Plage et farniente sur l’île de PORTO SANTO

Plage de Vila Baleira, Île de Porto Santo Praia Dourada, Madère / Beach Madeira Islands © L'Oeil d'Édouard

Porto Santo n’est pas nécessairement au programme lorsqu’on visite Madère. Beaucoup plus petite que Madère, elle en est assez différente et ne jouit pas des mêmes atouts… J’y ai passé une journée détente à me la couler douce sur la plage. Mais « aller sur l’île de Porto Santo vaut-il le coup ? », là est la question à laquelle je vais essayer de donner quelques éléments de réponse.

PORTO SANTO, petite « grande sœur » de Madère

En fait, l’île de Porto Santo est l’ainée de celle de Madère puisqu’elle est sortie de l’Océan Atlantique il y a 15 millions d’années (7 avant celle de Madère). Lors de leur voyage, c’est la première île que les navigateurs portugais Zarco et Teixieira ont découvert en 1418 avant d’aller coloniser Madère, 50 km plus loin. Avec ses 12 km de longueur sur 6 de large (42,17 km2), il s’agit de la plus île de l’archipel, avec comme point culminant le Pico do Facho, à 517 m de hauteur.

 

Comment se rendre sur l’Île de PORTO SANTO ?

Si vous êtes riche, vous pouvez y aller en avion en 15 min. Si vous êtes radin et téméraire (pour ne pas dire complètement inconscient), vous pouvez vous y rendre à la nage en… quelques jours… Pour ma part et celle du commun des mortels, j’ai pris le bateau depuis Funchal. Il s’agit d’un mini-ferry pour plus de 1000 personnes, avec restauration et boutiques à l’intérieur. Il n’y a qu’un départ par jour vers 8h et le retour part entre 19 et 22h30 (horaires variables selon le jour). La traversée se fait en 2h30 et il faut compter environ 57€ a/r (variables selon la période de l’année). Plus de détails sur le site de Porto Santo line (il n’y a qu’une seule compagnie maritime qui fait la navette entre les deux îles).

 

Le port n’étant pas exactement dans Vila Baleira même, il faut compter environ 40 min de trottoir pour rejoindre la ville à pied (en longeant la route de bord de « mer »). Cela donne un premier aperçu de l’île et de sa longue plage dorée. Au retour, j’ai pris le dernier bus-navette (1,6€) qui ramène à bon port en moins de 10 min. Autre solution possible, prendre un taxi mais je ne connais pas le prix.

 

 

Que faire sur l’île de Porto Santo ?

Se promener dans Vila Baleira

Un blog voyage vous devant l’honnêteté (le notre en tout cas…), je ne vais pas vous mentir, la « capitale » de Porto Santo n’a rien de formidable. Il s’agit surtout d’un village qui s’est transformé pour l’aubaine en cité balnéaire pour héberger le touriste et lui faire acheter des souvenirs et des glaces. Malgré tout, Vila Baleira reste encore dans son jus, la modernisation du centre-ville reste en adéquation avec le style madérien et il suffit de s’excentrer un peu pour voir de vieilles façades en désuétude.

 

L’hyper-centre est assez charmant avec ses rues pavées typiques, sa place principale Largo do Pelourinho avec l’ancienne mairie du XVIe siècle et l’église Nossa Senhora da Piedade. Un curieux trou vitré se tient au centre, il s’agit d’un mini-puits creusé pour stocker jadis les céréales et les cacher des pirates sous une couche de sable (dorénavant sous une plaque en verre ; autre époque, autre moeurs…).

© L’Oeil d’Édouard

L’église paroissiale Nossa Senhora da Piedade (Notre-Dame de la Pitié, sainte patronne de l’île) date de 1430 mais surtout du XVIIe siècle suite aux innombrables incendies de pirates. L’intérieur est assez sobre, murs blancs avec des traditionnels azulejos portugais sur le bas. Les deux chapelles et le choeur sont décorés de retable et le maitre-autel est l’œuvre de Max Römer, artiste allemand qui résidait à Madère.

 

Le bord de « mer » a été modernisé avec une promenade bétonnée sous les palmiers puis sur le sable avec une vue panoramique sur l’Océan Atlantique. Une fois passé les boutiques souvenirs / vendeurs de glaces qui cassent quelque peu le rêve exotique, on se laisse volontiers aller à la flânerie. On fronce les sourcils et on s’imagine voir l’Afrique et les côtes marocaines au loin (puis le cortex reprend vite le dessus en vous rappelant qu’elles se trouvent à 500 km de là !! Quel rabat-joie celui-là !!!).

© L’Oeil d’Édouard

 

Se baigner à la plage !!

Soyons clair et honnête, le principal intérêt de Porto Santo est sa longue plage de sable doré appelée Praia Dourada. On ne peut pas la rater avec ses 9 km qui bordent le Sud de l’île. Du coup, on a que l’embarras du choix pour se poser et si vous vous sentez, vous pouvez pousser jusqu’à Praia Cabeço da Ponta. Pour ma part, je me suis contenté de marcher « sur le sable (hyper fin et doux !), les yeux dans l’eau, mon rêve était trop beau, l’été qui s’achève… » en cette fin août jusqu’à me poser au premier recoin à droite du ponton qui abritait du vent avec les arbustes (vous êtes perspicace et vous n’avez pas manqué de constater qu’il ne faisait malheureusement pas excessivement beau ce jour-là… Pouvant même jusqu’à rappeler l’Île de Sylt à pourtant quelques encablures de là). Comme sur Madère, quelques parasols en feuilles sont installés par ci par là. Niveau baignade, un pur bonheur ! Même s’il ne faisait pas super beau, l’eau est excellente et j’ai retrouvé mes 15 ans en m’amusant dans les rouleaux (le body board et l’acné en moins).

 

Autre petite plage découverte en fin de journée. Plus confidentielle, elle se situe au fond d’une petite ruelle, derrière quelques maisonnettes colorées. Ici, pas de touristes, majoritairement des portugais de Madère ou Porto Santo. Ambiance calme et authentique. Il y a même une paillote à quelques mètres du bord qui ouvre en fin de journée.

© L’Oeil d’Édouard

Manger un bolo do caco au Mercado Velho

Situé à l’entrée Est de la ville, le « vieux marché » a attiré mon attention par sa devanture de petites halles en bois (d’ailleurs, une petite supérette avec des étals occupe l’autre partie). À l’intérieur, quelques touristes mais surtout des locaux venus tailler le bout de gras autour d’un verre de Madère et en grignotant des cacahuètes servies dans des boites de sardines (vous connaissez l’adage, rien ne se crée, rien ne se perd etc…). Ambiance locale donc ! La carte offre le choix des divers plats typiques. J’y ai gouté le bolo do caco al carne em vinho d’alhos (pain genre kebab avec viande de porc mariné dans du vin et de l’ail – cf : gastronomie madérienne) : un peu sec mais pas mauvais. Le service est détendu et le mec ne manquera sans doute pas de vous faire « la blague de la note » (il l’a faite à tous les touristes…).

© L’Oeil d’Édouard

 

Et sinon ?

Je craignais l’agitation de la foule balnéaire et, en fin de compte, Porto Santo est un lieu empli de quiètude, idéal pour une journée placée sous le signe du farniente (histoire de se poser après les journées intensives consacrées à la découverte de l’île de Madère). Du coup, pas de grand périple touristique mais si vous êtes insatiable et autrement motivé que je ne l’ai été, il y a plusieurs autres lieux d’intérêt que vous pourrez voir à Porto Santo en voiture ou en louant un vélo : les belvédères de Ponta da Calheta et Ponta da Canaveira, les randonnées aux Pico do Castelo, Fonte da Areia, Pico da Cabrita et Terra Chà, les traditionnels moulins à vent datants du XVIIIe siècle… (plus d’infos ici). Ah oui, j’allais oublier, si vous êtes du genre à être venu en avion et que la nature n’est vraiment pas votre truc, sachez qu’il y a aussi un golf pour contenter votre snobisme et réfléchir à pourquoi être venu sur cette île paumée…

Édouard




 

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