D’abord, j’ai détesté MILAN…

Architecture façades bâtiments Via Vittor Pisani, Milan

Quand on dit « Milan », on pense généralement aux clubs de foot et/ou au design et à la mode et, plus récemment, à l’Exposition universelle. Ayant eu à y faire une courte étape nocturne, j’avais une triste image de la ville alors j’avais toujours eu en tête d’y retourner pour bousculer mes a priori. J’ai donc passé deux jours à Milan lors de mon road trip en Italie du Nord et mon expérience a été contrastée : si lors du 2e jour, j’ai apprécié Milan, le 1er, j’ai carrément détesté ! Je vous explique pourquoi…

VOIR LA CÈNE

Après avoir réussi, en plein déluge, à trouver une place pour me garer (et dormir) pas trop loin du centre-ville de Milan, l’objectif n°1 était de me rendre à l’Église Santa Maria delle Grazie pour voir en vrai La Cène, célèbre fresque peinte par Léonard de Vinci entre 1495 et 1498. En arrivant assez tôt, je pensais réduire considérablement mon temps dans la file d’attente…

J’arrive à l’accueil : « Un biglietto per favore ». Et la fille un peu circonspecte me répondant en français (elle avait identifié mon origine à travers l’approximation de mon italien…) :
« Avez-vous réservé ?
– Non…
– On ne vend pas de place pour le jour, il faut réserver à l’avance. Tout est complet jusqu’à 2 semaines.
– Ah…
– Si vous voulez, vous pouvez essayer de venir demain matin à l’ouverture (8h), il y a parfois des désistements… Venez à 8h00 pour voir s’il y a une place libre dans la journée.
– Ok… Grazie e… arrivederci… »

Et je pars, triste, et en me disant que c’est fou d’avoir à réserver à l’avance (pas facile de prévoir en road trip…) et même sidéré que ce soit carrément plein pour 2 semaines à l’avance. C’est bien la première fois que je vois ça !!! Sûrement encore un coup des chinois… Pour info, bien désabusé par cette histoire, la fille ne m’a jamais revu… J’ai préféré utiliser mon temps à visiter Milan plutôt que de faire le poireau (pour rien ?) et d’être coupé en pleine journée. « I’ll be back » a dit un grand penseur autrichien. Mais la prochaine fois, j’anticiperai bien comme il faut et je réserverai en ligne. Et pour vaincre ma frustration artistique, je suis allé à la Pinacothèque de Brera qui a été une vraie belle surprise avec tous ses chefs-d’œuvre.

Les VENDEURS à la sauvette

Une autre chose qui m’a saoulé à Milan, les « vendeurs » dans la rue. Ok, je comprends, ils sont dans la déch, c’est pas facile pour eux etc… mais… mais, ça ne les oblige pas à casser les couilles, en harcelant tous les passants à tour de rôle tous les 5 mètres pour tenter de leur attacher un bracelet au poignet. Oui parce que, attention, ici est l’arnaque. Ils commencent cools avec un grand sourire, vous disent de l’essayer et là, ils l’attachent avec une impressionnante rapidité clinique sans que vous ne puissiez le défaire et maintenant, il faut payer !!! J’ai évité de justesse la manip puis j’ai bien observé la combine et, croyez-moi que si ça a mordu, ils vous lâchent pas jusqu’à que vous ayez craqué en lâchant vos 5€ que vous aviez pourtant prévu pour un gelato !!! J’ai bien réfléchi au truc et je me dis que la solution la plus efficace pour se sortir de ça si ça arrive, c’est de crier « Polizia, Poliziaaaa !!! ». Conscients de leur délit, ils fuient en courant à chaque fois que les carabinieri sont dans les parages. Le principal lieu de l’arnaque se trouve sur la Piazza Castello, devant le Château Sforzesco et un peu sur la Piazza del Duomo. Là où sont les touristes crédules en somme… À force, on finit par être méchant en les envoyant chier et on en sort sur les nerfs (même à Paris ou Florence ça se passe pas comme ça).

 

Les pakistanais vendeurs de châles et de perches à selfie sont nettement moins insistants. Quoi !?! Je fais de la discrimination ? Moi ?!? Elle est bien bonne celle-là… Non, je vais calmer tout soupçon, mon propos, je tiens à vous en assurer, est libre et absolument sans arrière-pensée, c’est un constat basé sur des faits réels, tels qu’ils ont été.

Le quartier de la GARE Centrale

L’arrivée à la Gare Centrale de Milan se fait par une grande avenue, la Via Vittor Pisani. Sur la carte, ça semblait potentiellement prestigieux avec une belle perspective jusqu’à la gare, façon Champs Élysées. Ben en fait… non, pas du tout ! Les bâtiments sont horribles, une architecture béton/verre digne des pays communistes dans les années 60-70. Je retrouverai cette esthétique non-esthétique à plusieurs reprises dans la ville…

 

Comme quasiment partout dans le Monde, les quartiers de gare sont souvent malfamés et celui de la Gare Centrale de Milan ne fait pas exception à la règle. Le parvis de la Piazza Duca d’Aosta est un lieu de squat où il y a plus de gens assis ou couchés que de gens debout (passant au milieu des effluves de shit). Même si le climat est pourtant relativement pacifique, je ne conseillerais pas pour autant à un ami de rester trop longtemps le soir…

 

Sinon, pour ce qui est de la gare (j’aime bien visiter les grandes gares historiques des villes quand je voyage. ex : Anvers), elle ne vaut pas le détour. Son architecture m’a semblé être un mélange de gare américaine et d’architecture fasciste avec symétrie, colonnes et autres grandes lignes verticales. Le court premier hall aspire vers le haut par ses dimensions et des verrières lumineuses au plafond, les escaliers amènent à des points de vue surplombants avant d’arriver à des quais banals.

 

Les PARCS

Tiens, y’a un parc pas loin. Andiamo ai Giardini Pubblici Indro Montanelli ! Il a l’air assez grand et il accueille différents bâtiments : les Palazzo Dugnani et Palazzo e Torre Rasini, le Museo Civico di Storia Naturale, le Planetario et quelques attractions pour enfants. Dès l’entrée, plusieurs joggers puis des promeneurs accompagnés de leurs 30 millions d’amis (essentiellement canins) donnent l’ambiance, celle d’un parc de loisirs et détente (même s’il n’est pas autorisé d’en poser).

 

Sauf que, le charmant petit lac en son centre ressemblait davantage à un marais, non-entretenu, avec plein de branches, de feuilles et de détritus en tout genre flottant à la surface. En plus, les buvettes étaient fermées ! Décidément, quand rien ne va… Et pourtant on était en plein été ! Comme pour celui de Liège, je veux concéder que la météo n’a surement pas arrangé et qu’on peut trouver son havre de paix urbaine dans ce parc. Mais… pas cette fois pour moi.

 

Avec toutefois encore un peu d’espoir, je suis passé en face, dans son « mini-lui » adossé aux bâtiments de la Galleria d’Arte Moderna, de la Villa Reale Comunale et Padiglione d’Arte Contemporanea. Mais non, aussi délaissé que son grand frère, sauf par les canards, fidèles au poste. À force, je commençais à me demander ce que je foutais dans cette ville (l’idée de reprendre ma route pour aller plus rapidement que prévu à Turin était en train de faire son chemin…).

Le matin, j’étais déjà passé par le Parco Sempione qui ne m’avait pas fait vraiment séduit. Bon, évidemment là encore, par temps gris, avec des couleurs ternes, à marcher au milieu des flaques… c’est pas forcément très enthousiasmant. Pour ne pas paraitre de mauvaise foi, je vous avoue que j’y suis repassé à plusieurs reprises et notamment par grand soleil le lendemain et c’était bien différent.

 

Les BÂTIMENTS

Ma visite de Milan se poursuivra par une déambulation dans les rues de Milan jusqu’à ce que l’errance (avec cap) me fasse arriver sur la Piazza della Scala. Je regarde autour de moi et… ah… c’est ça le fameux Théâtre de La Scala de Milan !?? Bon… Mais je ne doute pas que l’intérieur puisse être superbe pour autant.

Pour ce que j’ai pu voir des bâtiments en me baladant dans le centre de Milan, l’architecture est un mélange assez… contrasté où les bâtiments historiques (souvent dégueulasses) côtoient des immeubles modernes (souvent hideux). La présence des horribles structures de l’Exposition Internationale de Milan à côté de la statue de la place Largo Cairoli en est un triste exemple. Influence de l’esthétique fascisante ou des économies budgétaires, c’est en tout cas bien l’orthogonalité austère qui règne sur les façades (comme sur la Via Roma à Turin). Il faut reconnaitre toutefois que la référence historique des arcades a été conservée. L’ensemble pourrait pourtant apporter une hétérogénéité intéressante (comme à New York ou Istanbul par exemple) mais ici, ça ressemble plus à une juxtaposition fourre-tout où la modernité a étouffé un patrimoine sacrifié.

 

Voilà, j’ai vidé mon sac, ça va mieux ! 🙂 Heureusement, en fin d’après-midi de mon premier jour à Milan, le ciel s’est éclairci et ça a tout changé et j’ai pu apprécier les charmes de la ville sous une autre lumière. Malgré cela, à l’image de l’architecture de la ville, mon avis sur Milan reste très contrasté et mitigé.

Édouard




LOMBARDIE

nos visites de Milan et Bergame

 

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D’abord, j’ai détesté MILAN…
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  • Jess

    Salut ! Avec de telles preuves à l’appui, je comprends que tu aies pu détester ces lieux. Sur ces clichés, l’atmosphère me semble trop triste. C’est sans doute dû à la grisaille qui règne sur l’ensemble de ces photos.

  • Julie Hann

    Bravo pour cet article qui a le mérite de la franchise et qui conforte mes a priori sur la ville. Dis donc tu t’es fais avoir comme un bleu pour la Cène ! Va falloir t’y faire, tout « gros site » désormais se réserve à l’avance, c’est pareil pour les Offices ou l’Alhambra. Tu sauras pour la prochaine fois 😉

    • Merci Julie ! 😀
      Cela dit, il y a quand-même de belles choses à voir à Milan.

      Pour La Cène, non, je suis reste sur le cul ! Franchement, que ce soit à Paris, Barcelone, ailleurs en Italie (dans des endroits encore plus petits et même Les Offices), j’ai dû attendre (parfois longtemps) mais j’ai toujours pu rentrer le jour J.
      Du reste, sur un Road Trip italo-slovène de 3 semaines, difficile de prévoir quel jour j’allais arriver à Milan… :/