à prix imbattable (5€ en général), il suffit de bien choisir le lieu.

Où prendre un aperitivo ?

Un immense bar/ resto situé en plein cors du quartier universitaires et par voie de conséquence très fréquenté par les étudiants. Preuve qu’il n’est en rien touristiques, la serveuse ne parlait pas un mot d’anglais. Pour 5 ou 7€ (j’ai oublié le prix exact) avec la boisson on a accès à un buffet avec plein de choses souvent végératienne et toujours succulentes.

Où manger à Bologne ?

La bella Napoli – Via S. Felice, 40
Ouvert tous les jours de 12h30 à 15h le midi et à partir de 18h le soir
Adresse du Routard

 

 

 

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